Concours pour le Paradis
19. La descente aux enfers
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La descente aux enfers
De septembre 1589 à mars 1590
Les inquiétudes de Domenico n’étaient pas vaines mais, contrairement à ce qu’il laissait entendre dans la lettre alarmante qu’il avait envoyée à sa sœur, les émissaires du pape attendirent quelques mois avant d’agir. L’automne se déroula sans encombre, et la toile prenait tournure. Marco persévérait dans la voie de l’exaltation politique, ne quittant plus la Merceria, où Domenico ne se rendait que de loin en loin. Leur sœur Marietta était revenue vivre dans la maison paternelle avec son mari après l’été. Son ventre grossissait de jour en jour et sa santé ne causait aucun trouble. La famille Tintoret passa donc ces mois d’automne dans une harmonie tranquille, de celles qui se vivent sans se dire et qu’on ne peut que regretter une fois que l’on s’aperçoit que la période de grâce est terminée.
Le mois de décembre 1589 fut particulièrement rigoureux, mais chacun tint bon. Même si les murs de la Scuola protégeaient des chaleurs de l’été comme des rigueurs de l’hiver, la température étant descendue brutalement, les apprentis furent rapatriés la nuit dans l’atelier du maître où il était possible d’allumer un feu.
C’est à cette période de l’année, pendant cette époque bénie de l’Avent, quelques heures avant vêpres, qu’ils sont venus le chercher. Les gardes de l’Inquisition ont frappé à la porte et chacun en entendant le bruit du marteau eut l’intuition que quelque chose de grave allait se produire. C’était la fin de l’insouciance, ce moment où, redoutant d’être traqué mais n’ayant pas de nouvelles de l’ennemi, l’esprit finit par convaincre le cœur que ses alarmes n’ont pas d’objet, où les passions s’inversent et où la raison assume la tâche de détourner l’intuition et de l’inciter à rejeter ses pressentiments comme de pures inventions.
Ce fut Marietta, enceinte de huit mois, qui se leva pour aller ouvrir. Avec fermeté, les gardes demandèrent à Jacopo de les suivre. Le vieillard se leva dignement, enfila sa toge vénitienne, et monta dans la gondole qui les attendait le long du canal. C’est ainsi que Domenico, Marco, Marietta et leur mère virent s’évanouir dans la froide brume de Venise la silhouette de celui qui représentait le socle de leur famille.
Ils l’emmenèrent au Palais et le firent patienter dans les cellules du rez-de-chaussée qui donnaient sur la cour, sous les arcades que Tintoret avait tant fréquentées durant sa vie. Plus avant dans la soirée, on vint le chercher. Dans l’obscurité, à la lueur d’une pauvre lanterne, celui qui avait peint dans presque toutes les salles du Palais ne put se repérer. On le mena à travers des labyrinthes d’escaliers qui semblaient ne conduire nulle part. On montait d’un demi-étage pour en descendre un autre et remonter ensuite. Là, nulle œuvre ne venait apaiser le regard du prisonnier, qui avançait dans un état semi-conscient.
Pour finir, les gardes ouvrirent une porte et poussèrent le peintre en avant dans la salle des Trois inquisiteurs d’État. Ses yeux passant de la plus grande obscurité à une pièce éclairée durent s’accoutumer quelques secondes avant de découvrir les visages de ses censeurs. Il vit d’abord les couleurs de leurs habits, l’un portait une toge rouge. Il était entouré de deux hommes en noir. Tintoret, qui n’avait rien à se reprocher, prit une grande inspiration pour se rassurer. Il avait peint les panneaux qui ornaient les murs de la pièce. Le grand artiste ne pouvait croire que face à des toiles comme La Loi, La Justice, La Concorde, ou encore Le Retour du fils prodigue – octogone placé au milieu du mur qui lui faisait face –, les juges puissent accuser délibérément un innocent sans la moindre miséricorde.
Parmi les deux inquisiteurs vêtus de noir, il identifia un légat du pape – jésuite donc – et un dominicain qui lui avait toujours été farouchement opposé, raide de morgue et de satisfaction de soi. Heureusement, et c’est ainsi que Venise luttait contre l’Inquisition et la domination de Rome, l’homme vêtu de rouge avait été, comme toujours, choisi par le doge et n’était pas un homme d’Église. Tintoret reconnut Antonio Milledonne, l’un de ses mécènes, un fin politique avec un grand sens du compromis. Envoyé à Trente dans les années 1560 aux côtés des ambassadeurs vénitiens pour y rédiger un journal du concile, il venait d’être réélu secrétaire du conseil des Dix malgré une maladie qui lui avait fait perdre l’usage de la main droite. Il avait offert sa démission mais le doge lui avait fait répondre que dans les conseils, on avait plus besoin de son esprit que de sa main. C’est ainsi que ce vieillard à la mine aussi affable que ses yeux bleus étaient affutés demeura à son poste et put soutenir le grand Tintoret dans la terrible épreuve qu’il allait avoir à subir.
Dès le lancement du concours, il s’était proposé pour participer à son organisation mais le doge de l’époque, Sebastiano Venier, avait préféré y placer ses fidèles, avec le résultat que l’on connaît. Lorsque Tintoret avait été évincé de la liste des vainqueurs, il lui avait commandé en compensation une toile immense destinée à trôner le jour de sa mort au-dessus de son tombeau, dans une chapelle de l’église San Trovaso, sa paroisse, au pied de l’autel de saint Antoine.
Malgré cette présence rassurante, la vue des inquisiteurs, tranquillement assis sur leurs bancs et observant leur victime sans aménité, alarmait Tintoret.
Soudain, ces tableaux de grands maîtres, ces bas-reliefs en noyer richement sculptés, toute la splendeur de la Sérénissime lui parut vaine et pétrie d’orgueil. Il fit les quelques pas qui le séparaient de ses juges et attendit qu’ils prennent la parole. Le légat du pape commença l’interrogatoire :
– Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?
– …
– Non ?
– …
– Vraiment ? Pouvez-vous nous parler d’abord des agissements de vos fils qui viennent rôder le matin au Broglio et dont on entend encore les éclats de voix jusque tard dans la nuit à la Merceria ?
– Pourquoi ne les convoquez-vous pas eux-mêmes ? répondit Tintoret sur la défensive. Si c’est pour parler de mes fils, vous perdez votre temps. Je crois, comme les lois de la Sérénissime nous le permettent, à la liberté de chacun et il me semble qu’exprimer des idées, fût-ce en public, n’est pas encore interdit dans notre cité…
– Partagez-vous leurs opinions ? interrompit le dominicain.
– Aucunement. Je me contente de peindre, c’est là tout mon état.
– Parlons-en, de vos peintures, reprit le légat de Rome. Vous reconnaissez-vous dans ces phrases écrites par Tycho Brahé, cet astronome proche de l’infâme Copernic, soutenu par les hérétiques d’outre-Rhin et dont vous possédez un ouvrage : « La machine du ciel n’est pas un corps dur et impénétrable rempli de sphères réelles comme l’ont cru la plupart des gens. Le ciel s’étend dans toutes les directions, parfaitement fluide et simple, sans présenter nulle part le moindre obstacle, les planètes circulant librement dans ce milieu, gouvernées par une loi divine, en ignorant la peine et l’entraînement des sphères porteuses. »
– Je ne vois pas en quoi cela me concerne et ne comprends rien à ce charabia.
– C’est pourtant dans votre atelier que nous avons trouvé ces lignes… Et quoique vous ne vous exprimiez pas par des mots, tout dans votre œuvre laisse à entendre que vous acquiescez à ces idées calvinistes. D’ailleurs, l’évolution de votre travail entre vos trois esquisses tend à le prouver : vous ne respectez plus la hiérarchie du paradis dont notre saint pape a bien voulu rappeler les règles au terme de son concile à Trente. Vos personnages voltigent avec audace au-dessus des nues. Reconnaissez-vous, par ces représentations hétérodoxes, abonder dans le sens des réformistes et admettez-vous préférer vous forger des triomphes imaginaires plutôt que de respecter les Écritures de notre sainte Bible ?
Le monologue du légat dura encore de longues minutes pendant lesquelles Tintoret hésitait entre l’indignation et l’ennui profond. Les inquisiteurs avaient donc eu accès à toutes ses esquisses, ils étaient entrés dans son atelier et il ne l’avait pas su ? Il connaissait bien sûr la force des espions romains, mais une telle audace dépassait tout principe de bienséance… Tandis que le peintre s’échauffait, il s’entendait accabler des pires maux. À en croire l’inquisiteur, il avait commis plus que le simple crime d’hérésie, il professait un calvinisme indéfectible… Toutes ses œuvres furent passées au crible de cette parole mensongère et pas une ne fut hors de soupçon : l’érotisme de ses scènes mythologiques lui était reproché, alors que ses scènes bibliques n’étaient jamais jugées assez conformes aux Écritures.
Il ne trouvait que répondre à tant d’allégations à charge et préféra se murer dans un silence qui ne pouvait lui être d’aucun secours dans un procès en Inquisition où la règle d’or consiste à considérer que « qui ne dit mot confesse »…
Antonio Milledonne décida de suspendre l’interrogatoire, arguant que l’accusé n’était pas dans son état normal. En effet, on n’avait encore jamais vu Tintoret, connu pour ses foucades et ses propos à l’emporte-pièce, courber l’échine ainsi. L’artiste fut envoyé dans une cellule des Plombs située sous les toits. La prison lui parut hantée d’un terrifiant silence, de ceux qui font ressentir la vacuité de notre personne, résonner le vide qui est en nous dans un univers où ni la compassion, ni l’amitié n’ont plus cours. Les murs étaient glacés – ironie du sort pour le peintre qui venait d’accueillir tous ses apprentis sous son propre toit pour leur éviter ce qui lui était réservé à cet instant !
Tintoret entendit les pas traînants d’un gardien qui s’approchait de sa cellule. À travers les barreaux, il vit un visage effroyablement pâle, sous une longue barbe mal taillée que la crasse ambiante avait ternie. Une vision de l’Enfer. Son Charon lui apportait un billet caché sous un broc d’eau croupie que Jacopo but avidement avant de décacheter le mot. Il était d’Antonio Milledonne, qui s’engageait à le sortir bientôt de ce cachot insalubre. Combien de condamnés innocents avaient grelotté dans cette cellule avant lui, espérant qu’un garde vienne leur redonner vie par l’appui d’un puissant ? Et combien avaient été trahis, oubliés, condamnés dans la précipitation pour l’exemple ? À Venise, les souverains craignent autant les chuchotements que les Français redoutent la rébellion. La rumeur tue autant que les armes et un bruissement suffit.
Tintoret passa la nuit à lutter contre ces pensées moroses et les rats qui envahissaient sa paillasse. Le lendemain matin, il fut de nouveau conduit auprès des inquisiteurs mais ceux-ci avaient changé de ton. Entre-temps, grâce à de tortueuses tractations, Antonio Milledonne avait apaisé les tensions avec Rome, qui n’avait plus à chercher en Tintoret un bouc émissaire ; le secrétaire du conseil des Dix venait de promettre d’accorder l’agrandissement et la reconstruction de la seule église concédée aux Jésuites dans Venise, la célèbre Santa Maria dell’Umiltà. L’artiste confirma l’adéquation de ses intentions avec les recommandations du Saint-Siège et jura que nulle hérésie n’avait jamais tenté son esprit fidèle. Tintoret enrageait devant tant d’hypocrisie, terrassé intérieurement par ce mot même d’hérésie que les gouvernants de son siècle n’avaient pas fini d’utiliser pour supprimer ceux qui les dérangeaient.
Il fut reconduit chez lui où il retrouva sa famille en alarme. Marietta, sous le choc de l’arrestation de son père, manifestait les premiers signes de la délivrance. Son mari faisait les cent pas devant sa chambre, ne voulant pas perturber le travail des femmes. Lorsque Tintoret pénétra dans la maison et qu’on l’eut mis au courant de la situation, malgré les quelques jours terriblement épuisants qu’il venait de passer en prison, il réunit ses forces pour se créer une bonne figure et entra dans la chambre. Sa chère fille était alitée, le visage crispé de douleur et couvert de sueur. En le voyant, elle poussa un soupir de soulagement et, murmurant « Papa ! », elle fit un geste pour lui demander de l’eau, puis une contraction la fit se plier en deux sur son lit. Ce mouvement convulsif glaça le sang de Tintoret, qui n’avait assisté à aucun accouchement, ce moment étant d’ordinaire réservé aux femmes. Il alla vers la commode préparer de l’eau sucrée. Lorsqu’il revint vers sa fille, elle ne faisait aucun mouvement et répétait seulement « papa » d’une voix qui n’était plus la sienne, qui n’était même plus une voix.
Pour Marietta, la présence de son père, qui l’avait déjà veillée jour et nuit quand une mauvaise fièvre avait failli l’emporter à l’âge de dix ans, était essentielle. S’il fallait mourir ce soir-là, elle préférait le faire en serrant la main du seul homme qu’elle ait jamais aimé avec autant de passion et qui lui ait retourné son amour avec une telle fidélité.
La nuit se passa en contractions inutiles. Marietta, qui n’en était qu’au huitième mois, avait perdu les eaux mais rien ne se produisait. Elle avait beau lutter pour aider ce petit être à sortir de son corps, rien n’y faisait. Faustina l’accompagnait de ses conseils experts, lui soutenant les jambes et lui passant des compresses fraîches sur le visage.
Au début de la matinée, la douleur devint intolérable, les efforts de Marietta restaient vains, ne faisant que l’exténuer un peu plus. De minute en minute, au rythme des contractions de sa fille, Tintoret maudissait son mari, auteur involontaire de ces maux. La sage-femme que Faustina avait fait appeler arriva enfin et son verdict fut implacable : l’enfant ne bougeait plus. Il fallait l’extirper de toute urgence pour éviter des complications pour la mère. On la remonta sur ses oreillers et, dans un cri affreux, elle parvint à mettre au monde un enfant chétif qui aurait pu enchanter la pièce de son cri primitif, de sa tendre couleur, fournir à tous l’occasion de s’extasier et de se remettre de leurs émotions par la joie immense qu’ils auraient éprouvée. Au lieu de cela, apparut un corps minuscule aussi raide qu’un morceau de bois, noir, crispé, rachitique, muet. Les contractions ne laissèrent pas même à Marietta le temps de s’apitoyer sur le sort de ce pauvre petit être mort avant d’avoir appris à vivre, elles reprirent aussitôt, à la grande surprise de Faustina, qui était occupée à porter les derniers soins à cet enfant dont la vie n’avait pas voulu.
L’accoucheuse ne vit pas cette recrudescence d’un bon œil. Après avoir vérifié que la grossesse n’en cachait pas une autre, elle pressa le ventre de la malade d’un geste brusque et sec pour tenter d’arrêter l’hémorragie naissante. Cela ne fit qu’empirer la situation. Comme happés par une force intérieure, ses yeux devinrent blancs, ses membres perdirent leur souplesse et la pauvre jeune femme s’évanouit de fatigue dans un gémissement à peine perceptible. On fit apporter des sels pour la ramener à elle, rester ainsi inconsciente aggraverait encore son état. Il lui fallait un dernier regain de force pour aider l’accoucheuse à la délivrer des membranes qui favorisaient l’hémorragie.
Elle ne respirait plus qu’avec difficulté, jetant des regards de souffrance à son père qui y répondait par des caresses d’une tendresse infinie. Leurs yeux ne se quittaient pas. Ceux de Marietta n’exprimaient que l’effroi, la jeune femme tâchait de ne pas fermer les paupières, de peur de ne plus avoir la force de les rouvrir. Son père, lui, tentait par la douceur de son regard de l’apaiser. Il demandait toujours plus de compresses chaudes à sa femme pour réchauffer le front glacé de sa fille, sans succès. Son pouls ne battait plus qu’irrégulièrement et sa main n’avait plus maintenant aucune énergie. Jacopo avait l’impression de tenir un corps inerte. Et dire que cette créature lui avait souri, parlé, quelques jours encore avant ce drame ! À cette idée, une abyssale tristesse le submergea, comme une vague de fond agite un océan.
Un dernier sursaut de douleur réveilla la parturiente qui se raidit sur son séant et tenta dans un dernier effort d’évacuer ces résidus qui lui déchiraient les entrailles. Elle s’évanouit de nouveau en se cramponnant à son père comme à son unique sauveur. Celui-ci, qui voyait s’éteindre sa fille chérie, la lumière de ses jours, celle qui lui donnait la force de continuer à se battre pour remporter les plus prestigieuses commandes et peindre les plus belles œuvres, ne put retenir ses larmes.
Il fit sortir tout le monde et l’enlaça, recueillant son dernier soupir. Peu après, Tintoret fut transporté dans sa chambre. Son état aussi devenait inquiétant. Il fallait lui éviter de sombrer dans le délire d’une douleur qui lui serait fatale. Il n’avait plus la force de subir de tels tourments, et perdre sa fille qui avait à peine plus de trente ans alors que lui en avait soixante et onze lui semblait la pire des injustices. Il resta dans un état de torpeur dangereux pendant quelques jours, entre la vie et la mort, laissant sa femme, et surtout Domenico, maîtres de la maison, aussi affligés fussent-ils.
Pour Domenico, le choc avait été terrible : voir mourir sa sœur, sa seule confidente, et craindre en même temps pour les jours de son père ! Il perdait tout à la fois l’amitié et la confiance, la joie et le travail… Il lui fallut pourtant organiser l’enterrement. Le mari de Marietta et son frère Marco l’accompagnèrent dans l’église de la Madonna dell’Orto, paroisse que Jacopo Tintoret avait entièrement décorée. Avec les prêtres, ils convinrent d’une cérémonie discrète. Même si nombre de patriciens appréciaient Marietta, tant pour les portraits qu’elle avait peints d’eux que pour sa beauté, la famille ne voulait pas de funérailles mondaines.
On décida d’installer une stèle dans une chapelle derrière l’autel, au plus près de la toile sur laquelle Tintoret avait représenté sa Marietta enfant en Vierge présentée au Temple. Elle rejoignit ainsi le plus beau portrait qu’on eût fait d’elle.
Le spectacle de l’alliance de la pierre tombale et du visage angélique de sa petite fille anéantit Tintoret, qu’il fallut reconduire à l’issue de la cérémonie et qui resta plongé dans les ténèbres du chagrin pendant encore des semaines.
Il ne reprit quelques forces qu’à la fin de l’hiver et ce fut pour confirmer à son fils Domenico ce que celui-ci savait déjà : il lui abandonnait la charge de représenter le Paradis.
Quant à Foscari et aux membres du concours, ils s’accordèrent pour cacher cette décision irrévocable. Le doge ni Venise ne devaient savoir que Domenico était seul maître à bord de la Scuola. En revanche, le bruit pouvait courir que l’expérience de la prison avait beaucoup affaibli le maître, qui en avait conclu qu’il avait perdu ses appuis politiques.
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