Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

Alain Bournazel · Chapitre 27 sur 41

Pages du PDF

Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

L’interrogatoire de Jean Beaupère

Ensuite, “l’insigne professeur de théologie sacrée”, maitre Jean Beaupère, conduit l’interrogatoire à la demande de l’évêque. Ce long questionnement porte sur les jeunes années de La Pucelle pour tenter d’appréhender les faits qui l’auraient entrainée vers l’hérésie. Avant de questionner, Beaupère, comme précédemment Cauchon, l’exhorte à dire la vérité sur ce qu’on lui demanderait, comme elle l’avait juré. Jeanne prend mal cette répétitive insistance : « Vous pourriez bien me demander telle chose sur laquelle je vous répondrai la vérité et sur une autre je ne vous répondrai pas ». Elle ajoute menaçante : « Si vous étiez bien informé de moi, vous devriez vouloir que je sois hors de vos mains. Je n’ai rien fait que par révélation ».

L’interrogatoire

porte sur ses activités à Domremy, sur ses confessions, elle indique quand elle recevait le sacrement d’eucharistie. Elle confesse qu’elle était âgée de treize ans lorsqu’elle reçut « une voix venant de Dieu pour l’aider à se gouverner. Rarement elle ne l’entendit sans qu’il y ait eu une clarté ». On lui demande comment elle voyait la clarté. Elle ne répondit rien et passa à autre chose. La voix lui demanda de partir en France pour lever le siège mis devant Orléans. Elle raconte sa rencontre avec Robert de Baudricourt qu’elle reconnut par ses voix, elle évoque sa visite au duc de Lorraine qui l’avait mandé pour recouvrer sa santé, et elle relate sa chevauchée qui l’a conduite en France pour retrouver le roi.

On lui demande si et où la voix lui montra “sondit roi”, s’il y avait quelque lumière, elle répond « Passez outre ». Un interrogateur insiste pour savoir si elle ne vit pas quelque ange au dessus de son roi. Elle répondit : « Épargnez-moi, passez outre ».

Interrogée sur les révélations et apparitions qu’eût sondit roi, elle répond : « Je ne vous les dirai pas. Mais adressez-vous au roi et il vous les dira ». Elle dit que ceux de son parti connurent bien que la voix était envoyée à Jeanne de par Dieu. Elle ajoute : « que son roi et plusieurs autres entendirent et virent les voix qui venaient à elle, Jeanne ; il y avait là Charles de

Bourbon49et deux ou trois autres… Jeanne dit qu’il n’est pas de jour qu’elle n’entende cette voix ». Jeanne confesse que la voix lui avait dit de rester à Saint-Denis mais contre sa volonté, les seigneurs l’emmenèrent. Si elle n’avait pas été blessée, elle ne serait pas partie. Interrogée si elle fit bien d’attaquer Paris, un jour de fête, elle répond : « Passez outre ».

Le départ de Jeanne d’Arc de Vaucouleurs Samedi 24 février – Troisième séance : Chambre de parement. Encore la voix