Captifs de l’amour: Beauté captive, tome 3
Chapitre 15
15
IAN
L a police m’emmène au poste de Rustenburg et m’enferme dans l’unique cellule de détention. Ils ont conduit Cas dans une autre voiture.
Une heure est passée.
Ils doivent l’interroger dans le bureau. Ils prendront sa déclaration en premier, avant de venir pour la mienne. C’est comme ça que ça fonctionne, ils me diront qu’elle s’est confessée pour me mettre la pression et que je fasse la même chose. Ils me diront qu’elle témoignera contre moi et comment ça se passera au tribunal. C’est un jeu de manipulation visant à nous monter l’un contre l’autre dans l’espoir d’obtenir l’aveu d’une culpabilité.
La cellule est une pièce bétonnée avec une fenêtre étroite proche du plafond. Le seul meuble est un banc de bois. La fenêtre est bloquée par des barreaux de fer. La porte est en métal. Incassable. Ils sont venus me chercher et m’ont pris ma ceinture et mes chaussures avant de me jeter à l’intérieur. Je n’ai pas d’arme et rien que je puisse utiliser pour crocheter la serrure. Même si j’y parvenais, un garde armé est posté de l’autre côté.
Je fais les cent pas, rongé par l’inquiétude pour Cas. Elle a passé plus de temps dans un poste de police qu’elle ne l’aurait dû, à cause de moi. J’espère sincèrement qu’elle va bien… Je ne doute pas qu’elle puisse se défendre toute seule. Cette femme, jolie et fragile, est plus forte que la plupart des mecs que je connais. Elle est forte là où ça compte vraiment, dans la tête et dans le cœur. Ce qui m’inquiète, c’est sa santé et la façon dont ils la traitent. S’ils posent leurs sales pattes sur elle, je jure que… que je sois derrière les barreaux ou pas, je trouverai un moyen de les tuer tous.
D’après la position du soleil dans le ciel, il est quatre heures. On se croirait dans un four avec cette fenêtre que je ne peux pas ouvrir. Des taches sombres sont visibles aux aisselles de mon t-shirt. Le devant est recouvert de rouge après que j’ai essuyé le visage de Cas. Dans mon esprit, je la revois avec le sang qui a éclaboussé sa peau de porcelaine et recouvert ses cheveux. Cette image me tuerait presque. J’allais mettre Wolfe à genoux et le forcer à lui présenter ses excuses, cette pourriture, ce raté, ce sale sac à merde. Je suis encore énervé d’avoir dû lui tirer dessus avant d’avoir l’occasion de le faire ramper.
Une clé tinte dans la serrure de l’autre côté de la porte. Le métal grince lorsqu’elle s’ouvre. Hackman se tient sur le seuil. Quand Wolfe a emmené Cas pour un interrogatoire, j’avais vérifié quels inspecteurs locaux étaient sur l’affaire. Wolfe était au siège social à Pretoria, mais Hackman est né et a grandi à Rustenburg.
Je jauge le détective. Wolfe était véreux, mais selon les rapports sur Hackman, celui-ci a toujours suivi les règles. Enfin, c’était avant qu’il fasse équipe avec Wolfe.
— Assis, ordonne Hackman en désignant le banc.
L’ordre n’est pas donné pour mon confort mais pour sa sécurité. Je m’en approche et m’y assois, le dos contre le mur, jambes tendues.
Hackman entre, suivi d’un agent armé. Un autre apporte une chaise et un petit bureau à l’intérieur avant de sortir et de verrouiller la porte derrière lui.
— Si vous tentez quoi que ce soit, il vous tirera dans la tête, dit Hackman en désignant du pouce le policier qui se tient au garde-à-vous devant la porte. Sans se poser la question.
Il ricane, comme s’il préférait me tuer plutôt que de m’interroger.
— C’est clair ?
J’écarte de mon visage les cheveux trempés de sueur et lui adresse un sourire, histoire de le provoquer.
— Comme de l’eau de roche.
Il désigne la caméra dans un coin du plafond.
— Tout est enregistré.
Mon sourire redouble.
— Naturellement.
Les dents serrées, il s’assied sur la chaise et abat un bloc-notes sur le bureau.
— On a déjà pris la déclaration de mademoiselle Joubert. C’est dans votre intérêt de coopérer. Elle a tout avoué.
Tout, c’est vaste et très vague. Je me penche en avant, les coudes sur mes genoux.
— Comment va-t-elle ?
Il me dévisage.
— Elle a une maladie cardiaque.
— Je suis au courant.
Il fait la moue, puis au bout d’un moment, il me dit :
— Elle va bien.
Je hoche la tête. Bien. Voilà qui calme la principale de mes préoccupations.
— Vous voudriez bien m’expliquer comment elle est miraculeusement revenue d’entre les morts ? demande-t-il. Ce sera intéressant d’entendre votre version de l’histoire.
Je ne réponds pas.
— Falsifier un certificat de décès, c’est un crime très sérieux, mais ça n’a rien à voir avec le meurtre d’un inspecteur de haut rang.
Comme je ne mords toujours pas à l’hameçon, il joint ses mains sur la table.
— Allez, Hart. Vous savez comment ça fonctionne.
— En vérité, non.
Je lui lance un autre petit sourire.
— C’est ma première arrestation. Félicitations. Vous avez attrapé le chef du tristement célèbre gang Phantom. C’est une belle médaille, inspecteur Hackman.
À la mention de son nom, ses narines se dilatent.
— J’imagine qu’une promotion est au programme, ajouté-je. Que vont-ils vous offrir ? L’unité des enquêtes spéciales ? Peut-être qu’ils ne vous laisseront même pas choisir… J’ai entendu dire que le poste du Cap était une affectation très convoitée…
Ses épaules osseuses deviennent rigides.
— On a fait ses devoirs, à ce que je vois !
Je hausse les épaules.
— Je voulais savoir qui terrorisait ma femme.
Il cligne des yeux. Coupable ! Se tournant vers le flic posté à la porte, il dit :
— Allez chercher une tasse de café pour monsieur Hart. J’ai le sentiment qu’il parlera plus librement avec de la caféine dans l’organisme. N’est-ce pas, monsieur Hart ?
— Oui, dis-je d’une voix traînante, jouant son jeu.
L’agent frappe à la porte. Quand elle s’ouvre, il s’en va. La clé tinte dans la serrure de l’autre côté.
— Ne tentez rien, m’avertit Hackman. Vous n’en sortirez pas vivant.
— Ne vous en faites pas, dis-je avec un sourire moqueur. Je suis bien conscient des faits.
Je ne prévois pas de me faire tuer, ce ne serait pas dans l’intérêt de Cas que je meure.
Il prend son téléphone dans sa poche et ordonne sèchement de couper la caméra. Il n’aurait pas pu donner un plus fort aveu de culpabilité.
Écartant son téléphone, il me dit :
— Nous sommes en privé. Parlez.
— Vous étiez d’accord avec les méthodes de Wolfe ? demandé-je en le regardant attentivement.
Il cligne à nouveau des paupières avant de prendre une mine renfrognée.
— C’est moi qui pose les questions ici.
Je joins les mains devant mon visage.
— Je me demandais juste… Comment saviez-vous qu’il se passait des choses au chalet ?
Ses lèvres se retroussent.
— Vous avez un problème d’audition ! J’ai dit que c’était moi qui posais les questions !
— Voilà comment ça va marcher… dis-je en m’adossant de nouveau contre le mur. Vous me donnez quelque chose et je vous donne autre chose en retour. C’est simple.
Sa mâchoire tressaille lorsqu’il serre les dents.
— Vous allez tomber pour meurtre.
— Vraiment ? Personne ne m’a vu tirer sur Wolfe. Vous n’avez pas l’arme du crime. Vous êtes en train de vous baser sur des suppositions, inspecteur Hackman.
À ses poings serrés, je sais que Cas n’a rien avoué. Que dalle. Il bluffait.
Au bout d’un moment, il dit :
— Bien. Je veux savoir ce que faisait là-bas l’inspecteur Wolfe, seul.
— Je vous le dirai quand vous aurez répondu à ma question. Comment saviez-vous qu’il se passait quelque chose à Kloof ?
Il soupire.
— Monsieur Mint Vesser a rapporté un cambriolage. Il a dit que mademoiselle Joubert l’avait tenu en joue et dérobé un sac de diamants dans son coffre. Quand un gardien de Kloof a signalé un incendie, j’ai trouvé cela étrange, quelques heures après un sérieux cambriolage au lieu même que vous utilisiez comme cachette autrefois…
— Et vous avez décidé de vérifier ça.
— Oui. À votre tour. Que faisait là-bas l’inspecteur Wolfe tout seul ?
Je croise les bras.
— Monsieur Visser ne vous l’a pas dit ?
— Il a dit qu’il avait appelé Wolfe pour le prévenir de la visite de mademoiselle Joubert.
Je tapote mon nez du doigt.
— Mais vous avez flairé un truc. Vous saviez qu’il y avait plus que ça.
— Je vous ai dit ce que vous vouliez savoir. Bordel, que se passe-t-il, Hart ?
Aspirant à travers les dents, je le dévisage.
— Il faut que je sache autre chose… Pourquoi étiez-vous d’accord avec le plan de Wolfe, celui où Cas devait m’espionner ?
Il remue sur sa chaise.
— Vous savez de quoi ça aura l’air pour vous si cette information sort d’ici, dis-je. Ce que vous avez fait était illégal. Ça pourrait gâcher vos chances d’entrer à l’unité spéciale après tout… La retraite au Cap ne sera définitivement pas une option.
Il jette un coup d’œil à la porte.
— J’étais contre.
— Est-ce la raison pour laquelle vous n’avez rien dit quand Wolfe a fait cette proposition ridicule ? Oh, attendez… Ce n’était pas une proposition. Il a fait du chantage et menacé Cas d’obtempérer. Vous ne lui avez pas laissé le choix…
Il tire sur sa cravate.
— Écoutez, je n’aimais pas ça, mais Wolfe était un grand parmi les détectives et j’étais…
Il hésite.
— J’étais intimidé. Au début, ajoute-t-il précipitamment.
— Que s’est-il passé ? demandé-je d’une voix traînante. Votre conscience vous a rattrapé ?
Son visage devient rouge.
— Vous avez dit que vous coopéreriez si je vous disais ce que vous vouliez savoir. Pas question que je reste assis là à me faire interroger et juger par un putain d’assassin de flic !
— Calmez-vous, Hackman. On dirait que vous allez faire une attaque. Je vous dirai ce que vous voulez savoir.
Il lève un doigt.
— Est-ce un genre de jeu malsain…
— On est loin d’être dans un jeu.
— Je suivrai le mouvement, peu importe ce que c’est… pour l’instant. Mais sachez une chose : si vous jouez avec moi, je m’assurerai qu’ils vous mettent à l’isolement tous les deux, vous et votre copine, quand ils vous feront coffrer pour le restant de vos jours.
— Je suis presque certain que c’est illégal, ça aussi, dis-je d’un ton narquois.
Étendant ses griffes sur le bureau, il se penche en avant.
— C’est vrai, mais qui le saura ? C’est toute la beauté de l’isolement. Vous n’avez personne à qui vous plaindre.
Je ricane.
— Les menaces ne vous mèneront nulle part, inspecteur. Au contraire, vous jouez au même jeu que Wolfe. Vous pouvez sortir d’ici maintenant et espérer le meilleur. Je vous assure, j’ai un très bon avocat.
— Même le meilleur avocat du monde ne pourra pas vous faire sortir cette fois. Vous allez purger tous les deux.
— Pour vol, peut-être. Vous devez encore prouver que nous sommes coupables de meurtre.
Il frappe du poing sur le bureau.
— Après la disparition de mademoiselle Joubert, j’ai dit à l’inspecteur Wolfe que je ne ferais rien de plus qui puisse nous revenir droit dans la tête. Quoi qu’il en soit, j’étais uniquement impliqué dans les crimes ayant eu lieu dans ma zone géographique. À la minute où mademoiselle Joubert nous a glissé entre les doigts, Wolfe est rentré au siège et a continué avec son affaire. J’ai suivi sa progression pour voir s’il y avait la moindre nouvelle preuve concernant le braquage à Sun City ou le meurtre du directeur de banque, mais tout ce que j’ai eu, c’est la vilaine suspicion que Wolfe cachait quelque chose.
Après ce long discours, il reprend son souffle.
— Voilà. Je vous ai donné ce que vous vouliez. Je ne vous le redemanderai pas… Pourquoi l’inspecteur Wolfe est-il allé seul au chalet ? Pourquoi n’a-t-il pas appelé les renforts ?
J’ai un bon sixième sens pour les mensonges, et ce n’est pas ce que me sert Hackman. Tant mieux, parce que ce que j’ai en tête ne fonctionnera pas si j’ai en face un policier véreux. Si je veux m’en tirer, j’ai besoin de quelqu’un qui joue selon les règles.
— Vous savez ce que je crois ? dit-il. Je crois que vous avez posé un piège pour l’inspecteur Wolfe. Mademoiselle Joubert a volé les diamants, sachant que monsieur Visser appellerait Wolfe. Ce dernier a dit à monsieur Visser ne pas appeler la police locale, qu’il s’en occuperait. Seulement, Wolfe n’a pas rapporté ce vol. Heureusement pour moi, Visser était bien trop préoccupé par ses diamants pour ne faire confiance qu’à un seul détective. Il a appelé le poste de police et déclaré le vol. Il est clair que vous vouliez que Wolfe vienne à vous. C’est pourquoi vous êtes retournés à Kloof. Ce que je ne sais pas, c’est pourquoi.
Bien sûr, si mon téléphone n’avait pas été éteint, j’aurais su que Mint avait appelé la police locale. La police n’a pas trouvé le mouchard au magasin, autrement Hackman l’aurait mentionné. S’ils font leur boulot aussi bien qu’ils le devraient, ils le trouveront quand ils chercheront les empreintes digitales et passeront le magasin au peigne fin. D’ici là, ça n’aura plus d’importance, car Hackman saura déjà pourquoi nous l’y avons mis.
Lui jetant un coup d’œil, je dis :
— Vous avez raison. C’était un piège. Nous espérions que Wolfe viendrait seul. Vous voulez savoir pourquoi ? Parce que Wolfe allait nous tuer s’il nous trouvait en premier.
Il rit.
— Vous êtes cinglé.
— Cas avait une preuve accablante contre Wolfe, un élément qui n’allait pas seulement prouver que mon gang était innocent du meurtre du directeur de banque, mais aussi la culpabilité de Wolfe là-dedans.
Il me fixe du regard comme si j’étais un extra-terrestre venant de m’écraser sur le toit avec mon vaisseau spatial.
— Ça, c’est une sacrée accusation…
— Comme je l’ai dit, nous avons la preuve qui la confirme.
— Quelle preuve ?
— Une photo provenant de la caméra de sécurité prise le jour du vol. Le meurtrier portait des boutons de manchette de l’unité d’enquêtes spéciales.
Hackman blêmit. Le silence s’étire pendant qu’il digère l’information. Après une autre fraction de seconde, il inspire profondément et expire par le nez.
— Si ce que vous dites est vrai, ça va causer un sacré merdier au bureau, avec des proportions que vous n’imaginez pas.
— Vous pouvez vous en charger ?
Il baisse la tête et se pince l’arête du nez. Quand il me regarde à nouveau, il a l’air plus résigné qu’en colère.
— Oui.
Il arbore une expression limpide, véritable carte routière de ses pensées profondes. Il ne ferait clairement pas un bon joueur de poker. Ses pensées transparaissent partout sur ses traits, qui ne montrent pas de tromperie ni de faux-semblant, uniquement de l’acceptation.
— Qu’est-ce que vous voulez ? demande-t-il, tapotant son stylo sur le bureau. Si vous espérez un marché, je ne peux pas vous en donner de bon. C’est la prison à vie. Vous aurez de la chance si vous obtenez la liberté conditionnelle dans cinquante ans.
— Voilà comment ça va fonctionner, rétorqué-je, reposant les coudes sur mes genoux. Je vais vous accorder mes aveux complets, tout ce que vous voulez savoir. J’admettrai chaque braquage et crime commis, dont le meurtre de l’inspecteur Wolfe.
Il cesse de jouer avec son crayon et le laisse tomber.
— Y compris l’identité des membres de votre gang ?
— Ils sont tous les deux morts. Je vous avouerai les avoir tués aussi.
Il me fixe de ses yeux cupides.
— Et concernant l’argent blanchi avec vos partenaires ?
— Pas de partenaires. Je ne balance personne d’autre que moi. C’est ça, le deal. À prendre ou à laisser.
Il s’avance sur le bord de sa chaise.
— Que voulez-vous en retour ?
— La liberté de Cas. Pas d’arrestation, pas de casier.
— C’est un défi de taille, Hart. Elle a simulé sa propre mort, volé des diamants à hauteur de plusieurs millions et été impliquée dans le meurtre d’un policier.
— Primo, elle n’a pas appuyé sur la détente. Secundo, le vol des diamants était mon idée, j’en prends l’entière responsabilité. Vous et moi, nous savons très bien que si elle est ici, c’est uniquement parce que je l’ai traînée dans ce merdier. Je l’ai kidnappée, pas une fois, mais trois. Quatre, si on compte cette fois-ci. Elle est innocente depuis le début. Wolfe a tué le directeur de banque pour faire chanter Cas, la menaçant de l’arrêter comme complice de meurtre. Il s’est servi de ce meurtre pour avoir la priorité sur mon cas. Cas a fui parce que vous ne lui aviez pas laissé le choix. On lui a tiré dessus parce que j’ai été trop stupide pour le voir venir. Elle m’a abandonné, et le monde entier a cru qu’elle était morte. C’était trop dangereux pour elle. Elle a découvert par hasard la preuve qui incriminait Wolfe et elle s’en est servi pour lui faire du chantage après nous avoir retrouvés. Voilà pourquoi Wolfe est venu seul, il espérait nous empêcher de parler pour de bon. Nous représentions un risque qu’il ne pouvait pas prendre.
Je lui accorde un moment pour qu’il absorbe les faits.
— Elle n’a jamais rien mérité de tout ça. Laissez-la partir et je vous donnerai ce que vous voulez vraiment. Moi.
Tambourinant des doigts sur le bureau, il réfléchit à mon offre en deux secondes.
— Je veux que mon nom reste en dehors de la conduite de l’inspecteur Wolfe envers mademoiselle Joubert.
— Je peux m’en accommoder.
Je ne lui pardonnerai pas son implication dans la menace envers Cas, mais j’ai besoin de lui pour lui garantir la liberté. J’ai besoin de lui pour qu’elle s’en tire.
— Vous avez votre marché… répond-il enfin d’un air dubitatif. Mais si vous merdez avec moi…
— Je n’ai jamais manqué à ma parole. Je ne vais pas commencer maintenant.
Il acquiesce.
— Dans ce cas, nous avons une longue nuit devant nous.
— Je veux qu’elle soit relâchée maintenant.
Il sort son téléphone.
— Quelqu’un va s’en charger.
— Non, dis-je.
Hackman fronce les sourcils.
— Je veux que ce soit vous qui supervisiez.
Il y a une menace tacite dans mes paroles lorsque j’ajoute :
— Je vous en tiens personnellement responsable.
— Bien !
Abattant les paumes sur le bureau, il se lève.
— Je m’en occupe.
— J’ai votre parole ?
— Vous l’avez.
— Avant de commencer… Je veux une douche et un repas, et toutes les photos de Cas et moi que vous avez prises à la piscine, chaque copie électronique et papier qui existe.
— Les photos ne posent pas de problème. Wolfe ne voulait pas qu’elles quittent l’unité tant qu’il pouvait se servir de Cas pour arriver jusqu’à vous. Il les a laissées en ma possession. La douche sera plus problématique… Le seul moyen pour vous d’en avoir une, c’est sous les verrous. On devra vous amener dans un centre correctionnel de haute sécurité. Le plus proche est à Pretoria.
D’un signe de tête, je montre mon assentiment.
Hackman marche jusqu’à la porte et frappe. Il m’accorde un dernier regard avant de partir, refermant à jamais la porte sur ma liberté.
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