La mort de Vivek Oji

Akwaeke Emezi · Chapitre 13 sur 27

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La mort de Vivek Oji

XIV. Vivek

XIV

 

Vivek

 

Si je n’aimais pas déjà Osita, je l’aurais aimé pour ce seul soir-là. Pour

être venu me trouver, pour m’avoir ramené à la raison par ses baisers. Pour

s’être entièrement, violemment ouvert, pour m’avoir confié son secret.

Plus tard cette nuit-là, je me suis réveillé alors qu’il m’embrassait dans le

cou en prenant son temps. C’est avec douceur qu’il a empoigné mon caftan

pour le retrousser, avec douceur qu’il m’a touché de ses mains humectées

de salive, qu’il m’a pénétré – on aurait pu croire que c’était ma première

fois, pas la sienne.

Les draps glissaient de manière infime sous nos corps. J’ai tourné la tête

pour le regarder. « Je ne vais pas me briser, tu sais. »

Osita s’est lentement balancé en moi. « Je sais.

— Je suis sérieux. » J’avais du mal à réfléchir, tant sa peau m’enveloppait.

« Tu n’es pas obligé d’y aller mollo. »

Il s’est enfoncé davantage, merveilleusement, un centimètre après l’autre,

et j’ai gémi. « Je sais, a-t-il répété d’une voix chargée d’émotion. Pour

l’instant, prends déjà ça. »

 

Je sais ce qu’il se dit des hommes qui laissent d’autres hommes les

pénétrer. Des choses horribles ; des mots horribles. On les traite de femmes,

comme si cela aussi était censé être horrible.

J’entendais cela depuis le collège, et je savais ce que cette nuit-là devait

supposément faire de moi. Moins qu’un homme – une créature répugnante,

une créature faible et honteuse. Mais si ce plaisir était censé m’empêcher

d’être un homme, alors cela m’allait. Les autres pouvaient penser ce qu’ils

voulaient. Pour ma part, je prendrais la lumière aveuglante du contact de ses

mains, la paix bénie que je goûtais à le sentir si proche, et je cesserais d’être

un homme.

Je n’en avais jamais été un, de toute manière.

 

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