La mort de Vivek Oji
Chapitre V
Après la mort de Vivek, Osita se rendit à Port Harcourt et but tant et si
bien que ces journées furent comme sabotées dans sa mémoire. Il ne dit à
personne où il allait et, lorsqu’il arriva là-bas, personne ne se soucia de
savoir d’où il venait ni de connaître les raisons de sa venue. Il était grand, à
la peau impeccablement sombre, musclé et beau, généreux quand il
s’agissait de payer à boire, de telle sorte que les employés des raffineries de
pétrole qu’il se mit à fréquenter passaient volontiers du temps en sa
compagnie. Il y eut des chambres d’hôtel et quelques femmes, le souvenir
d’une haute pile de verres sales vacillant avant de s’effondrer dans un évier
et de s’y briser, puis des rires déformés. Osita regarda les débris de verre
rebondir. Couché sur le dos, il sentit la moquette sous lui et un goût infect
dans sa bouche, comme si quelqu’un y avait vomi. Une fille lui enfourcha
les hanches et inclina son visage vers le sien, mais elle s’estompa et
disparut.
Plus tard, il flottait sur une grosse bouée dans la piscine d’un inconnu, ses
mains et ses pieds traînant dans l’eau. Près de lui, une femme chauve faisait
du surplace. « Tu pleures », lui dit-elle. Ce fut à cet instant qu’Osita
remarqua que des larmes coulaient dans ses oreilles. Le soir tombait et la
lumière s’estompait. « Il pleut », répondit-il d’une voix pâteuse.
Elle rit. « Il ne pleut pas.
— Il pleut au fond de moi », dit-il et une vague d’obscurité le submergea.
Au réveil, il était sur un transat, allongé sur le ventre, la tête tournée de
côté. Près de lui, sur le ciment, on avait recouvert son vomi qui séchait d’un
petit tas de sable. Il n’y avait personne d’autre autour de la piscine. Osita se
rassit et vit une bouteille de schnaps que quelqu’un avait laissée par terre. Il
en restait encore un quart.
Il but davantage encore.
Il disparut pendant quelques semaines et, si on le retrouva, ce fut
simplement parce que sa tante partit à sa recherche à Port Harcourt. L’une des Nigerwives qui vivait dans cette ville mit Kavita en relation avec un
chauffeur de taxi qui y connaissait tout le monde.
« Il est grand, indiqua-t-elle à ce dernier. Très noir. Gorimakpa. Et l’une de
ses incisives est ébréchée. »
Au bout de deux jours, le chauffeur la conduisit dans l’un des hôtels. Parce
qu’elle était indienne, furieuse, et qu’elle formulait ses exigences en élevant
la voix, le réceptionniste lui permit très vite de se rendre à l’étage. Quand
on déverrouilla la porte située presque au bout du couloir, Kavita entra et
découvrit Osita étendu sur le lit, ronflant bruyamment, sa respiration
gargouillant dans sa poitrine. L’odeur qui régnait dans la chambre la fit
tressaillir, et elle lui donna un petit coup sur l’épaule. Le jeune homme se
redressa d’un bond, grommela, affolé, et se frotta les yeux. Cela faisait des
jours qu’il ne s’était pas rasé ; cheveux et poils drus se répandaient depuis
la courbe de son crâne jusqu’à son menton.
« Tantie Kavita ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
— Enfile tes vêtements. Je te ramène chez nous. »
Il se leva, obéissant machinalement, alors même que la tête lui tournait.
« J’ai besoin de cinq minutes », répondit-il ; d’un pas trébuchant, il se
dirigea en boxer-short vers la salle de bains, et Kavita l’observa. Il lui était
impossible de voir Osita sans voir son fils, Vivek – tous deux enfants, assis
ensemble à la table de la salle à manger, courant à travers sa maison avec
leurs figurines de catcheurs, se bagarrant sur le tapis du salon. Quand
Kavita s’était vainement mise en quête de la petite amulette que Vivek
portait autour du cou, Osita avait été la première personne à laquelle elle
avait pensé.
L’amulette avait déjà disparu avant l’enterrement, mais Kavita n’avait
alors pas voulu la chercher minutieusement. Si elle l’avait trouvée trop tôt,
elle aurait été obligée d’inhumer Vivek avec ; même Chika avait remarqué
son absence. En revanche, si elle la trouvait plus tard, elle pourrait la
conserver. Après les obsèques, elle fouilla la chambre de Vivek, mais
l’amulette n’y était pas. Elle appela Maja, Rhatha et Ruby pour qu’elles
demandent à leurs filles si l’une d’elles avait vu l’objet. Toutes répondirent
par la négative. Il ne restait plus qu’Osita et, puisque Kavita n’adressait plus
la parole à Mary, elle poussa Chika à appeler Ekene et à lui poser la
question.
« Nous n’avons pas vu Osita, dit Ekene. Nous sommes même un peu inquiets. Il nous a appris qu’il partait à Port Harcourt pour le travail, mais,
depuis, nous n’avons plus de nouvelles. Ça ne lui ressemble pas de se
comporter ainsi. Mary affirme qu’il buvait beaucoup avant son départ.
J’ignore ce que ce garçon va devenir. »
Chika estimait qu’il était ridicule de poursuivre ainsi Osita. « Il a vingt-
trois ans, ce n’est plus un enfant. Laisse cet homme tranquille. » Kavita
l’ignora et se rendit malgré tout à Port Harcourt. Elle devait retrouver cette
amulette.
À présent, dans la chambre d’hôtel de son neveu, elle éprouvait un brin de
jalousie. Si elle avait pu s’enfuir et s’effondrer ainsi, faire Dieu sait quoi
avec Dieu sait qui, elle n’aurait pas hésité un instant. Mais elle avait un
mari et, si incapable fût-il, elle n’avait pas envie de le quitter, pas
maintenant.
Kavita entendit l’eau qui commençait à couler du pommeau de douche,
puis le gargouillis plus sonore de son neveu qui urinait dans la cuvette des
toilettes. Elle parcourut la pièce du regard, les vêtements et sous-vêtements
qui jonchaient le sol, les bouteilles vides et les emballages de préservatif, et
grimaça à la vue d’une capote usagée qui gisait près du lit. Mary piquerait
une crise si elle était là, songea Kavita. Sa belle-sœur lui manquait parfois,
mais, chaque fois que cette douleur réapparaissait en son sein, elle se
rappelait que la Mary d’aujourd’hui n’était plus celle qu’elle avait connue
des années plus tôt. Tu as perdu cette sœur il y a bien longtemps ; elle a
disparu, tout comme Ahunna. À la différence que son corps continue d’être
présent dans ce monde.
Les bruits d’eau cessèrent dans la salle de bains, et Osita en sortit quelques
minutes plus tard, vêtu d’un jean et d’un tee-shirt. Kavita le regarda
rassembler ses affaires éparpillées et les fourrer dans sa valise. Lorsqu’il
ramassa les emballages et le vieux préservatif pour les jeter dans la
corbeille à papier, son embarras fut manifeste, mais sa tante ne dit rien, de
telle sorte qu’il garda lui aussi le silence, non sans gratitude.
« Je suis prêt », annonça-t-il en faisant glisser la fermeture éclair de son
bagage et en le redressant. Kavita acquiesça d’un signe de tête et Osita
contempla la chambre une dernière fois pendant qu’ils en sortaient.
Alors qu’ils quittaient Port Harcourt, Osita appuya la tête contre la fenêtre
de la voiture et dormit par intermittence, des éclats de réminiscences scintillant dans son esprit. Il était étrange qu’il se soit trouvé dans cet hôtel
– il ne se rappelait même pas y être descendu. Il avait été soulagé de voir les
emballages de préservatif, mais il ne se souvenait que vaguement d’en avoir
utilisé. La situation était devenue plus étrange encore quand sa tante était
apparue, lui semblant à peine réelle ; il l’avait pourtant suivie comme si elle
incarnait son salut et, maintenant, ils rentraient chez eux.
Osita pressa son front contre la vitre cependant qu’un souvenir flou
s’efforçait de refaire surface. Il y avait eu un homme. Osita se frotta les
yeux et tâcha de resituer cette image. Oui, il y avait assurément eu un
homme, dans cette même chambre d’hôtel. Petit et trapu, musclé et poilu.
Un Libanais. Osita se rappela confusément le moment où l’inconnu l’avait
déshabillé, puis avait ôté sa propre chemise et dévoilé un gros ventre ferme.
Sa voix, qui n’était pas familière à Osita, affirma qu’il était beau, si noir et
si beau. Osita était resté muet, la tête lui tournant, ses bras et ses jambes se
mouvant gauchement. Des éclats de réminiscences : la sueur de l’homme
emmêlée aux poils de leurs torses respectifs tandis qu’il écrasait Osita de
son poids, un brouillard de voix haussées d’un ton. La joue d’Osita plaquée
contre le matelas, une main le forçant à incliner la nuque, les hanches de
l’homme poussant, fouillant. Des grognements bourrus, un élancement, une
flambée de rage.
Dans la voiture, Osita s’écarta brusquement de la vitre et observa sa main
droite. Elle était enflée. Alors qu’il l’examinait et qu’une douleur sourde
s’insinuait le long de son bras, il se rappela s’être redressé du lit avec un
mugissement, sa main gauche s’enroulant autour de la gorge du Libanais,
puis avoir vu les yeux de celui-ci se vider de leur expression de puissance
railleuse, remplacée par une peur écœurante. L’homme avait cru Osita trop
ivre pour résister, mais le jeune homme était beaucoup plus grand que lui,
beaucoup plus costaud, animé par un chagrin insensé prêt à se transformer
en fureur. Tenant le Libanais par la gorge, il l’avait frappé au visage de sa
main libre, faisant pleuvoir une volée de coups brefs et précis qui avaient
fendu le sourcil de l’inconnu et baigné sa joue de sang. L’obscurité avait de
nouveau englouti Osita et, dans le souvenir suivant, l’homme sortait de la
chambre en titubant et en jurant bruyamment, ses vêtements pressés contre
son torse.
Osita s’était écroulé sur le lit, où Kavita l’avait réveillé. Maintenant qu’il y
repensait, c’était une bonne chose qu’elle soit arrivée à ce moment-là. Il pressentait que le Libanais serait revenu – les gens réagissent mal quand on
les dépossède, par la force, de leur pouvoir. Osita tint délicatement sa main
contre lui, étonné de ne pas l’avoir remarquée sous la douche. La douleur,
alors diffuse – son corps entier, au-dedans comme au-dehors, lui faisait
mal –, était à présent intense et aiguë. Kavita examina gentiment la main
meurtrie, sans prêter attention à la grimace de son neveu. Elle fouilla dans
son sac, en tira du Panadol et une bouteille d’eau. « Tiens », dit-elle. Osita
avala docilement le comprimé. Le gouffre dans sa poitrine était rongé de
douleur tandis qu’il comparait la façon dont Vivek le touchait autrefois avec
celle dont l’inconnu l’avait malmené dans la chambre d’hôtel. Il y avait eu
une fête, il se la remémorait maintenant, et tous les invités s’étaient
lentement dispersés ; seul le Libanais était resté, ses mains avides « aidant »
Osita à se mettre au lit. Durant son séjour à Port Harcourt, Osita n’avait
couché qu’avec des femmes – c’était ainsi depuis la mort de Vivek. Cela lui
paraissait moins risqué, comme s’il n’offrait aucune part essentielle de lui-
même : ni son âme ni son cœur, seulement son corps, qui de toute façon
n’importait pas. C’était pour cette raison que l’agression de l’inconnu lui
avait paru particulièrement violente, et Osita était content de l’avoir passé à
tabac.
Putain d’étranger, qui avait cru pouvoir prendre tout ce qu’il voulait.
Aucun homme n’avait posé la main sur Osita depuis la mort de Vivek et, vu
ce qu’il éprouvait à présent, il était probable qu’aucun autre ne le toucherait
plus.
Il appuya la tête contre l’épaule de Kavita. Elle lui tapota la joue. « Essaie
de dormir, ça bouchonne », dit-elle. Osita ferma les yeux, et la fin du trajet
vers Ngwa se déroula en silence.
L’amulette que Kavita cherchait était un cadeau reçu du Dr Khatri quand
Vivek était encore bébé. Elle était en argent, représentait Ganesh et pendait
au bout d’une fine chaîne, en argent elle aussi. « Donne-la à ton fils, avait-il
dit. Qu’il ne l’enlève jamais. » Kavita se rappelait encore la chaleur des
mains de son oncle lorsqu’il avait pressé le bijou entre les siennes, le
pendentif octogonal lui rentrant légèrement dans la paume. « Promets-le-
moi, beti. »
Même si Kavita s’était convertie au catholicisme, même si l’amulette était
une idole, elle consentit. Elle la garda pendant plusieurs années, craignant que Vivek, petit enfant, ne l’avale et ne s’étrangle. Le jour où enfin elle la
lui remit, alors qu’il avait six ans, Vivek regarda sa mère de ses yeux
sombres et sérieux et insista pour passer lui-même le pendentif. Lorsqu’il
leva la chaîne au-dessus de sa tête et la laissa retomber, ses mains
accomplirent des gestes semblables à un rituel. À partir de cet instant,
Ganesh reposa juste au-dessous du creux situé entre ses clavicules ;
cependant, quand son corps était apparu devant leur porte d’entrée,
l’amulette ne s’y trouvait plus. Après l’enterrement, Chika jugea qu’elle
avait dû être volée, oui, immanquablement – c’était de l’argent, de l’argent
véritable, pas une breloque plaquée argent. Mais Kavita ne voulut rien
entendre. Elle n’avait pas pu être volée ni avoir été perdue. Vivek avait dû
l’ôter et la ranger quelque part.
« Il ne l’enlevait jamais, tu le sais bien. » Chika, qui n’avait pas pris la
peine de se lever du lit, suivait des yeux sa femme occupée à fouiller dans
sa coiffeuse. « Qu’est-ce qu’elle ferait là-dedans ? ajouta-t-il. Tu te
comportes de façon absurde.
— Tais-toi ! cria-t-elle. Tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce qui s’est passé. Tu
ne sais pas où il l’a mise ! Si tu ne veux pas m’aider, alors laisse-moi
tranquille. » Chika secoua la tête et se tourna sur le côté, dos à elle,
l’abandonnant à sa folie. L’inanité de la situation l’avait privé de toute
énergie.
Kavita n’avait pas le temps de parler à son mari. Ses amis l’appelaient
pour prendre de ses nouvelles ; même Eloise avait téléphoné à quelques
reprises pour savoir comment il allait. Kavita n’avait qu’une pensée en tête :
retrouver l’amulette. Elle espérait qu’Osita saurait où elle était.
« Tu peux rester aussi longtemps que tu voudras, lui dit-elle lorsqu’ils
arrivèrent chez elle. Aide-moi à fouiller sa chambre. Tu vois à quoi
ressemble le pendentif, n’est-ce pas ? Le bijou en argent ? »
Osita opina du chef. « Celui qui représente le dieu à tête d’éléphant.
— Oui, tout à fait. S’il l’a enlevé, il a dû le ranger en lieu sûr. J’ai cherché,
mais je vous connais, vous autres, les garçons. Il doit y avoir une cachette
spéciale, un endroit où je n’ai pas encore regardé. » Un espoir désespéré
illuminait son visage.
Cela mit Osita mal à l’aise. Tout comme Chika, il savait que Vivek
n’enlevait jamais son pendentif, mais le dire à Kavita n’aurait servi à rien,
c’était évident. Lorsqu’il fallut entrer dans la chambre de Vivek, Osita s’immobilisa dans l’embrasure de la porte ; sa peau le picotait. Il était
étrange de se trouver là, dans ce nouvel espace vide. Il regarda les rideaux
de velours lie-de-vin qui empêchaient le soleil de pénétrer et se remémora
les après-midi passés dans cette pièce – à échafauder, enfants, des guerres
compliquées sur le couvre-lit, à écouter de la musique, à discuter de leurs
amourettes. Puis, des années plus tard, après que Vivek était revenu de
l’université, ces rares après-midi lors desquels ils n’étaient ni chez Juju ni
dans le bungalow des domestiques, quand ils refermaient les rideaux de
velours et restaient allongés dans le noir en chuchotant. À présent, l’air de
la chambre avait un goût de poussière et de solitude.
Kavita jeta un coup d’œil à Osita, qui franchit le seuil en se grattant la tête.
« Euh, peut-être là ? suggéra-t-il en se dirigeant vers la bibliothèque. Il
cachait souvent des choses à l’intérieur de ses livres.
— Dans n’importe lesquels ? » Kavita se tenait près de son épaule et
scrutait les étagères.
« Non. » Osita en prit un : l’exemplaire de The Beautyful Ones Are Not Yet
Born6 d’Ayi Kwei Armah qui avait appartenu à Vivek. « D’habitude, c’était
juste dans celui-ci », dit-il en l’ouvrant. Alors qu’il le feuilletait, une fleur
séchée en tomba, et Kavita la rattrapa soigneusement. Elle la tourna et la
retourna entre ses doigts pendant qu’Osita subtilisait quelques lettres
rangées entre les pages du livre et les glissait dans sa poche. « L’amulette
n’y est pas », dit-il. Kavita leva les yeux, déçue, et posa la fleur sur une
étagère.
« Tu en es sûr ? » Osita lui tendit l’ouvrage. Elle l’examina lentement,
puis le secoua, comme si le pendentif allait jaillir d’entre les pages. « Il n’y
a pas un autre endroit où il aurait pu le conserver ? »
Osita fit mine de réfléchir en embrassant de nouveau la pièce des yeux. Ce
petit numéro le déprimait, tout particulièrement parce qu’il savait qu’il se
terminerait mal pour sa tante. Il s’approcha du lit et souleva le matelas pour
vérifier en dessous.
« J’ai déjà regardé, précisa Kavita. Il n’y avait que des préservatifs. »
Osita était content qu’elle ne puisse voir son visage. Il alla ouvrir les
tiroirs du bureau, Kavita sur ses talons, le visage de plus en plus attristé. « Il
n’est pas là, n’est-ce pas ? » finit-elle par dire.
Osita soupira. « Je suis vraiment désolé, tantie Kavita. Je crois que non. » Tandis qu’elle secouait la tête en effleurant brusquement ses yeux du revers
de la main, un sentiment de culpabilité envahit le jeune homme.
« Cette amulette faisait partie de lui, dit-elle. Et maintenant, elle a disparu,
et lui aussi. » Elle renifla et, le visage décomposé, leva les yeux vers son
neveu. « Il a disparu, Osita. Je n’arrive pas à croire qu’il ait disparu.
— Je sais, tantie. Je suis désolé. » Il l’étreignit dans le silence bourdonnant
de la chambre vide de Vivek et la tint contre lui pendant qu’elle pleurait.
Au bout du couloir, Chika écoutait les sanglots de sa femme qui allaient
crescendo ; près de lui, le signal lumineux de son téléphone indiquait des
appels manqués. Il ne bougea pas de leur lit.
6. Littéralement : « Ceux qui sont beaux ne sont pas encore nés », roman ghanéen publié en 1968 (Boston, Houghton Mifflin). Une traduction française de Josette et Robert Mane a paru sous le titre L’âge d’or n’est pas pour demain (Paris, Présence africaine, 1976).
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