Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès
Chapitre II: - la Normandie Sous Domination Anglaise
Chapitre II
LA NORMANDIE SOUS DOMINATION ANGLAISE
Depuis que Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, s’empara du royaume d’Angleterre, en 1066, la Normandie a toujours constitué une pomme de discorde entre les royaumes de France et l’Angleterre. Guillaume lui-même y trouva la mort, en 1087, en affrontant devant Mantes les armées de Philippe 1 er, roi de France.
Les rois d’Angleterre éprouvèrent toujours un sentiment affectif pour ce duché, berceau de leur dynastie. Peut-être aussi perçait la nostalgie de cet empire sur lequel régna Henri II Plantagenet, qui s’étendait de la frontière d’Écosse au massif des Pyrénées. Pourtant trois siècles et demi après la conquête de l’Angleterre, les descendants de Guillaume de Normandie n’avaient plus aucune implantation dans ce duché. Ils en avaient été chassés lors de ce célèbre dimanche du 27 juillet 1214, où Philippe II, dit Auguste, fortement soutenu par les milices de Soisson, Compiègne, Amiens, Arras, etc. terrassa à Bouvines la coalition conduite par Otton IV de Brunswick. Cette dernière comportait, outre les grands vassaux lorrains, les comtes de Flandre et de Boulogne. Jean sans Terre, le roi d’Angleterre qui avait été l’instigateur de cette coalition, avait été personnellement battu quelques jours auparavant, le 2 juillet, à la Roche aux Moines par le dauphin Louis (futur Louis VIII), fils ainé de Philippe II.
Deux cents ans de rattachement à la couronne de France
Les nombreux traités qui furent signés pendant deux siècles entre les royaumes de France et d’Angleterre ne remirent pas en cause la situation de la Normandie. Pour mettre un terme, pensait-il définitif, aux guerres entre les deux royaumes, Louis IX (saint Louis) entreprit de conclure une paix durable (c’est-à-dire généreuse) avec Henri III d’Angleterre qui était
également son beau-frère 19. Par le traité de Paris, du 28 avril 1258, Henri abandonnait ses droits sur les territoires conquis par Philippe Auguste et Louis VIII (Normandie, Anjou, Touraine, Maine et Poitou). En revanche, l’Aquitaine, qui était restituée au roi d’Angleterre, était accrue de manière significative par l’Agenais, la Saintonge, le Périgord et le Limousin.