Une nuit avec le duc

Jodi Ellen Malpas · Chapitre 7 sur 19

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Une nuit avec le duc

Chapitre 7

 

Je suis réveillée par le vacarme. Des cris accusateurs, des hurlements, des protestations. Alors que je me redresse dans mon lit, quelque peu désorientée, Maman, encore en chemise de nuit, fait irruption dans ma chambre.

— Un cambriolage ! s’exclame-t-elle en se précipitant à la fenêtre pour écarter légèrement les rideaux. Ici, à Belmore Square !

Les cris ne cessent pas. Je sors de mon lit et rejoins Maman en tirant ma chemise, encore assoupie.

— Qui a été cambriolé et par qui ?

Dans la rue, un policier maintient un jeune homme en le tenant par la nuque.

— C’est le garçon d’écurie, dis-je en embrassant du regard la scène, plutôt chaotique.

Lymington, la main en l’air, semble avoir perdu la tête et tente de frapper le garçon, qui essaye d’esquiver chaque fois que la main approche trop sa tête.

— Il a volé la montre gousset du duc.

Je repense à hier soir, lorsque j’ai eu l’infortune d’entendre – non, je n’ai pas épié cette conversation – une conversation totalement indécente.

— Sa montre gousset ? dis-je en regardant l’agent secouer le malheureux, comme si l’objet volé allait lui tomber des poches.

Bien sûr, il n’en est rien.

Je quitte la chambre et traverse la maison à grandes enjambées, sans me soucier des regards inquiets que me jettent les domestiques que je croise. Je suis trop scandalisée pour prendre en compte leur air choqué. J’entre sans demander à personne dans l’étude de Père et suis immédiatement suffoquée par l’odeur infecte, où se mêlent relents d’alcool et parfum de tabac froid. Je m’approche du fauteuil où j’ai vu le duc avachi la veille au soir et commence à fouiller les côtés du coussin.

— Eliza, qu’est-ce que tu fais ? me demande Mère dans mon dos.

Je tourne la tête tout en continuant mes recherches et découvre qu’elle a enfilé une robe de chambre par-dessus sa chemise de nuit et mis un bonnet sur sa tête.

Je ne trouve rien.

— Bon sang, dis-je à mi-voix avant qu’un souvenir me revienne.

Le bruit sourd. Un bruit que j’ai entendu juste avant que Lymington sorte du salon la veille. Je prends le couloir, rentre dans la pièce et me mets à quatre pattes pour passer au peigne fin le sol sous la table. Rien. Alors je poursuis mes fouilles, ne comptant pas renoncer pour si peu, certaine que…

Quelque chose scintille sous le buffet, je m’allonge, y glisse la main, le visage écrasé contre le tapis.

— Eliza ! crie Maman.

— Je l’ai !

Je jubile. J’espère que tout le voisinage entendra mes cris et que le garçon sera libéré.

— J’ai la montre gousset !

Je bondis sur mes deux pieds et cours à toute vitesse jusqu’au perron, où je la brandis en l’air.

— Libérez le garçon !

Papa et Frank, qui observent la scène depuis les marches, se tournent vers moi en plissant le front. Je leur explique :

— Le garçon n’a pas volé la montre du duc.

— Si, il l’a volé ! insiste Lymington, qui secoue son prétendu voleur comme un prunier. Je demande justice !

— Vous allez avoir justice.

Je descends les marches et présente au duc indigné sa montre gousset.

— Je pense que vous l’avez mal rangée hier soir pendant le dîner, Votre Grâce, dis-je tandis qu’il met son lorgnon pour examiner l’objet argenté. Elle est à vous, non ?

Le rouge monte aux joues du duc. Je ne souhaite pas l’embarrasser davantage, non parce que j’ai pitié de lui, mais parce que je ne veux pas faire honte à mon père en dénonçant les agissements de son partenaire et ami.

— Une bête erreur, Votre Grâce, dis-je en laissant tomber la montre dans sa main. Je suis sûre que quelques shillings suffiront à faire oublier cette histoire au malheureux.

— Quoi ? fait Lymington en me regardant d’un air incrédule.

Je suis certaine qu’à cet instant, il lit une sorte d’avertissement dans mon regard.

— Oh, oui. Bien sûr.

Il se tourne vers le pauvre, qui a l’air d’un animal effrayé. J’ai presque envie de le rassurer : ce n’est pas lui, l’animal, ici. Le duc lui tend un shilling, qu’il accepte avec reconnaissance. Un seul shilling ? Je me racle la gorge, et le duc me jette un coup d’œil.

— Oh mon Dieu, soupire Père derrière moi.

Je souris au duc en désignant du regard sa bourse pour l’inciter à y piocher encore. Puis je me tourne vers le garçon.

— Combien Mr Fitzgerald vous paye-t-il ?

— Cinq shillings, madame.

— Je pense que dix shillings suffiront, dans ce cas.

Le duc semble à deux doigts de s’étrangler, ce qui le rend incapable de contester ma proposition.

— Il souffre horriblement, Votre Grâce. (Je regarde le garçon.) N’est-ce pas vrai ?

Un silence, je fronce les sourcils, et il rentre dans mon jeu.

— Mon cou… dit-il en se palpant la nuque.

— Son cou, dis-je d’une voix ferme. Il aura du mal à travailler aux écuries de Mr Fitzgerald pendant au moins une semaine, je pense. Cinq shillings pour couvrir ses pertes, et cinq pour le dérangement. (Je peins un grand sourire sur mon visage.) Personne ne souhaite que cette mésaventure finisse dans les colonnes de l’édition de demain.

— Seigneur, elle provoquera ma perte, entends-je Père murmurer.

Lymington, qui hésite entre jouer la magnanimité et prendre ombrage de mon intervention, tousse un peu, et le garçon, après avoir reçu son paiement et salué le duc avec un respect qu’il ne mérite pas, file sans demander son reste.

— Bonne journée ! dis-je dans son dos.

Et soudain, je prends conscience que je suis pieds nus. Pieds nus ? Mon regard se tourne vers Frank et Papa, qui m’observent d’un air ahuri, immobiles sur les marches de la maison. Oh non.

Mon indécence est totale, debout pieds nus et en chemise de nuit au milieu de la rue. Je souris nerveusement, regarde autour de moi et m’aperçois que des badauds se sont arrêtés, et pas pour assister au procès d’un garçon d’écurie.

— Eliza, rentre, m’ordonne Père entre ses lèvres serrées.

Mais je ne vois plus rien, car de l’autre côté de la rue, seul, se trouve Johnny Winters, absolument magnifique dans son veston de velours vert qui fait ressortir ses yeux. Une lueur maligne y brille tandis qu’il me regarde, sans choc ni horreur, contrairement, je suppose, aux autres spectateurs. Non. Son expression n’a rien à voir. Elle est menaçante. Lascive. Et moi, je suis gelée.

À moitié nue au beau milieu de la rue.

Devant beaucoup trop de membres de la bonne société. Des souvenirs remontent de la veille, sa maison, son étude ; mes sensations. Cet homme hardi, rude, interdit, louche, cet homme fait éclater mon cœur et bouillir mon sang.

Et c’est absolument merveilleux, me dis-je en souriant intérieurement.

— Eliza !

Je sursaute, m’arrachant à la vision du duc de Chester, pour revenir sur terre avec brutalité. Dans l’urgence que je sentais de servir la justice, il semble que j’aie négligé de m’habiller. Quel malheur.

Les yeux baissés, je disparais dans la maison et croise Maman dans le couloir. Je risque un coup d’œil vers elle et lui fais un petit sourire pour m’excuser d’avance auprès d’elle, car je sais qu’elle n’a pas fini d’entendre Papa se plaindre de moi. Elle hoche la tête et me sourit d’un air rassurant – ou amusé ? – et la porte claque.

— Mon Dieu, je vais être la risée de tous ! s’écrie Papa. À quoi jouiez-vous ? Votre but est-il donc de me ruiner, Eliza ? (Il se prend la tête à deux mains, au désespoir. Je ne me réjouis pas de voir Père se désoler.) Bon sang, combien de fois dois-je vous répéter que vous n’êtes plus à la campagne ?

Toutes les heures, on dirait.

— Je suis sûre que votre réputation n’en souffrira pas, dis-je en jetant un coup d’œil à Frank, qui garde le silence mais semble avoir du mal à cacher son amusement.

Je ne suis donc pas la seule à être exaspérée par l’obligation permanente de faire bonne impression. Père s’inquiète pour rien. Il est tôt, la plupart des habitants de Belmore Square dorment encore, en tout cas ils ne risquent pas d’être habillés et dehors. Avec les événements qui ont lieu presque tous les soirs, les nuits sont longues et les journées, courtes pendant la saison. Même si, je dois l’admettre, j’ai cru voir un certain nombre de rideaux bouger aux fenêtres.

— Je monte dans ma chambre, dis-je avant que Papa ne laisse parler son angoisse.

Clara est debout en haut de l’escalier, en chemise de nuit, les yeux encore pleins de sommeil. Depuis qu’elle est toute petite, ma sœur dort comme un loir, même en cas de grande tempête. La pauvre n’a absolument pas idée que je viens d’éviter la prison à l’amour de sa vie.

En arrivant dans ma chambre, je vais à la fenêtre. La foule s’est dispersée et Belmore Square ressemble à ce qu’elle est habituellement à dix heures du matin. Le calme est revenu.

Quand midi viendra, des voitures apparaîtront, les dames partiront pour leur promenade du jour au parc royal, les hommes s’occuperont d’une balade à cheval ou de leurs rendez-vous d’affaires avant que le crépuscule ne tombe, donnant le coup d’envoi des dîners.

On frappe à ma porte, quelques coups légers, puis elle s’ouvre. C’est Maman, qui me regarde avec tristesse. Je retourne mon attention sur le square.

— Je ne peux pas épouser Frederick, Maman.

— Oh ma chérie, j’aimerais t’accorder cela.

— Et pourquoi ne le pouvez-vous pas ?

Elle me prend par les épaules et m’enlace, contemplant avec moi la vue par la fenêtre.

— Je sais que les ladies doivent faire un mariage honorable, mais les mariages arrangés de force sont obsolètes, Maman. Vous le savez.

— Alors ne nous obligez pas à vous marier de force.

— C’est injuste.

Je la regarde, elle me fait ce sourire doux qu’elle a toujours eu et qu’elle semblait avoir perdu depuis notre arrivée à Londres pour ma première saison.

— Vous avez toujours aimé vous lancer dans de grandes batailles morales, dit-elle. Vous souvenez-vous quand vous nous avez déclaré que vous alliez demander à être reçue à Eton ?

Elle rit.

— Votre père ne s’attendait pas à avoir une fille brillante, Eliza. Un fils, oui, mais pas une fille. Nous ne pouvions pas payer les frais de scolarité à Frank, à l’époque. Alors il n’y est pas allé.

Mais ils pourraient, aujourd’hui. Et la vérité, c’est que si j’étais un garçon, même cadet ou benjamin, j’irais à Eton, et peut-être même à Oxford ensuite. J’étudierais toutes sortes de domaines. Je ferais quelque chose que j’aime.

Avec des si…

— Venez, me dit Mère en déposant un baiser sur ma tempe. Habillons-nous. Je voudrais vous montrer mon nouveau magasin favori à Mayfair. Il m’a été chaudement recommandé par Lady Tillsbury.

Elle quitte la chambre, et Emma y entre pour remplir d’eau chaude le pot de ma coiffeuse.

Après que je l’ai remerciée, Emma s’apprête à sortir à son tour mais elle s’arrête à la porte.

— C’était très honorable, ce que vous avez fait, Miss Eliza, me dit-elle d’une voix hésitante. Je vous remercie.

— L’honorabilité ne sert à rien quand on est une femme, Emma. Surtout une femme d’un certain statut.

— En tout cas, cela m’a touchée.

Je la scrute une seconde.

— Connaissez-vous ce garçon d’écurie, Emma ?

— C’est mon fils, madame.

— Oh.

Bonté divine. Clara est amoureuse du fils de la bonne ? L’histoire devient plus rocambolesque à chaque minute qui passe.

Emma hoche la tête, s’en va. Je me lave et m’habille en pensant à toutes ces choses auxquelles je ne devrais pas penser, ou plutôt à une seule, le duc de Chester, puis retrouve Maman au pied de l’escalier. Je ne me demande pas ce que fait mon père. Il y a toutes les chances pour qu’il soit déjà en train de noyer son chagrin dans l’alcool. Tout cela à cause de moi… Mère ferme doucement la porte de l’étude, qui était restée entrouverte, et jette un regard qui semble dire que nous ferions mieux de partir.

Emma nous ouvre la porte, la lumière du jour inonde l’entrée, et je me prépare mentalement à affronter le monde extérieur et les inévitables murmures sur mes frasques. Levant le bas de son manteau, Maman descend les marches du perron et s’avance dans la rue, la tête haute. Je la soupçonne de faire preuve d’abnégation, et j’admire néanmoins son dédain apparent des rumeurs. Je l’imite, tentant de faire abstraction de cette scène où je me suis donnée en spectacle à moitié nue au milieu de la rue, et arbore un sourire inébranlable.

— Miss Melrose, me salue Lord Hamsley en me croisant.

— Bonjour, Lord Hamsley.

J’ai à peine osé lever les yeux.

— Miss Melrose, dit Mr Simpson, le célèbre constructeur de bateaux qui habite au numéro quatre, Belmore Square, en levant son chapeau.

— Bonjour, Lord Simpson.

Je souris avec une certaine raideur.

— Miss Melrose, dit Mr Casper en s’inclinant.

C’est un avocat qui habite au numéro cinq, et il est le confident de Père pour tout ce qui concerne ses affaires.

— Mr Casper, réponds-je d’une petite voix malgré sa mine ravie.

Quoi ? Il est ravi de me voir ? Que se passe-t-il ce matin ? Je leur jette un coup d’œil par-dessus mon épaule et m’aperçois qu’eux aussi me suivent du regard.

— Je suppose qu’ils regrettent un peu que cette fois, tu sois complètement habillée.

Je me retourne et vois Lady Dare qui m’observe avec un sourire rusé.

— Oh ! Vous en avez entendu parler, dis-je, mécontente de me sentir rougir.

Elle éclate de rire en remettant ses gants en place. Je suis à peu près sûre que ce rire fait trembler un grand nombre d’hommes. Fait-il trembler Johnny Winters ? J’en doute, car j’ai eu l’occasion de le voir lui aussi à demi dénudé, puisqu’il aime parader ainsi, et je n’imagine pas ce corps puissant se mettre à trembler. Dire qu’il était là ce matin et qu’il m’a vue dans toute ma gloire impudique.

Je continue mon chemin en ruminant ma fâcheuse habitude d’agir avant d’avoir réfléchi.

— Tout Londres doit déjà être au courant, poursuit Lady Dare en m’emboîtant le pas.

Elle bouge avec une grâce qui devrait être impossible dans une robe pareille.

— Mais je me dois de vous avertir, Miss Melrose.

— De quoi ?

— Il n’y a de place que pour une aventurière dans ce quartier.

Je lui jette un regard en coin. Cette femme intrépide, qui bafoue toutes les conventions, se sent-elle menacée par mon arrivée ?

— Je ne suis pas sûre de comprendre.

Elle me fait un grand sourire qui révèle ses dents blanches, puis s’arrête, m’obligeant à faire de même, et tourne ses yeux brillants vers moi. Son petit nez charmant se plisse, sa main gantée s’approche de ma robe et vient triturer un bouton qui n’a aucun besoin d’être trituré.

— Comme c’est bizarre, reprend-elle doucement. J’ai dû me tromper.

— À quel propos, madame ?

Je commence à me méfier d’elle. Je n’aime ni son personnage, ni son ton, ni sa fausse amabilité.

— Eh bien, vous savez, répond-elle en riant comme si elle badinait.

Dois-je rappeler à Lady Dare qu’elle parle, en fait, à une autre femme, insensible à ses tactiques, et non à un de ces messieurs de Belmore Square qui doivent être pathétiques face à sa beauté glaciale ?

— Je pensais que vous étiez une femme intelligente, poursuit-elle en me regardant des pieds à la tête d’un air hautain. Vos mascarades en public sont peut-être un procédé pour vous attirer l’attention des hommes.

— Je peux vous assurer que ce n’est rien de tel. J’assistais à une injustice, je me suis senti le devoir d’intervenir et d’y mettre un terme.

M’attirer l’attention des hommes ? Jamais ! En revanche, les suppositions de Lady Dare en disent long sur la manière dont elle fonctionne. Je ferais bien de le garder à l’esprit à l’avenir, lorsque je la verrai porter une jupe avec un peu trop de verve, sans doute dans l’intention d’exhiber la dentelle de sa pantalette. Catin.

— Presque nue.

Elle hausse les sourcils en voyant le vicomte Millingdale passer au trot devant nous et m’adresser un sourire. À moi ! Pas à l’illustre, la célèbre Lady Dare, mais à moi. Je frémis en sentant le regard du vieil homme posé sur moi. Il semblerait que Miss Austen avait raison lorsqu’elle écrivait que si par malheur une femme avait connaissance de quoi que ce soit, elle avait intérêt à le cacher, et à bien le cacher. Dévoiler son corps tout en dévoilant son cerveau ? Mon Dieu, je vais avoir toutes sortes de problèmes, en plus de provoquer la mort de Papa.

Mais oublions mes escapades, à demi nue, un instant et résolvons le problème du moment. Le problème de Daly Dare, dois-je préciser, et non le mien.

— N’ayez crainte, madame, dis-je d’un air indifférent. Je préfère exhiber mon esprit que mon corps.

Elle a du mal à étouffer la vague d’indignation qui la submerge.

— Je ne suis pas certaine de comprendre ce que vous insinuez.

— Je n’en doute pas.

Et là-dessus, je reprends mon chemin. Je n’ai aucune admiration ni attirance pour Lady Dare.

— Bonne journée à vous.

Mais alors que je m’éloigne, je sens soudain flotter à mes narines un léger parfum de lavande. Mon Dieu, non ! Frank. Y a-t-il un homme à l’abri de ses griffes ? Je devrais peut-être la mettre en garde et lui demander de ne plus l’approcher, mais je crois bien que je ne ferais que l’inciter davantage en révélant ma contrariété. Il va falloir traverser cette tempête, qui ne durera pas une éternité. Comme tous les hommes qui se sont laissés prendre dans ses filets, mon frère sera rejeté lorsqu’elle aura trouvé sa prochaine victime.

Du moins, je l’espère.

Et je prie.

Qui sera sa prochaine victime ? Je jette un coup d’œil à l’autre bout du square, à la résidence des Winters. Mon Dieu, faites que la tempête soit déjà passée par là. Et qu’elle n’y revienne pas.

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