Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

Alain Bournazel · Chapitre 29 sur 41

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Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

Mardi 27 février – Quatrième séance : Chambre de parement. Toujours la voix

Pour finir on lui demande si elle voulait avoir un habit de femme : « Donnez m’en un ; je le prendrai et je partirai ; autrement je ne le prendrai pas. Et je suis contente de celui-ci puisqu’il plaît à Dieu que je le porte ».

Mardi 27 février – Quatrième séance : Chambre de parement. Toujours la voix

Cinquante-cinq docteurs et maîtres sont présents. Cauchon lui enjoint une nouvelle fois de dire la vérité sur ce qu’on lui demanderait. Réponse : « Vous devez être content, j’ai assez juré ». Cauchon n’insiste pas. Beaupère, qui va de nouveau l’interroger, lui demande comment elle s’est portée depuis samedi dernier. Réponse teintée d’ironie : « Vous voyez bien comment je me suis portée. Je me suis portée le mieux que j’ai pu ».

Beaupère lui demande si elle a toujours jeuné le jour de carême. Puis le docteur reprend son insistant questionnement sur la voix. Il veut savoir si c’est la voix d’un ange, d’un saint ou de Dieu. Elle répondit que c’était la

voix de sainte Catherine et sainte Marguerite50 : « Et leurs figures sont couronnées de belles couronnes, très opulentes et très précieuses ». Comment sait-elle que ce sont elles ? Elle répond qu’elle les reconnaît par le salut qu’elles lui font. Beaupère lui demande de quelle étoffe elles sont vêtues, si elles ont le même âge, si elles parlent en même temps. Jeanne dit

qu’elle a eu réconfort de saint Michel51 qu’elle vit devant ses yeux, bien accompagné d’anges du ciel : « Quand ils me quittaient, je pleurais et j’aurais bien voulu qu’ils m’emportent avec eux ».

Puis elle est interrogée à nouveau sur l’habit d’homme. On lui demande si le commandement de prendre cet habit était licite. Réponse : « Tout ce que j’ai fait est par le commandement de Dieu et s’il m’avait commandé de prendre un autre habit, je l’aurais pris ». On lui demande s’il y avait un ange sur la tête de son roi quand elle le vit pour la première fois. Réponse : « Par Notre Dame ! S’il y était, je ne sais, et je ne l’ai point vu ». À la question comment le roi eut foi en ses dires, elle répond qu’il avait lui-même de bons signes. Elle est interrogée sur l’épée de Sainte-Catherine de

Fierbois52 qu’elle envoya chercher quand elle était à Tours. Comment savait-elle que cette épée était là ? Par ses voix, répond-elle. Cette épée était sous terre derrière l’autel. On lui demande si les noms de Jésus et de Marie portés sur son étendard sont écrits en haut, sur le côté ou en bas. Préfère-elle son épée ou son étendard ? Elle préfère quarante fois l’étendard à l’épée et elle le portait quand elle entrait parmi ses adversaires pour éviter de tuer quelqu’un et elle n’avait tué personne.