Friends - tome 1 (French Edition)
Chapitre 48
J’ai beau le torturer, il ne lâche rien, pas un indice !
Cela fait plusieurs minutes que nous roulons et par la vitre j’ai pu discerner que nous avions quitté la ville. Maintenant nous roulons sur une petite départementale et je commence à m’impatienter, et mon ventre aussi.
« Cameron ! Allez, dis-moi. »
Pour la centième fois, il ne me répond pas et je souffle. Je n’ai jamais vraiment aimé les surprises.
Pour faire passer le temps, je me penche et farfouille dans le sac en papier à mes pieds pour y dégoter une petite frite à me mettre sous la dent.
« Pitié, Jade, laisse ces frites tranquille. On arrive. »
Je roule des yeux à ses mots, quand il braque le volant de la voiture. Nous sommes immédiatement secoués. Je jette un œil par la vitre et je remarque que nous avons quitté la route pour nous engager sur un petit chemin de terre. Je colle un peu plus mon nez pour mieux distinguer le paysage : de l’herbe et au loin une forêt qui approche.
C’est quoi ce coup foireux ?
« OK, alors c’est le moment où tu vas m’annoncer qu’en fait t’es un dangereux criminel et que tu vas me zigouiller ? »
Il soupire.
« Tu es insupportable. Tais-toi pour une fois. »
Me taire alors que nous sommes dans un lieu désert, qu’il fait presque noir et que… C’est une forêt quoi !
La voiture s’arrête.
« Descends », m’ordonne-t-il.
Je récupère le sac à mes pieds et je l’imite en sortant de la voiture.
Il verrouille les portières d’une main, et me tend l’autre pour que je m’approche. Je le rejoins et lui offre la mienne. Décidément ça devient une habitude. J’aime bien cela dit.
Il tire sur ma main et nous suivons un chemin de terre qui nous conduit à la lisière de la forêt. L’odeur de la nature me saute au nez. Les arbres sont immenses et immobiles, comme de grands gardiens sages. La petite brise fait à peine frémir les feuilles. Le feuillage touffu cache le ciel et obscurcit notre route. Je serre la main de Cameron et je crois que c’est pour cela qu’il trouve bon de me dire enfin où nous nous rendons.
« Avant, j’aimais bien venir ici, en moto. J’y ai mon petit repaire. J’y suis retourné y a pas longtemps. »
Il hausse les épaules et ça ne m’avance toujours pas. Je me laisse guider et j’ai la surprise de le voir nous faire quitter le petit sentier, puis nous nous enfonçons à travers les arbres. Cameron exerce une pression sur ma main comme pour me rassurer. Nous marchons encore un peu pour finalement déboucher sur une espèce de cabanon de jardin en bois.
J’ouvre de grands yeux.
« Quand je l’ai trouvé la première fois, il était en piteux état, alors je l’ai rénové avec mon père. »
Il a l’air assez nerveux, ce qui m’étonne un peu. Il me jette un coup d’œil avant de tirer sur la petite porte qui grince.
« Bienvenue dans mon palace. »
Dès que je pose un pied à l’intérieur, j’examine tout. L’endroit est assez petit mais très propre.
Il y a un matelas par terre, avec une table de chevet à côté. Des posters de Marvel sont placardés sur les murs de bois. Il semble y avoir l’électricité, car une ampoule pend au plafond. Il y a aussi une table basse avec quelques canettes vides dessus.
« Waouh… C’est charmant. »
Et c’est vrai, l’endroit est très agréable et je l’envie d’avoir eu ça dans sa jeunesse.
Je pose le sac sur la petite table.
« Bien, mangeons ! » s’exclame Cameron.
J’acquiesce et il s’assoit en tailleur à la table avant de sortir son repas, je l’imite.
Nous mangeons donc dans la bonne humeur. Il m’explique que lorsqu’ils ont déménagé, lui et son père, il avait tout de suite considéré cet endroit comme son refuge. Son père acceptait même qu’il y dorme parfois.
Je l’écoute avec attention et j’omets de lui parler de sa mère dont il ne parle jamais. Je ne veux pas tout casser. Je ne me rappelle que trop bien la fois où j’ai essayé…
Tout le long du repas, il me raconte des anecdotes dont je me délecte. Cet endroit, ce moment me plaisent vraiment.
« J’aimerais rester ici cette nuit », je murmure en espérant qu’il n’ait pas entendu.
Un petit sourire étire ses lèvres.
« De toute façon, il tard. Je n’ai pas envie de reprendre la voiture. »
Je le remercie d’un petit sourire. Il laisse ses ordures devant lui et se dirige sur son lit pour s’y laisser tomber. Je l’observe de loin alors qu’il croise ses bras derrière la tête. Il lève la tête et me questionne :
« Tu viens ? »
Je me redresse en lissant ma robe blanche, un peu nerveuse. Je m’allonge à ses côtés laissant un petit espace entre nous.
« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demande Cameron.
— On pourrait rédiger notre contrat, je propose.
— Pourquoi pas, rit-il. Alors règle numéro 1. (Il réfléchit.) Pas de surnoms gnangnan. À bannir les mon cœur, mon amour, mon bébé et autres. »
J’approuve, cela ne me dérange pas, je n’ai jamais été fan de ces surnoms.
« Règle numéro 2, j’annonce : on a le droit de se tenir la main. »
Il rigole.
« Règle numéro 3, continue-t-il, on ne s’immisce pas dans la vie privée de l’autre.
— Règle numéro 4 : on a droit à toutes les marques d’affection d’un couple : bisous, câlins… »
Il me lance un regard que je n’arrive pas à déchiffrer, je soutiens son regard un instant.
Je détourne les yeux, le rouge commençant à me venir aux joues.
« Règle numéro 5, continue Cameron. Pas de jalousie. »
Ouch. Cela veut donc dire que lui ou moi avons le droit de fréquenter d’autres personnes ? Mon cœur se serre étrangement. Après tout, c’est Cameron. Je ne dois pas être la seule fille à être venue ici. Combien ont défilé dans son lit ? Combien de filles a-t-il promis de rappeler ? Je n’ose pas y penser.
Dans quoi je m’embarque ?
Il bouge, alors je tourne la tête. Il est sur le côté et il m’observe, je me tourne aussi, face à lui. Je plonge mes yeux dans les siens si bleus. Je m’y perds et j’oublie tout, toutes mes craintes. Je place mes espoirs entre ses mains, je me laisse bercer par son regard.
Une main s’approche de mon visage, un pouce glisse sur ma lèvre inférieure. Sa bouche est entrouverte, il respire lentement. Il ne me quitte pas du regard tandis que son pouce caresse mes lèvres.
« J’ai envie de t’embrasser », je murmure.
Il sourit.
« La règle numéro 4 ne s’y oppose… »
Il n’a pas le temps de finir sa phrase que mes lèvres sont déjà sur les siennes, que nos souffles se mélangent et que nos langues se lient dans une passion délirante.
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