Boss hors contrat

Camilla Simon · Chapitre 9 sur 35

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Boss hors contrat

Chapitre 9

 

 

Léonie

 

Nous sommes à peine arrivés dans la suite de l’hôtel que mon boss reçoit un appel urgent. Je saisis donc l’occasion de m’éclipser et je file en direction de la piscine, complètement déserte. Je ne comprends pas que les clients n’en profitent pas plus. On est en plein après-midi et il n’y a personne. Mais je ne vais pas m’en plaindre. Je fais plusieurs longueurs avant de prendre place dans le jacuzzi attenant. Je ferme les yeux et repense à ce qui s’est produit plus tôt. Je n’en reviens pas d’être parvenue à maîtriser ce salaud. Mon cerveau était comme sur pause et, dès que sa main s’est abattue sur mon épaule, j’ai donné un grand coup de genou dans ses parties intimes. C’était à la fois terrifiant et jubilatoire. Et puis Eneko est arrivé, la pression est redescendue d’un seul coup. Je savais que j’étais désormais en sécurité. Mon boss est très souvent désagréable et il me tape sur le système régulièrement, mais sa présence me rassure étrangement.

Un bruit me fait rouvrir les yeux, tourner la tête, et j’aperçois Eneko en maillot de bain, ce qui fait naître en moi des petits picotements à la naissance de ma poitrine. Mes seins se dressent comme s’ils voulaient lui souhaiter la bienvenue. Plus ça va, plus mon corps réagit à sa présence. Ce type a l’effet d’un détonateur sur moi et ça m’agace… En même temps, j’ai énormément apprécié son attitude au restaurant. Et puis sa proposition ne cesse de tourner dans ma tête. Et s’il était le seul à pouvoir me prouver que je ne suis pas frigide comme le pense Max ? Et si je passais à côté de ça ? Cela m’effraye tout autant que ça m’émoustille. Je suis curieuse de pouvoir connaître un jour ce que l’on ressent dans les moments intimes. J’aimerais que mes fantasmes deviennent réalité. Je voudrais éprouver au moins une fois dans ma vie un orgasme. Mais il reste mon patron… et j’ai vraiment peur des ragots et des conséquences que cela entraînera forcément.

– Tu sais que je suis là, Léonie… susurre-t-il tout contre mon oreille.

Je déglutis, ma bouche est sèche, mais je refuse d’ouvrir les yeux. Mes mains se crispent sur le rebord du banc sur lequel je suis assise. Son souffle chaud tout contre ma joue provoque un courant électrique le long de ma colonne vertébrale.

– Je te fais tant d’effet que tu évites de me regarder ?

– Dans vos rêves ! m’exclamé-je en plongeant mon regard dans le sien, voilé.

– On repasse au vouvoiement, donc. Léonie, je sais que je ne te suis pas indifférent.

– Vous êtes si imbu de vous-même que vous pensez que toutes les femmes vous tombent forcément dans les bras, dis-je, plus taquine que critique.

– Pas toutes, j’ai aussi mon mot à dire, réplique-t-il en me lançant un clin d’œil.

Il m’énerve !

Je remue la tête de droite à gauche et commence à me lever, mais il se place devant moi, juste à quelques centimètres. Son parfum boisé et iodé me monte à la tête, mes yeux se portent brièvement sur ses lèvres charnues.

Il pivote finalement, me libérant le passage. Il entre dans le jacuzzi et je ne perds pas une miette de son fessier moulé dans son maillot. Je suis les gouttes d’eau dévalant son dos musclé et se perdant sur ses reins. J’enfile mon peignoir plusieurs minutes plus tard, le temps de reprendre mes esprits, puis regagne la suite.

En arrivant dans ma chambre, mon Smartphone m’indique l’arrivée d’un SMS.

[Coucou ! Pour savoir si notre boss

est toujours en vie ou pour empêcher

que tu te jettes par la fenêtre ! Au choix !

Agathe]

 

Je pouffe de rire au message de ma nouvelle collègue, la comptable avec qui je prends mes pauses-déjeuner au bureau. Je n’en suis pas au point de me confier à elle, mais c’est agréable d’avoir une amie sur son lieu de travail.

 

[Je suis à deux doigts de le balancer

par-dessus le balcon, mais j’ai pensé

aux conséquences et je ne veux pas

être la cause de notre perte, à nous,

les employés d’Ozeano Hotela !]

 

[Pas bête ! J’avais pas pensé

à ce qu’il adviendrait de nous

dans ce cas-là ! Bon, dès qu’il t’énerve,

fais la respiration du petit chien,

ça marche !]

 

[C’est pas pour accoucher, ça ?]

 

[Possible ! Mais ça fonctionne,

crois-moi ! Dès qu’il vient

dans mon service, je la pratique,

sinon je perds tous mes moyens ;(]

[Il n’est pas si méchant que ça…]

 

[Ah bon ?!… Bon courage à toi

et à bientôt, enfin j’espère !;)]

 

Je ris de nouveau à son dernier message. Elle m’a fait oublier ma dernière joute verbale avec notre patron et mon trouble à son sujet.

 

***

 

J’ai dîné seule dans ma chambre. Eneko est venu se doucher, puis a filé en costard je ne sais où. Je ne cesse de l’imaginer avec une femme, en train de lui faire tout un tas de choses. Depuis qu’il a évoqué le sujet de l’initiation, je n’arrête pas de penser au sexe. Je ne me reconnais plus. J’ai mis la télé, mais je n’arrive pas à fixer mon attention dessus, alors, au bout d’une lutte acharnée de plusieurs heures, je repousse la couette, enfile un peignoir par-dessus mon pyjama short et m’assois sur la table de la terrasse. Les bruits de la ville me parviennent. Quelques lumières illuminent les toits de Paris et je me perds dans la nuit et mes pensées. Ma grand-mère me disait toujours que je ne devais jamais avoir de regrets dans la vie. Que celle-ci est faite de différents chemins. Un chemin correspond à un choix. Et que nous ne devions jamais regarder en arrière. Elle me trouvait bien trop sérieuse et je l’entends encore me dire : « Léonie, fais des expériences, tombe et relève-toi. Sois heureuse et surtout ne te retourne jamais. Tu es jeune, c’est le moment. » Une petite voix intérieure se fait de plus en plus présente ces derniers jours.

Et si mon boss était mon expérience ? Et si je devais vivre, essayer et passer à autre chose ? Et s’il était la clé de mon bonheur futur ?

Au fond de moi, je sais qu’il pourrait être celui qui me prouvera que je ne suis pas comme le prétend Max. Néanmoins, il reste mon patron et ça me freine. Si je couche avec lui, qu’adviendra-t-il de mon poste ? En tout cas, je ferais honneur au cliché…

Un bruit sur le côté me fait tourner la tête et ma respiration se bloque quelques secondes en voyant Eneko. Sa cravate défaite pend de chaque côté de son torse. Il a détaché les deux premiers boutons de sa chemise qui n’est plus rentrée dans son pantalon. Ses cheveux sont décoiffés et, lorsqu’il plonge son regard voilé sur moi, une nuée de papillons s’envolent au plus profond de mon être. Je l’observe s’approcher de moi d’une démarche féline et ô combien sexy. Je déglutis difficilement, mon corps se charge d’électricité et j’ai l’impression d’avoir arrêté de respirer. Il se plante devant moi, à quelques pas, son parfum boisé m’enivre. Je déglutis péniblement et pose mon regard sur ses lèvres charnues qu’il mord comme s’il se retenait de les poser sur les miennes. Je laisse échapper un soupir, perdue dans ce que je veux, ce que je désire et ma conscience. Lorsqu’il se place devant moi en écartant mes jambes afin de se faire une place, je le laisse faire. Bouche entrouverte, je ne parviens pas à bouger ou à émettre le moindre son.

– Joli pyjama, dit-il, malicieusement.

Je rougis instantanément de honte. J’avais oublié que je portais un ensemble Pocahontas. Je ferme vivement les pans de mon peignoir tout en croisant les bras contre ma poitrine.

– Tu as réfléchi ?

– À quoi ? demandé-je, faisant semblant de ne pas comprendre.

Il pose ses paumes à plat sur le plateau en métal, m’obligeant à me pencher en arrière.

– Tu ne pourras pas me résister longtemps, Léonie, dit-il, d’un ton caressant, son souffle chaud balayant mon visage.

– C’est dingue ! Vous ne doutez vraiment pas de vous ! m’agacé-je.

Contre lui ou contre toi ? me questionne ma satanée conscience qui sent pertinemment mon attirance croître de plus en plus envers lui.

– Non. Je sais que, dès que mes lèvres auront exploré ton corps, que mes doigts se seront immiscés en toi et que mon sexe fiché au plus profond de toi t’aura fait jouir comme jamais, tu en redemanderas, réplique-t-il d’un ton suave, sûr de lui.

De l’eau ! J’ai besoin d’eau ! Une bassine entière même ! Il vient de cramer ma petite culotte… mais il est hors de question que je lui montre ce qu’il provoque en moi.

– Qui vous dit que vous parviendrez à me combler ? cinglé-je.

– Je crois que tu es bien trop fière pour accepter que je t’initie.

Il esquisse un pas en avant, je saisis alors les pans de sa cravate et le tire vers moi.

Piquée au vif…

Je sais qu’il n’a pas totalement tort. Je suis bien trop fière, mais aussi bien trop peureuse… Et si Max avait raison ?

Tu ne le sauras jamais si tu joues les trouillardes ! me chuchote le petit diable en moi.

Mon boss ne fait aucun geste. Il attend juste. Il m’attend. Nos regards sont ancrés l’un dans l’autre, j’y lis un désir pur qui me fait louper un battement. Je comprends en cet instant que je ne suis pas juste un défi pour lui. Je l’attire vraiment.

Fas cagat ! On n’a qu’une vie ! m’écrié-je intérieurement.

Je pose alors ma bouche sur la sienne, mais ma brusquerie nous vaut un coup frontal.

– Désolée, je…

– Chut.

Il s’empare de mon visage et pose enfin ses lèvres contre les miennes. J’attendais ce baiser sans jamais oser y succomber. Il est doux et délicat. Je calque mes mouvements sur les siens. Ses mains s’aventurent le long de mon dos, puis me rapprochent un peu plus de lui. Je passe les miennes derrière sa nuque et accueille sa langue. Avec Max, c’était baveux et désagréable. Il se contentait de sortir sa langue et de la tourner. Beurk ! Je détestais l’embrasser et je comprends mieux pourquoi à présent. Avec Eneko, c’est intense. Une boule de chaleur m’embrase et vient se ficher au creux de mon ventre. Je sens plus bas comme une pulsation totalement inédite en même temps qu’un courant électrique parcourt mon corps. Eneko vient plaquer sa paume droite à l’arrière de mon crâne tout en approfondissant notre baiser. Nos dents jouent ensemble, nos langues s’enlacent, se caressent et se goûtent. C’est… incandescent, extrêmement agréable avec un goût d’interdit. Et c’est vraiment excitant ! J’embrasse mon boss et il me promet bien plus. Je me sens en cet instant intrépide et complètement folle ! Et pourtant, je ne ferais pas machine arrière. Il n’est plus envisageable d’arrêter après les sensations que j’éprouve sous ce simple baiser. Je veux savoir. Je veux expérimenter et vivre pleinement ma sexualité. Je sais, au plus profond de moi, qu’il est le seul à pouvoir me donner tout ça. En espérant ressentir. Je veux juste ressentir. J’ai besoin qu’il me fasse éprouver et surtout qu’il me montre que j’en suis capable. J’ai si peur de cette fatalité qu’est la frigidité… Je refuse d’y croire et pourtant tout mon être a peur.

Sa bouche quitte la mienne et longe ma mâchoire en y déposant une nuée de baisers. Il enfouit ensuite son nez dans mon cou et un vertige me gagne. Ses mains passent sous mon tee-shirt et remontent jusqu’à ma poitrine. La chair de poule recouvre mon épiderme, mes seins se font lourds. Eneko passe la pulpe de ses pouces sur mes tétons durcis. Je prends une profonde inspiration tout en me mordant la lèvre. Je rejette la tête en arrière, appuyée sur mes coudes, je m’offre totalement à lui. Il remonte mon pyjama et mordille mon aréole droite. Je lâche un couinement. Il continue à me procurer du… plaisir ! Oui ! Ce feu en moi, c’est bien ça, et bordel, que c’est bon. Il pétrit mes cuisses avec ses doigts avant de remonter au creux de mon intimité. Sa main à plat, il ne me quitte pas des yeux et je comprends qu’il attend mon consentement, alors je fais oui de la tête. Eneko plonge dans mon cou, puis lèche le lobe de mon oreille avant de le prendre entre ses dents et de tirer dessus. Je me mets à frissonner et me dissous lorsque son pouce appuie sur mon clitoris. Je me cambre tout en gémissant.

Moi, je gémis ? Pour de vrai en plus ! Tellement habituée à simuler…

Il passe ses doigts sur le côté de mon short, me caresse sur tout le long avant d’en plonger deux en moi. Je m’arc-boute et plante mes ongles dans ses bras. Les sensations sont si fortes, intenses et en même temps inconnues que j’éprouve la furieuse envie de le repousser. Ses assauts ardents me transportent aussi bien qu’ils me sont insupportables tellement c’est intense. Et pourtant, je m’offre à cet homme alors que je suis toujours habillée. Trop curieuse de connaître enfin ce qu’il me promet. De ne peut-être plus être cette nana qui se croyait frigide.

Son index et son majeur vont et viennent en moi de plus en plus vite alors que nos yeux s’accrochent. Un feu m’embrase entièrement, me consume petit à petit. C’est insoutenable et en même temps divinement bon.

– Mon Dieu… soupiré-je.

– Je savais que tu me vénérerais un jour, dit-il, taquin.

Je n’ai même pas le temps de répliquer qu’il accélère la cadence, ce qui fait monter d’un cran mon plaisir. Je ferme les yeux, car soutenir son regard est difficile tellement ce qu’il me fait est fort. Je me sens soudain vulnérable. Je m’offre à cet homme. À mon boss…

– Regarde-moi, Léonie, me demande-t-il d’une voix rauque et lascive.

Il s’empare de mon menton, m’obligeant à soutenir son regard. J’obéis. Ses doigts se recourbent à l’intérieur de moi, touchant un point ultrasensible que j’ignorais posséder jusqu’à présent et qui ne tarde pas à m’envoyer dans un monde inconnu. Un monde fait de feux d’artifice et d’étoiles. Un monde où la plénitude est reine. Et je sens le coin de mes yeux s’imbiber. D’émotion ? Je ne saurais le dire.

Le regard d’Eneko se voile rapidement, un sourire satisfait apparaît sur son beau visage.

Monsieur Suffisant est de retour…

Je me redresse, l’obligeant à s’écarter. Je referme mon peignoir, passe vivement le plat de mes mains au coin de mes paupières, m’éclaircis la voix et lâche :

– Merci. C’était très instructif.

Mais pourquoi je sors ça, moi ?!

Je ne sais pas comment me comporter avec cet orgasme. Mon boss vient de me faire jouir…

Mon Dieu ! J’ai RESSENTI !

Oui, j’ai éprouvé du plaisir, j’ai été transportée. Pour la première fois, du haut de mes 24 ans, je peux enfin dire que je ne suis pas frigide. Que ces mots balancés pour me blesser ne sont que des inepties. Et je dois cette découverte à mon boss. Boss que je déteste… Comble de l’ironie.

J’esquisse un pas lorsque sa main se pose sur mon ventre, bloquant mon avancée.

– Tu penses vraiment me faire croire que tu ne brûles pas de l’intérieur ? Que la frustration ne te ronge pas ? Que tu n’as pas envie que je te donne encore et encore des orgasmes dès à présent ? Que je te prouve encore et encore que tu n’es pas frigide, Léonie ?

– Vous êtes tellement présomptueux. Votre vantardise vous perdra.

– Mais j’ai raison. Tu meurs d’envie que je t’en donne plus, mais je ne te brusquerai pas. On fera à ton rythme.

Cet homme est si déstabilisant que ses dernières paroles me font céder. Je pivote entre ses bras, la bouche légèrement entrouverte, et me contente de hocher la tête.

– Je veux que tu me le dises, Léonie, clairement, susurre-t-il d’une voix sensuelle tout contre mon oreille.

Je plante mon regard dans le sien et réponds :

– Je veux que tu m’inities, Eneko.

– Putain ! Enfin ! Et qu’est-ce que j’aime quand tu me tutoies… grogne-t-il.

Il me refait pivoter, dos à lui, puis sa bouche s’abat au creux de mon cou et il vient me mordiller la nuque, me provoquant des crépitements dans tout le corps. Ses bras m’entourent désormais et je me laisse porter au rythme de ses pas jusque dans le salon de la suite. Il me fait faire volte-face dans un mouvement brusque, prend mon visage en coupe et m’octroie un baiser aussi ardent que brut. Je recule d’un pas sous son geste et mes fesses rencontrent l’arrière du canapé. Il fait tomber mon peignoir avant de s’attaquer aux boutons de sa chemise qui ne tarde pas à rejoindre le sol elle aussi. Son torse musclé se dévoile à mes yeux qui suivent la fine ligne de ses poils. J’esquisse un mouvement, mais me sentant gourde, je laisse retomber ma main le long de mon flanc. Eneko s’en empare et la pose sur sa poitrine, à l’endroit où son cœur bat aussi frénétiquement que le mien. De la pulpe de mes doigts, je dessine des arabesques invisibles et la chair de poule apparaît à mon passage. Eneko passe sa paume sous mon menton afin que je redresse la tête vers lui. J’avance mes lèvres pour quémander un énième baiser. Il ne se fait pas prier, mais y met fin bien trop rapidement à mon goût avant de se reculer et d’enlever son pantalon. Je me mords la lèvre, je sens mes joues chauffer énormément. Je m’embrase et, à tout moment, le feu peut s’emparer de mon être. Je le sais désormais. Et le fait de le savoir libère un petit quelque chose en moi.

Je n’ai aucun problème !

Un petit sourire en coin, il se rapproche de moi et fait passer par-dessus ma tête mon tee-shirt.

Je suis à moitié à poil devant mon boss et je vais coucher avec lui !

Je frissonne légèrement, il doit s’en apercevoir, car il se plaque contre moi. Cuisses écartées, j’accueille son étreinte et sa chaleur. Sa bouche picore ma clavicule, mes ongles griffent légèrement son dos avant qu’il ne s’empare à nouveau de mes lèvres avec plus de sauvagerie. Dans sa hâte, il me bascule un peu trop en arrière, si bien que j’en perds l’équilibre et que nous nous retrouvons dans une cabriole sur le canapé, les corps emmêlés. Je pouffe de rire, mais m’interromps très vite sous son regard ardent. Alors que je suis allongée sur le dos, il vient me recouvrir de son corps, puis ancre son regard au mien. Je déglutis difficilement tellement son inspection est soutenue. Il retire mon short et j’oublie tout quand ses doigts reprennent le chemin de mon sexe. Et lorsqu’il trouve le fameux endroit qui me fait décoller, je me cambre, me mords la lèvre afin d’être la plus silencieuse possible. Il me procure mille sensations éblouissantes et je me laisse submerger par le tumulte qu’il fait naître en moi. C’est une explosion de sensations. Un feu d’artifice qui me happe, m’entraîne avec lui jusqu’à éclater en milliers d’étincelles. Je suis pantoise, mon corps est parcouru de frissons. Je n’ai jamais ressenti ça avec mon ex, c’est hal-lu-ci-nant. Encore sur mon nuage post-orgasmique, je découvre Eneko totalement nu debout à côté du canapé, déroulant un préservatif le long de son pénis.

– Tu es toujours sûre de toi, Léonie ?

Évidemment ! Après ça, comment pourrais-je ne pas être sûre ?

– Viens.

Il se repositionne sur moi, j’écarte les jambes, il place ses avant-bras de chaque côté de ma tête et me pénètre lentement sans me quitter des yeux un seul instant.

Une fois enfoncé jusqu’à la garde, Eneko plonge son nez au creux de mon cou et commence à bouger à l’intérieur de moi. Ses mouvements se font de plus en plus rapides, ses râles répondent à mes gémissements. Je me laisse totalement emporter par sa fougue jusqu’à ce qu’il ralentisse. J’exprime mon mécontentement en mordant légèrement son épaule, ce qui le fait rire.

– Petite lionne, je n’ai pas envie que ça se termine. Viens sur moi.

Il pousse mes jambes, s’assoit et me tend la main. Je n’ai jamais essayé cette position et je ne sais pas si je serai à l’aise à vrai dire. On ne peut pas cacher ses bourrelets dans cette posture.

– Tu es belle, Léo. Arrête de réfléchir.

Je suis tellement surprise par son compliment, par le fait qu’il emploie mon surnom et surtout qu’il ait su à ce moment-là ce que j’avais en tête que je le laisse me guider. Je me retrouve à califourchon sur lui, son sexe toujours bandé me pénètre entièrement. Je ferme brièvement les yeux, puis les ouvre. Je me noie dans son regard si doux et ardent qu’il pose sur moi. Je l’entends bloquer sa respiration et observe son admiration luire dans ses prunelles, alors je commence mes va-et-vient et j’adore ça. Je découvre avec lui, en cet instant, que moi aussi je peux lui donner du plaisir. Et j’aime le rendre fou au point de le mener au bord du gouffre, puis tout stopper. À chaque fois, je récolte un grognement et une petite morsure au creux du cou. Mais vient le moment où je ne parviens plus à me retenir. J’ai besoin de plus. Bien plus. Alors, je m’active sur lui, sa bouche aspire un de mes tétons et le mord fortement, me faisant décoller par la même occasion. Eneko s’empare de mes hanches et donne des coups de boutoir jusqu’à me rejoindre dans l’extase. Je m’écroule sur lui, le nez dans son cou. Je hume son odeur boisée mêlée à la mienne et à la fragrance particulière de nos ébats. Je suis vidée, vannée, mais comblée. Je n’avais jamais joui ainsi de ma vie. Et joui tout court en fin de compte. Entre notre interlude sur la terrasse et maintenant celui sur le canapé, je peux assurer que je ne suis pas frigide ! Je n’ai aucun problème ! C’est juste l’autre gugusse qui ne savait pas s’y prendre.

– Pourquoi ricanes-tu ? me demande-t-il, surpris.

– Je pensais à mon ex.

– Sympa…

– Non ! m’exclamé-je tout en me redressant. Je n’ai pas de problème, en fait.

– Aucun, même. Ton ex n’est qu’un putain d’égoïste arrogant. Il t’a fait une faveur en disparaissant du paysage, Léo.

– Ouais…

Il se redresse et prend mon menton entre ses doigts, m’obligeant à le regarder dans les yeux.

– Tu sais que j’ai toujours raison ? m’interroge-t-il, facétieux.

– Ah bon ? demandé-je en prenant un air sceptique pour le taquiner en retour.

– La preuve ! Prude, sans doute, frigide, non !

Nous pouffons de rire et je le remercie silencieusement de me faire rigoler dans un moment pareil. Je me sens si libérée ce soir.

« Libérée ! Délivrée ! » Ne me remerciez pas, c’est cadeau pour la chanson !

Nous échangeons un baiser avant qu’il ne se lève et me tende la main. J’y glisse la mienne et il m’entraîne dans sa chambre.

 

***

Eneko

 

Léonie s’est endormie après le deuxième round, et moi, je la regarde dormir. Il est deux heures du matin, à présent, et je bande encore en l’observant, alors que j’ai usé et abusé de son corps. J’hésite à la réveiller, mais elle a besoin de se reposer. Je m’allonge à ses côtés, dégage son visage d’une mèche échappée. Léonie bouge légèrement dans son sommeil, m’envoyant son parfum de pomme. Je retiens difficilement un grognement et j’hésite même à prendre une douche tellement ma queue me fait mal. C’est la première fois qu’une femme me fait cet effet-là et je m’en passerais bien ! Une fois que je m’en serai lassé – car ce jour viendra bien –, je passerai à une autre. Pour l’heure, je n’ai qu’une parole. Je lui ai dit que je l’initierais et c’est ce que je vais continuer à faire.

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