Captifs de l’amour: Beauté captive, tome 3
Chapitre 7
7
IAN
S i elle avait tiré avec l’arme qu’elle avait pointée sur moi, elle se serait montrée plus clémente. Là, elle me tue, non pas avec une balle rapide, mais avec la pire des tortures, du genre qui éteint votre âme.
Je la dévisage, assise sur le lit, prêt à affronter cette déflagration qui me mettra à genoux. Complètement débarrassée de son épais maquillage, et avec ses propres cheveux longs blond platine, elle est jusqu’au bout des ongles la Cas que j’ai enlevée.
Elle m’appartient encore.
Son désir et son amour sont à moi. Au début, c’est moi qui les lui ai soutirés, mais par la suite, elle m’a tout donné de son plein gré. Puis c’est sa vie entière que je lui ai volée. Même si Ruben a appuyé sur la gâchette, la faute me revient. C’est ma faute si je ne me suis pas débarrassé de lui comme je l’aurais dû. C’est ma faute si je n’ai pas vu ce qui se tramait sous mon nez.
J’ai abandonné Cas, mais par miracle, elle m’a été rendue. Je ne la laisserai plus jamais repartir. Si je dois l’enlever encore une fois, je le ferai. Les mots de Damian résonnent dans ma tête : garder une femme prisonnière ne finit jamais bien. Je vais juste devoir être plus malin sur ce coup-là ; au lieu de la droguer et de la kidnapper, je vais la convaincre que c’est son idée.
J’étudie les traits de son visage tandis qu’elle m’oppose son silence. Je sais à quoi ressemble une personne qui a des problèmes ‒ j’en sais quelque chose. Elle les a enfouis si profondément dans son cœur qu’il y aura une éruption très freudienne le jour où elle laissera tout sortir. Ça me va. Le jour où ça se produira, je serai là pour elle. Je me fiche qu’elle ne m’aime plus jamais. La savoir en vie me suffit.
— Quand je sortirai de ce lit, dit-elle avec un avertissement dans la voix, je tournerai le dos à tout ça. Pour toujours.
Pour ça, elle devra d’abord me passer sur le corps ! J’ai envie de le grogner comme un chien, de mettre en garde la meute pour protéger mon os, mais je parviens à répondre d’une voix si normale que je mérite un Oscar.
— Et où prévois-tu d’aller ?
— Je trouverai.
Compte là-dessus ! Je hoche la tête comme si j’étais d’accord, simulant la compréhension.
— Il y a une chose que tu oublies, cependant…
Elle arque un sourcil.
— Wolfe en a toujours après toi.
J’attends qu’elle assimile bien mon propos avant d’abattre ma prochaine carte, rendant cette conversation naturelle, comme si elle se déroulait d’une logique à une autre, sans obéir à un plan prémédité.
— … et après moi.
Elle se renfrogne.
— Je lui ai dit que s’il m’arrivait quoi que ce soit, la preuve irait à son supérieur. Il a pris un risque en me tirant dessus, mais maintenant il sait que je bluffais.
C’est bien. Elle comprend vite.
— Oui… Il a cru que tu étais morte, comme moi. Mais contrairement à moi, découvrir que tu étais vivante a dû lui faire un sacré choc. Tu sais qu’il est coupable de meurtre. Et à ses yeux, il n’y a qu’un seul moyen pour lui de pouvoir à nouveau dormir tranquille…
— Une fois que je serai morte.
— Une fois que nous serons morts tous les deux. On peut raisonnablement supposer qu’il sait que tu m’as raconté qu’il m’a piégé. Il sait que j’irai le retrouver. Alors il voudra être le premier à le faire.
— Nous irons récupérer la preuve et nous la donnerons à son supérieur.
— Il sera arrêté s’ils réussissent à l’attraper avant qu’il disparaisse, mais ça ne l’empêchera pas d’envoyer quelqu’un d’autre pour s’occuper de nous. C’est une affaire personnelle. Me piéger pour meurtre, ça en dit long.
Cela me fait du mal de le faire, mais j’ajoute :
— Maintenant, tu représentes aussi une affaire personnelle pour lui.
— Sauf si on le trouve en premier, rétorque-t-elle.
— On peut réussir si on travaille ensemble.
— Comment ?
Je resserre un peu plus le collet sur elle, la ramenant plus près.
— En lui tendant un piège.
Elle se mordille la lèvre.
— Je ne te mettrai pas en danger, Cas. Tu n’as rien à craindre.
— Tu veux me suspendre comme un ver sur un hameçon ? Que je ne sois rien d’autre qu’un appât ?
— Quand le poisson mordra à l’hameçon, je m’occuperai de lui.
— Non.
Elle croise les bras.
— Il a tué Nick. Il m’appartient.
Son attitude me fait bander, même si je n’ai jamais envisagé de la laisser se salir les mains. C’est à moi de le faire, c’est moi le méchant de cette histoire.
Prenant mon silence pour un accord, elle demande :
— Comment on va s’y prendre ?
— Un pas à la fois. D’abord, tu guéris. Tu deviens plus forte.
Elle regarde autour d’elle.
— Ici ?
— Les bureaux sont fermés jusqu’au lendemain du Nouvel An. On a une semaine.
— Pourquoi perdre notre temps ? On devrait déjà être en train d’élaborer un plan.
Intérieurement, j’esquisse un grand sourire. L’ancienne Cas se trouve encore à l’intérieur de ce corps magnifique. Je parie qu’elle attend simplement le bon moment pour s’échapper.
— Comme j’ai dit, d’abord, tu guéris.
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