Secret Crush

Charlie Malone · Chapitre 7 sur 32

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Secret Crush

Chapitre 5

 

 

Emma

Allongée sur mon lit, je peine à trouver le sommeil. Owen, ou cet homme mystérieux à la fois ultra-sexy, à la limite du bad boy, mais en même temps mordu de littérature, hante mes pensées. Un contraste tellement peu commun que c’en est déroutant, et je crois bien que c’est ce qui me plaît chez lui. Aucun autre garçon n’arrive à tenir une conversation intéressante et pas ennuyeuse avec moi. La plupart du temps, ils ne font que parler d’eux et se faire mousser, ce qui m’horripile et m’ennuie.

Alors qu’avec Owen c’était différent. Il n’est pas imbu de lui-même et reste à la fois sérieux et drôle tout en étant séduisant. Ça doit sûrement venir de son âge, il avait l’air clairement plus mature que les jeunes de ma promo. Parce que, une chose est sûre, il est plus vieux que moi de quelques années ! Et si cela me paraît évident, ça le sera pour toute personne qui nous verrait ensemble même si nous ne faisons que discuter. Dans mon monde, les apparences sont primordiales, et flirter avec un homme plus âgé peut vraiment m’attirer des problèmes. Je n’ose même pas imaginer les répercussions que cela aurait si mon père l’apprenait. Me voir prendre du bon temps à la place d’étudier serait pour lui un souci majeur, mais si en plus c’est avec quelqu’un de plus âgé, je signe mon arrêt de mort. D’un autre côté, je dois bien avouer que l’interdit de la situation et le côté mature et plus viril d’Owen rendent les choses un peu plus excitantes…

Je finis enfin par m’endormir après plus d’une heure à tourner en rond dans mon lit en essayant de faire sortir son regard de ma tête.

Le lendemain, Zoey n’est visiblement pas rentrée, et je me réveille tranquillement vers 13 heures. L’avantage, c’est que les surveillantes ne sont pas très regardantes sur nos sorties du week-end, à condition que nous soyons opérationnelles la semaine. Ce qui l’est moins, c’est que le petit déjeuner et le déjeuner sont déjà terminés et que je meurs de faim ! Je prends donc une douche rapidement, enfile mon maillot de bain, une robe de plage et jette ma serviette sur mon épaule en attrapant mon sac. Je descends l’escalier, salue Mme Anderson puis pars en direction du centre-ville me chercher un truc à grignoter. J’entre dans la petite boulangerie qui fait les meilleures viennoiseries de la ville pour y acheter un croissant accompagné d’un sandwich tomate mozzarella.

— Emma ! Je suis content de te revoir, comment vas-tu ? Ton année s’est bien passée ?

— Super, je suis trop contente de revenir ici, ça m’avait manqué ! Et vos viennoiseries aussi ! Vous savez ce que c’est, ce n’est jamais suffisant, il faut continuer de réviser pour atteindre les sommets !

Le boulanger me sourit, emballe mes deux croissants et m’offre un verre de jus d’orange en cadeau. Je file en direction de la plage pour profiter de ce dimanche ensoleillé. Le dernier moment de liberté avant de me plonger dans l’étude approfondie du droit pénal américain et mes cours de français. Mon père met un point d’honneur à ce que je maîtrise parfaitement tous les thèmes que l’on abordera durant l’année suivante à l’université. « Il n’y a pas de repos ni de distractions pour ceux qui veulent un jour gouverner le monde. »

Sauf qu’il se moque bien de savoir ce que moi je désire. Tout ce qui compte pour lui, c’est que je devienne une grande avocate et ainsi assure la longévité de la famille Layne dans ce domaine, contrairement à mon frère qui n’en a fait qu’à sa tête. Parfois, je l’envie de pouvoir faire ce qu’il veut comme ça mais, bien souvent, je le déteste de m’avoir tout mis sur le dos. Parce que si lui a pu renoncer à cette voie au profit de son rêve de devenir joueur de basket professionnel, moi je n’en ai pas le droit, et je subis une pression deux fois plus forte à cause de lui. On était censés rester soudés et affronter notre père ensemble, mais il m’a oubliée en route. Ceci dit, je le déteste bien plus encore pour ce qu’il m’a fait il y a deux ans.

Je passe devant mon petit coin, à l’ombre de mon olivier, et je ne peux m’empêcher de repenser à Owen et à notre soirée d’hier soir. Cet homme est intriguant, et contre toute attente j’ai envie d’en savoir plus sur lui. Ou tout simplement de continuer à discuter littérature avec lui. C’est agréable de trouver quelqu’un qui a de véritables connaissances dans ce domaine et qui en plus semble passionné.

Je m’assois sur ma serviette, mes pieds jouent dans le sable, et mon regard se rive sur l’océan qui s’étend à perte de vue. Le ciel est d’un bleu profond et le soleil puissant en ce début d’après-midi. J’aime sentir sa chaleur réchauffer ma peau et me détendre. Je pourrais passer toutes mes journées, assise ici, à contempler ce paysage ou à me plonger dans un roman. Je finis d’ailleurs par m’allonger et prendre Raison et Sentiments pour continuer les aventures d’Elinor et Marianne que je connais par cœur. Mon esprit ne peut s’empêcher de repenser à Owen et à ses connaissances en matière de littérature. Un petit sourire se dessine malgré moi sur mes lèvres en me repassant le film de ce moment partagé, et je sens mon cœur s’emballer légèrement. Je repose finalement mon bouquin et ferme les yeux pour mieux me le représenter. Je n’arrive pas à comprendre, il est physiquement beau et sexy, le genre de tombeur à enchaîner les filles mais, a contrario, il a l’air d’avoir un énorme niveau de connaissances. Pas trop le style bad boy classique, ça…

Je sais que ce sont des stéréotypes, mais il détonne quand même. Les rares mecs que je connais et qui sont branchés littérature sont plutôt binoclards, premiers de la classe et loin d’être aussi séduisants !

La journée passe tellement vite que lorsque je relève les yeux de mon livre, le soleil commence déjà à disparaître à l’horizon. Zoey m’a prévenue qu’elle profiterait de son dimanche pour se reposer après sa nuit d’hier. Je sens que je vais avoir droit à plein de détails croustillants en rentrant !

J’enfile de nouveau ma robe, rassemble mes affaires et me dirige tranquillement vers l’école. Demain, ça ne va pas être la même chose et, si je ne veux pas retourner directement au domaine familial, je vais devoir donner à mon père des résultats plus que satisfaisants. En rentrant dans la chambre, je demande à Zoey :

— Alors, comment s’est passée ta soirée ?

— Super ! J’ai passé la nuit avec un mec plus qu’incroyable ! s’exclame-t-elle en fouillant dans ses affaires qu’elle a d’ailleurs éparpillées partout dans la chambre.

— Merde, Zoey, tu pourrais ranger un minimum, je soupire en la voyant faire.

— C’est de l’organisation, nuance ! Et toi d’ailleurs ? Ayden m’a dit qu’il t’avait vue partir plus tôt ? T’as fait quoi ?

— Rien de spécial, je me suis baladée le long de la plage et je suis rentrée. Le voyage m’avait un peu épuisée, et puis je ne suis pas comme toi à sauter sur tout ce qui bouge, dis-je en rigolant.

— En effet, tu es plutôt du genre à repousser n’importe qui s’approchera de toi. Sur ce point c’est clair qu’on est totalement différentes, et je ne te comprends pas toujours… Je sais que tu as eu des emmerdes il y a deux ans, mais c’était une erreur, et tu peux bien profiter un peu sans que ton paternel le sache, non ?

— Je n’ai pas envie d’en parler, et de toute façon ceux qui viennent vers moi ne m’intéressent pas.

— « Trop jeunes… » Tu as toujours eu une préférence pour les mecs plus âgés, plus virils, pas la peine de t’en cacher ! s’exclame-t-elle en riant elle aussi.

— Exactement ! Chose impossible à trouver dans cette école, donc je ne vais pas perdre mon temps.

— Non, mais tu pourrais prendre du bon temps justement ! Te laisser aller un peu et ne pas penser qu’à ton avenir et à tes résultats… Ça te ferait du bien.

Je lui réponds un peu plus sèchement :

— Dis ça à mon père.

Elle sait que je ne maîtrise rien et que, si je bosse autant, c’est justement pour avoir le droit à un tout petit peu de répit en venant ici l’été. La plupart voient ces cours comme un véritable calvaire, tandis que pour moi ça ressemble plus à une bénédiction de pouvoir faire un peu ce que je veux sans avoir mon père sur le dos, à me demander si j’ai bien révisé mon français, mes cours de piano ou si j’ai correctement étudié les différentes affaires de justice connues du pays. Si ma mère était encore là, je suis persuadée que les choses seraient différentes. Elle accordait beaucoup d’importance à nos rêves et à nos propres ambitions, contrairement à mon père qui ne pense qu’au business.

Elle me manque tellement.

Je soupire en pensant à elle et décide de prendre ma douche avant de descendre rejoindre les autres pour dîner. Le restaurant de l’école est ouvert, et on décide de ne pas trop veiller ce soir. La reprise va être difficile demain, et on doit être opérationnels pour le discours du directeur qui va nous annoncer le programme, souvent le même d’année en année. Les cours se font généralement le matin jusqu’à 13 heures, ensuite l’après-midi est réservé aux activités sportives, artistiques et aux quartiers libres. L’éternel bal de l’été devrait se dérouler le premier week-end après la reprise et, si Zoey adore cet événement, pour ma part je m’en passerais bien. J’en fais suffisamment tout au long de l’année en compagnie de mon père pour en plus subir ça pendant mes pseudo-vacances. Même si je dois bien avouer que de voir Ayden danser la valse est toujours à mourir de rire.

— Bonjour à tous, bienvenue aux nouveaux arrivants et bon retour à nos anciens. Je suis ravi de vous accueillir à l’école Richemond qui est certainement l’une des plus réputées de la région pour ses cours d’été, avec les meilleurs professeurs du territoire. J’espère que vous saurez être assidus et que vous ne vous laisserez pas distraire par tout ce qui vous entoure. La tentation peut parfois être grande, mais c’est là que l’on voit ceux qui deviendront l’élite de demain… et les autres. À vous de choisir votre camp. Vos parents comptent sur nous pour faire de vous les prochains chefs d’entreprise de notre pays et nous sommes prêts à relever le défi.

J’écoute d’une oreille ce même discours qu’il prononce tous les ans. Zoey et Ayden rigolent et se moquent de lui à côté mais, malgré tout, je sais qu’il a raison. La plupart des parents des élèves ici présents paient une fortune pour faire entrer leurs enfants à Richemond, dans l’espoir qu’ils reçoivent les bases dignes des plus grandes universités. Sauf que pour plus de la moitié, l’investissement ne sera pas fructueux.

Le programme du mois nous est remis, et les cours commencent directement. Zoey et Ayden partent pour une remise à niveau en littérature, et je donnerais n’importe quoi pour les suivre. Pour ma part, je dois suivre des cours de droit et de mathématiques qui m’ennuient terriblement. Des cours particuliers de français sont également prévus dans mon emploi du temps certains après-midi et je me doute que mon père a insisté pour me voir continuer le piano.

La journée passe rapidement, tout comme les quatre premiers jours qui sont plutôt intenses entre les présentations et les évaluations. J’enchaîne les dissertations et les échanges en langue si bien que je n’ai pas le temps de sortir de l’école. Zoey et Ayden sont en plein rush de départ également ce qui me rassure un peu. C’est souvent comme ça les premiers jours, ensuite ça se calme, on prend le rythme et on arrive à se dégager des journées à la plage.

Avec tout ça, je n’ai pas eu l’occasion de revoir mon bel inconnu. Peut-être qu’il est déjà reparti. Dans le fond, ce serait sûrement une bonne chose, mon esprit pourrait se concentrer à cent pour cent sur les cours.

Contrairement à maintenant.

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