Friends - tome 1 (French Edition)

Marie-Charlotte François · Chapitre 42 sur 73

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Friends - tome 1 (French Edition)

Chapitre 41

 

« Magnifico amore ! J’étais sûr que cette collection était faite pour toi ! » s’exclame Guiseppe à la vue de son petit prodige.

Il l’examine sous toutes les coutures tandis que Cameron râle :

« On crève de chaud là-dedans ! »

Il tire d’un doigt sur son col roulé, et le photographe lui fait les gros yeux.

« En place ! »

La mannequin rousse qui posait précédemment récupère un peignoir de coton blanc pour couvrir son corps et laisse sa place sous les projecteurs à Cameron.

Elle se poste à nos côtés pour observer elle aussi la séance.

« Va bene. Tu poses le plus naturel possible. Pas trop sexy. »

Cameron semble renifler un coup et immédiatement son regard change.

La lueur d’agacement est remplacée par une attitude ravageuse et anormalement séductrice.

Il est clair que Cameron non seulement connaît son métier mais y excelle en plus. Il pose sous les ordres de Guiseppe qui ne cesse de le complimenter. À chaque seconde, il montre un nouvel angle de lui toujours plus parfait. Un coup une main dans les cheveux. Un coup pensif. Un coup de profil séducteur. Il ne loupe pas un cliché, je suis sûre.

Je suis incapable de détourner mon regard de ce jeune homme. Si soigné dans les moindres détails. Rayonnant de la pointe des cheveux au bout des orteils sous ces éclairages aveuglants.

Je reçois un coup de coude dans les côtes qui me fait sursauter légèrement. Ma meilleure amie m’offre de généreux haussements de sourcils mesquins. Peut-être que cela se voit un peu trop que je me rince l’œil.

Je prends soin de rouler des yeux pour qu’elle lâche l’affaire, mais elle ricane silencieusement puis reporte son attention sur la star du jour.

Nous ne sommes pas les seules d’ailleurs à apprécier. La belle rousse a les yeux pétillants face à notre montagne de testostérone.

Elle le dévore des yeux en se mordant légèrement la lèvre inférieure.

Elle pourrait être tout à fait son genre et cela m’agace presque, si bien que je dois me détourner pour ne pas la fusiller du regard, et pour m’éviter d’admettre ce qui s’agite en moi.

Je respire un bon coup.

« Tenue suivante ! » proclame Guiseppe.

Cameron se frotte les yeux. Au loin je vois que Céline l’attend les bras déjà chargés de cintres. La pauvre.

Toujours très professionnel, Cameron passe devant nous sans un regard. Il se presse juste en cabine pour accomplir son job.

La rousse semble déçue de ne pas avoir décroché un sourire, et je fais claquer ma langue contre mon palais, satisfaite. Mais qu’est-ce qu’il me prend d’avoir ce genre de réaction ? N’importe quoi !

Quelques instants plus tard, Cameron rapplique dans un autre accoutrement toujours aussi élégant. Et ainsi il enchaîne les tenues du quotidien sous nos yeux émerveillés. Personne ne bouge. Personne ne parle. Sauf Guiseppe qui s’extasie devant son modèle :

« Perfetto ! Splendido ! »

Tenues après tenues, les compliments fusent mais je crois bien qu’il a définitivement fini de nous achever lorsqu’il a revêtu la tenue dite « spécial sport ». Il ne porte qu’un léger et ample short de sport noir. Apparemment fait dans un nouveau matériau idéal pour le sport. Son torse est nu. Ses cheveux en désordre. J’en ai le souffle coupé.

« Amore. Fais quelques exercices pour me faire ressortir tout ça. »

Guiseppe semble parler de ses abdos, pourtant déjà bien visibles.

Cameron ne bronche pas et se contente le plus naturellement du monde d’effectuer une série de pompes et d’abdominaux sous nos yeux. Même Louis bave presque.

Ce serait mentir de dire que je suis capable de ne pas le regarder. Mon regard est comme figé sur lui. Je suis paralysée.

Il monte, il descend. Des petites gouttes de sueur perlent sur son front et ses muscles sont plus saillants que jamais.

Guiseppe pendant ce temps règle son appareil, et vu les yeux de Pauline, je jurerais qu’elle le supplie mentalement de prendre tout son temps.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, non ?

« En place ! »

Cameron se redresse, toujours avec ses yeux bleus ravageurs et une assistante lui lance un ballon de basket. Et il pose.

Je crois mourir à chacun de ses mouvements. Ses courbes sont proches de la perfection et il devient difficile de résister.

Ma tête tourne. Ce n’est pas normal. Mon cœur s’agite beaucoup trop fort. Ce n’est pas normal. Je ne vois plus le garçon brisé d’hier soir, je vois un lion féroce et puissant. Le temps s’écoule affreusement vite et bientôt le photographe déclare :

« Perfetto ! Je crois que nous avons fini ! »

Les lèvres de Cameron s’étirent légèrement et il hoche la tête. Mais apparemment, ce n’est pas fini pour tout le monde.

« Attendez ! »

La jolie mannequin fait sursauter tout le monde avec sa voix aiguë.

« Il y a une partie de la collection sport pour femme non ? »

Guiseppe fronce les sourcils.

« Oui ? »

Le regard de la rousse pétille et je comprends bien avant qu’elle ouvre la bouche où elle veut en venir.

J’ouvre de grands yeux en même temps qu’elle ouvre la bouche.

« Pourquoi pas faire un cliché en “couple” ? (Elle mime des guillemets avec ses longs doigts.) Ça motiverait d’autant plus les gens de voir un duo parfait. »

Guiseppe n’a pas l’air emballé par l’idée :

« Oui pourquoi pas…

— Parfait ! Je vais me changer ! »

Mais c’est pas vrai ! Ce monde grouille de Lucie ou quoi ? Je les imagine déjà collés serrés. Un joli mélange de mannequins, ils pourraient faire baver la terre entière.

Elle semble fière de son idée et je remarque que Pauline grimace.

De toute sa longueur, elle s’apprête à rejoindre les cabines mais une personne qui s’est glissée parmi nous intervient :

« Non, Ilanna. Ça n’ira pas, affirme Céline. Tu es beaucoup trop claire de peau et lui beaucoup trop bronzé. Ça n’est pas harmonieux. On dirait l’hiver et l’été, sans vouloir t’offenser. »

Ladite Ilanna croise les bras sur sa poitrine et s’oppose :

« Mon idée est géniale, ça ira.

— Oui c’est une bonne idée mais pas avec toi. »

Elles semblent camper toutes les deux sur leur position et tout le monde observe dans l’attente du dénouement.

« Il faut une fille comme toi ! »

Céline déclare cela en pointant son doigt. Je le suis et j’ai la stupeur de découvrir que son ongle manucuré me désigne.

« Jade ? » j’entends murmurer derrière moi.

Je cligne plusieurs fois des yeux.

« Elle est beaucoup trop petite ! déclare Guiseppe. Les habits ne sont pas à ses mensurations. »

Céline m’examine en plissant les yeux et ajoute :

« Ils la mouleront un peu, mais ça conviendra. On peut faire un essai. »

Guiseppe pousse un soupir théâtral :

« Soit ! On se dépêche ! »

Je reviens à la réalité et bégaie :

« Mais je… J’ai jamais posé moi ! »

Un petit ricanement s’élève derrière moi, et la rousse se moque :

« Elle n’a aucune expérience ! »

Une image d’elle collée à Cameron se fixe dans mon cerveau et une montée d’adrénaline parcourt mon corps.

Ma meilleure amie traduit cette adrénaline.

« Y a un début à tout ! Aller hop elle y va. »

Elle place ses deux mains derrière mon dos et me pousse. Céline me prend le bras et m’entraîne avec elle. Instantanément, moi aussi je me retrouve avec des tissus dans les bras et poussée en cabine. Je me demande un moment ce que je fais ici avant de m’activer. J’enfile machinalement les étoffes et le résultat qui s’affiche dans le grand miroir m’effraie. Non pas que je ne sois pas jolie, non, mais la tenue est légèrement… courte.

Céline avait raison, le short est assez moulant et la brassière, n’en parlons pas.

« C’est bon ! »

J’entrouvre légèrement la porte et passe mon nez.

« C’est beaucoup trop court ! »

Elle roule des yeux, visiblement agacée.

« Tu te mets bien en maillot de bain ? Bah là c’est pareil ! Allez, sors ! »

Je lui obéis sous son ton autoritaire et elle ne prend même pas la peine de regarder le résultat, elle m’oriente immédiatement vers le maquillage.

De ses doigts agiles, elle m’applique rapidement du mascara pour « agrandir mon regard » dit-elle, et ensuite, elle m’attache les cheveux en queue-de-cheval. Je me laisse faire, docile, et mon reflet dans le miroir me plaît. Mon ego se gonfle et je suis prête à affronter la rousse professionnelle. Après un sourire satisfait, Céline m’ordonne de rejoindre mon partenaire. Et si je me sentais femme fatale, ma confiance s’écroule quand je sens le regard de Cameron peser sur moi.

Lourd et fermé. Il n’aime pas ?

Guiseppe, lui, semble satisfait du résultat finalement :

« Allez, bambini ! Ne perdons plus de temps. Je veux du fougueux et de la passion ! »

Je suis très mal à l’aise lorsque je me place aux côtés de Cameron. Après tout, je ne m’y connais pas dans ce domaine.

« Cameron, guide-la », lui indique Céline qui doit voir mon malaise.

L’appareil se braque sur nous et dans un réflex mes bras entourent ma taille pour cacher mon ventre nu.

Le short me paraît beaucoup trop court.

Un bras entoure le bas de mes reins et m’attire. Cameron est repassé en mode professionnel et il fait glisser une de mes mains derrière sa nuque.

« Sensuel ! »

Il exerce une pression en bas de mon dos et je plonge mon regard dans le sien, la bouche légèrement entrouverte. Un clic a lieu.

« Pas mal ! »

Son bras puissant me colle à son torse. Mon ventre nu se retrouve contre ses abdominaux et je me sens rougir.

Je n’ai pas le temps de comprendre qu’une tête vient s’enfuir au creux de mon cou.

« Bougez plus ! ordonne Guiseppe.

Crois-moi ! Je ne souhaite pas bouger.

Je suis concentrée mais un petit chuchotement vient tout chambouler :

« Ne cache pas ton corps, ce serait vraiment dommage. »

Je crois que c’est ce qui explique que, sur ce cliché, je dois avoir l’air vraiment surprise. Cameron a vraiment dit ça ? Je dois comprendre quoi ?

Mon cœur cogne fort, trop fort. Ce n’est pas normal. Mon ventre s’agite.

« C’est pas très transcendant », soupire le photographe.

Je n’ai jamais été mannequin professionnelle en même temps.

Cameron ne semble pas troublé lui, il fixe son photographe, qui semble intrigué. Un message doit passer entre les deux hommes puisque l’Italien colle son appareil à son œil. Qu’a prévu Cameron ?

Je le découvre bien assez tôt. Il replace sa main derrière mon dos et je me sens basculer, cependant il me maintient comme ça, à la renverse. Je sens son autre main glisser sur ma peau nue et remonter légèrement le long de ma cuisse. Pour me maintenir, je place une main derrière son cou et une sur son énorme biceps. Et quand je pense que la photo va enfin être prise, je suis à nouveau surprise. Cameron se penche au-dessus de moi, énormément.

Nous nous fixons. Ma respiration devient difficile lorsque nos nez se frôlent. Qu’est-ce qu’il va se passer ?

Le temps se fige, je n’entends plus que mon cœur qui tambourine. Il ne me lâche pas des yeux. L’attente est douloureuse, je n’ose pas imaginer la suite.

Il ne va pas faire ça quand même ?

À ma surprise, il comble le vide. Des lèvres pleines et charnues goûtent les miennes. Les caressent légèrement. Mes yeux se ferment et mon cœur explose.

Cette sensation… Je la veux, encore.

Je réponds alors à son baiser.

« Alors comment se fait-il que mes lèvres ne cessent de réclamer les tiennes ? »

Je ne sais pas Cameron, mais j’ai l’intime conviction qu’elles collent parfaitement ensemble. J’exerce une pression sur sa nuque pour le rapprocher et il soupire contre ma bouche. Nos lèvres dansent ensemble. Nos bouches s’accordent et se lient. Je ne veux pas que ça s’arrête.

Mon cœur cogne fort.

Mon ventre s’agite.

Ce n’est pas normal. Je n’ai plus connu ça depuis Evan.

 

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