La libellule

Claudia Turgeon · Chapitre 4 sur 26

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La libellule

Chapitre 4

4

 

La routine familiale se réinstalle officiellement avec mon retour au travail.

Dès que je mets les pieds au cégep, un sentiment d’excitation me transperce. Avec ma nouvelle robe fleurie, j’avance, tout sourire, dans les corridors déserts. Comme d’habitude, c’est d’abord l’odeur citronnée des produits nettoyants qui vient chatouiller mon nez. Puis, les fenêtres grandes ouvertes laissent pénétrer les effluves du gazon fraîchement coupé. On entend d’ailleurs le tracteur à l’œuvre au loin. Le bruit de mes sandales retentit sur le plancher de terrazzo ciré qui n’attend que des étudiants pour le fouler. Quelques discussions étouffées entre collègues ragaillardis par les vacances parviennent à mes oreilles. Les corridors bientôt bondés apporteront le rythme plus soutenu que j’affectionne tout autant. Chaque chose en son temps. L’odeur caractéristique de la caféine me rappelle ce petit plaisir que je partagerai avec Josiane chaque lundi: c’est le seul jour où nos horaires s’accordent pour nous permettre de boire un café ensemble.

Après quelques salutations à des collègues, j’atteins mon bureau. J’y installe mon agenda, mes cahiers et mes stylos neufs avec minutie. Je trouve le précieux matériel pédagogique de la prochaine année posé sur mon bureau, et j’y ajoute les dossiers sur lesquels j’ai travaillé pendant les vacances. Je suis particulièrement fébrile, cette année. Après avoir suivi quelques formations et avoir passé les derniers mois à m’y préparer, j’implante une nouvelle approche de classe inversée pour mon cours de biologie. Les étudiants seront au centre de leurs apprentissages: ils devront visionner des capsules narrées que j’ai enregistrées et lire des documents avant chaque cours. En bref, ils voient la théorie par eux-mêmes à la maison et on la met en pratique en classe. La direction m’a donné son aval pour un projet pilote, avec l’obligation d’évaluer l’appréciation des étudiants à différents moments de la session. De plus, leurs résultats seront comparés à ceux de classes dont l’enseignement demeurera magistral. C’est à la fois excitant et stressant. Mes étudiants visent généralement à entrer dans des programmes universitaires contingentés, ce qui les rend anxieux par rapport à leurs notes. Souvent, ils résistent avec véhémence aux changements de méthodes pédagogiques, puisqu’ils perdent des repères installés depuis l’enfance.

Perdue dans mes pensées, je n’aperçois pas que le conseiller pédagogique qui m’a aidée à réviser tout mon cours se tient dans l’embrasure de la porte. Quand je lève la tête, j’ai l’impression qu’il m’observe sans parler. Je fronce les sourcils, il dénote l’interrogation dans mon visage. Le malaise est palpable.

— Émilie! Je voulais juste te souhaiter une excellente rentrée, bafouille Maxime, surpris.

— Merci. Pareillement.

— Je suis disponible si tu as besoin que j’assiste à tes premiers cours. Ça me ferait plaisir de te soutenir avec l’implantation de la classe inversée, balbutie-t-il en passant la main dans ses cheveux.

Il paraît nerveux. J’ai à peine le temps d’ouvrir la bouche que Josiane débarque avec sa fougue habituelle. Maxime, de nature réservée, prétexte une réunion pour s’enfuir. Je n’ai pas le temps d’ajouter quelque chose qu’il s’éloigne déjà dans le corridor.

— Est-ce que j’hallucine ou Maxime est bizarre? Qu’est-ce qui se passe avec lui?

— Je sais pas. J’ai entendu dire qu’il s’était séparé de sa blonde cet été, me lance Josiane sur un ton désintéressé.

— Oh, d’accord. C’est peut-être ça.

— Quoi? s’étonne Josiane, dont l’intérêt est ravivé. Est-ce qu’il flirtait avec toi?

— Non, je pense pas qu’il flirtait. Il est tellement réservé! Il se montrait juste aimable.

— Si tu le dis. Moi, je crois qu’il y a anguille sous roche.

Notre collègue Thierry arrive à ce moment. Fidèle à ses habitudes, il interrompt notre conversation.

— On fait le party sans moi, ici? Alors, comment vont les deux plus belles profs du cégep?

Je ne suis pas surprise quand Josiane, dos à Thierry, roule des yeux et mime l’envie de vomir avant de se retourner avec un faux sourire.

— Quelle surprise de vous voir ici de si bonne heure! Comment allez-vous? lance-t-elle d’un air hautain.

— Depuis quand tu me vouvoies?

— Oh non, j’utilisais la deuxième personne du pluriel simplement pour m’adresser à ton ego et à toi. Il faut l’avouer, il occupe beaucoup de place dans une discussion.

Josiane me laisse pantoise. Elle prend la poudre d’escampette sans lui permettre de répliquer et elle me lance:

— Bye, bella! On se voit plus tard.

Abasourdie par son abandon, je n’ai pas le temps de rouspéter. Cela n’a pas l’air de déstabiliser Thierry outre mesure et il fait comme si Josiane n’avait jamais été présente:

— Alors, Émilie, prête pour le barbecue de la rentrée?

— Bien sûr, je manquerai pas cette tradition du collège.

Je me demande comment on peut ne pas être prête pour un barbecue si on n’a rien d’autre à faire que de se présenter – une question vide qui entraîne une réponse tout aussi vide. Notre Thierry est maître dans l’art de parler sans avoir de réels sujets de discussion, ce qui me sidère chaque fois, surtout de la part d’un professeur de philosophie. Je serais curieuse de connaître le déroulement de ses cours… Il interrompt mes pensées:

— Parlant de party, connais-tu le drink préféré de Josiane?

— Mojito. Pourquoi?

Je fronce les sourcils. Il élude ma question en interpellant une autre collègue dans le corridor. Quelle impolitesse! Je ne sais même pas pourquoi cela me surprend encore.

 

L’abondance de réunions prévues cette semaine m’étourdit, et le temps à ma disposition pour mettre au point ma nouvelle formule d’enseignement se raréfie au fil des jours. Je savais que la première année serait la plus exigeante: j’ai déjà passé un nombre incalculable d’heures à monter et à réviser des capsules narrées, à sélectionner des vidéos pertinentes, à trier des lectures qui constitueraient les connaissances de base à s’approprier avant les cours et à préparer les exercices que nous ferons en classe. Toutefois, je n’avais pas anticipé le nombre vertigineux de détails à régler, ce qui engouffre de précieuses heures de mon temps.

Jeudi arrive donc trop rapidement à mon goût, en plus de s’annoncer chargé. Mon horaire étant plus flexible que celui d’Olivier, je me suis offerte pour aller rencontrer la nouvelle éducatrice de Florence avant de me rendre au souper de la rentrée avec mes collègues. De son côté, il récupérera les filles et s’en occupera pour la soirée. Je quitte donc le cégep vers 15 h 15 pour me rendre à la garderie.

Camille m’accueille avec son sourire bienveillant et m’invite à m’asseoir sur une chaise beaucoup trop petite pour l’adulte que je suis. Le local est tapissé de coccinelles et de sauterelles, et sent la gouache utilisée plus tôt par les enfants. Elle entame la discussion:

— Je suis super contente que Florence soit dans les coccinelles pour sa dernière année à la garderie. On se voit aujourd’hui pour que je puisse avoir un portrait de votre petite cocotte et m’assurer de lui faire une belle place dans mon groupe.

Camille vient tout juste de finir ses études. Elle explique le fonctionnement de la rencontre davantage pour elle que pour moi – j’assiste à ma quatrième réunion de parents pour Florence, alors je suis une habituée. Après lui avoir parlé de ma petite fille débordante d’énergie et d’émotions, j’arrive à la partie qui me stresse le plus:

— Comme tu as dû le voir dans son dossier, Florence est allergique au lait et aux noix. Elle a un auto-injecteur qui doit toujours être à portée de main.

— Oui, j’ai bien vu ça. Si ça peut vous rassurer, je viens juste de faire mon cours de RCR, et ma petite sœur a plusieurs allergies alimentaires. Je suis bien à l’aise pour reconnaître les symptômes. Je sais qu’il faut qu’un seul système soit atteint sévèrement ou la combinaison de deux systèmes pour procéder à l’injection.

C’est un ange descendu du ciel! Je m’emballe, moi qui m’attendais à devoir expliquer tout cela. Les gens sont formés pour injecter, mais la reconnaissance des symptômes demeure parfois difficile! Même pour les parents. On se voit comme un pourvoyeur de câlins et de bons soins, alors on s’imagine mal faire un geste aussi intense que d’enfoncer une aiguille dans la cuisse de son enfant. Administrer l’auto-injecteur, c’est admettre que l’enfant est peut-être en train de mourir sous nos yeux. On n’est jamais vraiment prêt à faire face à cette situation.

— Génial! Tu peux pas savoir comme je suis soulagée de te savoir si bien informée.

En terminant, je vérifie qu’elle appliquera le même protocole que les années passées: le dossard sur la chaise de Florence, la vaisselle de couleur différente de celle des autres enfants du groupe, et le fait que ma fille sera toujours assise à côté de l’éducatrice lors des collations et des repas pour éviter les accidents avec les amis.

Je sors rassurée de la rencontre. Maintenant, ma prochaine mission consiste à me faufiler hors de la garderie sans croiser ni Charlotte ni Florence, et à me rendre illico à mon souper de la rentrée. Olivier devrait les récupérer dans une vingtaine de minutes. Je passe la première porte avec succès après avoir regardé de droite à gauche. Je fonce tête baissée vers la porte extérieure, imaginant déjà le goût acidulé de mon verre de vin.

— MAMAN!

Je lève les yeux vers le deuxième palier de l’escalier que j’ai négligé de contrôler avant ma fuite et j’aperçois ma belle bouclée aux yeux verts, tout sourire. Je parie que Charlotte ne voudra pas que je la quitte après nous être croisées à cette heure de la journée. Je tente de poursuivre ma lancée en la saluant et en la gratifiant de mon plus beau sourire, mais elle se met à hurler en voyant que je m’éloigne. Je me sens mal de laisser l’éducatrice dans le pétrin, surtout qu’il s’agit d’une remplaçante. Espérant toujours pouvoir quitter la garderie après un câlin, je décide d’aller la consoler pendant que l’éducatrice progresse dans l’escalier avec les sept autres cocos. Charlotte n’est pas dupe:

— Maman, je veux aller avec toi!

La promesse que papa sera là dans quinze minutes ne suffit pas à la rassurer. Je me sens comme une mère sans capacité parentale qui n’arrive pas à raisonner son enfant, et je décide d’acheter le silence. Par texto, je dis à Olivier de se rendre directement à la maison et que je vais ramener les enfants. Je perdrai moins de temps de cette façon. Je me rends donc avec Charlotte au local de Florence pour lui faire la surprise d’un départ hâtif.

— Allo, ma chouette! dis-je, enjouée.

Florence s’amuse dans un bac d’eau avec des insectes en plastique – une occupation beaucoup plus intéressante que de partir plus tôt que d’habitude. Charlotte me tire la main et affirme qu’elle est assoiffée. Je la comprends, elle a tellement crié dans l’escalier! Je lui demande de patienter jusqu’à la fontaine du vestiaire. Pendant ce temps, Florence refuse de ramasser les jouets et de me suivre à la maison. Je capote! L’une me somme de la ramener alors que l’autre refuse d’obtempérer. Je ne songe qu’à boire un verre de vin à mon party qui est commencé. C’est sûr, je suis la pire mère au monde – je dispose d’une certaine facilité pour l’autoflagellation, mais c’est un autre dossier qu’il me faudra gérer un jour.

Josiane va m’arracher la tête si je la laisse trop longtemps en solo, avec le risque que Thierry la choisisse comme public pour faire déferler ses opinions sur tous les sujets d’actualité. Mon cellulaire retentit; Olivier me répond par texto qu’il est en route vers la maison, mais je ne suis même pas partie de la garderie. Josiane m’envoie une photo d’elle qui fait semblant de vider une bouteille de tequila avec Thierry en arrière-plan.

Josiane: Amène tes fesses!

L’heure est aux stratégies de discipline parentale douteuse:

— Charlotte, tu pourras prendre ma gourde dans l’auto, dis-je en sachant très bien qu’elle renversera de l’eau sur elle. Florence, tu viens tout de suite, sinon je coupe l’histoire du soir.

— Pas grave, c’est papa qui s’occupe de nous ce soir, me teste Florence.

Je fulmine.

— Parfait, alors je m’en vais avec Charlotte. Tu demanderas à papa de venir te chercher, mais comme il est déjà rendu à la maison, ça se peut que tu doives faire dodo à la garderie.

L’éducatrice ne se retourne pas, mais elle me juge assurément; j’ai vu la légère flexion de ses épaules… Florence me jette un regard pour vérifier si je vais appliquer ma menace. Je prends la main de Charlotte et je commence à m’éloigner.

— Mais j’ai trop soif, maman, se plaint de nouveau Charlotte.

— Ma gourde est dans l’auto. Tu peux attendre quelques minutes.

Ce n’est que lorsque j’ouvre la porte de l’escalier que Florence se met à paniquer.

— Attends, attends! Je veux pas dormir ici cette nuit, sanglote-t-elle.

L’éducatrice ainsi que deux autres parents se retournent, l’air de se demander ce que ma fille a bien pu faire de si terrible pour se faire menacer de passer la nuit à la garderie. Je ne suis pas fière de mon stratagème, mais je n’avais pas d’autre option en tête. Nous nous dirigeons enfin vers la voiture.

Pour ma part, je suis vidée.

À la maison, Olivier m’accueille d’un air indigné en me demandant où j’étais passée.

— Ça fait presque quinze minutes que je suis arrivé!

— Désolée d’avoir voulu éviter que l’éducatrice de Charlotte gère la mégacrise de bacon quand elle m’a vue sortir de la rencontre avec l’éducatrice de Florence, dis-je sèchement.

— Oh oui! la rencontre! Ça s’est bien passé? me demande-t-il avec l’air piteux du gars qui a oublié que j’y allais seule.

— Oui, on pouvait pas mieux tomber. La petite sœur de l’éducatrice a des allergies. Elle sait déjà reconnaître les symptômes. C’est un gros poids de moins sur nos épaules!

— Quelle belle nouvelle!

— Alors je peux aller à mon barbecue, maintenant? dis-je en tentant de me recoiffer.

Pas de réponse. Je lâche mon chignon récalcitrant et je me retourne pour le regarder:

— Tu sais, celui dans notre calendrier partagé? Celui dont je t’ai parlé ce matin.

— Hi! merde!

— QUOI? T’as pas oublié, quand même! Ça fait quinze minutes que tu es arrivé, alors j’imagine que tu as pris de l’avance sur le souper…

Bruits de criquets.

— Franchement, Olivier! dis-je en songeant déjà à ce que je pourrais faire pour l’aider. Je sors quatre fois par année. Pourrais-tu avoir un minimum de considération pour mes sorties?

Je traverse la pièce pour examiner le contenu du frigo dans l’espoir d’y trouver une idée de repas de dernière minute.

— Je suis désolé. J’ai oublié de regarder le calendrier.

— Visiblement, tu as aussi oublié de regarder le rappel qui a dû s’afficher sur ta montre, vu que j’avais programmé une alarme.

— En effet, murmure-t-il.

Je change d’idée: qu’il se débrouille! Furieuse, je quitte la maison. Avant de démarrer ma voiture, je texte Josiane:

Émilie: Garde-moi de la tequila, je vais en avoir besoin.

 

J’arrive enfin au party où se mélangent l’odeur de la bière et celle des agrumes qui flottent dans le gigantesque pot de sangria. En avançant entre mes collègues, je détache mon chignon et j’applique le brillant à lèvres retrouvé par hasard au fond de mon sac. J’espère ainsi donner l’impression que je concilie parfaitement travail et famille et que j’ai eu le temps de m’arranger avant de me rendre à la fête… avec une heure de retard. Malgré tout, j’ai un air qui décourage même Thierry de venir me parler. Voyons cela positivement: il nous laissera sans doute tranquilles ce soir. C’est au moins ça de gagné.

Josiane me repère et accourt avec un verre de vin blanc. Elle me connaît trop bien. J’envie ses yeux pétillants et sa coiffure impeccable. Je me sens un peu fade à ses côtés, ce soir, avec mes cernes qui se creusent au fil des nuits incomplètes.

— Alors, que s’est-il passé pour que tu veuilles boire de la tequila? ricane-t-elle.

Elle sait très bien que l’une des deux seules brosses que j’ai prises dans ma vie était avec cet alcool et que je ne pourrai plus jamais en consommer.

— Les filles m’ont fait une crise à la garderie, l’une après l’autre. Il a fallu que je menace Flo de la laisser dormir là pour qu’elle me suive.

— Hon!

— Ouais. Et quand je suis arrivée à la maison, Olivier avait oublié qu’il s’occupait des filles ce soir.

— Le vilain garçon!

— Mais bon, party time! Et toi? Comment tu vas, ma belle amie?

— Il était temps que tu arrives, Thierry arrête pas de m’offrir des mojitos.

— Oups.

— Oups? Émilie Dubois!

— C’est pas de ma faute, dis-je avec les yeux du Chat botté. Lundi, quand tu m’as abandonnée avec Thierry, il m’a demandé c’était quoi ton drink préféré. Il m’a prise au dépourvu.

— Nooooon! Pas ça! Ma meilleure amie qui me trahit! dit-elle en faisant semblant de se planter un couteau dans le cœur.

— Et toi, tu as manqué notre traditionnel café de la rentrée à cause de Thierry. C’est impardonnable.

— Disons qu’on est quittes. Hey! on dirait que Maxime-le-nouveau-célibataire va venir te parler! Regarde, dit-elle en pointant le sujet concerné.

Maxime, voyant qu’il est devenu le sujet de notre discussion, bifurque vers le bar. Son verre est encore rempli à moitié. Je plaisante:

— Peut-être que je devrais flirter avec lui pour voir si je peux trouver un remplaçant à Olivier.

— Émilie! Tu peux pas divorcer, s’indigne-t-elle. Vous êtes mon modèle, Oli et toi. Si votre couple s’effondre, je pourrai plus croire à l’amour.

— Pff! tu exagères. On est vraiment pas parfaits. Et toi, comment vont les discussions avec Mélissa par rapport au bébé?

— Bof! Comme je lui en ai pas reparlé, il y a un froid glacial chez nous.

— Sais-tu ce qu’on va faire? On met tout ça de côté pour ce soir, on danse et on boit des mojitos que nous nous payerons, dis-je en l’empoignant pour la traîner sur la piste de danse de fortune où quelques collègues se trouvent déjà.

— Oh yeah! Tu as raison: c’est notre soirée. I drink to that!

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