Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès
Dimanche des Rameaux 25 mars – Jeanne est privée de messe
« Il fut rapporté divers extraits et notation sur l’affaire, compilés et relevés de façon remarquable et scientifique par bon nombre desditsdocteurs, seigneurs et maîtres ». Après en avoir longuement délibéré, le tribunal décide que les extraits du registre des confessions seront ramenés en un plus petit nombre d’articles pour être communiqués à chacun des docteurs pour qu’ils puissent plus facilement exprimer leur délibération. Il sera ultérieurement statué si Jeanne devait être de nouveau interrogée. Les juges veulent procéder « avec l’aide de Dieu, de telle manière que cette affaire serait conduite à la louange de Dieu et l’exaltation de la foi, de telle manière que notre procès ne souffrit aucun vice ». Samedi 24 mars
La Fontaine commis par l’évêque, Le Maistre, Beaupère, Midi, Nicolas Maurice, Pierre Maurice, Feuillet, Courcelles, et l’official de Coutances, Enguerrand de Champron qui vient pour la première fois et que l’on ne reverra plus.
Le registre des interrogations et des réponses est lu en français à Jeanne par le notaire Guillaume Manchon. Jeanne jura qu’elle n’ajoutera rien dans ses réponses que ce qui était vrai. Elle précise qu’on la surnommait d’Arc ou Rommée car dans son pays les filles portent le nom de la mère.
Sur l’article concernant l’habit de femme, Jeanne ajoute : « Donnez-moi une robe de femme pour aller à la maison de ma mère et je la prendrai ». Et c’est pour être hors des prisons : quand elle serait hors des prisons, elle prendrait conseil sur ce qu’elle devrait faire.
Dimanche des Rameaux 25 mars – Jeanne est privée de messe
Cauchon, Beaupère, Midi, Pierre Maurice, Thomas de Courcelles viennent annoncer à Jeanne qui a demandé la veille d’entendre la messe « qu’à cause de la solennité des jours et du temps » ils sont prêts à lui concéder cette faveur si elle prend son habit de femme. S’engage un dialogue de sourd : Jeanne demande à entendre la messe et à recevoir le sacrement de l’eucharistie en habit d’homme. Les juges reviennent à la proposition initiale.
Jeanne répond qu’elle n’avait pas pris conseil sur cela. On l’exhorte à « prendre un habit convenant à son sexe ». Jeanne dit que cet habit « ne changeait point son âme et que le porter n’était pas contre l’Église ». Finalement Jeanne n’assistera pas à la messe.
39 L’expression en l’un et l’autre droit veut dire docteur en théologie et docteur en droit canon qui
régit de nombreux actes de la société médiévale, et notamment l’administration des sacrements.
40 Frères prêcheurs : nom officiel des dominicains ; Frères mineurs : nom officiel des Franciscains.
41 Tisset : Procès de condamnation de Jeanne d’Arc, Mémorial du Ve Centenaire de la réhabilitation
1456 – 1956 page 171.
42 Société de l’histoire de France : Procès de condamnation de Jeanne d’Arc T.2 p.4.
43 Nous ne possédons aucun document sur cette enquête préalable, la seule connaissance que nous en
avons vient des témoignages du procès de réhabilitation.
44 Une sorte de clerc de notaire
45 Voir Annexes
46 Assemblée générale des religieux aptes à délibérer pour une église, une abbaye, une cathédrale.
47 Lorsqu’il résidait à Rouen, Pierre Cauchon avait son domicile chez maître Jean Rubé, curé de la
paroisse Saint-Nicolas le Paincteur et membre du chapitre. Plusieurs séances du tribunal se
dérouleront chez l’évêque.
48 Cette salle prolonge la grande salle d’honneur du château.
49 Il a épousé Agnès de Bourgogne, sœur de Philippe le Bon.
50 Sainte Catherine d’Alexandrie et sainte Marguerite d’Antioche étaient des saintes populaires dans
la France du Moyen Âge. Jeanne a pu voir des représentations de ces saintes dans les églises
qu’elle a fréquentées.
51 Le culte de saint Michel était très répandu dans l’est de la France. Charles VII considéra cet
archange comme le protecteur du royaume en raison de l’héroïque résistance du Mont Saint-
Michel qui resta pendant plusieurs années la seule place détenue par le roi de France en
Normandie.
52 Sainte-Catherine de Fierbois était un sanctuaire militaire très vénéré. Les gens d’armes y
déposaient leur harnois notamment quand ils étaient libérés après une captivité.
53 Voir Annexes.
54 L’étendard de Jeanne, confectionné par l’écossais Haulves Poulnoir, représentait le Christ en
majesté (Christ de l’Apocalypse) entouré de deux anges. À une époque où la symbolique religieuse
revêtait une grande importance, cette évocation de l’Apocalypse n’était pas neutre. Elle avait pour
but d’effrayer les Anglais. Au cours du procès, les juges reviendront sur cet étendard suspecté être
porteur de sortilèges.
55 Ces chevaux n’étaient pas destinés au combat mais servaient à des opérations de transport ou à
assurer les liaisons de la troupe.
56 Tribunal ecclésiastique compétent pour toutes les questions relatives aux sacrements.
57 Il s’agissait du duc Charles d’Orléans, fils du duc Louis d’Orléans assassiné par ordre de Jean sans
Peur. Il ne sera libéré qu’en 1440. Durant sa longue captivité en Angleterre, il s’adonna à la poésie.
Activité qu’il poursuivra à son retour en France.
58 Il s’agissait de Jacques Guillaume, un des responsables d’un complot visant à livrer Paris à Charles
VII.
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