Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

Alain Bournazel · Chapitre 6 sur 41

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Jeanne d’Arc - La vérité sur un faux procès

La Normandie enjeu stratégique

Le conflit entre l’Angleterre et le France changea de nature au début du XIVe siècle. Philippe IV le Bel (roi de 1285 à 1314) eut trois fils, Louis X, Philippe V et Charles IV, qui régnèrent successivement mais moururent sans héritier mâle. Il eut également une fille, Isabelle, mariée à Édouard II d’Angleterre, qui donna naissance à Édouard III. Celui-ci, s’estimant par sa

mère le plus proche descendant de Philippe IV, réclama le trône de France20.

Mais considérant que le royaume de France ne pouvait être transmis par une femme, l’assemblée des barons, en février 1328, désigna comme roi Philippe VI qui était le fils de Charles de Valois, frère du roi Philippe IV. Dans un premier temps, Édouard III s’inclina et rendit hommage à Philippe VI, en 1329, pour la Guyenne et le Ponthieu, fiefs qu’il détenait dans le royaume de France. Mais, en 1337, Édouard dénonça cet hommage et réclama le royaume. La France enregistra deux cinglantes défaites.

La première intervint à Crécy, le 26 août 1346, où le roi Philippe VI s’enfuit du champ de bataille. La seconde se déroula, le 13 septembre 1356, à Poitiers, où le roi de France Jean II, dit le Bon (fils de Philippe VI) fut fait prisonnier par le Prince Noir (fils d’Édouard III). Pourtant le “honteux traité de Brétigny” qui sanctionna ces deux désastres ne remit pas en cause le

statut de la Normandie21.

Dans ces épreuves, la province resta fidèle à la couronne de France, ce qui témoigne de son ancrage dans le royaume. Certes, il y eut bien quelques seigneurs normands qui furent tentés par l’aventure anglaise, à l’instar de Godefroy d’Harcourt qui conseilla utilement Édouard III lorsqu’il débarqua en France, en 1346. Mais la grande majorité des chefs normands combattirent dans l’armée du roi de France et nombre d’entre eux périrent à Crécy, dont Jean IV, comte d’Harcourt, Charles, comte d’Alençon, et bien d’autres.

La Normandie enjeu stratégique

La Normandie est le territoire du royaume de France qui est le plus proche de l’Angleterre. Elle constitua une base opérationnelle pour les nombreuses tentatives – ratées – des rois de France pour renouveler l’exploit de Guillaume le Conquérant, celui d’un débarquement dans l’île. Elle servit de plate-forme à partir de laquelle les rois d’Angleterre réalisèrent des incursions nombreuses – et réussies – dans le royaume de France.

 

Parmi les premières,

mentionnons la tentative du dauphin Louis (le futur Louis VIII) pour s’emparer du royaume d’Angleterre et qui fut défait à Lincoln en 1217, ou l’imposante flotte de 200 nefs, mise sur pied par Philippe VI, qui sera détruite en juin 1330 à l’Écluse, ou encore le débarquement d’un corps expéditionnaire français en Écosse, en juin 1385, qui sera obligé de rembarquer à la suite d’une offensive anglaise. Pour les secondes, on peut citer les chevauchées dévastatrices du duc de Lancastre et de Robert Knowles pendant les années 1360-1370, et bien sûr celle d’Henri V qui conquit le royaume de France.