Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès
Jeudi 22 février – Deuxième séance publique : Salle de parement. Le tribunal s’intéresse à la voix
Cauchon interdit à Jeanne de quitter les prisons qui lui sont assignées dans le château de Rouen : « sous peine d’être convaincue du crime d’hérésie ». Manifestement, l’évêque commet un abus : une évasion de prison ne peut être considérée comme un crime d’hérésie. Jeanne rétorque qu’elle n’accepte pas cette interdiction en ajoutant que « si elle s’évadait, personne ne pourrait la blâmer pour avoir enfreint ou donné sa foi car elle n’avait donné sa foi à personne ». Elle se plaint ensuite d’être « détenue enchainée et avec des entraves de fer ». Cauchon lui rappelle qu’en d’autres prisons, elle a tenté de s’évader à plusieurs reprises et c’est pourquoi elle est sûrement et efficacement gardée et qu’elle est entravée de liens de fer. Elle répond : « Il est vrai qu’ailleurs, j’ai voulu et que je voudrais m’évader, comme il est licite à toute personne incarcérée ou prisonnière. »
Cauchon précise qu’il a commis à la garde de Jeanne, John Grey, écuyer du corps de notre seigneur le roi, et avec lui, John Berwoit et William Talbot, leur enjoignant de bien et fidèlement garder cette Jeanne, ne permettant à personne de parler avec elle sans sa permission, ce qu’ils jurèrent solennellement en touchant les Évangiles.
Jeanne est assignée à comparaître le lendemain, à 8 heures du matin, dans la salle de parement, au bout de la grande salle du château.
Jeudi 22 février – Deuxième séance publique : Salle de
parement.48 Le tribunal s’intéresse à la voix
Quarante-huit assesseurs participent à la séance
Jean Le Maistre, vicaire de l’Inquisiteur est présent. Sa présence a été requise par Cauchon : il assiste en tant qu’observateur mais précise qu’il approuve la poursuite de la procédure.
Pierre Cauchon demande à Jeanne de renouveler le serment qu’elle fit la veille et « qu’elle jura simplement et absolument de dire la vérité sur les questions qu’on lui poserait sur cette matière pour laquelle elle était accusée ». Elle répond : « Je vous ai fait ce serment hier, il doit bien vous suffire ». Cauchon insiste : « Personne, même un prince, interrogé en matière de foi, ne peut refuser de faire ce serment ». Jeanne persiste un temps dans son refus et finit par jurer « de dire la vérité sur les points qui toucheraient la foi ».