Boss hors contrat
Chapitre 14
Eneko
Je pose mes yeux sur mon assistante qui est concentrée sur son écran depuis des heures et mon sexe se met à tressaillir. Je n’ai jamais autant baisé avec la même femme. C’est comme si j’étais insatiable. J’en veux encore et toujours. Je suis en manque perpétuel de son corps.
D’elle, plutôt… me souffle ma conscience.
Il n’y a pas de sentiments, pas d’attaches et c’est ce qui rend tout ça aussi extraordinaire. Aucune prise de tête. Pas de promesses. Juste elle et moi en parfaite symbiose. Léo est merveilleuse. Elle est si libre et libérée au lit ! Je pensais que j’allais mettre du temps à l’apprivoiser, mais il n’en est rien. Elle sait que j’adore ses courbes et c’est ce qui fait, je pense, qu’elle est sans complexes avec moi. Cette nana est canon ! Un sourire vient fendre mon visage au souvenir de la nuit dernière, lorsque j’ai embrassé tous ses grains de beauté un par un et que j’ai fini en croquant dans son cul splendide.
– Monsieur Barria, partagez vos pensées avec moi, car vous n’êtes clairement pas en train de travailler, claironne l’interphone.
La voix de Léonie vient de me sortir de mes pensées. Je m’appuie contre le dossier de mon fauteuil et plonge mon regard dans le sien. J’ai sciemment laissé la paroi translucide ce matin. Instantanément, les yeux de mon assistante se parent d’un gris foncé. J’ai remarqué ça chez elle lorsqu’elle est en proie au désir, le gris prend le dessus sur le bleu.
– Je pensais juste à une femme aux courbes divines que j’ai baisée toute la nuit sans relâche.
Ses joues se colorent en rose. Elle a beau être en phase dans l’intimité, je sais que parler aussi crûment la trouble.
– Parle moins fort, on pourrait t’entendre ou quelqu’un pourrait arriver ! s’inquiète-t-elle.
Je lui lance un regard appuyé et sa bouche s’entrouvre. Je l’observe y porter un putain de stylo, ce qui me fait déglutir difficilement. Léonie repose son Bic, se lève et pénètre dans mon bureau en refermant la porte. J’appuie sur le bouton et opacifie le vitrage. Je l’observe s’approcher dans une robe écrue qui lui va à merveille. Elle se penche vers moi afin de me voler un baiser. Les parties de jambes en l’air au bureau sont les meilleures, enfin je présume. L’excitation de se faire prendre s’ajoute au désir. Je n’ai jamais eu l’occasion de tester, et j’ai hâte de m’y initier avec elle. Mais, alors que je pose mes mains sur ses hanches, Léo se redresse et, dans un sourire, se dégage de mon étreinte. L’instant d’après, elle est sur le seuil de la porte.
– Tu fais quoi ? grogné-je.
– J’ai énormément de travail, monsieur Barria, et je sais que vous n’aimez pas que je sois en retard dans celui-ci.
– C’est une vengeance ?
– Tu n’es pas le seul à pouvoir jouer à ce jeu-là. Souviens-toi de notre soirée sushis-Bridgerton !
– Mon assistante serait-elle rancunière ? Et que je sache, tu as eu ce que tu voulais…
Son rire cristallin me répond. La tête renversée en arrière, elle m’offre son cou à la peau blanche, alors je ne résiste pas, me lève vivement de mon fauteuil, contourne le bureau et viens la prendre dans mes bras. Nos prunelles l’une dans l’autre, son corps lové contre le mien, je perds totalement la notion du temps et surtout la sagesse de prendre mes distances. N’importe qui pourrait rentrer et nous voir ainsi, mais je m’en fous. En cet instant, je veux juste goûter à ses lèvres, m’emplir de son parfum… lorsqu’un coup frappé à la porte nous fait sursauter et me remet notamment les idées en place. Léonie passe furtivement une main dans sa chevelure lâchée, tire machinalement sur sa robe, s’empare d’un de mes stylos et d’un carnet tandis que je regagne mon fauteuil.
– Oui ? lancé-je à l’intrus qui vient d’interrompre ce moment.
La porte s’ouvre sur mon collaborateur, qui fait irruption dans mon bureau, la mine préoccupée.
– Putain ! On a un problème avec l’hôtel Del Sol à Madrid, m’annonce Xan de but en blanc.
– Quoi comme problème ? demandé-je en fronçant les sourcils.
– La piscine sur le toit fuit, m’explique-t-il.
– Eh merde ! L’ouverture est prévue pour dans quatre jours ! éructé-je en me relevant.
Je commence à marcher dans mon bureau et me frotte le front de mes doigts afin de réfléchir à une solution.
– Et en plus, je devais aller à San Sé gérer la fin de chantier de l’hôtel de Londres, mais je vais reporter, m’indique-t-il.
– Non, je vais y aller, à San Sebastian. Concentre-toi sur Madrid, lui dis-je.
– T’es sûr ?
– Ouais. On va accumuler trop de retard sinon. On ne peut pas se le permettre.
– Je le sais bien… On fait comme ça. Je te tiens au courant dès que j’en sais plus pour la piscine de Madrid.
– OK, réponds-je.
Xan quitte le bureau et, moi, je pousse un profond soupir.
– Léo, prends tes affaires, on y va, l’informé-je.
***
Léonie
Une heure plus tard, nous voici du côté espagnol. J’adore la proximité que nous avons avec les Pyrénées, l’Espagne et surtout l’océan ! J’aime tellement cette région ! Elle regorge de trésors et de paysages si différents avec une faune et une flore tellement riches. Et on en parle, de la gastronomie ?!
La route a permis à Eneko de se calmer un peu. Il est moins tendu qu’à notre départ et j’espère que ça durera après sa visite de chantier.
Il se gare dans le parking souterrain de l’hôtel qui appartient à son groupe.
– J’espère qu’il n’y aura pas de soucis sur le chantier. Je ne sais pas si je saurai garder mon calme… m’avoue-t-il.
– Je comprends.
Il sort de la voiture, j’attrape mon sac à main et l’iPad, puis le rejoins et le suis dans l’ascenseur qui nous amène à la réception. Une équipe nous attend déjà dans l’espace salon de l’accueil.
– Eneko Barria. Mon collaborateur, M. Urrutia, doit s’occuper d’une urgence, donc c’est moi qui le remplace, se présente mon boss.
Je me tiens en retrait et observe l’espace décoré dans des teintes de bordeaux et crème. Les assises sont recouvertes de velours, les meubles sont en bois foncé. Des tapisseries sombres sont tendues sur les murs. L’ensemble est chargé, mais harmonieux.
Eneko passe les heures suivantes à vérifier chaque pièce et chaque recoin de l’hôtel sur les quatre étages. Il inspecte avec minutie, rapporte des réserves au corps de métier concerné. Moi, je note tout dans un fichier et prends des photos.
Il leur donne une semaine pour rectifier les problèmes, puis Xan passera pour l’ultime vérification avant l’ouverture.
Mon boss, main posée dans mon dos, m’entraîne à l’extérieur où le soleil m’éblouit pendant quelques secondes. Je mets ma main en visière jusqu’à ce que mes yeux s’habituent, avant de farfouiller dans mon sac à la recherche de mes lunettes de soleil.
– La voiture est par ici, remarqué-je.
– Tant qu’à être là, ça te dit de manger quelques tapas ?
Il me propose ça en regardant l’heure sur sa montre. Il est déjà plus de quatorze heures.
Et intérieurement, je suis ravie de passer plus de temps avec lui en dehors du bureau. Je l’ai tout à moi…
Nous trouvons rapidement un bar typique, nous prenons place en terrasse et passons commande. Je sirote mon verre de jus d’orange pressé, quant à Eneko, il a pris une bière.
– Ça arrive souvent les imprévus de dernière minute ? lui demandé-je.
Je prends beaucoup de plaisir à travailler dans son entreprise. Je trouve ce qu’il fait vraiment intéressant et j’ai envie d’en découvrir plus.
– Oh, oui ! Il faut faire attention à tout et surtout aux vices cachés. Il peut y en avoir. Au début, un maître d’œuvre indépendant s’en chargeait, mais lorsque le groupe a pris de l’ampleur, j’ai carrément dédié un poste au sein de la société. Xan s’occupe de tous les chantiers du début à la fin. Et en amont, nous étudions et validons les plans avec nos équipes.
– Les architectes ne se chargent pas de cette partie ? m’étonné-je.
– J’ai une équipe d’archis à Biarritz, mais lorsque les hôtels sont à l’étranger, ils dessinent l’avant-projet et nous le faisons signer par des locaux. C’est Xan qui se charge de tout, je préfère.
Nos assiettes de tapas arrivent et j’en salive d’avance. J’ai pris un assortiment de la mer et les odeurs qui s’en échappent font grogner mon estomac.
– Il était temps que je te nourrisse, sort Eneko en me lançant un clin d’œil.
Je rougis, puis m’empare d’un calamar frit.
Miam !
– Je peux te poser une question ? lui demandé-je, tout à coup intimidée.
– Dis toujours, mais pas sûr que je te réponde, réplique-t-il en m’envoyant un clin d’œil.
– Tu as quoi ? 30 ans ?
– 32, me corrige-t-il.
Nous avons donc huit ans d’écart… Je trouve ça plutôt sexy…
– Comment es-tu arrivé à la tête de cette entreprise aussi jeune ?
Cette question me taraude depuis un moment déjà. Eneko Barria n’est pas n’importe qui dans le milieu hôtelier. Et en être là où il en est aussi jeune, je lui tire mon chapeau.
– J’ai eu un coup de pouce il y a quelques années déjà. Un héritage de la part de mes grands-parents paternels avec un hôtel à Hossegor qui leur appartenait. J’ai saisi ma chance, bossé comme un acharné.
– C’est vraiment incroyable, Eneko. Tu peux être fier de toi.
Et pour la première fois depuis que je connais mon boss, je le découvre modeste. Et je ne m’y attendais pas du tout ! Il est d’ordinaire si arrogant et sûr de lui que je trouve ça plutôt attachant en cet instant. Et ce n’est pas bon pour mon petit cœur…
Notre déjeuner sur le tard se termine rapidement. Je le laisse régler l’addition, puis nous sortons du restaurant qui donne sur le port.
– Ça te dit de rester encore un peu ? me demande-t-il.
– Tu veux faire quoi ?
– L’aquarium ? me propose-t-il spontanément.
Nous longeons la marina côte à côte, j’expose mon visage à la chaleur du soleil avant de pénétrer dans le bâtiment. Une fois nos tickets d’entrée en poche, nous suivons le chemin de la visite et je m’extasie dès la première minute.
– C’est tellement beau ! m’exclamé-je, émerveillée devant un aquarium où les poissons possèdent des couleurs flamboyantes.
– Je suis d’accord avec toi, répond-il, les yeux rivés sur le même bassin.
Vient le moment où nous nous engageons dans un tunnel où j’ai l’impression d’être en immersion totale avec les espèces aquatiques.
– Oh, regarde ! s’exclame Eneko en montrant du doigt quelque chose derrière moi.
Je pivote vivement, mal m’en prend…
– Oh ! La vache ! vociféré-je en sursautant de peur.
À quelques centimètres de moi se trouve un énorme requin-bouledogue. Et je déteste les requins. J’en ai la phobie depuis que j’ai regardé Les Dents de la mer en cachette, petite. J’aurais mieux fait d’obéir et de m’abstenir…
– Il y a une vitre de plusieurs centimètres d’épaisseur, tu sais, entre lui et toi, sort Eneko.
– Je sais.
– Alors, peux-tu arrêter de me broyer la main ?
– Oups ! Désolée… m’excusé-je, cramoisie.
Je n’avais pas conscience que je l’avais agrippée et surtout que je la serrais aussi fort…
– Ça va, ce n’est que ta main gauche… murmuré-je, penaude.
– J’en ai quand même besoin ! Tu ne t’en plains pas quand je m’en sers…
Je suis soufflée par son allusion à peine voilée au milieu de la foule. Je regarde autour de nous afin de m’assurer que personne n’a entendu ni compris. Il peut toujours y avoir des Français ou des personnes qui parlent notre langue.
– Eneko ! le rabroué-je en le fusillant du regard. Sois plus discret, s’il te plaît…
Pour toute réponse, il se contente d’acquiescer et dépose un léger baiser sur mes lèvres.
Vers dix-sept heures, nous trouvons un petit restaurant de spécialités espagnoles et nous nous régalons avec un chocolate con churros. C’est une spécialité typiquement espagnole où nous devons tremper un churro dans un chocolat noir chaud, épais et non sucré.
Un délice !
Je m’empare de mon premier churro, le plonge dans le nectar brûlant, souffle dessus avant d’en croquer un morceau.
– Mmm… gémis-je.
Je lèche ma lèvre inférieure afin de ramasser tout le chocolat, relève la tête et tombe sur le regard sombre d’Eneko, qui a la bouche entrouverte et son churro encore à la main, intact.
– Tu n’aimes pas ? demandé-je.
– Si, un peu trop même, répond-il d’une voix rauque.
Je fronce les sourcils, puis l’observe tremper son churro avant d’en croquer un bout. Une image de moi en train de lui sauter dessus et de lécher ses lèvres chocolat m’apparaît… Je gigote sur ma chaise, serre les cuisses, soudain prise d’un désir fulgurant.
Mais il ne fait que manger, en plus !
– J’ai plus faim et toi ? me questionne-t-il sur un ton brusque.
– M… Moi non plus, réponds-je, comprenant le cheminement de sa pensée.
Mon souffle se fait court, ma respiration erratique…
Eneko s’empresse de régler l’addition et prend la direction du parking à vive allure en me tenant la main. Il m’entraîne à sa suite jusqu’à ce que nous arrivions à sa BMW Sport où il me plaque sans ménagement contre la carrosserie. Ses lèvres s’abattent sur les miennes sauvagement. Ses mains agrippent fermement mes hanches et il me plaque un peu plus contre la portière. Sa langue exige l’accès à ma bouche et je cède sous son assaut qui me fait crépiter des pieds à la tête.
– Monte, grogne-t-il.
– Quoi ? demandé-je, confuse.
J’ai à peine posé ma question qu’Eneko ouvre la portière arrière contre laquelle je me trouvais et me fait monter sans ménagement. Il ne tarde pas à me rejoindre, verrouille la voiture et se jette à nouveau sur moi, comme s’il y avait une certaine urgence. Et je ressens, moi aussi, ce désir de ne faire qu’un avec lui. Je suis impatiente qu’il me fasse à nouveau éprouver ces crépitements que lui seul sait faire naître en moi. Il étire ma lèvre inférieure qu’il a capturée entre les siennes, je gémis et me tends vers lui. Alors que nous sommes allongés sur la banquette arrière, il passe sa paume derrière ma nuque, puis plonge sur ma bouche et la dévore. Je peux encore sentir le chocolat que nous avons dégusté il y a quelques minutes. Son goût sucré m’enivre, ses mains parcourent mon corps frénétiquement et me provoquent des étincelles qui remontent le long de mes veines. J’en oublie où nous nous trouvons. J’en oublie l’inconfort de nos positions. J’en oublie que nous ne sommes plus des ados depuis belle lurette pour faire ça à l’arrière d’une voiture. Et je profite de cet instant volé qu’il m’offre, que je n’ai jamais pu vivre à cause de mes complexes, de ma vie parsemée de chagrins, et surtout, de mes fausses croyances sur ma supposée frigidité. Avec Eneko, je vis. Je vis enfin ma vie de femme qui se découvre une sexualité et prend conscience qu’elle peut plaire.
La bouche de mon amant est désormais en train de titiller un de mes tétons par-dessus le tissu de ma robe, mais je pose mes mains contre ses joues et l’oblige à ancrer son regard au mien. J’étends mes lèvres dans un sourire et il fond de nouveau sur moi tandis que ses mains continuent leur exploration jusqu’à se nicher entre mes cuisses. Je me cambre, plaque mes paumes là où je peux et ferme les paupières, mais lorsque sa langue prend le relais, je mords dans le dos de ma main. Les vitres sont teintées et je sais donc que personne ne peut nous voir. Nous entendre, ça, c’est une autre question. Je m’empêche donc d’émettre le moindre bruit, mais je brûle d’envie de gémir, tant ce qu’il me fait avec sa langue est divin. Lorsque je suis au bord du précipice, Eneko s’arrête. J’ouvre les yeux et le fusille du regard tout en poussant une plainte. De son côté, il se contorsionne pour sortir son portefeuille de sa poche arrière. Il ne tarde pas à en extraire un sachet argenté qu’il pose sur ma poitrine. Je m’empare de la capote pendant qu’il déboutonne son pantalon, puis la lui mets. Eneko se repositionne, pousse ma culotte sur le côté et me pénètre d’un coup de reins. Je m’arc-boute à sa rencontre, mordant fortement dans ma lèvre afin de n’émettre aucun son. Je me laisse emporter par le rythme qu’il nous impose, faisant monter un feu petit à petit en moi, jusqu’à ce que je n’en puisse plus et que celui-ci explose en des milliers de feux d’artifice. Eneko ne tarde pas à me rejoindre dans cette jouissance explosive. Nous passons les minutes suivantes à voler sur un nuage de plaisir et d’extase avant de nous rhabiller et de reprendre la route.
– Tu avais déjà fait l’amour dans une voiture ? m’interroge-t-il.
Je tourne la tête vers mon boss qui est concentré sur la route.
– Non, jamais.
Il m’adresse brièvement un sourire où perce une pointe de fierté, me faisant rougir instantanément.
– J’aime ton inexpérience, Léonie, confesse-t-il d’une voix profonde.
– Vraiment ?! Tu ne me trouves pas gauche ou trop… prude ? l’interrogé-je en reprenant son terme.
– Non, pas gauche. Prude, on y remédie, même si tu l’es beaucoup moins que ce que je croyais, dit-il en m’envoyant un clin d’œil. Et pour tout t’avouer, j’adore te faire découvrir ces nouvelles expériences.
– Dit l’homme aux plans d’un soir…
– Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, lance-t-il sur un ton espiègle.
– Tu sais… Il faut me le dire si… enfin… si tu t’ennuies. Je comprendrais, Eneko.
Je n’ose pas soutenir son regard, alors je tourne la tête et me perds dans le paysage, mais quand il s’arrête à un feu rouge, mon boss pose ses doigts sous mon menton, m’obligeant à lui faire face.
– Ce n’est pas le cas, me répond-il franchement.
– D’accord, répliqué-je en esquissant un demi-sourire.
***
– Léonie ?
– Mmmh…
– On est arrivés.
Je me redresse encore tout ensommeillée, le cou raide et la bouche sèche. Mince, j’espère que je n’ai pas ronflé ni bavé…
Je porte mon regard vers l’horizon et découvre une charmante villa basque que je ne connais pas.
– On est chez moi. Je pensais que… Enfin… je peux te ramener à Capbreton, si tu préfères.
Merde ! Il m’a emmenée chez lui ! Minute, ça signifie quoi ?
Qu’il veut juste encore que tu écartes les cuisses… lance, perfide, ma conscience que je fais taire rapidement.
Je prends le temps de réfléchir avant de répondre. Cet homme est un dieu au lit, certes, j’espère juste ne pas y laisser une partie de moi lorsque cette initiation prendra fin, car je sais qu’il en possède déjà une. J’ai eu beau tenter de me protéger, mais en vain… Il a volé un bout de mon cœur et je sais que je ne devrais pas accepter qu’il en prenne plus. Je vais finir par souffrir et pourtant je suis incapable de mettre fin à ce deal qui n’en est plus un pour moi. Pour l’heure, je veux vivre, être insouciante. J’aurai bien le temps plus tard de me morfondre et tant pis pour mon petit cœur en miettes. J’assumerai au moment voulu.
– Non, c’est bien ici.
Pour toute réponse, il tourne son superbe visage à la mâchoire carrée vers moi, bloque quelques secondes sur mes lèvres, puis m’envoie un simple clin d’œil, mais qui provoque un tsunami à l’intérieur de moi.
Suis-je en train de me brûler les ailes ?
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