Friends - tome 1 (French Edition)

Marie-Charlotte François · Chapitre 66 sur 73

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Friends - tome 1 (French Edition)

Chapitre 65

 

« On se réveille, petite marmotte. »

J’entends dans mon état comateux le bruit des volets qui s’ouvrent et bientôt toute la pièce est baignée d’une douce lumière. Je tente, moi, de poser un visage sur cette voix.

Je sens ensuite un corps se glisser à mes côtés dans le lit et mon premier réflexe est de l’enserrer de mes deux bras engourdis. Cameron s’est endormi à mes côtés, cela ne peut être que lui.

Mais lorsque je serre, mes bras tombent sur un tour de taille beaucoup plus petit et frêle, alors je lève la tête et mes yeux ont du mal à faire la mise au point et à envoyer l’information à mon cerveau.

« Pauline ?

— Ravie de voir que cette poigne de fer ne m’était pas destinée, se moque-t-elle. »

Je grogne et me pelotonne contre elle un peu plus.

« Il est où Cameron ?

— Parti faire du sport avec Louis. Il est passé pour venir le prendre et il m’a déposée ici ensuite. »

Je hoche la tête même si la seule chose que je comprends c’est que mon amoureux ne m’a pas laissé le plaisir de me réveiller à ses côtés.

« Et Louis ? Ça va ? je marmonne.

— Beaucoup mieux ! »

Je me décolle et frotte mes yeux pour chasser le sommeil avant de m’étirer.

« Il fallait que je te parle justement à propos de lui », j’indique à mon amie.

Elle fronce les sourcils et m’interroge du regard, impatiente.

« Je le trouve un peu… bizarre.

— C’est-à-dire ?

— Je ne sais pas… Il s’en veut quand même beaucoup je trouve. C’est suspect. »

Elle me considère un moment avant de devenir hilare.

« Attends, tu crois que ce serait Louis qui t’aurait droguée et touchée ? Sérieusement ?

— Je ne sais pas. »

Je passe une main dans mes cheveux tandis qu’elle reprend son sérieux :

« C’est ton ami, Jade !

— Je sais, je sais. C’est toi qui es venue à ma rescousse, tu n’as pas vu…

— Non, tu sais bien que je te l’aurais dit sinon. Il est parti avant que j’arrive. Sans doute qu’il m’a vue rappliquer. »

Je réfléchis un instant.

« Possible… Tout cela est super étrange. »

Je pousse un profond soupir en serrant un coussin contre moi.

« Je ne vois pas pourquoi il aurait fait cela.

— Moi non plus, mais ce n’est pas mon seul suspect, je lui précise. Sa sœur aussi est louche. Elle arrête pas de répéter qu’elle veut se venger et…

— OK OK, stop, Jade. Là, t’as le cerveau qui fuse et il n’est que 9 heures du matin. »

Elle rigole légèrement et j’en fais de même mais c’est plutôt un petit rire nerveux.

« Je sais. Il y a trop de mystère en ce moment. »

Pauline a beau me dire de me calmer, je sais très bien que tous ces petits mystères l’intriguent tout autant que moi. Nous avons ça dans le sang.

Petites, je me souviens que nous avions monté un club de détective à l’école primaire et nous avions découvert entre autres que c’était Johan Perez qui volait le goûter du petit Kevin tous les matins.

Sacrée époque.

Maintenant nos mystères sont tout autres. Ils sont plus graves, si je puis dire.

Je me tords donc les doigts sous le regard suspicieux de mon amie. Elle attend plus de précisions et je les lui donne volontiers. Peut-être qu’à deux on peut y voir plus clair.

Je lui parle alors du fameux tatouage intriguant de Cameron. Du petit mot torturé qui est désormais inscrit à jamais sur sa peau. Je lui parle de tous les secrets qui l’entourent et de sa volonté de rester un personnage mystérieux.

Elle ne fait aucun commentaire, elle a juste les yeux plissés et semble réfléchir.

J’enchaîne alors en lui montrant le compte Instagram créé pour Cameron et le petit commentaire de Lucie.

« Ma vie était tellement plus simple avant…

— On signe où pour la sortir en série ? »

Elle se moque doucement.

« Je pense que Lucie est du genre à beaucoup parler et à ne pas beaucoup agir, tu sais comme les petits chiens : ça aboie mais ça mord pas. »

Je ricane face à cette image que Pauline me donne.

« Je pense qu’on dramatise beaucoup, continue-t-elle. Cameron cherche juste à jouer le bad boy et Lucie à être intéressante, rien de plus. »

Elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille, pensive.

J’aimerais lui dire quelle se trompe sur Cameron. Le souvenir de l’avoir vu s’effondrer dans mes bras est toujours vif, il ne joue pas un rôle, j’en suis persuadée. Comment expliquer alors le fait qu’un gros mystère plane autour de sa mère ? Pierrick ne l’a jamais mentionnée non plus.

J’aimerais lui dire que rien ne colle avec lui, que chaque fois que j’essaie de le déchiffrer, il met un gros coup de pied dans les pièces du puzzle.

J’aimerais lui dire mais…

« Non le vrai souci pour l’instant c’est de trouver qui t’a agressée. Je pense que tu devrais en parler à ton père. »

Je me redresse d’un bond.

« Quoi !? Jamais de la vie ! »

Elle connaît mon père et nous savons toutes les deux qu’il lancerait une chasse à l’homme pour trouver cette ordure.

« C’est vrai mais… On aurait un point de vue adulte.

— Laisse tomber, Pauline. C’est hors de question. »

Elle paraît déçue mais je ne reviendrai pas sur ma décision. Mon père ne pourra rien faire de plus. Porter plainte sans preuves ou pistes ne mènera à rien et je n’ai pas besoin en ce moment d’un père parano.

« On peut parler d’autre chose ? » je la supplie.

9 et on se prend déjà la tête…

« Sans problème, réfléchit-elle. T’as dormi avec Cameron cette nuit alors ?

— Oui. »

Mes joues deviennent légèrement rouges.

« Et vous avez… ? »

Elle laisse sa phrase en suspens mais le sous-entendu est clair.

« Non ! » je m’exclame.

Quand j’étais avec Evan, mon amie savait que parler de sexe avec moi ne servirait à rien. On dirait qu’elle a changé d’avis sans doute grâce à la réputation de Cameron.

« Ça va, ça va ! Je me renseigne juste. »

Elle me lance un petit sourire et je lui demande assez gênée.

« Et vous ? Avec Louis, vous avez…?

— Carrément ! » rigole-t-elle.

Suis-je bête ? Je me rappelle que la première nuit qu’elle a passé ici, c’était dans ma chambre et… avec Louis.

Mes joues prennent une teinte de plus en plus rouge. Je me demande si je devrais lui parler de la dernière fois dans le petit cabanon, j’hésite mais je me rappelle que s’il y a bien une personne qui ne me jugera jamais c’est bien elle.

« En fait… »

Elle tend le cou, intriguée subitement.

« La dernière fois… Je voulais mais il m’a arrêtée en quelque sorte.

— Sérieusement ? »

Elle paraît choquée.

« On n’était pas officiellement en couple et il voulait pas que je le regrette.

— Mignon mais lourd », ajoute ma meilleure amie.

Elle réfléchit un instant en fixant le plafond.

« Vous êtes en couple maintenant, si tu en as envie je vois pas pourquoi tu devrais te priver.

— J’attends que ça vienne de lui. »

Elle me dévisage, lasse.

« Chérie, si la femme s’est battue pour son indépendance, c’est aussi pour revendiquer ses désirs. C’est pas seulement aux hommes de prendre les choses en mains ! »

Je mordille une petite peau autour de mon pouce. Elle n’a pas tort.

« C’est vrai… »

À ce moment-là mon téléphone vibre et je me précipite pour voir qui m’envoie ce message.

Je suis heureuse de voir que c’est Cameron et je suis encore plus heureuse lorsque je le lis.

 

> Je rentre me doucher et après on reste tous les deux,

j’ai envie de passer du temps avec toi :).

 

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