Secret Crush

Charlie Malone · Chapitre 29 sur 32

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Secret Crush

Chapitre 27

 

Emma

C’était trop demander. Je voulais juste être moi pendant quelques semaines auprès de lui. Depuis notre rencontre, Owen fait ressortir ce qu’il y a de meilleur en moi. Des émotions, des sentiments et des désirs enfouis tellement profondément que je n’en soupçonnais pas l’existence. J’ai appris énormément sur moi avec lui et je me rends de plus en plus compte que ma vie ne me correspond pas. Certains tueraient pour être à ma place alors que je donnerais n’importe quoi pour n’être personne justement. Juste Emma. Moi, mes livres et mes envies d’ailleurs.

Je n’ose même pas regarder Owen dans les yeux alors qu’il vient d’apprendre que j’ai refusé une place à Harvard. Je ne sais même pas pourquoi il continue à me courir après, je dois lui paraître folle, stupide, ou les deux.

— Ce n’est pas vraiment ce que je vois…

Je fronce les sourcils. La nuit est sombre et les lampadaires défectueux, ce qui ne m’empêche pas de voir le bleu de ses yeux.

— Je vois une fille incroyable et passionnée par un domaine dont on lui interdit l’accès. Je vois quelqu’un de très simple et sans artifices qui n’évolue pas dans le bon monde. Je vois une femme dont je suis tombé immédiatement amoureux et qui m’impressionne un peu plus chaque jour. Je te vois toi, Emma, telle que tu es, et pas telle que tu te montres aux autres.

Je ne sais plus si mon cœur bat la chamade ou bien s’il s’est totalement arrêté. Mes yeux s’humidifient malgré moi, et ma bouche s’entrouvre sans pour autant être capable de sortir le moindre mot. C’est la deuxième fois qu’il exprime ses sentiments envers moi, mais la première de manière aussi spontanée. J’aimerais lui dire que je l’aime en retour, que mon cœur reprend vie grâce à lui et que je me sens entière à ses côtés.

Mais j’ai peur. Peur de prononcer ces mots à haute voix pour en souffrir ensuite. Peur de me rendre compte de l’étendue de mon amour pour cet homme qui va disparaître de ma vie dans quelques jours. Une larme roule silencieusement sur ma joue.

— Emma… me dit-il tendrement.

— Je… J’ai la trouille… Je n’ai jamais aimé avant toi, et je crains la douleur qui suivra ton départ…

Je sens une boule se former dans ma gorge, et mon cœur se contracter à en faire mal. Pourquoi faut-il que l’amour fasse autant souffrir ? C’est un sentiment aussi beau que douloureux qui fait autant de bien qu’il peut faire du mal.

Owen saute du muret pour se placer en face de moi, entre mes jambes. Son regard plonge dans le mien, et je ne peux m’empêcher de sourire en le voyant là, si beau et sexy devant moi, presque irréel. Ses cheveux blonds décoiffés, sa bouche étirée en coin et son regard doux électrisent un peu plus mon cœur en me rappelant à quel point il est beau. Il faut que j’imprime ce visage dans ma mémoire à jamais. Je finis par murmurer en posant délicatement mon front contre le sien tandis que ses mains se posent sur ma taille :

— Le temps passe trop vite.

— Comme tu l’avais si bien dit lors de notre rencontre, c’est le temps d’un été pour oublier qui nous sommes dans la vraie vie. Un été pour être soi-même et profiter. Un été pour tomber amoureux… Je n’aurais jamais pensé rencontrer une fille comme toi en venant ici Emma, mais ça s’est fait et, aussi dur que ce sera de te quitter, je garderai tous les bons moments passés ensemble en souvenir pour toujours. Il nous reste quelques jours pour continuer à nous aimer et, qui sait, peut-être que l’on se retrouvera ici même sur ce muret l’année prochaine…

Je souris à cette idée de le revoir au même endroit, à la même période, un an plus tard. C’est romantique, mais très peu envisageable pour autant.

— D’ici là, tu auras eu le temps de te rendre compte que je ne suis qu’une gamine avec qui tu as passé du bon temps lors de tes vacances… Tu auras, je l’espère, trouvé une femme de ton âge qui saura t’apporter bien plus que ce que je ne pourrai jamais…

— Ou bien peut-être que ce sera toi qui te rendras compte que je ne suis qu’un fantasme le temps d’un été… Un vieux schnock, après tout… Tu trouveras sûrement un mec de ton âge, étudiant comme toi, qui te soutiendra et avec qui tu pourras réviser et débriefer.

Il rit en prononçant ses mots et malgré la douleur présente dans ma poitrine, je lui rends un sourire amusé. Mais il se trompe. Je n’ai pas de place ni de temps pour une relation, à en croire mon père. « L’amour n’est qu’une futilité qui n’apporte que distraction, problèmes et chagrin. » Voilà sa définition. Rien à voir avec ce qu’on peut lire dans les livres…

Ou dans ma réalité présente.

— Ou peut-être que je serai assis sur ce muret l’année prochaine, un livre à la main, à t’attendre…

Il ne me laisse pas le loisir de répondre et vient poser délicatement ses lèvres sur les miennes. Elles sont douces et agréables, à tel point que j’en oublie tout ce qui vient de se passer pour simplement me focaliser sur l’instant et ce bonheur qui se propage en moi.

De ses mains, il me fait descendre du muret pour m’attirer un peu plus à lui, sa langue jouant avec la mienne.

L’air est chaud malgré la nuit bien entamée, et le bruit des vagues claque dans le silence comme une douce mélodie. Assise sur le sable, appuyée sur son torse, j’accorde ma respiration avec la sienne en repensant à ces dernières semaines. Je ne sais pas grand-chose de lui, mais suffisamment pour savoir que malgré la différence d’âge entre nous, je ne ressens aucun malaise. Notre complicité et notre complémentarité sont nouvelles pour moi et je ne pensais pas un jour rencontrer quelqu’un comme lui. J’ai envie de croire à l’idée de le retrouver au même endroit l’année prochaine.

Ce week-end se déroule sous le signe du romantisme. Owen m’emmène dans différents endroits de la côte pour profiter de ces moments rien qu’à nous sans personne pour nous surprendre ensemble. Lecture sur la plage, glace partagée, danses au grés des musiciens de rue à la tombée de la nuit, discussions sur le monde réel et imaginaire des romans. Tout ça peut paraître totalement cliché et digne de films à l’eau de rose que l’on peut voir défiler sur les chaînes de télévision, mais c’est juste notre réalité. Je n’ai jamais autant ri et autant aimé que pendant ces deux jours passés avec lui. Owen a le don pour me faire oublier mes problèmes. Tout paraît si simple auprès de lui que je me laisse glisser sans penser à rien d’autre que lui.

La semaine suivante est rythmée entre les derniers cours, les devoirs à rendre dans les temps impartis et les différents affrontements plus ou moins amicaux avec les élèves de Stenfeeld. Bryan, Lewis et Kelly ne sont pas revenus à la charge après notre discussion en boîte de nuit et l’altercation avec mon frère. Si au départ je n’ai pas vraiment apprécié son intervention, aujourd’hui je le remercie, car il me permet de passer plus de temps avec Owen sans me soucier de ces enfoirés.

Chaque minute est précieuse, et dès que le temps me le permet, je m’échappe pour le retrouver. La passion entre nous est décuplée par le fait que notre aventure à deux touche à sa fin.

Je ris aux éclats alors qu’il me plaque une nouvelle fois contre les parois de l’ascenseur qui nous monte jusqu’à son appartement. Mon sourire effleure le sien, jouant ainsi avec ses lèvres. Mon cœur bat à cent à l’heure, et ma respiration a encore du mal à se remettre de la course qui m’a amenée jusqu’ici. Le cours terminé et les dernières recommandations de notre professeur de droit à peine prononcées que je sortais déjà de la salle. C’est complètement inhabituel de ma part, mais plus rien n’est pareil cette année. Tout est différent justement, surtout moi. Et j’aime cette fille, un peu plus fougueuse et libre que je suis devenue.

La main d’Owen remonte le long de ma cuisse jusqu’à chatouiller mon entrejambe délicatement, mais suffisamment pour me rendre totalement accro. Parfois, un simple effleurement est bien plus puissant que n’importe quel autre geste.

— Je trouve que tu t’es bien dévergondée ces derniers temps Emma… me murmure Owen à l’oreille, ce qui me fait rougir. Jamais tu n’aurais accepté un tel comportement dans un lieu plus ou moins public, au début… Même si ce n’est qu’un ascenseur…

Je me mords la lèvre inférieure alors que ses doigts écartent ma culotte pour venir s’insérer doucement en moi tandis que les étages de l’ascenseur défilent sous mes yeux. L’adrénaline est palpable, il pourrait s’arrêter à n’importe quel étage et nous faire tomber nez à nez avec un inconnu. Mais j’aime ça, et visiblement ça le fait bien rire. Mon corps se cambre alors qu’il commence des va-et-vient avec ses doigts et je prie pour qu’on arrive bientôt.

Le bruit indiquant notre étage retentit, et Owen m’attrape par les fesses pour me porter tout en m’embrassant. Mes jambes s’enroulent autour de sa taille, et mes lèvres ne quittent pas les siennes alors qu’il tente d’ouvrir la porte de l’appartement. Je suis morte de rire face à son incapacité à effectuer cette simple tâche et repose mes pieds à terre pour lui laisser le champ libre.

— Ne rigole pas trop parce que si je n’arrive pas à ouvrir cette porte, je te prendrai là, dans ce couloir, sans attendre, dit-il d’une voix rocailleuse qui fait augmenter instantanément ma température.

Il finit par glisser la clé dans la serrure alors que mes mains ne résistent pas à l’envie de tirer sur sa braguette. À peine la porte refermée dans un claquement sourd, il m’attrape par la taille pour retirer ma robe qui l’empêche de me voir entièrement. Le temps d’arriver jusqu’à sa chambre, son jean et son T-shirt sont déjà au sol. Mon index glisse lentement entre ses abdos bien dessinés pour l’admirer encore un peu plus et probablement pour la dernière fois.

Ses mains viennent entourer mon visage pour plonger ses yeux océan dans les miens avant de m’embrasser tendrement tout en me faisant basculer sur le lit. Je savoure chacun de ses baisers, chacune de ses caresses sur mon corps. Je veux me souvenir toute ma vie de ces sensations, de ces brûlures que ses doigts provoquent sur ma peau. Garder toujours cette chaleur qui m’envahit alors qu’il me pénètre et glisse en moi. Ces papillons dans le ventre, ces pulsations tellement fortes sur mon clitoris alors que son pouce joue avec, tandis que ses mouvements de bassin se répercutent contre moi. Ce point de non-retour atteint dans une jouissance commune incomparable. Nos fronts posés l’un contre l’autre et nos respirations en rythme alors qu’on tente de reprendre notre souffle.

Je veux pouvoir me rappeler chaque sensation et ne jamais laisser le temps me les enlever.

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