Boss hors contrat
Extrait "Coloc avec mon bodyguard" de Rose Becker"
Découvrez Coloc avec mon bodyguard de Rose
Becker
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COLOC AVEC MON BODYGUARD
Premiers chapitres du roman
ZBOD_001
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1. Prologue. Le corbeau
Je crois que je suis un peu – un tout petit peu – pompette. La faute à toutes ces coupes de champagne exposées en pyramide sur les nappes immaculées du buffet. Je n’ai jamais su résister aux petites bulles dorées – ni aux hommes sexy… mais c’est une autre histoire. Avec un petit rire, je descends de voiture en premier. Juchée sur mes sandales à talons rouges, je vacille et me raccroche de justesse à Angela. Ma meilleure amie se tient derrière moi, guère plus brillante dans sa mini-robe de cocktail bleue. Nous faisons de la concurrence à la tour de Pise.
– Tu penses qu’on va réussir à atteindre la porte ? me demande-t-elle, l’air dubitatif.
Mes cheveux blonds crêpés façon Brigitte Bardot au sommet de mon crâne, je hoche la tête, convaincue.
– Allez… Trois mètres, ce n’est pas la mer à boire.
Pendant que notre chauffeur s’éloigne pour ranger ma Porsche rouge – ma couleur préférée – au garage, nous titubons en direction du palier. À cause de l’alcool, les contours de mon hôtel particulier, situé dans l’Upper East Side face aux arbres verdoyants de Central Park, tremblotent. Rien de bien méchant. On dirait juste un mirage en plein désert. Et puis, nous avons bien le droit de nous amuser un peu, non ? Contrairement à ce qu’écrivent les journaux à scandales, je ne passe pas ma vie à écumer les fêtes et les night-clubs. La plupart du temps, je me trouve sur les plateaux de cinéma, face aux caméras. Ou sous l’objectif des photographes en pleine rue.
Je ne peux pas faire un pas sans que le monde entier soit au courant.
– Qu’est-ce que tu as pensé de Tim ? m’interroge Angela.
Ma meilleure amie pose sur moi ses grands yeux noisette un peu flous.
– Tim Richardson ? Le producteur de la Columbia ?
– C’est ça. Il a passé la soirée à te dévorer des yeux.
– Il essayait juste d’être pris en photo à côté de moi.
Il suffit d’ailleurs que je serre la main à un homme pour qu’on prétende les pires horreurs dès le lendemain. Rien que cette semaine, j’ai entretenu une liaison torride avec un sénateur, j’ai débauché un honnête acteur père de trois enfants et je suis tombée enceinte du prince Harry. Oui. Du prince Harry. Tout ça sans sortir de chez moi une seule fois – du moins avant ce soir. J’imagine qu’après avoir claqué la bise à Tim, je l’ai épousé en secret à la mairie de Reno.
Nombre d’amants : 0.
Nombre de relations dans les journaux : 30.
– Et Ryan Gosling ? Il est resté parler avec toi pendant une éternité…
– Il me montrait des photos de sa fille, Angela !
– Ah oui. Pas vraiment le plan drague idéal.
Nous pouffons de rire en passant en revue les mecs de la soirée. Producteurs de cinéma, publicistes, managers, stars internationales, rappeurs couverts de chaînes en or bling-bling : il y en avait pour tous les goûts à la grande soirée organisée par les studios de cinéma qui financent mon prochain film. Et malgré cet échantillon de mâles, impossible de trouver chaussure à mon pied.
Je ne chausse pourtant pas du 54. Promis, juré.
– Tu crois que je suis trop difficile ? je demande soudain, prise d’un accès de panique.
Je m’imagine déjà en vieille actrice décatie, à moitié chauve (la faute à mes balayages dorés), et obligée de survivre grâce à des apparitions dans d’obscures sitcoms après avoir connu la gloire. Ou pire, dans une téléréalité à mon nom.
– Mais non, Liz ! Respire, respire, ne t'évanouis pas.
– Je voudrais tellement trouver l’amour.
Ma fidèle assistante lève les yeux au ciel. Ah ça, oui, elle est au courant ! Elle est la seule à savoir combien je suis fleur bleue sous mes dehors de vedette ultra-libérée. La jeune femme à la moue boudeuse qui enchaîne les scandales, ce n’est pas moi. Moi, je suis plutôt du genre à chercher le grand amour. L’amour idéal, absolu. L’amour comme on en rêve, petite fille, en lisant des contes de fées.
C’est kitch, je sais.
– Allons, Liz, ne fais pas cette tête. Tu finiras bien par croiser la route de ton prince charmant.
– Si on pouvait juste éviter le prince Harry…
Amusée, Angela passe un bras autour de mes épaules, dénudées par ma courte robe en soie écarlate. En dépit d’une petite brise fraîche, nous restons toutes les deux plantées sur le trottoir avec nos Louboutin et nos pochettes de soirée griffées.
– Je fiche la trouille à tous les hommes bien à cause de ma réputation sulfureuse. Quant aux autres, ils me voient soit comme un trophée à ajouter à leur collection, soit comme un bon coup de pub pour leur carrière.
Pas très glorieux, tout ça.
– Pauvre chérie ! se moque Angela. Avoir le monde entier à ses pieds : trop dur !
– C’est ça, fiche-toi de moi !
J’entraîne la traîtresse avec moi sur les marches du perron. Acquise un an plus tôt, j’ai entièrement fait rénover cette grande maison en pierre de taille répartie sur trois niveaux. Il s’agit de mon endroit préféré au monde, mon cocon douillet : chaleureux, confortable… et préservé des intrusions du monde extérieur. Ce n’est qu’une fois devant la porte que j’aperçois le papier coincé sous le marteau en or. Un peu surprise, je le retire avec précaution alors qu’Angela recule, sur ses gardes. Brusquement nerveuse, elle jette un regard embrumé à la ronde, comme si elle s’attendait à voir surgir quelque ombre malfaisante.
– Sans doute un voisin qui se plaint du bruit.
M. Miller est persuadé que je fais la bringue tous les soirs et croit entendre ma chaine hi-fi, y compris en mon absence. Ce vieux financier grincheux ne cesse de s’en plaindre dans la presse, histoire d’apporter sa petite pierre à l’édifice de ma réputation désastreuse. Avec un haussement d’épaules, je déplie la lettre et découvre un texte composé à partir de lettres prélevées dans les journaux.
– Oh, ce n’est rien ! fais-je, presque soulagée. C’est juste la lettre d’un zinzin.
– Quoi ? s’écrie Angela.
Elle m’arrache le papier des mains. Je n’ai même pas eu le temps de lire son texte – de toute manière, je n’en avais pas l’intention. J’ai pris l’habitude d’ignorer les fans dingos et ne m’en porte pas plus mal. À côté de moi, Angela blêmit à mesure qu’elle parcourt la lettre. Elle en perd son joli teint abricot.
– C’est une lettre de menaces, Liz.
– Et alors ? C’est assez courant. Toi qui lis le courrier de mes admirateurs, tu es la mieux placée pour le savoir.
En tant qu’assistante, Angela gère non seulement mon emploi du temps mais aussi mon fan-club. C’est elle qui s’occupe des énormes sacs remplis de missives que je reçois chaque semaine en provenance du monde entier. Je réponds moi-même à quelques-unes, piochées au hasard, faute de pouvoir correspondre avec tout le monde. Angela pose une main sur mon bras, inquiète.
– Ce n’est pas la première fois que je reçois ce type de lettres, non ?
Certaines personnes m’envoient de vrais pavés à caractère pornographique, d’autres me menacent et me voient comme un suppôt de Satan… sans que cela m’empêche de dormir. Angela secoue vigoureusement la tête.
– Cette missive-là est différente, Liz. Beaucoup plus violente et malsaine. On devrait prévenir la police.
– Qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est rien !
– On vient de retrouver cette lettre collée à ta porte. Cela veut dire que ce fou est venu devant ta maison.
– Dois-je te rappeler que la terre entière connaît mon adresse ?
Elle circule sur Internet – quand elle n’est pas directement imprimée sur les cartes qui recensent les habitations des vedettes dans New York. Et que dire des paparazzis qui ne ratent jamais une occasion de photographier la façade de mon domicile ? Je ne suis guère difficile à trouver. Heureusement, je ne suis pas paranoïaque.
– Tu devrais prendre cette histoire au sérieux, Liz.
– Ce type n’est ni mon premier ni mon dernier fan bizarroïde.
– J’ai un mauvais pressentiment.
– Tu as tout le temps des mauvais pressentiments, je souris en lui décochant un clin d’œil. Rentrons à la maison avant d’attraper la grippe.
Je l’entraîne avec moi à l’intérieur, insouciante. Mais j’ai le temps d’apercevoir la petite lueur déterminée dans ses pupilles marron. En général, cela signifie qu’elle risque de passer bientôt à l’action. Et Angela Reynolds peut être pire que Terminator quand elle s’y met. Je pouffe de rire. Je ne serais guère étonnée qu’elle me colle une protection policière sur le dos pour le restant de mes jours…
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2. Tel est pris qui croyait prendre
– Coupez !
La voix autoritaire de Steven Bradbury résonne à travers tout le plateau. Le réalisateur d’Unbeaten, le nouveau film que je suis en train de tourner, se précipite vers l’écran de contrôle pour visionner la dernière prise de son œil de lynx. Rien n’échappe à cet artiste méticuleux – et carrément tyrannique. Henri-Georges Clouzot ? Du pipi de chat à côté ! Je pousse un profond soupir tandis que les caméras s’éteignent, vêtue de mon costume – un simple jean et une chemise blanche.
– D’où sort cette lumière ? s’écrie Steven en regardant la scène. Pourquoi y a-t-il un reflet sur la figure de Liz ?
Rentrant la tête dans les épaules, je me fais toute petite et quitte le décor sur la pointe des pieds. Mieux vaut filer doux avec un metteur en scène de cette trempe. Mais n’est-ce pas pour avoir la chance de jouer sous sa direction que j’ai accepté le rôle difficile de Mary-Jane ? Après plusieurs succès commerciaux et des rôles très physiques dans la lignée des Hunger Games et Divergente… j’avais envie de m’essayer à autre chose. Et de relever un défi en approchant l’un des plus grands cinéastes au monde.
– Amenez-moi l’éclairagiste ! tonne Steven.
Je marche en crabe entre les caméras, histoire de ne pas me faire repérer. Car quiconque croise la route du réalisateur lorsqu’il se trouve dans cet état risque sa vie. Au minimum.
– TOUT DE SUITE !
Me faufilant hors champ avec la souplesse d’un chat, je rejoins finalement Angela. Mon amie m’attend plus loin, sur la chaise noire où s’étale mon nom en grosses lettres blanches : Liz Hamilton. Elle me tend une bouteille que je décapsule aussitôt, assoiffée. À force de répéter sans cesse le même dialogue, je suis déshydratée et vide la moitié de l’eau minérale d’une traite.
– Ça va aller ? s’inquiète mon assistante.
– Écoute, on aura sûrement fini cette prise quand je serai arrière-grand-mère… mais tout va bien.
Nous rions à voix basse afin que le maître ne nous entende pas. C’est arrivé une fois, au début du tournage. Persuadé que nous faisions des messes basses à son sujet, Steven m’a renvoyée dans ma loge le temps de statuer sur mon sort. Je n’ai pas cédé, le ton a monté, la discussion s’est envenimée… mais depuis ce jour, et parce que j’ai su lui résister, il me respecte. Même si nous travaillons dans des conditions surréalistes.
J’ai voulu un génie, j’ai un génie. C’est juste qu’il est un peu fou.
– Il paraît qu’il a giflé sa dernière actrice, me souffle Angela.
– Qu’il essaie avec moi ! souris-je. Je lui ferai une prise de karaté dont il me donnera des nouvelles.
Nous pouffons comme des gamines et j’en profite pour consulter mon portable. Depuis le début de la matinée, mon agent m’inonde de SMS pour me rappeler notre rendez-vous en fin d’après-midi à son bureau. Karl désapprouve d’ailleurs avec vigueur ma participation à Unbeaten. Ne m’a-t-il pas chaudement conseillé d’enchaîner avec une histoire d’espionnage plutôt que me risquer dans un film indépendant qui risque de faire un flop au box-office ? À moins que ce ne soit mon cachet, divisé par dix, qui ne l’ait affolé ?
– On fait une pause de cinq minutes ! lance le réalisateur, excédé.
À grands pas conquérants, il s’élance en direction des projecteurs qu’il ajuste lui-même en poussant des hauts cris – mais son perfectionnisme n’est-il pas à l’origine de tous ses chefs-d’œuvre ? De mon côté, je consulte les messages de ma mère qui semble bien décidée à me traîner dans toutes les soirées à la mode. C’est fou ! Elle sort plus que moi ! Quand soudain, Angela me donne un petit coup de coude.
– Regarde un peu ce que j’ai repéré !
– Où ? Où ?
Je me tords la tête comme un périscope. Angela me répond la bouche de travers, dans un discret chuchotement :
– À 10 h 10 !
Je me tourne dans la bonne direction grâce à ses indications de tireuse d’élite et…
– Rhôôô ! Sexy !
Mais qu’avons-nous là ? Je recule dans mon siège en tripotant nerveusement mon Smartphone afin de me donner une contenance. Et j’admire le spécimen de grand blond aux cheveux coupés court et aux yeux verts perçants qui se tient à l’autre bout du plateau. Son torse athlétique moulé dans un simple tee-shirt noir, l’inconnu a croisé les bras sur sa poitrine – ce qui laisse poindre ses biceps. Il semble musclé mais fin, racé.
Je veux le même à la maison.
– Qui est-ce ? je demande, intriguée.
– Je n’en sais rien mais il ne te lâche pas du regard.
Le meilleur ? C’est vrai ! M. Canon me fixe obstinément, comme s’il me surveillait ou m’évaluait. En raison de ma notoriété, j’ai l’habitude d’être observée, aussi bien sur les plateaux de tournage que dans les restaurants, la rue ou n’importe quel lieu public. N’est-ce pas la rançon de la gloire ? Nos regards se croisent. Cela ne dure qu’une fraction de seconde. Mais je frissonne, la peau ourlée d’une fine chair de poule. Son regard pénétrant ne me lâche pas. Et j’ai l’impression d’être mise à nu, d’être vue, vraiment vue. Mon pouls s’emballe.
– Il est canon, ce mec.
Je ne réponds pas, secouée par la flamme étrange qui brûle dans les yeux du bel étranger. Fougue ? Passion ? Il y a quelque chose d’intense en lui. Intense et attirant. Je peine à cacher mon trouble.
– Tu penses qu’il s’agit d’un technicien ?
Avec sa gueule d’ange, ses mâchoires viriles et ses traits réguliers, il me fait penser à un acteur. Alors pourquoi suis-je incapable de mettre un nom sur son visage ? Sa photogénie transpire par tous les pores de sa peau. Je l’imagine transpercer la caméra d’un seul regard, tel James Bond, et mes doigts se crispent sur les accoudoirs de ma chaise.
Fait chaud, non ?
Armée de mon script roulotté, je m’évente sous les yeux taquins d’Angela. Ma meilleure amie pouffe dans sa barbe tandis que la température monte de plusieurs degrés. On se croirait aux Bahamas. La faute à cette bombe qui ne me lâche pas des yeux.
– Je rêve ou tu rougis ? me charrie Angela.
– Moi ? Pas du tout !
Bien entendu, je suis une fieffée menteuse et mes pommettes semblent en feu. Je rougis ! Moi ! La vedette de cinéma ! La star sulfureuse qui fait fantasmer les hommes du monde entier depuis mon apparition dans Under Water – un brûlot du septième art aux scènes très osées. Mais ce séduisant blond me fait un drôle d’effet.
– Un technicien a sûrement déréglé la climatisation, voilà tout ! j’ajoute, au comble de la mauvaise foi.
– Bah, voyons ! Et ça n’a aucun rapport avec M. Yeux-de-braise ?
– C’est vrai qu’il n’est pas mal…
– Pas mal ? répète Angela, ulcérée.
OK. C’est une bombe atomique.
Mais je préfère chipoter en jouant les belles inaccessibles, même si mon assistante n’est guère dupe. Cela fait quatre ans qu’elle est entrée à mon service, me suivant dans toutes mes pérégrinations jusqu’à devenir ma plus proche confidente.
– Tu devrais lui parler, propose-t-elle.
– Chiche !
Je saute sur mes pieds tandis qu’Angela éclate de rire, guère étonnée par mon culot. Qui ne tente rien n’a rien. Et si, dans ma carrière, je n’ai jamais hésité à frapper à toutes les portes pour obtenir les rôles de mes rêves, je ne vais pas renoncer devant un homme, aussi attirant soit-il. Lissant ma chemise blanche d’une main ferme, je remets en place les longues mèches blondes de ma chevelure, m’arme de mon plus beau sourire et fonce droit sur ma cible. Le tout sous l’œil intéressé de ma meilleure amie.
Attention, impact imminent !
***
Avec assurance, je me dirige vers mon inconnu, adossé à l’un des murs du plateau. À mesure que je m’approche, mon estomac se noue. Jamais un homme ne m’a fait frissonner comme lui. Je dois même cacher mes mains dans mon dos, afin qu’il n’en remarque pas le tremblement. Pourquoi suis-je dans cet état ? Lui ne bouge pas, nonchalant. Les épaules calées contre la paroi métallique, les bras croisés sur la poitrine, il me contemple d’un air indéchiffrable. Impossible de deviner ses pensées tandis que je le détaille des pieds à la tête : tee-shirt noir, jean brut, bottes de motard en cuir. Il a quelque chose en lui d’animal, une assurance mâle qui éclabousse tout. Le comble ? Il est encore plus séduisant de près.
Inspiration, expiration. Inspiration, expiration.
Je me plante devant lui, à l’aise. Ou du moins parviens-je à donner le change en enfonçant mes paumes moites dans mes poches. Je ne suis pas actrice pour rien ! L’inconnu ne semble guère impressionné par mon apparition. Ce qui me vexe un peu. Ignore-t-il qui je suis ?
C’est mon moment Kanye West.
Non, je ne suis pas mégalo – et je n’ai pas pris le melon, la pastèque ou n’importe quelle courge de grande taille (ça marche aussi avec une citrouille). C’est juste que… tout le monde sait qui je suis. Normalement. Enfin, tout le monde sauf lui… ce qui ne manque pas de piquant. Désarçonnée par son attitude, je lui décoche néanmoins un sourire radieux, en papillonnant de mes longs cils blonds.
– Dites-moi qu’on se connaît, qu’on va s’enfuir à Las Vegas et se marier cette nuit.
Quand j’y vais, j’y vais fort. L’homme me dévisage longuement, sans mot dire. Puis un lent sourire étire ses lèvres tandis qu’un éclair de malice pétille dans ses yeux. Il est craquant comme ça !
– Vous abordez souvent les hommes de façon aussi directe ?
– Seulement les hommes sexy.
– Dois-je le prendre comme un compliment ?
– Prenez-le comme vous voulez.
Tant que vous me prenez en même temps…
Amusé par ma boutade, il me gratifie d’un demi-sourire et d’un petit rire rauque. Et sa voix. Oui, parlons de sa voix. Chaude. Grave. Basse. Scandaleusement sexy. Peut-être même interdite par la loi. À cet instant, j’ai très envie qu’il me murmure des paroles indécentes au creux de l’oreille. À la place, il m’examine discrètement comme s’il cherchait une réponse, un indice…
– Je ne vous avais encore jamais vu dans les parages… et je n’aurais pas oublié un visage comme le vôtre.
Ni un torse pareil…
Je lui souris de plus belle, tout charme dehors, et m’appuie au mur près de lui, en pliant adroitement une jambe galbée. C’est décidé : je dois arrêter de prendre la pose comme si j’étais sur un shooting. Sans m’en rendre compte, je tripote aussi la boucle de ma ceinture. Car le regard intense et le silence de cet homme me perturbent. J’aimerais qu’il parle, y compris pour dire n’importe quoi.
Comme moi en ce moment…
– Vous êtes technicien ?
– Non.
– Acteur ?
– Non plus.
– Figurant ?
– Encore raté.
Un sourire en coin éclaire sa figure pendant que je scrute son visage aux traits parfaits. Je remarque alors le tatouage autour de son biceps gauche – une frise tribale noire à base de motifs celtes. Il veut ma peau ou quoi ? Le type bad boy m’a toujours fait fondre.
– Et en dehors de jouer les beaux mystérieux, que faites-vous ici ?
– Je me renseigne.
Les sourcils froncés, je recule d’un pas, la méfiance en éveil. Soudain, je n’aime pas beaucoup sa réponse.
– Vous êtes journaliste ? fais-je d’une voix plus dure, toute séduction envolée.
– Pas du tout. Et je ne suis pas en quête de ragots croustillants. Je suis seulement venu en observateur.
Pour sa défense, il n’a pas l’air d’un paparazzi en mal de scoop. J’effleure alors son avant-bras du bout des doigts. Et, de l’ongle de mon index, je dessine une longue ligne sur sa peau. M. Canon ne dit rien, ne se dérobe pas. Il se contente de me fixer droit dans les yeux, sans embarras. Mais pas de grand frisson, pas de regard trouble ou de soupir sensuel. On dirait qu’il éprouve… rien du tout, en fait.
Et s’il était gay ?
Oh non, l’horreur… Imaginez la perte pour les femmes du monde entier !
Stop, Liz Hamilton ! Redescends sur terre ! Ce n’est pas parce qu’un homme est immunisé contre tes charmes qu’il est homosexuel. Je suis possédée par Puff Daddy ou quoi ? Stop à la mégalomanie ! Je retire vite ma main, prudente. Et gênée, aussi. C’est officiel : je ne lui fais pas plus d’effet qu’une vieille chaussette. Il reste froid comme un glaçon, quitte à malmener mon ego.
– Et vous avez trouvé ce que vous cherchiez ? finis-je par lancer.
– Oui. Grâce à vous, mademoiselle Hamilton.
Sans rien ajouter, il me salue d’un signe de tête et tourne les talons pour quitter le plateau où s’agitent dans tous les sens une myriade de techniciens. Le tournage ne va pas tarder à reprendre et Steven Bradbury me cherche du regard, prêt à m’enguirlander. Mais j’observe la silhouette athlétique de M. Canon jusqu’à ce qu’il disparaisse avant de rejoindre Angela en traînant des pieds.
– Alors ? Qui est-ce ?
– Je n’en ai pas la moindre idée.
– Quoi ? Mais comment ça s’est passé ?
– J’ai fait un four.
Moi ! Un bide ! Avec un homme ! C’est bien la première fois dans ma longue carrière. Et ça m’énerve !
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3. Protection rapprochée
Clap de fin pour aujourd’hui ! Enfilant mon blazer bleu marine, je quitte le plateau sans tarder. J’ai bien trop peur que Steven Bradbury me retienne en otage au sujet d’une syllabe mal prononcée. Oui, c’est déjà arrivé. Il trouvait que je mâchonnais trop les « go » et « ga ». Il faut le vivre pour le croire. Bref. Après avoir embrassé Angela, je saute dans ma décapotable grise et fonce à travers New York. Un coup d’œil à mon bracelet-montre m’apprend que je suis en retard. Mais une actrice ponctuelle n’est plus une actrice, n’est-ce pas ?
Sainte Liz Taylor, protégez-nous !
Freinant devant une haute tour située non loin du Rockefeller Center, dans le quartier de Midtown, je lance les clés au voiturier avec un clin d’œil d’excuses… et me précipite à l’intérieur, ralentie par des bottines à talons pas très pratiques. Malheureusement, ma styliste veille au grain. Je suis interdite de jean-baskets depuis quatre ans. Depuis ma majorité, en somme. Alors que je rêve secrètement de traîner en jogging tout mou, sweater difforme et Converse usées.
M’engouffrant dans l’ascenseur, je monte au cinquième étage où m’attend déjà Karl Wallace, mon agent. Dans ses messages – au nombre de dix ou vingt ? – il a promis de me donner les prochains scénarios sélectionnés par ses soins. Je suis déjà impatiente de découvrir les nouvelles propositions qui m’attendent sur son bureau. Mais à peine ai-je ouvert la porte de son cabinet… que je me retrouve nez à nez avec un inconnu. Un inconnu ? Non, pas tout à fait.
– Monsieur Canon ?
Attendez ! Rembobinez !
J’ai dit ça à voix haute ?
Jouant avec une cigarette éteinte entre ses doigts, mon mystérieux blond aux yeux verts me lance un regard amusé. Je me fige sur le seuil, un peu, beaucoup, énormément embarrassée. J’en bafouille.
– Je veux dire…
Oui… Qu’est-ce que je veux dire ?
– Que faites-vous ici ?
C’est bien, ça. C’est compréhensible, clair, net. J’aime beaucoup. L’homme croisé sur mon tournage me contemple avec un sourire en coin. Il ne répond pas, l'air détaché. Quittant son siège en cuir, mon agent se lève pour m’embrasser avec effusion. Moi, je continue à fixer mon bel étranger avec des yeux ronds. Il est encore plus attirant que dans mon souvenir. Nos regards se cherchent à travers l’espace, comme aimantés. Suis-je la seule à sentir la tension dans la pièce ?
– Je te présente Matthew Turner, déclare Karl avec son emphase coutumière. Il s’agit de ton nouveau garde du corps.
– Mon… quoi ?!
Assommée par la révélation, je mets quelques minutes à me ressaisir et mon agent en profite pour s’engouffrer dans la brèche.
– Il s’agit d’une simple mesure de précaution, Liz. Tu n’as pas à t’inquiéter ou à être effrayée pour si peu.
Ledit Matthew lève les yeux au ciel avec ironie. Il se retient visiblement d’intervenir, serrant les lèvres pour endiguer les mots prêts à surgir en torrent.
– M.Turner travaille pour l’agence CORP, la meilleure en matière de protection rapprochée. Il s’occupe en général de témoins sous protection ou de réfugiés politiques poursuivis par leurs régimes.
– C’est une plaisanterie ? je demande, abasourdie.
– Tu as reçu pas mal de lettres de menaces ces derniers temps.
– J’en reçois depuis des années. Et je n’ai jamais engagé un bodyguard.
– Tu as raison, bien sûr… Mais cela rassurerait tout le monde si M. Turner veillait sur toi.
Je secoue la tête. Moi ? Suivie à longueur de journée par un espion ? L’idée me fait horreur. Ne suis-je pas déjà en permanence épiée par les photographes, par la presse, par les caméras, par les spectateurs ? Au moment où je ferme la porte de mon domicile, j’ai besoin d’être seule… et libre, enfin. Je ne peux pas vivre dans un bocal en permanence, au risque de devenir folle. Et de me raser la tête ou quelque chose comme ça !
– Non, c’est hors de question.
– Matthew est le meilleur dans son domaine.
Je jette un coup d’œil à M. Canon.
– Je n’en doute pas une seconde.
Lui semble écouter la conversation d’une oreille distraite, en retrait. Il est du genre taiseux apparemment. Mon estomac se noue, comme si mon corps trahissait mon cerveau en réagissant à sa présence, en réclamant un contact – et plus, bien plus. Sauf que je ne veux pas de cet homme dans ma vie.
– Je n’ai aucune envie d’être suivie à la trace vingt-quatre heures sur vingt-quatre par une baby-sitter musclée !
Sur le côté, le garde du corps relève la tête… avec un petit sourire amusé. Il ne semble même pas vexé par ma boutade. En fait, il observe toute cette scène de loin en loin, l’œil moqueur.
– Je comprends, crois-moi… tempère Karl de sa voix la plus paternelle. Mais ces lettres de menaces…
– Ce ne sont que des bouts de papier ! Pas besoin d’en faire tout un plat !
– Voyons, Liz…
Mon agent fait les gros yeux, sourcils froncés et index pointé en l’air, comme si j’étais une gamine indisciplinée. Ce qui me donne envie de m’arracher les cheveux. J’ai parfois l’impression d’avoir 5 ans et demi.
– Hors de question que tu me colles dans les pattes une nounou qui va me suivre jusque dans les toilettes.
– Sois raisonnable. C’est pour ton bien.
– Non, je…
Je m’apprête à continuer, ferme et déterminée, quand la voix grave et posée de Matthew Turner s’élève. Quittant sa position de repli, il attrape son blouson en cuir vieilli d’aviateur, abandonné sur le dossier d’une chaise, et le jette sur une de ses épaules avec décontraction. Il ne semble ni dépité ni surpris. Juste calme, terriblement calme.
– Ne vous fatiguez pas, mademoiselle Hamilton. Je refuse le contrat.
– Pardon ?
Cette fois, c’est Karl qui manque de s’étrangler.
– Je n’ai jamais forcé quelqu’un à collaborer avec moi. Et je refuse de protéger une personne qui n’en a pas envie.
Pour appuyer son propos, le mystérieux garde du corps pose sur moi un regard peu amène. Ses yeux vert kaki brillent d’un éclat étrange et je jurerais qu’il me prend pour une starlette égocentrique et capricieuse. La Liz Hamilton dépeinte par les journaux, en somme. Cette fille que je déteste, moi aussi. Maintenant, je sais ce qu’il fabriquait sur mon plateau de tournage : il était venu observer la « bête » dans son milieu naturel et juger sur pièce. La colère monte et je me braque davantage contre lui alors qu’il passe devant moi en me saluant d’un signe de tête froid mais poli.
– Je vous souhaite bonne chance avec le tueur en puissance lancé à vos trousses. À votre place, je ne prendrais pas ces menaces de mort à la légère.
Puis il franchit le seuil sans se retourner et traverse le couloir d’un pas tranquille. Je le suis du regard jusqu’à ce qu’il s’engouffre dans la cage d’escalier en dédaignant l’ascenseur. Quand soudain, ses paroles me parviennent de plein fouet.
Un tueur ? Un tueur lancé à mes trousses ? Mais de quoi parle-t-il ?
***
– Monsieur Turner !
Mon cri résonne à travers le hall en verre et marbre. Me précipitant dans l’ascenseur une minute après le départ de Matthew, je l’aperçois à l’autre bout du vestibule. Mes talons claquent contre les dalles et je me précipite entre les colonnes veinées d’inspiration antique. Derrière le desk noir, le portier fait mine de ne rien remarquer, payé depuis des années pour fermer les yeux et se boucher les oreilles par respect pour la vie privée des résidents.
– Attendez, s’il vous plaît !
Je reconnais à peine mon timbre suppliant. Et soudain, le bodyguard se retourne, à quelques mètres de la porte – un grand tourniquet en verre à quatre battants. Ses yeux verts se posent sur moi tandis que j’avale les derniers mètres qui nous séparent. Je garde cependant une certaine distance, craignant de trop m’approcher. Il y a toujours cette tension entre nous, tel un courant électrique qui circule d’un corps à l’autre. Mon cœur bat la chamade sous ma blouse en soie blanche.
– Pourquoi avez-vous parlé de menaces de mort ?
– J’évoquais les lettres dont vous êtes l’objet depuis plusieurs semaines.
– Je ne comprends pas…
Matthew secoue la tête, l’air atterré.
– Ne me dites pas que personne ne vous a mise au courant du contenu de ces missives ?
Je ne réponds pas, mais mon silence est plus éloquent qu’un long discours. Il a raison. Nul dans mon entourage n’a cru bon de me renseigner sur ce point… sans doute pour ne pas m’inquiéter. Angela a bien essayé de me parler cependant… mais je n’ai pas prêté l’oreille à ses avertissements, riant de son inquiétude. Sans doute ai-je trop l’habitude d’être protégée par mon entourage, qui craint plus que tout de me voir craquer et m’éloigner des spotlights ? Je me sens un peu idiote, là, tout de suite. Matthew revient vers moi, réduisant l’espace entre nous. Et mon pouls s’emballe alors que son parfum me monte aux narines. Il est si proche que j'en distingue les notes de lavande, viriles et simples.
– Un fou vous harcèle, mademoiselle Hamilton. J’ai lu toutes les lettres qu’il vous a adressées ce mois-ci et laissez-moi vous dire qu’elles font froid dans le dos, même pour un homme comme moi.
Je ne respire plus.
– Il s’agit de récits détaillés, sanglants, très violents, qui racontent différents scénarios liés à votre mort. Des sortes de mises en scène, si vous préférez. Il y a beaucoup de détails macabres mais aussi des informations très précises sur votre vie privée.
– Oh, mon Dieu !
Je plaque une main tremblante sur ma bouche mais ne l’interromps pas, décidée à l’écouter jusqu’au bout malgré la peur. Je veux savoir. Et je peux encaisser. Contrairement aux certitudes de mon agent ou de ma mère, je suis forte, très forte. Matthew semble apercevoir la lueur métallique qui étincelle dans mes yeux bleus. Il hoche alors la tête, conscient d’avoir retenu mon attention :
– Au début, cette personne vous envoyait une lettre toutes les deux semaines environ. Mais le mois dernier, les choses se sont accélérées. Votre harceleur vous écrit maintenant trois à quatre courriers chaque semaine. Et cela ne risque pas de s’arrêter. Avec ce genre de personnalité borderline, c’est généralement l’escalade.
– Je comprends.
Et j’ai peur. Horriblement peur.
– Vous pensez qu’il pourrait passer à l’acte ?
– Ce sera la conclusion logique à son obsession. Je ne suis pas psychologue mais j’ai vu beaucoup de criminels au cours de ma carrière. Celui qui vous écrit est violent et décidé à vous nuire. À mon avis, il ne se contentera bientôt plus de coucher quelques mots agressifs sur un bout de papier.
Un lourd silence tombe entre nous, assourdissant. J’ai l’impression d’être au fond d’un aquarium, prisonnière derrière des vitres de verre que je ne peux pas briser. Je secoue la tête, sous le choc, répandant des longues mèches blondes échappées de ma pince sur mes épaules. Un fou à mes trousses ? On dirait le scénario d’un film policier !
Sauf que ce n’est pas un film.
C’est la vie – ma vie.
– Je suis désolé, ajoute soudain Matthew Turner, l’air navré. Ce n’était pas à moi de vous apprendre ces mauvaises nouvelles… mais je pense que vous méritez de savoir. Ne serait-ce que pour votre propre sécurité.
Il laisse filer quelques secondes.
– Et comme vous vouliez la vérité…
À mon tour, je lève les yeux vers lui, croisant ses pupilles d’un vert sombre, presque kaki. Jamais je n’ai soutenu un regard aussi intense, aussi profond. Cet homme n’est pas seulement vivant… il semble habité. Et tourmenté. Je ne le connais pas, j’ignore tout de lui et de son passé, mais j’entrevois brièvement l’ombre qui plane au-dessus de lui. Je me force à sourire.
– Merci. Merci de m’avoir parlé comme à une adulte responsable.
– Votre entourage ne vous a vraiment rien dit ?
Je secoue la tête. Non, personne ne m’a tenue au courant... en dehors d’Angela, que je n’ai pas vraiment écoutée. À moins que je n’aie pas cherché à savoir, pour mon propre confort ? Le garde du corps me scrute avec une attention soutenue. Sans doute est-ce sa façon de contempler les gens. Alors pourquoi ai-je l’impression qu’un nuage de papillons s’envole au creux de mon ventre en dépit du choc ?
– Écoutez, mademoiselle Hamilton… Je n’ai pas de conseils à vous donner, mais ne prenez pas ces menaces à la légère. Ce serait une grave erreur. J’ai lu ces textes et ils sont très malsains. Alors si vous ne voulez pas de moi comme garde du corps, trouvez-vous un autre type compétent.
– C’est vous qui ne voulez pas de moi !
Mon sourire s’agrandit – et le sien aussi. Après tout, n’est-il pas parti en claquant la porte ? Sans parler de la veste qu’il m’a mise ce matin pendant que je flirtais avec lui. Je suis rhabillée pour l’hiver grâce à lui.
– Si j’ai bien compris, vous ne protégez que des personnalités politiques, monsieur Turner. Alors pourquoi avoir répondu à la demande de mon agent ?
– Mon patron tient absolument à décrocher ce contrat. Votre nom est très prestigieux, mademoiselle Hamilton. Ce serait une excellente publicité pour son agence.
Je hoche la tête. Il est cash, direct, sans filtre. Et j’aime ça. J’aime qu’il ne prenne pas de pincettes pour s’adresser à moi.
– J’imagine que le salaire est intéressant.
– C’est vrai. Et puis, j’étais curieux, avoue-t-il avec une franchise désarmante. Très curieux à l’idée de vous rencontrer. Il faut croire que je suis comme tout le monde.
Ça, j’en doute fort.
Pourtant, son aveu me touche – peut-être parce qu’il semble soudain moins indifférent et inaccessible. J’acquiesce faiblement. Que pourrais-je dire pour le retenir, pour le convaincre de rester ? À présent, j’aimerais vraiment qu’il assure ma protection. Il est l’homme dont j’ai besoin. N’est-il pas le premier à me considérer comme une femme indépendante, capable de vivre sans œillères ? Et par-dessus tout, il m’inspire confiance. Quelque chose se passe entre nous, comme si nous communiquions par notre seul regard. Le temps s’arrête, comme les battements de mon cœur.
– Merci pour tout, monsieur Turner.
Il ne dit rien… et tourne les talons. Malheur ! Mais au moment où il pose la main sur le tourniquet de verre, il jette un regard par-dessus son épaule et me transperce de ses yeux verts.
– Appelez-moi Matthew.
Et d’un ton sans appel :
– Dites à M. Wallace de faire parvenir mon contrat à l’agence CORP. J’assurerai votre protection à partir de demain.
À suivre,
dans l'intégrale du roman.
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Liz Hamilton est une actrice à succès de 22 ans, insouciante et légère. Sa vie se résume à une succession de tournages, de soirées, d'interviews et d'amis pas toujours sincères !
Lorsqu’elle se met à recevoir les lettres d'un détraqué, la jeune femme ne prend pas vraiment au sérieux ses menaces, contrairement à son agent, qui décide d’engager un garde du corps. Et pas n'importe lequel ! Matthew Turner. 28 ans. Des yeux verts à faire perdre la tête. Un corps d'athlète à donner des palpitations.
Mais Liz le perçoit comme un espion chargé de surveiller tous ses faits et gestes. Et lui se méfie de cette séductrice trop gâtée par la vie. Obligés de cohabiter sous le même toit en dépit de leurs préjugés, ils vont devoir affronter ensemble la menace… et la tension érotique qui plane entre eux !
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Juillet 2022
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