Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

Alain Bournazel · Chapitre 16 sur 41

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Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

CHAPITRE IV - LE PROCÈS PRÉPARATOIRE ou D’OFFICE

Chapitre IV

 

LE PROCÈS PRÉPARATOIRE

ou D’OFFICE

 

Dans l’ancienne procédure accusatoire, une personne était poursuivie s’il y avait un accusateur. Dans la procédure inquisitoire mise en œuvre dans le cadre d’un procès en hérésie, il n’y avait pas d’accusateur. Il appartenait aux magistrats de rechercher les moyens de prouver la culpabilité d’une personne “soupçonnée” d’hérésie.

La dénonciation étant un moyen fréquent de faire naître le soupçon. La meilleure preuve de la déviance était ensuite apportée par l’aveu. Le procès en hérésie était finalement une longue quête de l’aveu, soit explicite par une reconnaissance formelle soit implicite à travers les déclarations de l’accusé. Et pour obtenir l’aveu, tous les moyens ou presque étaient bons.

Un procès en hérésie s’articulait en deux phases. D’abord, un procès préparatoire ou procès d’office au cours duquel les interrogatoires préliminaires permettaient aux juges d’appréhender la vie, les mœurs, la personnalité de l’accusé et ses motivations. Ensuite, un procès ordinaire, véritable procès ecclésiastique où l’accusé devait répondre de ses actes.

Si l’hérésie était reconnue, il ne restait guère à l’accusé que deux possibilités. Persister, et il était alors déclaré “impénitent”, ce qui pouvait être une cause de bûcher. Ou abjurer, ce qui adoucissait a priori sa peine. Mais celui qui abjurait de sa faute pour y retomber avait toutes les chances d’être déclaré relaps, au cours d’un nouveau procès, et de finir sur le bûcher.

Le tribunal ecclésiastique chargé de juger Jeanne tiendra des séances de travail en divers endroits : dans la maison du conseil royal, à l’archevêché, au château, voire dans la résidence dont dispose Pierre Cauchon lors de ses séjours à Rouen. Mais toutes ces séances au cours desquelles Jeanne d’Arc sera appelée à comparaître, à l’exception de celle qui se déroulera au cimetière de Saint-Ouen, auront lieu au château, siège du pouvoir anglais, et non à l’archevêché où elles auraient dû se tenir. Cette irrégularité du siège du tribunal s’ajoute à celle de la détention de Jeanne au Bouvreuil. Elles préjugent ce que la suite confirmera, le procès de Jeanne se déroulera sous le contrôle étroit de l’autorité anglaise.