Eldorado
Hors de contrôle
Gina soupira et regarda sa montre avec impatience, le combiné contre
l’oreille. Lenu piétinait à l’extérieur de la cabine téléphonique et tapotait le
verre de ses ongles vernis : elles allaient être en retard à l’AG. Les
organisations syndicales de Neyrpic s’étaient retournées contre les
étudiants. Certains ouvriers pensaient que l’appui de tous était nécessaire
pour faire flancher le patronat, d’autres reprochaient à un noyau de
gauchistes de se précipiter dès qu’un conflit éclatait ; certains prônaient la
grève limitée dans le temps, d’autres appelaient à un arrêt total et illimité,
car sans les détenteurs de postes clefs la production était stoppée et les
ateliers vidés. Les dissensions ainsi mises en lumière avaient ébranlé,
déséquilibré Gina et ses amis : il convenait de se rassembler et d’en débattre
au plus vite. Mais c’était sans compter la logorrhée de Rita.
Sa mère avait entamé une chanson bien connue de Gina : l’abandon de la
jeune fille éplorée. Elle radotait sans cesse le récit de sa propre vie : il était
une fois une innocente qui tomba éperdument amoureuse d’un soldat, mais
celui-ci, après lui avoir promis monts et merveilles, profita de sa pureté
pour la séduire avant de fuir comme un lâche quand il apprit qu’elle portait
le fruit de leur passion. Rita aimait à se faire plaindre, mais Gina avait
plutôt le sentiment que malgré les manigances de sa mère, le timide Marco
avait réussi à poursuivre ses rêves, sans avoir connaissance de l’état de Rita
– auquel cas, il le lui avait écrit, il n’aurait jamais quitté Casalnuovo. La
jeune fille, exaspérée, acquiesça pourtant : sans le récit de ses malheurs,
qu’aurait eu à raconter Rita ?
Elle appelait sa fille depuis la maison du curé, trouvant sans doute un
certain réconfort dans la compagnie du vieil homme dont le cou avait
presque totalement disparu, englouti sous ses épaules haussées dans une
attitude moralisatrice. En réponse à une remarque acerbe au sujet de sa
bigoterie grandissante, que Gina ne réussit pas à retenir – ne réalisait-elle
pas que l’Église catholique soutenait avec aplomb les néofascistes à
Naples ? –, Rita s’offusqua :
– Et puis, d’où est-ce que voudrais-tu que j’t’appelle, d’abord ? J’vais
tout de même pas quémander l’utilisation du téléphone auprès d’un d’ces gars qui me tournent autour ! Ils pourraient prendre ça comme une
invitation. Tiens, pas plus tard que l’aut’jour, le jeune Rossi…
Commença alors le second couplet préféré de Rita : l’attrait qu’elle
exerçait auprès de jeunes garçons qui auraient pu être ses fils. Gina coupa
court :
– Maman, on m’attend, et il y a la queue pour la cabine téléphonique.
– Hein ? Ouais, bon, t’as jamais d’temps pour ta mère. Après tout c’que
j’ai fait pour toi. Quelle ingrate, merde !
Sans même relever la vulgarité maternelle, Gina raccrocha avec
néanmoins un pincement de culpabilité. Elle consacrait de moins en moins
de temps à sa famille, n’écrivant que sporadiquement, espaçant les appels et
restant évasive quant à ses occupations. Mais elle avait tant à faire ! Pour
que fût acceptée sa rentrée à l’université, elle avait brossé un portrait
flatteur de la capitale des Alpes, qu’elle avait décrite moderne et
dynamique. Et c’était vrai qu’en 1972, le mythe de Grenoble battait son
plein. En quinze ans, la population avait doublé : la classe moyenne
horrifiée par les destructions qu’avait engendrées Mai 68 à Paris courait se
blottir au creux des montagnes, où le bon air et les sports d’hiver étaient
vantés.
En parallèle, l’Italie ne s’était pas dépêtrée de la vague de contestation
qui l’avait cueillie dix ans plus tôt : aux « tee-shirts à rayures » qui s’étaient
soulevés contre les néofascistes aux commandes avaient succédé les jeunes
immigrés du Sud en grève, éprouvés par la dureté des conditions de travail.
La tension était brûlante, le terrorisme florissait dans les villes et même
dans les campagnes, on avait peur de sortir de chez soi le soir. Rita, que la
politique intéressait pourtant fort peu, lui avait semblé craintive au
téléphone. Elle recherchait de plus en plus souvent la compagnie du curé,
désertant la place du bistrot dès la fin du jour. Sa mère avait raconté à une
Gina outrée le meurtre de deux femmes par la police la semaine passée, à la
suite des échauffourées de Battipaglia, alors qu’elles protestaient contre la
fermeture d’une usine de tabac. Gina le sentait au creux de son ventre, ce
sentiment de révolte, d’injustice : partout, les ouvriers étaient méprisés,
violentés, sans que les élites voient leur position et leurs avantages
menacés. Cet état de cause lui paraissait tantôt insurmontable, tantôt
insupportable. Sa mère la morigénait quand elle évoquait les manifestations
et les luttes menées par ses camarades et elle : sa génération n’avait pas connu le fascisme, le vrai, voilà pourquoi elle recherchait le frisson de la
guerre. Quel impact pensait-elle avoir ? Mais Gina n’avait que faire du
jugement maternel : pour elle, ce n’était pas un jeu. Sa détermination avait
atteint son paroxysme. Il n’était plus question de se laisser faire. Il fallait
que les élites et les politiciens véreux comprennent qu’ils étaient en
minorité, et que la formidable masse du peuple les réduirait en miettes.
Elle sortit comme une furie de la cabine, agrippant Lenu au passage, et
les deux filles se hâtèrent vers l’amphithéâtre où déjà leurs camarades
quittaient les lieux. Elles furent interceptées par Manu, un garçon que la
haute taille forçait à se voûter, et qui se baladait, l’air inspiré, avec le Petit
Livre rouge sous le bras.
– Gina, nous te cherchions partout. Michel veut te parler.
Lenu lui jeta un regard admiratif teinté d’envie, tandis que Gina,
interdite, suivit Manu, qui avait aussitôt fait volte-face, juché sur ses
immenses jambes. Courant presque à ses côtés, Gina tenta d’en savoir
davantage, mais Manu fixait l’horizon et ne semblait pas entendre ses
questions. Ils arrivèrent dans un bureau attenant à l’amphithéâtre. Michel se
trouvait là, ses petites lunettes posées au bout de son nez quadrillé de
veinules, penché sur une liasse de documents et ce qui ressemblait à un
plan. Il leva les yeux.
– Gina.
Elle se redressa, presque au garde-à-vous. Elle avait déjà échangé
quelques mots avec Michel auparavant, mais jamais dans un cadre aussi
intime. Manu resta en retrait et tenta sans succès de faire oublier son grand
corps en le collant à la porte.
– J’étais au téléphone avec ma m… avec l’Italie, je n’ai pas pu me libérer
à temps pour l’AG, se justifia-t-elle d’emblée.
– Hum. Tu es au courant de ce qu’il se passe en Italie, alors. Les attentats
et les enlèvements se multiplient, les vols et les demandes de rançon sont
devenus monnaie courante.
Sa voix était plus profonde que lorsqu’il s’exprimait en public, comme
un secret glissé, un serment prononcé, presque un murmure.
– Ma mère me dit que c’est la gauche qui met le feu aux poudres…
Qu’ils encouragent la violence politique par peur du coup d’État.
– Désinformation !
Michel avait tapé du poing sur le bureau de bois clair. Son teint était
devenu cramoisi, mais le ton qu’il employait avait gardé son velours grave.
– L’ultradroite est coupable de ce climat de terreur que tu décris ! Ses
sbires brouillent les pistes et cherchent à faire endosser la responsabilité de
ces actions à leurs adversaires. D’ailleurs, il y a bien eu un coup d’État en
64, n’est-ce pas ? Les fascistes ont même sollicité l’armée pour vaincre la
soi-disant dérive socialiste du pays, non ?
– C’est vrai, admit Gina, désarçonnée par le brusque changement
d’humeur de son interlocuteur.
– Je suis avec attention ce qu’il se passe de l’autre côté des Alpes, figure-
toi, poursuivit Michel en lui jetant un regard derrière une mèche de ses
cheveux châtains. L’Italie représente l’exemple de ce qui nous menace en
France, une violence sociale et politique sans pareille, insidieuse,
pernicieuse. Nos deux pays ont connu des années fastes, Gina, mais
l’opulence ne pouvait pas durer, la redistribution des richesses n’est pas au
programme de ceux qui nous gouvernent, car alors, l’aliénation par le
travail s’estomperait, et à ce moment-là, comment le patronat pourrait
conserver ses privilèges ?
– Pour l’instant, c’est surtout la mafia qui se frotte les mains.
Michel balaya d’un geste dédaigneux sa répartie.
– Mafieux, patrons, gouverneurs, tous ceux-là sont des ennemis du
peuple. Ils veulent garder précieusement la propriété des moyens de
production, c’est-à-dire le pouvoir. Voilà pourquoi ouvriers, paysans et
étudiants doivent s’unir, pour destituer ces ennemis communs et poursuivre
la lutte des classes jusqu’à son accomplissement.
Gina acquiesça, circonspecte, en se demandant si l’étudiant l’avait fait
mander pour lui assener un cours de rattrapage de théorie communiste.
Manu prit alors la parole.
– Gina, on a décidé de passer à la vitesse supérieure, avec Neyrpic. La
CGT croit qu’on est des rigolos, ils nous accusent de faire de la récup, mais
nous on veut leur montrer qu’on est solidaires avec les manutentionnaires.
– D’accord…
– Lenu nous a dit que t’étais une tête en mécanique.
Elle suivait en effet des cours de la filière scientifique, qui couvraient des
disciplines aussi variées que les mathématiques, l’électronique, la physique
ou l’énergie automatique. Les premiers jours avaient été quelque peu embarrassants : les autres étudiants comme les professeurs la dévisageaient,
lui demandaient sans cesse si elle était sûre de se trouver au bon endroit,
s’étonnant qu’une fille, étrangère de surcroît, se fût délibérément inscrite à
une licence intrinsèquement masculine. Mais Gina n’avait pas perdu son
sang-froid, et avait rétorqué avec humour et fermeté : elle avait appris le
français en quelques mois sans l’assistance de personne, et son penchant
pour le bricolage s’était intensifié avec les années et l’aide de Fabio. Ce
n’était pas l’université qui allait l’effrayer ! Elle avait une forte appétence,
en particulier, pour la mécanique appliquée, dans laquelle elle excellait. Son
intérêt pour la résistance des matériaux et la thermodynamique avait
d’ailleurs titillé la curiosité de son chargé de travaux dirigés, qui avait
décidé de prendre sous son aile la seule fille de la classe. Il l’avait aidée à
comprendre le principe de Carnot et la loi de Hooke, jugeant ses progrès
d’un air qu’il voulait sévère, mais qui ne parvenait pas à dissimuler
l’affection et l’admiration que suscitait chez lui l’étudiante italienne.
Mais Gina avait beau se creuser les méninges, elle ne voyait pas le
rapport entre la grève des ouvriers du groupe industriel grenoblois et ses
cours de mécanique.
– Nous sommes nombreux dans ce cursus…
– Eh bien ! en fait… Tu es celle qui nous intéresse. La plupart des
camarades à nos côtés font de la socio, des sciences politiques, de la philo,
et toutes les humanités. Il n’y a pas tant de scientifiques aussi engagés que
toi, glissa Michel de son ton velouté.
– Qu’est-ce que vous attendez de moi exactement ?
Michel et Manu se regardèrent.
– On veut que tu fabriques une bombe.
Ils l’installèrent dans l’une des caves qui étaient auparavant utilisées pour
les répétitions de l’association de théâtre, mais dont plus personne ne se
servait depuis un an – les compagnies d’amateurs ayant décidé d’investir les
espaces publics plutôt que de se cantonner à cet étroit réduit sans fenêtres et
sans âme. Elle avait pour seule source de lumière la lampe-tempête que
Manu lui avait fournie, et pour seul décor des murs mangés de moisissure et
un plafond jauni qu’elle pouvait toucher en levant les bras. Au centre de cet
espace trônait une table en formica avec un tabouret industriel dont la
hauteur était réglable.
Immédiatement après l’entrevue, Lenu avait bondi à ses côtés, avide de
savoir ce que Michel, le charismatique et l’indépendant Michel, lui avait
demandé ; Gina avait improvisé sans grande conviction une histoire de
drague élaborée.
– C’est ça, le problème, avait commenté Lenu avec une moue déçue. Les
mecs veulent nous amadouer en prétendant maîtriser la rhétorique féministe
sans être foutus d’en appliquer les principes. La liberté sexuelle, pour eux,
ça signifie qu’on doit toutes être à leur disposition : jouir égoïstement sans
entraves, et que celles qui refusent de coucher soient mises au pilori !
Elle ne se joignit pas à la manifestation anti-impérialiste à laquelle Sarah
essaya de la traîner le week-end suivant, à Échirolles. L’indignation de son
amante ne portait pas seulement sur l’ingérence colonialiste française :
lorsqu’elles s’étaient rencontrées, Sarah et elle s’étaient insurgées à la
lecture d’un article du Sunday Times appelé « Génocide », qui relayait
l’étendue des crimes commis à l’égard des Autochtones d’Amazonie. Les
yeux fuyants, Gina avait refusé de l’accompagner sans avancer
d’explications, restant insensible au regard de braise de la jeune
Palestinienne. Il lui fallait garder en tête son but unique, ultime ; elle avait
besoin de toute sa concentration pour l’atteindre.
Elle revit mentalement, une énième fois, les différentes étapes de la
fabrication : une charge principale d’explosifs, un détonateur, une source
d’énergie et un mécanisme de commutation. Grâce au chargé de TD qui
l’avait à la bonne, elle avait accès au cagibi où était soigneusement rangé le
matériel scolaire. Pour qui connaissait un peu la chimie, il était possible de
concevoir une arme incendiaire ou explosive à partir de quelques produits
d’utilisation courante ; et le laboratoire de l’université était autrement
mieux fourni qu’un rayon de supermarché. Lors des manifestations, on
lançait déjà des cocktails Molotov, mais Michel avait bien précisé qu’il
souhaitait que la bombe eût une portée plus grande. L’acide nitrique lui
serait d’une aide précieuse ; il lui faudrait le ponctionner avec parcimonie,
le liquide étant assez rare… sans doute devrait-elle le préparer par elle-
même. Elle manipula avec une extrême précaution les cristaux de triiodide
d’ammonium, et récupéra quelques millilitres d’acide chlorhydrique.
Fabriquer du napalm ? Elle s’y était refusée, les horribles images des civils
brûlés au Vietnam et en Algérie lui avaient donné la nausée. Sa bombe
aurait-elle pour but de détruire, ou de distraire ? Au terme de ses réflexions, elle s’était décidée pour une arme impressionnante par sa détonation et sa
visibilité, mais dont la puissance ne soufflerait pas au-delà de quelques
mètres.
Imaginer sa mère se carapater chez elle par peur des activistes italiens la
mettait, malgré leur relation parfois épineuse, hors d’elle. C’était ainsi
qu’ils dressaient les prolétaires les uns contre les autres : en instaurant un
climat de terreur, qui résoudrait par lui-même tous les conflits en les
régulant par la vindicte populaire. C’était brillant et horrifiant. Elle vissa un
boulon avec opiniâtreté, et arrangea ses différents tubes à essai sur leur
support, les yeux plissés sous la concentration. Il convenait de s’intéresser
maintenant au détonateur. Là aussi, une faible quantité de produits explosifs
serait nécessaire pour l’amorçage de la mécanique : acide picrique,
peroxyde d’acétone. Elle avait envoyé Manu lui acheter quelques flacons
d’engrais et de ce liquide décapant vanté par les publicités à destination des
ménagères. Le jeune homme avait paru surpris : on pouvait donc se
procurer les ingrédients d’une bombe en allant simplement faire ses
courses ? Gina savait que les étapes suivantes seraient déterminantes : la
chaleur de l’été grenoblois, l’humidité de la cave, l’électricité statique ou le
frottement constituaient de sérieuses menaces tant que le mélange était
instable.
Par moments, elle s’interrompait dans sa tâche, pétrifiée par l’énormité
de ce qu’elle s’apprêtait à faire. Puis elle pensait à ceux pour lesquels elle se
battait. Elle revoyait ce garçon qui paraissait tellement plus jeune que ses
dix-sept ans boitiller sur sa jambe mutilée par un accident de manutention :
il cumulait deux boulots, l’un de jour et l’autre en soirée, ce qui le menait à
somnoler sur ses machines le matin. Elle revoyait cet homme lessivé par
vingt-sept années de chaîne qui économisait sou après sou pour pouvoir
offrir à sa femme quelques semaines de vacances. Elle revoyait le regard de
cette mère de famille, usée par l’ouvrage, qui peinait à joindre les deux
bouts et qui devrait faire don de ses trois enfants à l’usine dès qu’ils seraient
en âge de travailler, car la maigre augmentation dont elle avait bénéficié
cette année couvrait à peine l’inflation. Elle revoyait ces hommes fiers, ces
femmes courageuses qui vouaient leur existence à une entité sans âme,
abrutissante, écrasante, pour que soient générés des profits dont ils ne
verraient pas la couleur. Elle revoyait ces ouvriers qui s’obstinaient à
consciencieusement voter sans qu’aucun dirigeant les prît au sérieux et sans qu’aucun syndicat se montrât à la hauteur, jamais. Et elle bafouillait,
trépignait de rage, houspillant les outils sur lesquels elle était penchée, ses
doigts crispés par l’indignation agrippant le tournevis.
Contrairement aux engins explosifs conçus par le FLP ou l’IRA, il ne
s’agissait pas ici d’une action-suicide : la bombe devrait se déclencher à
distance, d’où l’importance du commutateur. Il lui fallait garantir
l’autonomie de l’alimentation électrique, le bloc-batterie ne pouvant être
accolé à la bombe. Comment activer l’interrupteur, alors ? Ayant pris soin
de protéger son visage, elle s’arma d’un chalumeau pour souder les derniers
fils. Elle mit ensuite au point un détecteur de mouvement : ce n’était pas
l’idéal, mais elle serait en mesure de l’actionner au moment opportun. Une
vague de panique la submergea de nouveau ; elle la dissipa en convoquant
Al-Fatah et les Brigades rouges. Elle aussi, elle contribuerait à changer le
monde, à en faire un endroit plus juste.
Les bras chargés de victuailles visant à réapprovisionner les grévistes,
Manu tentait d’ouvrir d’une main la porte cabossée de sa rutilante Renault 4
lorsqu’il aperçut Gina, échevelée, se diriger vers lui. Elle avait une lueur
indéfinissable au fond de l’œil, un air à la fois lointain et fanatique.
– C’est prêt, dit-elle simplement.