Friends - tome 1 (French Edition)

Marie-Charlotte François · Chapitre 13 sur 73

Pages du PDF

Friends - tome 1 (French Edition)

Chapitre 12

 

J’avoue avoir mis plus de vingt minutes pour trouver ce fichu skate park, demandant mon chemin aux passants alors qu’en réalité le terrain est à peine à cinq minutes de la maison.

Je suis assez énervée contre ma stupide idée quand je pousse les petites barrières qui entourent l’immense terrain de skate.

Il y a beaucoup de monde. Des skateurs en pleines figures aux adolescents se prenant en photo, tout y est. Je me tords le cou un instant à la recherche d’une tête familière.

Je marche, les yeux dans le vague, si bien que je manque de m’écrouler sur un skateur. Il rouspète en s’éloignant. Et je n’y prête plus attention. Le soleil commence à taper fort et je suis obligée de rabattre ma main en visière sur mon front pour ne pas être éblouie. Mon regard s’attarde sur les prouesses des sportifs. Je scrute ensuite chaque groupe de jeunes aux alentours à la recherche de Louis. Je repère plusieurs garçons blonds avant de finalement trouver celui que je cherche.

Il est avec des gens que je ne connais pas. Soit trois garçons. Ce qui veut dire : pas de Cameron à l’horizon. Mais c’est génial ça ! Je plaque un grand sourire sur mes lèvres et presse le pas. Il ne me remarque pas tout de suite, tandis que j’essaie de me frayer un passage dans leur groupe, ce qui me vaut des regarde intrigués.

« Qu’est-ce que tu fais là ? »

Louis a parlé sans vraiment beaucoup d’enthousiasme.

« Je passais par là et je suis venue te faire un coucou. »

J’ai parfaitement conscience que les trois autres garçons nous observent, mais je m’en fiche. Louis hoche la tête les yeux dans le vide.

« Tu skates ? »

Un grand blond mastoc me tend une planche à roulettes. J’hésite.

Oui, je sais skater. C’est même un sport que je pratique, ou plutôt pratiquait. Cette question, comme la réponse, est douloureuse, car elle fait ressurgir mon passé, et Evan. C’était sa passion et juste pour lui plaire j’avais taraudé mon père pour qu’il me laisse prendre des cours. À ce souvenir, je ressens presque les petites cicatrices de mes genoux tirer.

Un blanc s’est désormais installé, on me fixe avec curiosité, surtout Louis.

Je secoue la tête.

« Très peu pour moi. »

Ils paraissent déçus mais je ne relève pas. C’est la vie. Le blond hausse les épaules avant de faire rouler sa planche sur le sol et d’y grimper pour s’éloigner vers les rampes. J’en profite pour m’asseoir aux côtés de Louis sur le petit banc. Les deux autres garçons ne se préoccupent pas de nous et partent dans un débat quelconque. Une tension semble planer entre nous deux et je ne sais pas pourquoi. Je décide de détendre l’atmosphère.

« Tu n’es pas très bavard. »

Je lui donne un léger coup de coude dans les côtes, il s’éloigne un peu et je jurerais qu’il se force à sourire.

« Je suis un peu fatigué, le soleil sans doute. »

Son regard est perdu dans le vide devant lui et j’en profite pour moi aussi examiner tous ces gens.

« Alors c’est ici que se réunit la population de moins de vingt ans de la ville ?

— En effet. »

Il n’ajoute rien de plus, son comportement est vraiment bizarre.

« C’est sympa. »

Il hoche la tête et ne prête plus attention à ma personne, ses yeux sont rivés sur le bout de ses baskets.

Très bien…

Je pousse un petit soupir.

Un des deux garçons, un brun, assez petit et menu, rompt le silence en s’adressant à Louis :

« Eh mec, il arrive à quelle heure Cameron ? »

Je manque de m’étrangler à la mention de ce nom.

« Je sais pas. Bientôt je pense. »

Bon, un point positif : Louis n’est pas froid qu’avec moi.

Point négatif par contre : Cameron va arriver. Et ça, c’est vraiment la tuile.

Si j’avais les mêmes ongles que Kim Kardashian, je m’empresserais de les ronger un par un.

J’aimerais déguerpir mais je ne suis pas une lâche, et puis personne ne sait ce qu’il s’est passé alors je ne vois pas où est le problème. Encore une fois c’est lui qui a merdé. C’est lui qui doit se rendre malade, pas moi.

Je relève la tête fièrement et croise les jambes, prête à l’affronter. Je dois quand même avouer que le silence pesant qui nous entoure ne me rassure pas des masses.

Mais je ne perds pas de vue mes convictions.

« Quand on parle du loup. »

Je ne saurai pas vous dire lequel a parlé tellement mon esprit s’est stoppé dès que j’ai aperçu le marcel noir de Cameron.

Tout mon courage s’est désormais envolé. Je ne sais même pas comment réagir. Dois-je paraître naturelle ? Dois-je exiger une discussion ?

Tandis qu’il s’approche, mon cerveau décide de rejouer la scène du baiser.

Son souffle chaud contre mes lèvres.

La caresse de ses lèvres pulpeuses.

Tout se mélange et je ne remarque pas tout de suite qu’une affreuse silhouette rose le suit de près. Lucie.

Je note en revanche que son jumeau à mes côtés fronce les sourcils. Apparemment, elle n’était pas prévue.

Elle porte un top extrêmement mini, rose pâle, et un short qui semble en cuir.

Avec ses cheveux blonds et raides, elle me rappelle Sharpay Evans de High School Musical.

Elle fait un peu tache avec ses talons noirs. Elle semble parler. Sa bouche derrière Cameron s’ouvre et se referme vite. Il roule des yeux, mais elle ne le voit pas. Elle doit lui prendre la tête. Tant mieux.

Cameron serre les mains des trois garçons et ouvre de grands yeux en m’apercevant. Il s’empresse cependant de les plisser et de ne plus rien laisser paraître. Il passe une main dans ses cheveux tandis qu’il bloque la vision de Lucie qui ne peut pas m’apercevoir. Tant mieux, encore une fois.

Tout mon courage s’est envolé et je n’ai aucune envie d’affronter cette folle à talons. J’avoue chercher déjà une échappatoire. Seulement une voix aiguë me glace le sang.

« Jade. »

Tous les regards sont braqués sur Lucie maintenant. Même quand elle parle, elle ne passe pas inaperçue. Son ton vient directement du pôle Nord, il ferait grelotter un pingouin.

Je hausse un sourcil d’incompréhension. Que me veut-elle ? Son ongle s’est cassé et il lui faut une victime ?

Elle pousse son petit ami qui serre les mâchoires et s’approche de moi. Oh seigneur, qu’est-ce que c’est que ce parfum qui sent aussi fort ? Pouah

Elle me regarde. Je n’ai pas le temps de me plaindre, que tout va très vite. Je ne sais pas ce qui se passe, j’entends seulement un clac et je ressens une forte douleur à la joue.

Elle est folle ?!

 

OceanofPDF.com