Secret Crush

Charlie Malone · Chapitre 27 sur 32

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Secret Crush

Chapitre 25

 

 

Emma

Comme à chaque fois, Owen fait un bout de chemin avec moi pour me raccompagner jusqu’à l’école. Alors qu’on marche tranquillement en ville, il m’attrape soudainement par la main et m’entraîne dans une petite rue parallèle. Surprise par son geste inattendu, je me laisse emporter jusqu’à ce qu’il me plaque contre un mur. Une main sur ma joue et l’autre dans le creux de mes reins, ses lèvres embrassent ardemment les miennes. Je ne suis pas habituée à ce genre de comportement, moi qui suis plutôt réservée, mais je dois avouer que j’aime ça. Cette fougue provoque en moi une poussée d’adrénaline et je me sens capable de bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Je réponds à son baiser avant qu’il ne me susurre à l’oreille :

— Je n’ai pas envie de te laisser partir… pas tout de suite…

— Et qu’est-ce que tu proposes ?

J’ai le regard empli de désir, ce qui ne lui échappe pas.

Il me sourit, visiblement ravi par ma question, et m’entraîne de nouveau à sa suite pour arriver devant son immeuble. Je ris alors qu’il appuie frénétiquement sur le bouton de l’ascenseur. Nous n’avons pas énormément de temps. Pas du tout, en réalité, puisque j’avais promis à Zoey de la rejoindre à 17 heures et qu’il est déjà 16 h 45 passées.

Une fois les portes de l’ascenseur ouvertes, son désir s’intensifie alors qu’il s’avance vers moi jusqu’à me faire toucher la vitre du fond. La mine joueuse, je le laisse prendre mes lèvres dans un baiser passionné. Mes mains se baladent dans son dos, sous son T-shirt, alors que les siennes remontent le long de mes cuisses dénudées. Un frisson me parcourt chaque fois que sa peau entre en contact avec la mienne quel que soit l’endroit où ses doigts caressent mon corps, à nouveau à sa merci. Quand bien même je voudrais être raisonnable et m’arrêter, mon corps refuserait totalement de m’obéir. Alors à quoi bon lutter ?

Cet homme provoque un déferlement d’émotions en moi. On peut passer un après-midi calme à discuter et refaire le monde tout en restant pudiques et, en quelques secondes, être à la limite de faire l’amour dans l’ascenseur d’un immeuble. Jamais je ne me serais crue capable d’une telle chose. Owen réveille en moi la fille un peu plus extravertie, un peu plus libre que je réprime pour ne garder que mon côté parfait et sans fausses notes.

Il ne met pas longtemps à ouvrir la porte de son appartement pour m’inviter à entrer avant de la claquer. Je prie intérieurement pour que nous soyons seuls, car même si je me découvre un nouveau côté plus libéré, je reste quand même réservée en public. Seul Owen peut me faire cet effet-là.

Une fois à l’intérieur, il me plaque de nouveau contre lui et entame une petite danse improvisée jusqu’à sa chambre. Ses yeux ne quittent pas les miens, et je sens le désir monter d’un cran malgré le romantisme de la situation. Il vient nicher sa tête dans mon cou, l’embrassant ardemment tout en descendant jusqu’à l’ouverture de ma poitrine. D’un geste sensuel, il fait tomber les bretelles de ma robe, dévoilant ainsi mes seins nus, ce qui a l’air de le surprendre. Cela ne l’empêche pas d’apprécier le spectacle et de me lancer un regard taquin, comme s’il me disait : « Ah, oui, tu es comme ça, toi ? », et cela me rend complètement dingue.

Ma respiration s’intensifie malgré moi alors qu’il m’observe. Je renverse la tête en arrière tandis qu’il commence à embrasser ma poitrine. Sa langue rugueuse tourne autour de mes tétons, ses dents les mordillent légèrement, me faisant perdre totalement mes moyens.

Il ne m’en faut pas plus pour avoir encore plus envie de lui.

— Owen…

Je gémis alors qu’il poursuit sa torture.

Il ne m’entend pas, ou fait semblant de ne pas m’entendre, et continue de jouer encore et encore avec moi jusqu’à me rendre totalement folle. Je sens son entrejambe gonfler contre moi et, si on ne passe pas à la vitesse supérieure maintenant, je ne vais pas tenir. Il sent que je suis à bout et met fin à mes supplications en me portant sur son lit. Je me laisse tomber, lui sur moi, et nos regards sont happés l’un par l’autre.

Je n’ai pas vraiment d’expérience en matière de sexe, mais ce dont je suis sûre, c’est qu’avec Owen c’est unique. Parce que ça a été ma première fois, mais aussi et surtout parce que je ne l’ai pas fait simplement pour être dépucelée… C’est à la fois son corps et son esprit que je voulais et que je veux encore. Je ne désire pas seulement le sentir entre mes jambes, je veux son regard sur moi, ses lèvres sur les miennes, ses mains parcourant mon corps. Je veux sa voix me susurrant tout son amour à l’oreille, et entendre à quel point il aime ça. C’est un tout. Ça ne s’appelle pas seulement coucher ensemble, c’est véritablement faire l’amour. J’aime cet homme pour tout ce qu’il représente.

— Emma… grogne-t-il alors que ses mouvements en moi s’intensifient et que je le sens au bord de l’implosion.

Voilà, c’est ça que j’aime. Entendre ce son bestial sortir de sa bouche et savoir que c’est moi qui lui procure cette sensation. Rien que l’entendre pourrait me faire jouir et monter au septième ciel sans effort. Ce qui s’avère totalement vrai puisque son dernier coup de reins me fait vriller en même temps que lui. La chaleur s’empare de mon corps, et je ne peux m’empêcher d’admirer ses muscles se contracter dans un ultime effort. Ses yeux se ferment et sa tête se renverse pour se laisser submerger par le plaisir qui s’immisce en moi en même temps. À bout de souffle, transpirant et l’esprit dans une autre dimension, il s’allonge à côté de moi tout en passant son bras sous mon cou pour m’attirer contre lui. Son corps nu et bouillant me fait paradoxalement frissonner. Je suis parfaitement bien et simplement moi-même. Les yeux rivés sur le plafond en me serrant un peu plus contre lui, comme pour ne pas me laisser filer, il commence à parler.

— J’aimerais ne jamais tourner la page. Garder ce chapitre ouvert pour ne pas découvrir le prochain… Toute intrigue a ses rebondissements et ses moments douloureux. Le nôtre arrivera bientôt…

— L’histoire est malheureusement déjà écrite et, s’il nous reste quelques chapitres à vivre encore ensemble, le tome suivant s’écrira séparément… Crois-moi, si je le pouvais, j’effacerais les prochaines pages pour en écrire de nouvelles. Juste toi et moi sans aucune péripétie pour venir tout gâcher et un happy end comme on les aime.

Nos voix sont mélancoliques, un peu tristes avec cette petite boule au fond de la gorge qui commence à se faire sentir. Mais on ne peut pas changer les choses, tout ce qu’on peut faire c’est apprécier les moments qu’il nous reste à passer ensemble.

Il tourne son visage vers moi et un léger sourire s’y dessine, le rendant toujours plus beau. Mon cœur fond littéralement et, en effet, la séparation sera douloureuse quoi qu’il arrive. Il m’embrasse tendrement avant de reprendre.

— Alors on n’a plus qu’à profiter à fond des prochains jours. Si c’est tout ce qu’il nous reste, je ne compte pas en perdre une miette.

Je souris à mon tour et acquiesce d’un signe de tête avant de finir par me lever.

— Si je ne suis pas condamnée à rester enfermé dans ma chambre à double tour par la surveillante ou par Zoey d’ici là !

Je rigole en constatant que j’ai déjà presque deux heures de retard et une demi-douzaine d’appels en absence de mon amie.

On est vendredi soir, c’est la raison pour laquelle je m’autorise un peu plus de liberté, car le week-end, l’école est moins regardante sur nos sorties. Cela me fait un peu de bien et me permet quelques moments d’évasion comme celui-ci.

J’enfile ma culotte et ma robe sous le regard attentif d’Owen qui profite du spectacle. Adossé sur son coude, la tête posée sur sa main, il m’observe avec un sourire coquin qui ne me laisse pas indifférente.

Je l’embrasse rapidement et traverse l’appartement à la hâte pour me diriger vers l’école. Je grimpe les marches en courant et monte les derniers étages pour rejoindre ma chambre en vitesse. L’espoir de trouver une Zoey de bonne humeur s’efface peu à peu à mesure que je me rapproche d’elle. Je ne la vois pas encore, mais je sens ses ondes négatives envahir le couloir et les reproches arriver à grands pas.

— Putain, mais t’étais où encore ?! Avec Owen, c’est ça ? s’empresse-t-elle de m’engueuler alors que je n’ai pas encore mis un orteil dans la chambre.

— On ne peut rien te cacher… dis-je d’une petite voix agrémentée d’une grimace d’excuse.

— Sauf que cette fois la situation est plus grave ! M. Johnson vient de passer pour te voir et il n’a pas très bien pris le fait de ne pas te trouver dans ta chambre, réplique-t-elle, la voix un peu paniquée. Je n’ai pas su quoi lui dire pour te couvrir… il m’a prise au dépourvu…

J’expire bruyamment en m’essayant sur mon lit. Alors c’est fini ? À quelques jours de la fin, tout va s’arrêter brusquement sans me laisser le temps de réagir ou bien même lui dire au revoir ? Parce que il ne faut pas se leurrer, à l’heure qu’il est, M. Johnson a sûrement déjà prévenu mon père de mon absence, et je n’ose même pas imaginer sa colère. J’ai probablement un peu trop abusé, et il fallait bien que ça arrive un jour, ça n’est pas comme si je ne m’y attendais pas.

— Et il a dit quoi ?

— Qu’il t’attend dans son bureau…

Je fronce les sourcils en regardant l’heure sur ma montre. Il est bientôt 20 h 30 et je me demande bien ce qu’il me veut à cette heure-ci. Et surtout pourquoi prendre la peine de vouloir me voir alors qu’il a simplement à appeler mon père. Je me lève, regarde Zoey qui semble aussi perplexe que moi et sors de la chambre pour aller voir le directeur.

— Emma, me chuchote Zoey en me rattrapant dans le couloir. Garde ton téléphone allumé, je t’appelle comme ça si jamais il se passe quelque chose de bizarre j’arrive.

— Zoey, qu’est-ce que tu veux qu’il se passe ?

— Je n’en sais rien moi, mais c’est quand même un peu étrange de vouloir te voir comme ça, à cette heure-ci.

Je secoue la tête en sachant très bien de quoi elle parle, mais elle divague complètement. Notre directeur ne ferait jamais une chose aussi stupide qui lui coûterait à coup sûr sa place et sa carrière. Je me dirige assez rapidement vers son bureau pour comprendre ce qu’il se passe, non sans une boule d’anxiété dans ma gorge. Je n’ai pas le temps de frapper à la porte qu’elle s’ouvre sur M. Johnson qui arbore un regard sévère.

— Vous avez demandé à me voir ? dis-je l’air de rien.

— Je peux savoir où vous étiez, mademoiselle Layne ? Et ne me donnez pas une excuse aussi rocambolesque que celles de Zoey. C’est une très bonne amie qui a voulu vous couvrir, mais la prochaine fois peaufinez un peu votre stratégie.

Je ne réponds rien et me contente de l’écouter. D’une, je ne voudrais pas dire ou faire quelque chose qui pourrait me mettre encore plus mal, et de deux, c’est une technique bien connue chez les avocats que de laisser parler la personne jusqu’à ce qu’elle n’ait plus rien à ajouter, avant de démonter un à un les faits relatés.

— Je ne sais pas à quoi vous jouez, mademoiselle Layne, mais si vous continuez sur cette voie, nous allons tous les deux avoir des problèmes. Comme je vous l’ai déjà dit, votre père paie une fortune à cette école et continue de faire des dons chaque année dans l’unique but de vous voir réussir et étudier à deux cents pour cent. Il me paie pour que je garde un œil sur vous et vous remette dans le droit chemin le cas échéant.

Je soupire, visiblement un peu trop bruyamment puisqu’il hausse un peu plus la voix.

— J’ai compris que cette année serait différente à partir du moment où vous avez accordé votre danse à un inconnu lors du bal. Vous avez donné beaucoup d’importance à cet homme au détriment de vos études, mais je ne vous en ai pas tenu rigueur jusqu’à maintenant. Cependant aujourd’hui vous êtes allée trop loin.

Son intonation se fait de plus en plus sèche. Il ne plaisante pas. Je fronce les sourcils en essayant de déchiffrer ses sous-entendus sans comprendre.

— Je vois que vous ne savez pas du tout de quoi je parle ? Vous êtes donc à ce point obnubilée par votre amour de vacances ?

Légèrement exaspérée par tous ces reproches, je lui demande :

— Vous n’avez jamais été jeune, monsieur le directeur ? Vous n’êtes jamais tombé amoureux ?

Tout le monde attend de moi la réussite, mais personne ne se doute que j’ai aussi besoin de vivre et d’expérimenter les choses banales de la vie comme tomber amoureuse…

— Si c’était ce que je vous reprochais, cela ferait bien longtemps que j’aurais réagi. Je vous ai laissé faire tant que vos notes suivaient et que je pouvais montrer votre exemplarité à votre père. Mais maintenant il va falloir m’expliquer comment je vais justifier votre absence au plaidoyer de ce soir.

Ma bouche s’entrouvre, et j’ai comme l’impression de manquer d’air tout d’un coup. Comment j’ai pu oublier !? Le plaidoyer clôture chaque année nos cours d’été, évidemment mon père met un point d’honneur à ce que j’y participe et surtout à ce que je l’emporte. Les étudiants du cours de droit dont je fais partie rejouent une affaire et doivent défendre une des deux parties de la meilleure des façons. Un jeu auquel j’apprécie de participer mais qui m’est complètement sorti de la tête. À ce rythme, c’est mon propre cas à mon procès qu’il faudra que je défende.

— Il est déjà au courant ?

— Il m’a envoyé un mail pour me demander un compte rendu de ce mois. Je ne compte pas lui mentir sur votre absence de ce soir.

Je hoche la tête en essayant de rassembler mes idées et trouver rapidement une solution. Voilà ce qui arrive quand on se laisse aller. Les conséquences seront sans appel. Un silence pesant s’installe, et je sens mes jambes fléchir sous le poids de cette erreur qui me coûtera à coup sûr ma liberté.

— Est-ce qu’au moins ça en valait la peine ? me demande-t-il en me fixant d’un air compatissant ce qui me surprend. J’ai moi aussi une fille, et même si je veux le meilleur pour elle j’ai appris que parfois, en tant que père, on ne peut pas tout contrôler non plus.

— Mon père ne voit pas les choses de la même façon, et vous le savez très bien puisque vous lui faites un rapport détaillé de mes agissements chaque année.

— Vous ne m’avez pas répondu. Est-ce que ça en valait la peine ?

J’aimerais lui dire que si c’était à refaire je ne changerais rien parce que j’ai vécu le meilleur été de ma vie, mais alors qu’il touche à sa fin, la peur des représailles me prend aux tripes. Cependant, j’affirme :

— Oui. Je ne veux pas vous mettre dans l’embarras alors vous n’avez qu’à dire la vérité à mon père, dis-je avec assurance avant de me diriger vers la porte.

— J’expliquerai à votre père que vous avez donné des cours de tutorat et que vous n’avez pas pu participer au plaidoyer. Que c’était une affaire que vous avez déjà défendue dans le passé.

Mon cœur tambourine dans ma poitrine, et mes sourcils se froncent en l’entendant dire qu’il me couvrira. M. Johnson a toujours été conservateur et surtout très loyal envers mon père (et son portefeuille), alors le voir prendre ma défense me surprend autant que cela m’inquiète.

— Pourquoi vous feriez ça pour moi ? Si mon père l’apprend…

— Je vous l’ai dit, j’ai compris que vous aviez changé en devenant une jeune femme qui mérite d’avoir ses moments à elle. Je ne veux pas me sentir coupable de vous enlever votre liberté.

Je m’attendais à tout sauf à ça en entrant dans son bureau il y a quelques minutes. Zoey était loin du compte et pour la première fois, je vois M. Johnson au-delà de son rôle de directeur et je le remercie pour sa compréhension.

— Merci… dis-je simplement avant de quitter son bureau pour rejoindre Zoey.

J’ouvre à peine la porte qu’elle saute de son lit, le visage inquiet.

— Alors ?!

— Le plaidoyer, c’était ce soir.

Ses yeux s’écarquillent, et sa bouche s’entrouvre, exactement comme moi lorsque M. Johnson me l’a rappelé.

— Putain de merde ! s’exclame-t-elle, ce qui me fait sourire. Ton père va te tuer c’est sûr !

— Ouais… sauf que crois-le ou non, M. Johnson a décidé de me couvrir… Et je te vois venir, il n’a absolument rien demandé en échange.

— Vraiment ?! dit-elle encore plus surprise.

— Je n’ai pas envie de chercher à comprendre ou à me plaindre. Je l’ai simplement remercié.

— Tu as raison, parfois il vaut mieux pas trop chercher.

Elle s’affale de nouveau sur son lit, et je m’allonge à côté d’elle à la fois soulagée et plus légère. Moi qui tiens toujours ma vie organisée à la lettre, je ne suis pas habituée à autant de rebondissements.

— Bon, ce problème est donc désormais résolu. Maintenant passons au suivant, me dit Zoey, ce qui me fait me sentir lourde tout d’un coup. T’es au courant que les gars de Stenfeeld sont arrivés et qu’ils vont nous en faire baver ? Je refuse qu’on s’incline et qu’on les laisse faire !

Je les avais oubliés eux… Le plaidoyer et les bras de Owen m’ont fait l’effet d’une bulle et permis de faire abstraction de tous ces problèmes. Je n’ai aucune envie de rentrer dans leur jeu, j’ai suffisamment donné il y a deux ans, et les conséquences pour moi ont été bien trop lourdes pour m’y risquer à nouveau. Parfois, il faut savoir se retirer pour avoir plus de tranquillité.

— On va leur faire ravaler leur fierté et leur montrer à ces enfoirés qu’on est chez nous ici et que tu es toujours là malgré ce qu’ils t’ont fait ces fils de pute !

Zoey n’est pas du genre à se mettre en colère, mais quand il s’agit de cet épisode de ma vie, elle pète littéralement les plombs. J’étais peut-être bien bourrée ce soir-là, mais je me souviens parfaitement du poing qu’elle a écrasé sur la joue de Bryan et de la baffe monumentale qu’elle a donnée à Kelly. Je lui suis tellement reconnaissante de faire partie de ma vie. J’enchaîne sans grande conviction :

— À ce propos… Je les ai croisés tout à l’heure… Et honnêtement, je préférerais rester en retrait cette fois-ci…

— Quoi ?! Hors de question ! Tu ne peux pas laisser ces salauds gagner !

— En fait, je m’en fiche un peu… Ils m’ont déjà fait suffisamment de mal pour que je ne revienne pas à la charge…

Mon amie n’est visiblement pas du même avis et me le fait bien savoir. Elle me tend une robe crème en m’ordonnant de l’enfiler pour l’accompagner. Je soupire, grimace, mais rien n’y fait, elle ne lâche pas alors je m’exécute. Je pourrais lui tenir tête et refuser d’y aller, mais je n’ai pas trop la force de m’insurger, alors j’enfile ma tenue, boucle légèrement mes cheveux et enfile une paire de talons compensés pour agrémenter le tout.

Minuit passé, et enfin prêtes à affronter les étudiants de Stenfeeld et en particulier trois d’entre eux. On se dirige ensemble avec d’autres élèves de notre école dont Ayden vers le centre-ville.

Je déteste vraiment ce genre de querelle puérile et sans aucun intérêt. Avant c’était sympa, de la rivalité sans méchanceté, on était surtout là pour échanger et s’amuser avec d’autres jeunes qui comme nous étaient contraints de passer une partie de leurs vacances à étudier. Mais depuis ce qu’il s’est passé il y a deux ans, tout a changé.

J’inspire profondément en suivant Zoey qui prend la tête du cortège, bien décidée à ce qu’on ne passe pas inaperçus et à montrer qui on est. Pour ma part, je reste en retrait, dans l’ombre de ceux qui aiment jouer les durs. À peine la porte de la boîte ouverte par le videur que la musique à base d’électro s’engouffre dans mes oreilles, limitant ainsi nos conversations. Il ne faut pas longtemps à Zoey pour repérer ses cibles et, pour ma part, je soupire en me demandant ce que je fous ici.

— Emma ! s’exclame une voix que je reconnaîtrais entre mille, un sourire narquois sur le visage qui me donne envie de vomir.

Lewis.

Mon pire cauchemar.

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