Friends - tome 1 (French Edition)

Marie-Charlotte François · Chapitre 64 sur 73

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Friends - tome 1 (French Edition)

Chapitre 63

 

Dire que je ne suis pas prête en cinq minutes est un doux euphémisme. J’ai à peine eu le temps de changer de tenue car la précédente ne me plaisait pas vraiment. J’ai donc enfilé une jupe patineuse avec un petit crop-top blanc. Il me reste encore à brosser mes cheveux indisciplinés et à ajouter une touche de mascara, mais déjà j’entends Cameron qui m’appelle.

« On va partir sans toi ! »

Je ne prends pas le temps de répondre. Ils ne feraient pas ça quand même ? Je m’active et je m’en sors avec cinq minutes de plus.

Avant de partir, j’attrape un sac à main et y fourre mon téléphone et mon porte-monnaie, le kit du shopping. Ensuite, je dégringole l’escalier comme si la mort était à mes trousses mais je ne vois personnes dans le salon, j’entends juste les mêmes voix qu’à notre arrivée vers le coin piscine. Je n’y fais pas attention. J’enfile une paire de sandales avant de sortir.

Un air lourd m’accueille, la chaleur est vraiment étouffante ici en été ! Je mets ma main en visière et remarque la voiture de Louis garée maladroitement sur le trottoir. Pauline par la fenêtre me fait signe de me dépêcher. Je presse le pas et gagne la voiture. Je prends place à l’arrière où Cameron me lance un regard las. J’attache ma ceinture et nous démarrons, Pauline se retourne et m’explique :

« On va en ville, là où on était pour le shooting de Cameron la dernière fois. Apparemment les boutiques sont top ! »

Elle tape dans ses mains, toute joyeuse, et je jurerais entendre Cameron souffler d’ennui.

Je lui souris pour la remercier, et tout le monde se cale dans son fauteuil pour somnoler le temps du trajet. Sauf Louis qui nous sert de pilote. Il n’a pas dit un mot d’ailleurs.

Je prends garde cette fois à ne pas m’endormir au risque d’avoir au réveil une jolie marque. Une fois, pas deux. Cameron s’est endormi tout comme Pauline à l’avant. La nuit a été courte pour nous et pourtant j’ai l’intime conviction que dormir serait une torture. En effet, lorsque mes paupières sont closes je revois sans cesse la scène atroce d’hier.

Mon cerveau la passe en boucle cherchant à l’analyser et à trouver le moindre petit indice qui désignerait le coupable. Jusqu’ici… Rien.

Mis à part que c’était un homme blond.

Perdu dans mes pensées, je croise le regard de Louis dans le rétroviseur intérieur. Il m’examine rapidement avant de détourner le regard.

Je sais qu’il s’en veut, est-ce pour ça qu’il agit bizarrement ?

La pensée que ce soit Louis qui m’ait agressée m’a déjà traversé l’esprit mais je ne peux pas me résoudre à ce que ce soit lui. Il est si gentil…

Je me laisse aller contre l’appui-tête derrière moi, résignée. Cameron bouge, et mon esprit arrête de me tourmenter pour se focaliser sur lui.

Une petite demi-heure plus tard, nous sommes pris dans les bouchons à l’entrée de la ville. Louis peste au volant, et tout le monde est bien réveillé. Après une bonne quinzaine de minutes de patience, nous voilà sortis d’affaire. Nous nous garons sur le même parking que la dernière fois et la petite tribu descend.

Pauline est tout excitée à l’idée de ses nouveaux achats et je dois dire que je commence à l’être aussi. Les garçons, eux, ne montrent pas plus d’enthousiasme que si on leur avait offert un jeu de société à la place d’une console de jeux.

On trottine devant avec mon amie même si nous ne savons pas vraiment où nous allons.

Mais à la sortie du parking, un des garçons nous guide.

« À gauche. »

On suit les directives et après avoir longé une ruelle, nous arrivons à un carrefour où toutes les rues qui s’y rejoignent sont bordées de boutiques.

C’est tellement cliché mais l’excitation monte et on se précipite Pauline et moi sans vraiment regarder si les garçons nous suivent.

On s’engouffre dans la première et on s’active.

Je sens tout de même planer quelqu’un derrière moi et en me retournant je vois Cameron les mains dans les poches m’observer.

Je lui présente un petit haut rayé.

« Qu’est-ce que t’en penses ? »

Il hausse les épaules :

« Mouais… »

Décidément je ne dois pas me fier à lui pour avoir un avis juste. Je garde quand même l’article pour un prochain essayage en cabine.

Cameron s’ennuie et il le fait bien comprendre, il déambule partout en critiquant tout à voix haute

Lorsqu’il sort une remarque déplacée, je fais volte-face et lui donne une tape sur l’épaule :

« Mais ça va pas la tête ! Arrête d’être ronchon ! »

Il bougonne et tourne les talons. Je ne vois pas vraiment où il va même en me tordant le cou, alors je me concentre de nouveau sur mes articles. J’en ai suffisamment pour passer aux essayages.

Malgré le monde, les cabines sont relativement désertes, et le vendeur a l’air content lorsqu’il me tend un petit numéro correspondant au nombre d’articles que j’ai, soit quatre.

Je le remercie et tire le rideau. Sur les trois premières affaires, deux me vont : un short et le petit haut rayé qui n’a pas emballé Cameron.

« Jade, t’es là ? m’appelle Pauline.

— Oui oui ! »

J’entends le rideau à côté se fermer et elle me confirme :

« Je suis à côté. »

Je me consacre à mon dernier choix. C’est une sorte de combinaison-short ressemblant plus à une petite robe, bleu pastel. Le haut est à bretelles et tombe en cache cœur sur le devant.

Je suis assez mitigée et quand je l’enfile, je le suis tout autant.

« Pauline tu peux sortir ? J’ai besoin de ton avis !

— Trente secondes. »

J’ouvre le rideau et attends patiemment ma meilleure amie.

« Vous êtes ravissante ! »

Je me retourne vivement vers la voix qui m’a complimentée. C’est le vendeur de tout à l’heure. C’est assez étrange de remarquer ça, mais il a les yeux qui brillent. Je tente un pâle sourire.

« Merci.

— Ah oui ! Canon ! » s’exclame cette fois Pauline.

Elle me fait tourner pour m’examiner sous toutes les coutures et approuve de la tête. Nous notons aussi que le vendeur s’est approché de nous.

« Elle vous va à merveille. Le bleu fait ressortir celui de vos yeux. »

Il ne doit pas être plus âgé que nous, peut-être le même âge que Cameron et Louis. Et je ne sais pas s’il fait son travail de vendeur ou s’il sort du cadre. Ce n’est pas pour autant que j’en perds ma politesse.

« C’est très gentil. »

Je replace une mèche de cheveux derrière mon oreille, et le garçon tend une main vers mon bras. Je fronce les sourcils mais avant qu’elle ne me touche elle est interceptée.

« T’es gentil mais ça ira. Va bander sur d’autres filles, celle-là c’est la mienne. »

Je lève les yeux et croise le visage colérique de Cameron, il toise le garçon et je peux sentir sa peur. Il est vrai que Cam mesure bien une tête de plus et est deux fois plus imposant.

Je pose une main sur son bras pour lui signifier que tout va bien. Il reporte son attention sur moi tandis que le jeune homme prend la fuite avec un regard de mépris.

« On peut vraiment pas te laisser seule deux minutes toi ! »

Il paraît fâché. Au moins le vendeur, lui, m’a complimentée. Je suis bête d’en attendre autant de Cameron. Je retourne en cabine, tire fort sur le rideau. Je me contemple un instant dans la glace. Je la prends !

Je sursaute en voyant une tête à travers le rideau.

« T’es super belle au fait. »

Mon petit ami m’offre un sourire carrément craquant et je ne peux m’empêcher de fondre. Je m’approche de lui et dépose un baiser sur ses lèvres boudeuses avant de lui intimer de partir.

Je me change donc après tout cela et nous partons en caisse avec Pauline avant de retrouver le soleil éclatant du dehors.

Les garçons ne sont plus trop emballés par le fait de nous suivre et ils boudent derrière. Louis me rattrape et m’arrête.

« Je peux te parler une seconde. »

Il me tire à l’écart tandis que les deux autres passent devant nous.

Louis se fait hésitant.

« Écoute. Euh… Je voulais savoir si tu m’en voulais ?

— Pourquoi ? » je demande, étonnée.

Il se frotte la nuque, nerveux.

« C’est quand même moi qui t’ai refilé le verre de trop et qui n’ai pas fait attention à toi. »

Il baisse les yeux sur ses pieds avant de shooter dans un caillou.

« Louis… Tu ne pouvais pas savoir ce qu’il y avait dedans ! Et puis je suis grande, j’aurais dû faire attention.

— Je suis vraiment désolé que tu aies vécu ça. »

Je l’arrête et plante mes yeux dans les siens.

« Tout va bien. On va retrouver ce salaud et justice sera faite. »

Je lui offre un sourire et il tente d’en faire autant, mais il n’a pas l’air convaincu.

« Je ne t’en veux pas. Vraiment », j’insiste.

Il souffle un petit « cool » et Cameron vient nous rejoindre.

« Bon j’en ai marre de faire le toutou dans vos boutiques de nana. Louis, viens, j’ai un truc à faire. »

Alors qu’ils partent déjà, je questionne :

« Vous allez où ?

— Le plus loin possible de vous », se moque Cameron.

Je fronce les sourcils et ils s’éloignent tous les deux.

Je rejoins mon amie et notre après-midi shopping continue.

 

Alors que le début de soirée approche, nous terminons nos « folies ». Je n’ai pas acheté grand-chose, contrairement à Pauline qui tenait à faire le plein pour la rentrée.

Nous ne savons toujours pas où sont les garçons alors j’envoie un texto à Cameron. Il ne me répond pas bien entendu, mais on les retrouve quelques instants après. Ils tiennent dans leurs mains deux grandes boissons dans des gobelets transparents. Cameron m’en tend un.

« Smoothie à la fraise. »

Il tire sur sa paille tandis qu’il me tend le mienne. Je m’apprête à la saisir mais je remarque qu’un cellophane recouvre son poignet. Je lui lance un regard interrogateur mais il m’ignore sans retirer pour autant sa main. J’examine alors. Sous la couche transparente se cache un petit dessin, que je ne distingue pas très bien alors je prends sa main pour retourner son poignet.

Sur sa chair tendre est dessiné un petit triangle vide aux traits fins avec le mot cruciati écrit en dessous en petites lettres.

« Pourquoi tu as fait ça ? je le questionne, vraiment intriguée.

— Et pourquoi pas ? » me répond-il.

Il est clair qu’il ne souhaite pas en dire plus et d’un côté ça m’agace.

Que signifie ce tatouage ? Il ne l’a sûrement pas fait par hasard. Et ce petit mot, que veut-il dire ?

Je me torture l’esprit tandis que Louis propose que nous rentrions. On approuve tous et on se met en route.

Sur le trajet, je sens une main se glisser dans la mienne, d’abord hésitante. Je resserre un peu mes doigts sur les siens, le sourire aux lèvres. Cameron se fait plus sûr et sa main m’accroche vraiment. On se jette un petit regard et on sourit comme deux adolescents lors de leur premier flirt. C’est plaisant. Je savoure ce moment où Cameron n’est pas trop sauvage et attrape volontiers tous ses témoignages d’amour.

Louis se retourne et son regard se pose sur nos mains. Une ombre semble passer sur son regard et il plisse les yeux, mais très vite il affiche un sourire. Il est vraiment bizarre en ce moment.

À l’entrée du parking, on croise une bande d’adolescentes. Elle nous dévisage avant de s’exclamer.

Il est vrai que la cote de popularité de Cameron a beaucoup augmenté, et ses shootings vont se multiplier à la rentrée. Il est pas mal apprécié des filles dans la tranche d’âge 14-17 ans aussi.

« Excusez-nous, s’avance une jeune fille d’à peine seize ans, les cheveux teints en rose, on pourrait avoir une photo ? »

Cameron n’a pas l’air emballé mais je l’encourage d’un sourire. Il prend donc la pose avec tout le petit groupe. Elles sont aux anges et je les comprends tellement.

Mais elles ne semblent pas vouloir s’arrêter aux photos et une flopée de questions nous assaille. Je dois dire que cela me rappelle hier soir où des jeunes filles étaient venues m’interroger.

« Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ? »

Cameron n’est pas très à l’aise alors je réponds à sa place.

« C’est tout récent », je déclare.

Pour ne pas dire que ça date de ce matin.

« Mais tu sortais pas avec une blonde avant ? »

Mauvaise question. Cameron fronce les sourcils et sa voix n’exprime aucune émotion quand il annonce :

« Je n’ai plus rien à voir avec cette garce. »

Je lui caresse la main, lui dis de ne pas trop s’emporter. Une grande blonde déclare :

« Moi je te préfère, Jade, en tout cas ! Tu es bien plus belle.

— Merci », je lui souris.

Que de compliments aujourd’hui.

« Ça te dérange si on envoie ces photos à What’s Up Cameron ?

— À quoi ? demande-t-il.

— C’est un profil Instagram où y a plein d’actualités sur toi. »

Il hoche la tête, pensif.

« Je ne savais pas que ça existait. »

Tiens tiens, après les comptes fan voilà un compte people.

Mais où tout ça va-t-il l’emmener ? Je dois avouer que je m’inquiète assez, il est connu que les personnages publics n’ont pas la vie facile et que leurs moindres pas sont épiés.

« Faut vraiment qu’on y aille, s’impatiente Louis. Mes parents vont criser sinon. »

J’imagine mal ses parents le disputer parce qu’il est rentré après l’heure vu comme ils sont très souples avec leurs enfants, mais on ne sait jamais, alors on dit au revoir aux filles et on monte en voiture.

 

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