Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

Alain Bournazel · Chapitre 35 sur 41

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Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

Mercredi 14 mars – Le matin. Jeanne a-elle commis des pêchés mortels ?

Jean Le Maistre nomme messire Nicolas Taquel, prêtre du diocèse de Rouen, notaire public impérial, juré et notaire archiépiscopal de la cour de Rouen comme notaire et greffier dans la cause. Le saut de la tour de Beaurevoir

L’interrogatoire de Jeanne reprend. Il est maintenant conduit par Jean de La Fontaine dans le rôle de commissaire, et par Jean Le Maitre, qui assurent ensemble la présidence, assistés de Nicolas Midi, Gérard Feuillet, Nicolas de Hubent et frère Isambard de La Pierre.

Jeanne est questionnée sur le saut qu’elle fit de la tour de Beaurevoir. Elle justifie son action par deux raisons :

– elle avait entendu dire que tous les gens de Compiègne jusqu’à ceux qui atteignaient l’âge de sept ans devaient être mis à feu et à sang et elle ne voulait pas vivre après une telle destruction ;

– elle savait qu’elle avait été vendue aux Anglais et elle préférait mourir plutôt que d’être entre leurs mains.

Les juges veulent savoir si le saut fut fait par le conseil de ses voix. Jeanne leur répond que sainte Catherine lui disait presque tous les jours de ne point sauter et que Dieu l’aiderait ainsi que ceux de Compiègne. La sainte ajouta qu’elle ne serait pas délivrée jusqu’à ce qu’elle ait vu le roi des Anglais. Cette perspective ne réjouit pas Jeanne qui déclara : « Vraiment je ne voudrais pas le voir ».

Autour du saut de Beaurevoir, les juges tentent de fouiller le tréfonds de ses pensées religieuses. Croyait-elle se tuer quand elle sauta ? Elle répond non mais elle croyait par ce saut échapper « à ce qu’elle fût livrée aux Anglais ». On la suspecte après le saut d’avoir renié Dieu et ses saints parce que « cela avait été établi par l’information ». Elle s’en défend : « Je le rapporte à Dieu et non à autre, et à bonne confession ». Les voix lui ont-elles demandé un délai pour répondre ? Sainte Catherine lui répond parfois mais il lui arrive de ne pas la comprendre « à cause du tumulte des prisons et du bruit fait par les gardes ». Une nouvelle fois les juges demandent s’il y a de la lumière quand viennent les saintes. Elle répond que oui et indique qu’il y a trois choses qu’elle a demandé à ses voix : premièrement sa libération, deuxièmement que Dieu aidât les Français et gardât bien les villes, enfin le salut de son âme. Elle laisse également percer son irritation d’être « tourmentéede tant de demandes ».