Électrons libres

James Flint · Chapitre 14 sur 25

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Électrons libres

Coup de fil

 

 

Je quitte le camp pour aller manger au Grill-Bar de Chuck, dans l’espoir qu’un sandwich au steak haché me requinquera, mais une minute à peine après m’être installé, je deviens radicalement amorphe. J’ai mal partout à cause de la raclée que je me suis prise ; j’ai des bleus aux bras et aux jambes ; la branche droite de mes lunettes est méchamment tordue et même si j’arrive à la redresser pour la rendre fonctionnelle, il va me falloir la remplacer. J’ai le temps de boire deux bières avant l’arrivée de ma commande ; mais quand elle est sous mon nez, elle me dégoûte tellement que je n’en veux plus. Je chipote sur les frites, commande une autre bière tout en essayant de décider quoi faire ensuite.

Je n’ai aucune envie d’aller là-bas, à Atomville. Je veux rentrer chez moi. Je n’ai plus envie de penser à Jack. Ça ne fait que m’énerver. Quoi, il nous a quittés et puis il est allé vadrouiller en Amérique, à faire des déclarations artistiques dont personne n’avait rien à cirer, il n’a pas réussi à changer le monde. Qui s’en soucie ? Certainement pas moi. Je n’aurais jamais dû venir. C’est vrai quoi, déjà qu’en Angleterre, je trouvais ma vie sans intérêt, alors là, je ne vous dis pas ce que je ressens.

Au bout d’un moment, je n’en peux plus (la bouffe intacte, le restaurant vide, la nullité du match de foot qui passe sans le son sur le téléviseur mural) alors je vide le fond de mon larfeuille sur la table, je quitte le grill-bar et je rentre à mon motel, un petit truc à un étage où on accède aux chambres par un balcon, un peu comme celui de Memento, pour ceux qui ont vu le film.

Une fois dans ma chambre, je torche la bouteille de Jack Daniels que Cox m’avait refilée, affalé devant la télé dans le but de faire le grand vide ; mais ça ne marche pas, alors je me déshabille et je me mets au lit. Seulement, je n’arrive pas à dormir ; dès que je ferme les yeux, tout le chemin depuis le Vermont redéfile à l’intérieur de mes paupières comme une énorme partie de Carmaggedon, et si ce n’est pas ça, c’est un souvenir d’enfance qui se met à trépider en Glorama et Cinémascope. Difficile de savoir lequel des deux est le pire.

Puisque je n’arrive pas à fermer les yeux, je finis par regarder les phares des voitures qui ratissent le plafond. Pour une ville de cette taille, il y en a, des voitures, plus qu’on ne pourrait le croire. Je m’essaie à les compter, comme des moutons ; incroyable : ça marche. Après 57, j’entre dans un vague état de transe. À 76, mes paupières s’abaissent, se ferment. Quelque part vers 120, j’arrête de compter.

Et puis je rêve d’une chambre de motel, d’une télé sans le son, et d’un téléphone qui sonne. Qui sonne et qui sonne. Très réaliste, cette sonnerie. C’est parce que c’est une vraie sonnerie. Je farfouille pour attraper le combiné, le soulève. « Quoi ?

— Cooper ? C’est toi ?

— Liz ! » Je m’assieds tout en me frottant les yeux. J’ai mal au crâne, un goût métallique dans la bouche. La chambre a l’air d’avoir rapetissé. Bordel, où j’ai foutu mes putains de lunettes ?

— Oh. Tu te rappelles donc de moi ? Je pensais plutôt que tu m’aurais oubliée, vu que tu n’as donné aucun signe de vie depuis ton départ.

— Attends… Attends un peu… » Je passe la main au petit bonheur sur la table de nuit, sous l’oreiller, sur le sol au pied du lit. Évidemment, je suis assis dessus, et voilà la deuxième branche pliée elle aussi ! Putain de bordel à queue ! « Comment sais-tu que je suis ici ? Comment m’as-tu trouvé ?

— Un type du nom de Claude Fioravanti a appelé la base pour demander des renseignements sur toi. Après, ça n’a pas été très compliqué. Il n’y a guère que trois endroits où passer la nuit à Jackass Flats. Et c’est mon deuxième essai. »

Alors comme ça, Fioravanti a vérifié qui j’étais, hein ? J’aurais dû me douter qu’il le ferait. « Tu aurais pu faire gaffe au décalage horaire avant de m’appeler. Tu m’as réveillé.

— Je m’étais dit, bêtement, que ça te ferait plaisir d’entendre ma voix. L’e-mail de Fioravanti disait que tu semblais avoir des ennuis.

— Fioravanti est un abruti.

— Possible, mais je ne le savais pas. Je me faisais du souci pour toi, d’accord ? Tu es parti sans rien dire. Est-ce que tu vas bien ? Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Où es-tu allé ?

— J’ai cherché Jack, cette question.

— Et tu l’as trouvé ?

— Pas encore.

— Donc, tu cherches toujours.

— Oui. Non. Je n’en sais rien. »

Qu’est-ce que je fais ? Je lui raconte toute cette putain d’histoire ? Je lui dis comment je me suis fait confisquer les cendres à la douane, comment je me suis bourré la gueule avant de bousiller une voiture de location, comment j’ai traversé le continent sur un coup de tête à la con, comment je me suis laissé entraîner dans une bagarre (que j’ai perdue), comment j’ai fini au fond de ce cul-de-sac qu’est Salt Mountain ? Elle me trouve déjà assez nul comme ça, on ne va pas en rajouter. L’idée à l’origine, c’était d’aller en Amérique et d’en revenir avec une histoire sympa à raconter, une histoire pleine de signification. Pas de se planter dans le désert à la fin d’un périple lamentable digne des mésaventures du pôvre petit Cooper.

— Bon écoute, dit-elle. Je crois que j’ai une nouvelle piste pour toi.

— Ah oui ? Comment as-tu fait ? Du spiritisme ?

— Non. J’ai effectué une recherche sur sa carte bleue.

— Quoi !? Depuis Featherbrooks ?

— Oui. »

Alors là, je suis scié. L’accréditation de Liz a beau être plus élevée que la mienne, elle ne l’est quand même pas à ce point. « Mais comment as-tu fait ? Tu n’as quand même pas demandé à Andrews, si ?

— J’ai utilisé son mot de passe. » Elle a l’air penaud en disant ça ; tiens donc !

— Sans le lui dire ? fais-je incrédule.

— Sans le lui dire, me réplique-t-elle.

— Ça pourrait te coûter ton boulot…

— Merci. Je suis au courant. »

J’en crève de joie. Pas parce que Liz risque de perdre son boulot, évidemment (je ne suis quand même pas couard et cynique à ce point), mais parce qu’elle a pris ce risque pour moi. Ce qui n’est pas rien. « Putain, Liz. C’est… super-sympa de ta part.

— Ça aussi, je suis au courant. Écoute, tu veux que je te dise pourquoi j’ai risqué ma peau, ou non ?

— Ouais, d’accord, allez, dis-moi. S’il te plaît.

— Eh bien, d’après son dossier bancaire, ton père avait contracté un emprunt-logement concernant une propriété à Atomville, une cité-dortoir nucléaire dans l’État de Washington. En gros, c’est le cœur de l’industrie militaire nucléaire des États-Unis. Ils y font du plutonium depuis 1943. »

Je ne me sens pas de lui dire que je le sais déjà. Ça foutrait en l’air tout le plaisir que me procure la découverte de sa trahison en ma faveur.

— Cooper ? lance-t-elle au bout d’un instant. Tu es toujours là ?

— Oui, dis-je.

— Tu veux noter l’adresse ?

— Bien sûr. » Elle me la donne, je fais semblant de l’écrire. 324, avenue Neutron.

— Alors ? fait-elle.

— Je réfléchis.

— À quoi ?

— Est-ce que je prends un vol retour direct depuis Las Vegas, ou bien je refais la route en sens inverse jusqu’à Boston ?

— Tu ne vas pas à Atomville ?

— Non.

— Mais pourquoi ?

— Parce que j’en ai ma claque. C’était idiot de venir ici, une perte de temps. Je vais rentrer à Whitby, m’en remettre à la miséricorde d’Andrews et lui demander de me rendre mon boulot. S’il ne veut pas, j’irai ailleurs et j’en trouverai un autre, un mieux. J’en ai ras le bol de celui-ci.

— Mais… mais tu ne peux pas laisser tomber maintenant.

— Pourquoi pas ? J’ai bousillé ma voiture de location, je vais exploser mon découvert sur la Visa, je n’ai plus les cendres, je n’ai plus un pet de chance de retrouver la trace de Jack. Je sais tout ce qu’il y a à savoir sur ce qu’il a fait après sa disparition, et ça se résume à : il a gravement pété les boulons. Et puis j’en ai marre d’être son fils. J’en ai marre d’être le fils de qui que ce soit. Tu es la seule personne qui compte à mes yeux, Liz. Et pas un père mort que je n’ai pas vu depuis vingt ans et qui n’a jamais été un père pour moi, de toute façon. »

Bon voilà. Je l’ai dit. Je n’ai pas pu m’en empêcher.

Pendant un moment, Liz ne dit rien, ce qui me donne le temps de réfléchir à la stupidité de ce que je viens de faire.

— Je pense sincèrement que ce serait une erreur de rentrer maintenant », dit-elle en espaçant soigneusement les mots, comme les meubles dans l’appartement de Miles. « Je considère que tu dois apprendre ce qui lui est arrivé. Vraiment. Cooper, aller à Atomville, tu te le dois à toi-même. Je t’enverrai de l’argent, s’il le faut.

— C’est pas ça, le problème. Tu ne comprends pas. Je deviens fou ; toute cette histoire est démente. Ça ne sert qu’à rouvrir de vieilles blessures.

— Elles ne guériront pas tant que tu ne sauras pas qui a envoyé les cendres.

— Qu’est-ce que tu en sais ? »

Un silence pensif ; un de plus. « Parce que je suis ton amie, voilà pourquoi. »

Je m’aperçois que c’est mon tour de réfléchir. Sauf que je n’y arrive pas.

— Mais… tu m’aimes ? je lâche même si je suis parfaitement conscient que c’est la dernière chose à faire.

— Cooper, je…

— C’est bon. Tu n’es pas obligée de répondre. Je blaguais, de toute façon.

— Ce n’est pas ça, c’est que…

— Oui bon, mais tu m’aimes ? »

Un silence encore plus long. Un silence assez long pour devenir du silence.

— Oui. Oui, mais je…

— Mais comme un ami, c’est ça ? » Pas la peine de me défiler, c’est dit c’est dit, pas vrai ? Autant assumer. « Enfin bon, pas autant qu’Andrews. C’est lui que tu aimes vraiment, hein ?

— Cooper, vraiment je…

— C’est ça, hein ?

— C’…

— Dis le contraire. Allez, dis-le.

— Non, Cooper. Ce n’est pas vrai.

— Pas vrai ?

— Ce n’est pas… Ce n’est pas ce que tu crois, Cooper. Il n’est que mon patron. » Sa voix est brisée, tendue. « Ce n’est pas ce que tu crois. »

Ah non ? Tu sais quoi ? Je ne te crois pas. Parce que, Liz, je ne comprends pas comment tu peux m’aimer suffisamment pour retrouver ma trace en risquant ton poste, m’appeler de l’étranger au milieu de la nuit, tout ça sans m’aimer comme j’ai envie de l’être. « Tu es seule, Liz ? lui dis-je quand j’arrive enfin à me dégripper les rouages qui relient la pensée aux actes. Ou bien tu m’appelles du bureau ?

— Bien sûr que non ! » Sur la défensive. « Je ne t’appelle pas du bureau. »

Alors de chez qui ? C’est ça, la question.

— Je me fais du souci pour toi, Cooper.

— Ne t’en fais pas. Je vais bien. Vraiment. Je vais aller à Atomville.

— Oui ?

— Oui. Si tu penses que c’est ce que j’ai de mieux à faire.

— Je le pense, oui.

— Bon. Mais alors écoute ; je vais y aller. Mais je ne veux plus que tu m’appelles. Tu saisis ? Je ne veux pas que tu me surveilles, que tu fasses des recherches bancaires sur mon père, ni que tu risques ton poste pour moi. Contente-toi de rester à l’écart, merde ! Arrête de te coller dans mes putains de pattes ! »

Je n’entends pas sa réponse parce que, avant qu’elle ait pu la donner, j’ai raccroché, suivi le fil du téléphone jusque derrière le lit et débranché la prise.

 

Assez dormi. Ma chambre me rend trop claustrophobe pour que je reste allongé sur le lit, du coup je me lève et je vais traîner dans les sombres couloirs du motel, je monte par un escalier extérieur sur le toit en terrasse où quelques tables en plastique et des transats en ruines glandent sous les étoiles. Je décide de passer la nuit là, à regarder la silhouette écrasante de Salt Mountain non loin vers le nord-est, la lueur de Las Vegas loin au sud-est et cette espèce de crépuscule atomique au sud-ouest qu’est l’énorme lueur dispensée par Los Angeles.

Ma musique me manque. Maintenant que j’ai encaissé le choc de ce que j’ai dit à Liz, je me demande si c’est vraiment la seule chose qui me manque de l’Angleterre, si c’est vraiment la seule chose qui me donne envie d’y retourner. Je ne parle pas de Liz, ni de mon boulot, mais des Quad. Il m’a fallu six ans pour assembler ces boîtes grises. Je leur ai sacrifié des vacances, des soirées ; merde, j’ai même sacrifié des relations personnelles pour économiser le fric qui m’a permis de les acheter. Et puis il n’y a pas que l’argent. Il y a le temps aussi, le temps que j’ai passé à les démonter, à les reconfigurer, à les remonter, à comprendre chaque aspect du système… j’ai carrément appris à faire de l’électromécanique, sur ces trucs. Aussi triste que ça vous paraisse, je considère que c’est là mon seul acte authentiquement créatif, la seule chose que j’ai accomplie pour elle-même, la seule chose que j’ai réussi à mettre au monde qui soit plus pure que moi.

À une époque, je trouvais cette satisfaction dans la programmation informatique, mais ça s’est mis à changer quand j’ai commencé à travailler pour l’Agence de recherches et d’évaluation du ministère de la Défense, et puis c’est devenu un boulot. Je n’avais pas la moindre occasion de m’accomplir sur le plan personnel à Featherbrooks. C’est pour ça que je me suis mis cette idée en tête : le son parfait, idée que je poursuis avec la même obstination maladive que j’associe en général à mon père. Parce que le son, le son peut vous amener là où jamais ne le feront des images. L’ouïe est le sens le plus puissant, à part l’odorat peut-être, mais pour l’instant il n’existe pas de marché de grande consommation pour ça (à moins que vous ne teniez compte des meubles Smeg qu’il y a chez Miles ; chacun ses goûts). Sans rire, vous auriez du mal à croire à certains des enregistrements que j’ai écoutés sur les stéréos des gens chez qui j’ai vadrouillé à travers tout le pays en quête de composants pratiquement inconnus. Il suffit de fermer les yeux pour y être, y être vraiment, totalement, assis sur le même lit que Robert Johnson ou sur le tabouret du piano juste à côté de Glenn Gould ou dans un bar enfumé face à Charlie Parker ou dans la cabine du studio avec Michael Jackson et Quincy Jones. C’est proprement incroyable ; ça vous transporte en dehors de l’espace-temps, ça vous emporte vers un endroit que vous n’avez jamais pu visiter avant, et tout ça d’une manière qui, il y a seulement un siècle, était rigoureusement inconcevable. Le moindre frémissement d’une corde de guitare, le plus petit souffle de respiration passent… On est si proche des musiciens qu’en fait, c’est comme si on était à l’intérieur de leur foutu corps, et même, il est fort possible qu’on entende mieux ce qu’ils faisaient qu’eux-mêmes ne l’ont jamais perçu. Parce que c’est ça, la très haute fidélité. L’extase. Vous êtes libéré du temps qui passe. Vous êtes libéré de votre inepte et répugnant petit moi.

C’est bien pour ça que ça me manque. Parce que je suis là, sur cette connerie de toit en terrasse au beau milieu du Nevada, j’ai voyagé peut-être plus loin que jamais de ma vie sur le plan physique ; n’empêche que je me sens plus empêtré de moi-même que jamais. La musique vous permet de vous évader de ça, de ce corps, de cette planète, de ce monde. Non, mais, regardez-le. Regardez ces lumières qui clignotent à l’horizon comme des furoncles géants. Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour comprendre comment les tentacules qui les alimentent et les fourbissent vont continuer à s’étendre jusqu’à ce qu’ils aient traversé la totalité du Nevada et de la Californie. Pas besoin d’invoquer l’apocalypse la bave aux lèvres pour voir comment le bouleversement climatique qu’ils ont déjà déclenché avec leurs émissions de produits polluants provoquera un jour une élévation de la température, l’évaporation des eaux potables, enfin l’effondrement sur elle-même de la plus vaste métropole urbaine de toute l’histoire humaine. En quelques décennies, ses habitants partiront, peut-être pour aller occuper des terres mises au jour par la fonte des calottes polaires ; ainsi sera-t-elle livrée au désert qui en reprendra lentement possession. D’ici un siècle ou deux, il n’en restera que des ruines, une poignée de bâtiments, l’empreinte résiduelle du réseau routier et, dressé au milieu de tout ça, tout contexte effacé comme pour les anciens temples Mayas dont les forêts environnantes étaient devenues impraticables, ne restera qu’un tertre funéraire commémoratif entretenu par une clique de prêtres sur le déclin, de plus en plus paumés et incohérents. Ça, et du silence. Un silence empreint de splendeur, hors du temps, plus concret et plus pur que ne pourra jamais l’être la musique, n’importe quelle musique.

J’y vois clair, d’un seul coup. L’alcool s’est dissipé, on dirait, en même temps que le brouillard de déprime que j’avais contracté chez les manifestants. Je ne vais pas aller à Atomville parce que Liz m’a dit de le faire. Je ne suis pas influençable à ce point ; et je n’ai plus besoin de l’épater. Je vais y aller parce que je ne suis pas convaincu que Jack ait laissé tomber l’art comme le prétend Salopette. L’opiniâtreté, les idées fixes ; c’est le trait de caractère que nous avons le plus en commun, lui et moi, donc je sais de toutes mes fibres qu’il n’aurait jamais abandonné. S’il a emporté le bloc de granit à Atomville, c’est parce qu’il savait que ça ferait avancer son projet. Il ne s’amusait pas à dessiner ces crânes de cheval juste pour faire passer le temps. Les esquisses étaient des études pour la sculpture qu’il préparait, j’en suis certain. Je ne sais pas ce qui l’attirait en particulier à Atomville, mais il y avait quelque chose. Peut-être qu’il n’a pas atterri là-bas par défaut, peut-être que je me goure complètement. Peut-être que c’était Salt Mountain l’étape intermédiaire. En fait, il est même de plus en plus probable qu’Atomville a toujours été sa destination première, depuis le commencement.

Dans ce cas, c’est aussi ma destination.

 

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