Friends - tome 1 (French Edition)

Marie-Charlotte François · Chapitre 57 sur 73

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Friends - tome 1 (French Edition)

Chapitre 56

 

Le repas que nous ont offert les Preston était à tomber. Ils sont extrêmement gentils et dotés d’un sens de l’humour hors pair. Je crois que ça faisait longtemps que je n’avais pas autant ri. Après cela, nous sommes retournés dans la chambre de Louis suivis par son chat, lui aussi voulant être de la partie.

La « fête » commence vers 21 h 30 et il est à peine 20 heures.

« Bon, qu’est-ce que vous voulez faire, les filles ? questionne Louis.

— Je ne sais pas trop… je réponds.

— De toute manière on n’a pas de quoi se changer. On devra y aller comme ça », bredouille Pauline.

Heureusement que j’ai eu la bonne idée de me changer avant de partir à l’inscription du lycée, enfilant un short en jean et un haut découvrant mes épaules.

Pauline, elle, porte une combi-short fleurie dans les tons bordeaux.

« Ce n’est que l’inauguration d’un bar, vos tenues vont très bien, ajoute Louis. Mais si vous le souhaitez, vous pouvez taper dans les affaires de ma sœur. »

Je m’étrangle.

« Et risquer la mort immédiate ?

— Elle n’est pas là, constate Louis.

— Oui mais peut-être qu’on la croisera là-bas, peut-être que par mégarde on salira ses habits, énumère Pauline. Peut-être qu’on laissera une affreuse odeur dessus. Peut-être que…

— OK OK OK ! J’ai compris ! clame Louis. Je vais aller prendre une douche. Si vous voulez mater un film, l’ordi est dans le premier tiroir du bureau. »

Sur ce, il farfouille dans son armoire et récupère quelques affaires avant de disparaître. Je m’avance donc vers le tiroir en question après avoir consulté mon amie du regard.

« Alors, voyons voir », je soupire en m’asseyant sur le lit avec ma meilleure amie.

J’allume l’ordi et je me rends compte que Louis est peut-être le seul adolescent à ne pas protéger son ordinateur par un mot de passe. On accède à l’écran d’accueil et rapidement je jette un coup d’œil aux dossiers présents. Il y en a un qui porte le nom de Cameron.

Comme cela ne nous regarde pas, nous décidons de ne pas l’ouvrir. Il doit s’agir de simples photos d’eux.

Notre choix se porte finalement sur Netflix, et différentes propositions de films s’offrent à nous. On regarde vite fait avant de sélectionner une série que nous connaissons bien toute les deux : Riverdale. Nous lançons d’un commun accord la saison 1 même si nous l’avons déjà vue, en nous posant bien confortablement dans le lit de Louis, l’ordi entre nous.

L’épisode n’est pas tout à fait fini lorsque Louis débarque dans la chambre. Ses cheveux sont légèrement humides. Il a enfilé un polo noir et un bermuda en jean. Il sent fort le parfum d’homme.

« Waouh. Quel homme ! » s’exclame Pauline.

C’est vrai qu’il est pas mal mais je ne peux m’empêcher d’imaginer Cameron dans la même tenue et c’est pour cette image que mon cœur bat fort avant de faire une chute libre lorsque je me souviens qu’il est parti loin de moi.

« Vous regardiez quoi ?

— Riverdale, je précise.

— C’est un truc pour les meufs ça, non ?

— Non ! » s’exclame-t-on à l’unisson avec mon amie.

Louis rigole.

« Façon j’ai pas trop le choix pour tuer la dernière demi-heure. »

Je tapote la place à côté de nous sur le lit et nous voilà trois à suivre les aventures d’Archie, Betty, Veronica, Jughead et bien d’autres.

« Ouais, c’est ce que j’ai dit : c’est un truc de meufs, se moque Louis au quart du deuxième épisode.

— Arrête ! geint Pauline.

— Et si on y allait, non ? »

On accepte sa proposition. Louis range son ordi avant de fouiller le tiroir à la recherche de quelque chose. Il le trouve finalement et le glisse dans sa poche. J’en déduis que ce sont des chewing-gums.

On descend, ses parents sont dans le salon, sur le canapé devant un film. Ils nous saluent et proclament en chœur lorsque nous sortons :

« Amusez-vous bien ! »

Dehors, Louis se dirige vers sa voiture.

« Le bar est pas tout près, donc à moins que vous vouliez vous fatiguer avant la soirée, on prend la voiture. »

On acquiesce et il démarre.

C’est après avoir tourné dans les petites rues étroites de la ville que nous arrivons finalement à l’heure devant un grand bar à l’enseigne colorée : Le Diam’s.

Le nom fait très vieille boîte passée de mode que fréquentaient nos parents dans leur jeunesse. Un panneau est placardé devant indiquant : « Consommation gratuite ce soir. » De la musique s’échappe déjà du bar, très très fort. Si bien que lorsque nous entrons, cela vrille mes tympans.

Il y a déjà pas mal de monde qui danse au fond de la salle. Le bar est divisé en deux, il y a d’un côté sur une estrade des tables où certaines personnes en sont déjà à plusieurs verres. En bas, l’espace est aménagé en piste de danse avec de grosses enceintes qui déversent la musique.

Ça fait très boîte de nuit, même les éclairages violacés y sont.

Les deux barmans s’activent derrière leur comptoir, tout transpirant déjà. Ils enchaînent les bières mais aussi les cocktails forts.

« Vous voulez un truc à boire ? » demande Louis fort pour couvrir la musique.

On hoche la tête. Alors que Pauline demande une bière, moi je tente d’innover en demandant à Louis de me commander un cocktail pas trop fort. Il se fraye un chemin jusqu’au bar en jouant des coudes et revient quelques minutes après avec trois verres en équilibre. Il nous fait signe de la tête de le suivre et nous montons sur la petite estrade pour nous asseoir à une table. Là, il répartit les verres.

Pauline examine celui de Louis, et il comprend vite pourquoi, alors il précise :

« C’est du Coca. Je conduis après. »

Elle approuve et je trempe mes lèvres dans ma boisson. Un goût mentholé me prend la gorge accompagné d’une touche de citron. Ce n’est pas mauvais alors j’en bois une gorgée.

Nous restons là un moment à essayer de discuter en admirant les gens qui se dandinent sur la piste de danse. Je finis ma boisson et on me tape sur l’épaule. Je vois une jeune fille châtain clair se tenir derrière moi avec une de ses copines. Elles doivent avoir notre âge, pas plus. Je l’interroge du regard et elle me questionne :

« C’est toi la fille qui a posé avec Cameron Kent ? »

Je fronce les sourcils alors qu’une lueur d’espoir apparaît dans ses yeux.

« Oui c’est moi. »

Elle tape dans ses mains et rigole.

« J’en était sûre !

— Il est ici ? questionne sa copine.

— Euh… je bloque.

— Il a préféré ne pas venir », vole à mon secours Louis.

Les filles affichent une moue déçue, mais très vite les questions reprennent :

« Vous êtes ensemble dans la vrai vie ?

— Il est comment en vrai ?

— C’est quoi ton Instagram ?

— Vous vous êtes connus comment ? »

Malgré la musique on entend rire Louis et il s’exclame :

« Les filles, les filles ! C’est pas un interrogatoire.

— Pardon, s’excuse l’une d’entre elles avant de tourner les talons. À plus tard. »

Vraiment, elles sont parties aussi vite que ça ?

Pauline secoue la tête.

« Mais c’est que tu vas devenir un personnage public maintenant.

— N’importe quoi », je rigole.

Louis finit son verre et propose :

« Allons danser ! »

On accepte et on rejoint le dance floor.

La musique n’est pas trop mal et rapidement le rythme nous entraîne.

On bouge avec les gens dans une chaleur surhumaine. Je ferme les yeux et me donne presque corps et âme à ma danse, pourvu qu’elle me fasse tout oublier. Très vite je perds Pauline et Louis dans la foule et j’ai soif alors je me dirige en jouant des coudes vers le comptoir.

Un barman me questionne du regard.

Je ne sais pas trop quoi choisir et en faisant pianoter mes doigts sur le comptoir je jette un œil à la carte et mon regard s’arrête sur un truc au pif.

« Un whisky-coca s’il vous plaît. »

Il ne me demande pas mon âge et me sert. Je le remercie et je tente une gorgée. C’est bon, et il fait horriblement chaud alors je termine par renverser la tête et boire tout d’un coup. Peut-être que je n’aurais pas dû.

Qu’importe, je ne pense plus à rien en rejoignant la masse de gens. Je me remets à danser et bientôt une main se pose sur ma taille.

Je me retourne et découvre un visage que je ne connais pas.

Un jeune homme me sourit, les cheveux clairs et les yeux noisette, il est très mignon avec ses fossettes. Il semble avoir dans la vingtaine. Il se penche à mon oreille.

« Tu es très mignonne. »

Je lui souris pour le remercier. J’ai les joues en feu, la musique est très entraînante, alors je ne sais pas pourquoi, je prends sa main et l’invite à danser avec moi.

L’alcool a dû bien me monter à la tête, n’ayant pas l’habitude de boire. Je le laisse poser ses mains sur ma taille tandis que moi je pose les miennes autour de son cou.

On danse un moment comme ça et je suis tellement emportée que je ne réagis pas quand ses mains descendent de ma taille pour se poser sur mes fesses. Je m’en fiche pas mal, je sais que je ne le reverrai jamais. Pourquoi ne pas en profiter ?

Je lui souris et je crois qu’il prend ça pour un feu vert puisqu’il approche son visage du mien et tente de m’embrasser.

J’ai bien dit « tente » puisqu’une main se pose sur son épaule et le tire en arrière.

« Tu fais quoi toi ?! » tonne une voix au-dessus de la musique.

Il se retourne promptement et on découvre derrière lui Pauline et Louis, un verre à la main. Louis est menaçant.

« Laisse ma pote tranquille. »

Mon partenaire rigole et s’avance vers Louis menaçant :

« Sinon quoi ? »

Les deux hommes se toisent.

« Sinon il sera obligé de te réduire en miettes, ce serait bête de défier le champion junior de boxe non ? » bluffe Pauline.

Je tente d’ouvrir la bouche pour cracher la vérité, je n’ai pas envie qu’il parte, moi. Mais le regard que me lance mon amie me fait refermer la bouche immédiatement.

La technique semble marcher puisque le jeune homme s’éloigne en pestant.

« Champion de boxe hein ? rigole Louis

— J’ai trouvé que ça ! se défend Pauline. Jade tu peux pas te tenir tranquille ? C’est pas sérieux, ce genre de mecs-là.

— Je ne cherche pas du sérieux », je bougonne.

Après tout, personne n’a souhaité me l’offrir. Ni Evan ni Cameron.

Je veux oublier.

« Je vais aux toilettes, déclare Pauline, et vu la queue m’attendez pas avant un moment. »

Elle soupire en s’éloignant. Louis me tend le verre qu’il avait à la main.

« Tiens, je t’ai pris un verre. »

Je le prends volontiers même si je trouve ça irresponsable de me faire boire plus. Je ne me plains pas et avale le contenu qui semble être de la vodka. Louis me détaille tandis que je bois d’une traite. Il ne fait aucun commentaire et je dépose mon verre sur une petite table en bois aux abords de la piste, là où j’ai mis le précédent.

J’entraîne Louis pour danser et nous nous amusons tous les deux même si ma tête tourne et que j’ai de plus en plus de mal à mettre un pied devant l’autre.

Je mets ça sur le compte de l’alcool.

Très vite, je me sens mal, ma tête tourne. J’ai envie de vomir.

Je fais un signe à Louis pour lui dire de ne pas s’inquiéter, et je tente mollement de rejoindre un coin à part. J’ai extrêmement chaud.

À côtés des toilettes des hommes, il y a une espèce de petit endroit reculé.

Je m’adosse au mur et tente de me sentir mieux. Peine perdue, mes membres sont lourds et ma vision se trouble si bien que rapidement je ne distingue que du flou.

J’appuie ma tête sur la surface solide et me promets de ne plus jamais boire.

Je distingue une forme qui s’approche de moi. Grande, forte, c’est un homme. Je reconnais malgré le flou des cheveux clairs.

Sans un bruit, je sens ses mains se poser sur mon corps et tout va très vite. Une de ses mains caresse ma cuisse de façon explicite et l’autre vient se poser sur mon sein. Le malaxant fort.

Je tente de crier mais ma bouche est pâteuse, je tente de le repousser mais mes bras sont lourds. Je tente de penser à une solution mais mon esprit est embué.

Sa main passe sur mes fesses et me colle contre ce corps musclé, contre une horrible bosse.

Je suis perdue. À ce moment-là, tout espoir m’abandonne. Je prie pour que quelqu’un réagisse, mais personne ne semble voir ce qui se passe. Je ne peux pas crier, les gens doivent sûrement penser que c’est un couple un peu trop alcoolisé qui se bécote. Je prie de toutes mes forces et cela semble marcher puisque d’un coup il me lâche et s’enfuit sur le côté vers je ne sais où.

Mes jambes se dérobent sous mon poids et je tombe mollement le long du mur.

« Jade ! Jade ! Ouvre les yeux ! »

Quelques minutes plus tard, j’entends cette voix lointaine m’appeler et on me tape sur la joue. La voix est féminine et je distingue de longs cheveux blonds. Pauline ?

Elle tente de me relever mais n’y parvient pas.

Une autre silhouette arrive quelque temps après.

« Qu’est-ce qui se passe ? »

Je ferme les yeux et ma tête roule sur le côté. C’est à partir de ce moment-là que tout n’est que flou et néant absolu.

 

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