Secret Crush

Charlie Malone · Chapitre 24 sur 32

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Secret Crush

Chapitre 22

 

 

Owen

Je ne sais pas ce qui m’a pris de lui sortir une tirade pareille. Cette fille me retourne complètement la tête. Ce n’est qu’une histoire perdue d’avance, mais elle vaut quand même la peine d’être vécu.

Son âge est un premier frein que je ne peux pas nier, comme tout le monde aime si bien me le rappeler. Ce n’est pas tant le côté manque de maturité qui me pose problème, car Emma est d’une intelligence remarquable, mais plus le côté moral vis-à-vis de mon travail. Et puis, le regard des autres et la peur d’être jugé en permanence… il n’y a qu’à voir la réaction de mes potes, de son frère ou même de Zoey pour se rendre compte que c’est problématique. Et ensuite, sa famille, en particulier son père, ultra-strict, entraînera forcément de nouvelles difficultés.

J’aurais dû insister pour qu’elle rentre et lui dire qu’on se verrait demain après-midi comme convenu. Qu’elle ne doit pas négliger ses études, j’en sais quelque chose. Mais je n’ai pas réussi. Je la veux, ce soir et cette nuit. Elle risque gros mais, pour une fois, elle envoie tout balader pour faire ce qu’elle souhaite vraiment. Et rien que la voir aussi heureuse me fait quelque chose. Ça ne devrait pas me toucher autant, pourtant c’est le cas. Cette expression sur son visage, son regard pétillant à l’idée de s’accorder quelques heures de liberté loin de toute la pression qu’elle subit en vaut la peine.

Je tire légèrement sur sa main pour la capturer dans mes bras, mon regard dans le sien. Il se fait plus intense et plus sensuel en l’espace d’une fraction de seconde. Mon cœur s’emballe tout comme ma queue face à ce sourire en coin qui veut dire beaucoup. J’insiste quand même, ne voulant vraiment pas lui attirer plus d’emmerdes, ce qui efface toute expression joviale de son visage.

— Tu ne crois pas que si on te voit dehors à cette heure et pas sagement dans ton lit, ça peut remonter aux oreilles de ton père ?

— C’est vrai, tu as raison, mais… soupire-t-elle.

Avant qu’elle ne finisse sa phrase, je lui tends mon sweat à capuche qu’elle prend sans comprendre.

— Alors on va se la jouer incognito, dis-je. Enfile ça et suis-moi.

Son sourire revient instantanément, et elle se prête au jeu. Je n’ai pas l’intention de la ramener chez moi directement, je veux profiter de notre soirée. La rendre inoubliable et en savourer chaque instant.

Une fois devant l’immeuble où on loue l’appartement, on descend au sous-sol récupérer la moto qu’on a pris pour le mois avec les garçons. Ils ne l’utilisent que très peu, mais elle a le mérite d’être utile dans ce genre de situation. Je prends deux casques et en tends un à Emma qui fronce les sourcils.

— Et où est-ce que tu comptes m’emmener ? me demande-t-elle en l’enfilant.

— On va dîner.

Ma réponse semble la satisfaire puisqu’elle ne demande plus rien et prend place derrière moi en prenant soin de bien s’accrocher. Ses bras entourent ma taille, et tout son corps se presse contre mon dos, provoquant une décharge dans toute ma colonne vertébrale et une brûlante sensation en moi. Je sors du parking et commence à prendre la direction de Orkney, une petite ville voisine. On l’a découverte avec les gars en se promenant un peu. C’est super joli, avec un côté vieille ville fleurie et plein de petits restaurants dans des ruelles charmantes. J’ai adoré l’endroit, tout droit sorti d’un roman à l’eau de rose, et je suis donc certain qu’il plaira à Emma. Trouver un restaurant ne devrait pas être compliqué.

J’accélère dans les lignes droites et me penche au maximum dans les virages. Emma s’accroche de plus en plus à mon blouson et je crois que j’aime jouer avec sa peur. Je ne suis pas un mordu de moto, j’apprécie simplement de rouler de temps en temps lorsque l’occasion se présente, exactement comme lors de ces moments avec elle. Mais, là, la sentir compter sur moi à cent pour cent, fragile et à ma merci sur cet engin, je ne saurais l’expliquer, cela me grise complètement.

Après une bonne demi-heure, je me gare enfin sur un petit coin en bordure de falaise. Le paysage est magnifique. La ville est bâtie juste au bord de ces falaises, surplombant ainsi l’étendue de l’océan qui s’offre à nous. Emma n’en perd pas une miette en s’avançant davantage. Je ne peux m’empêcher de la contempler avec un mélange de désir et d’un autre sentiment que je ne saurais nommer pendant qu’elle admire la vue. Son sourire sincère et ses yeux reconnaissants face à ce spectacle rapprochent un peu plus mon cœur d’elle. C’est comme s’il se réchauffait à sa vue…

— C’est magnifique. Je ne connaissais même pas cet endroit…

Je lui susurre alors dans le creux de son oreille, ce qui la fait se retourner brusquement :

— Je savais que ça te plairait.

Ses yeux passent des miens à ma bouche à plusieurs reprises avant de se focaliser sur mon regard. Quelques secondes suffisent à rendre ce moment plus qu’intense et j’en profite pour faire remonter ma main le long de sa cuisse dénudée, accentuant ainsi la tension qui s’installe. Je ne détourne pas les yeux pour la voir tenter de me résister le plus longtemps possible. Sa respiration se fait plus profonde, sa mâchoire se crispe légèrement et ses lèvres tremblent, traduisant ainsi son envie d’aller plus loin. J’aime la voir sous ma coupe et je compte bien en profiter pour la faire languir. Mes doigts frôlent sa culotte en effectuant de tout petits allers-retours sur son sexe chaud.

— On va dîner ? dis-je sans la quitter des yeux.

— Je n’ai plus très faim… murmure-t-elle, la voix haletante.

Un sourire vainqueur aux lèvres alors que je retire ma main de son entrejambe sous son regard outré, je lui rétorque :

— Mais, moi, si.

Ses sourcils se haussent, et ses lèvres esquissent un sourire un peu frustré et choqué alors qu’elle me regarde rebrousser chemin.

— Je te l’ai dit, je compte bien profiter de cette soirée… On a tout notre temps.

Elle finit par me suivre, et je savoure cette petite victoire de l’avoir suffisamment excitée au point qu’elle soit prête à renoncer à manger. J’aurais très bien pu m’en passer aussi, c’est clair ! Mais ce serait bien trop facile.

On se balade dans les ruelles animées alors que le soleil se couche tranquillement. La musique émane de tous les restaurants ouverts, et la bonne humeur de cette chaude soirée d’été nous donne le sourire. Pas spécialement pressés, on continue notre chemin à la recherche de l’endroit parfait pour dîner. Je viens glisser ma main dans la sienne, comme le feraient deux amoureux lors d’une promenade romantique. Elle ne fuit pas. Elle accentue même l’étreinte, nouant ses doigts aux miens.

Emma est difficile à cerner. Parfois timide, elle reste sur ses gardes et ne fera pas le premier pas la plupart du temps, mais d’autres fois, elle peut devenir entreprenante. Même très entreprenante, ce qui m’a étonné au début, dans le bon sens évidemment. J’aime ces deux facettes d’elle. J’aime prendre les devants, comme en ce moment, tout comme j’apprécie être surpris et me laisser guider par ses envies. Avec elle, je n’ai pas besoin de jouer un rôle, d’être parfait pour plaire. Je peux être moi. Je peux parler de littérature sans qu’on me prenne pour un ringard, me balader sans rien attendre d’extraordinaire de la part de l’autre, seulement la regarder et lui sourire.

Après quelques minutes à déambuler, on finit par tomber sur une petite place adorable, avec une fontaine ainsi qu’un groupe de musiciens qui font danser quelques personnes. Malgré le monde, on arrive à trouver une table pour deux à la terrasse d’un restaurant italien. Le soleil a fait place aux guirlandes lumineuses de toutes les couleurs, rendant ainsi l’atmosphère très chaleureuse. Des couples dansent au rythme de la guitare tandis que d’autres, comme nous, les observent.

— Bonsoir les amoureux, nous dit le serveur avec un fort accent italien. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?

Je fais un signe de tête à Emma pour l’inviter à choisir en premier.

— Je vais prendre les tagliatelles à la truffe, s’il vous plaît.

— Excellent choix ! Et pour vous, monsieur ?

— Une margarita, ce sera parfait, merci.

— Super. Et vous désirez boire quelque chose peut-être ?

J’esquisse un sourire en coin tout en réfléchissant et finis par dire :

— Une bouteille de vin rouge s’il vous plaît.

— Laquelle vous ferait plaisir ?

— Surprenez-nous.

Il acquiesce d’un signe de tête. Je me focalise de nouveau sur ma partenaire qui me sourit, le regard amusé.

— Alors comme ça, commence-t-elle, tu es amateur de vin ?

— Ne me dis pas que tu n’aimes pas ça ? Une fille venant d’une aussi bonne famille, malgré son jeune âge, doit forcément aimer le vin…

Elle rigole en secouant la tête.

— C’est vrai. Un ou deux verres ne font pas de mal et permettent de passer ces soirées de famille ennuyeuses à mourir de façon un peu plus amusante disons…

C’est à mon tour de rire. Je ne l’imagine absolument pas enchaîner les verres devant son père sans risquer de se faire engueuler par la suite. En revanche, pour le peu que j’en ai vu, c’est une attitude qui collerait parfaitement au personnage de son frère.

Après que le serveur nous a apporté une bonne bouteille, que nous validons tous les deux, je me lève et lui tends la main. Son regard s’agrandit lorsqu’elle comprend ce que je compte faire et elle commence à protester vivement.

— Owen… dit-elle.

Mais je la rembarre avant même qu’elle finisse sa phrase.

— La dernière fois, c’est toi qui m’as invité, alors il faut bien que je te rende la pareille… sans les masques cette fois. Juste toi et moi. Et ne me dis pas que tu es trop timide ou que tu ne sais pas danser, c’est trop tard pour ça…

D’abord faussement offusquée, elle se décide à prendre ma main et à me suivre. Je me surprends moi-même à faire ça, ce n’est pas vraiment mon style. D’habitude, je me limite à les faire valser dans mon lit…

Mais c’est une expérience très agréable. Les musiciens entament un air de salsa, et je remercie encore une fois ma mère d’aimer autant la danse, elle me sauve littéralement du ridicule. Emma ne semble pas non plus déstabilisée et on commence à enchaîner les pas et à se déhancher l’un contre l’autre. Deux autres couples sont également sur la piste avec nous tandis que d’autres ont renoncé à la salsa, souvent un peu trop complexe pour le commun des mortels.

Très rapidement, plus rien n’existe autour de nous, il ne reste plus qu’elle, moi et son rire qui enivre mon cœur un peu plus à chaque fois. Les pas s’accélèrent, et la sensualité s’amplifie, ce qui ne lui fait pas peur. Je suis scotché par Emma. La voir danser et maîtriser son corps aussi bien, sans aucune gêne, me fait délirer.

La chanson se termine et, dans un dernier mouvement, je l’attire brusquement contre moi. Mes yeux sont intensément ancrés dans les siens, et sa bouche s’est légèrement entrouverte face à ce retournement brutal. Dans un souffle haletant, je lui dis :

— Moi qui pensais t’impressionner…

— Oh ! mais tu m’as impressionnée…

Toujours dans ma bulle, je ne me retiens pas de l’embrasser, ma main droite sur sa joue. Les applaudissements retentissent autour de nous et nous ramènent à la réalité. Étonnés et un peu mal à l’aise de voir que cette ovation est pour nous, on remercie notre public avant de revenir à nos places. Emma est décoiffée et moi à bout de souffle, mais ça en valait la peine !

Le serveur nous félicite en nous apportant nos plats que l’on a amplement mérités.

— Vous avez été sensationnels !

Le calme revenu, les musiciens se mettent à jouer des slows et d’autres ballades romantiques. On se croirait vraiment dans un autre monde.

— Alors, comme ça, en plus d’être sexy, d’aimer la littérature, tu as aussi des connaissances en matière de danse ? commente-t-elle alors qu’elle enroule ses spaghettis autour de sa fourchette.

— C’est la deuxième fois que tu dis me trouver sexy… Je vais finir par y croire…

— Comme si tu ne le savais pas déjà, rétorque-t-elle, piquante. Et puis il n’y a qu’à voir toutes ces filles autour de nous qui ne font que te regarder pour comprendre que tu l’es…

Je me penche sur la table pour m’approcher un peu plus d’elle.

— Ne me dis pas que tu es jalouse… Personnellement, je n’ai rien remarqué, en revanche, tous ces mecs qui te lorgnent, je les vois…

Elle fronce les sourcils et regarde autour d’elle sans aucune discrétion, ce que je trouve hilarant. Je n’ai pas menti, j’ai bien vu ces hommes seuls, ou ceux en compagnie de leur femme et de leurs enfants en train de la reluquer.

— Pour ce qui est de la danse, ma mère est une grande amatrice, je me suis retrouvé à être son partenaire et son cobaye à maintes reprises. Mais finalement je pense que je pourrais la remercier pour ces heures d’ennui mortel, qui m’ont finalement sauvé la mise deux fois pendant ces vacances…

Elle sourit sans rien dire. Nos plats terminés, le serveur nous apporte un tiramisu à partager alors qu’on n’a rien commandé.

— Cadeau du chef pour votre superbe prestation de tout à l’heure, nous dit-il avec un clin d’œil avant de disparaître.

— Sans ta mère, on n’aurait jamais obtenu ce dessert divin ! Remercie-la de ma part quand tu la verras, dit-elle en s’esclaffant.

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