La mort de Vivek Oji

Akwaeke Emezi · Chapitre 23 sur 27

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La mort de Vivek Oji

XXIV. Nnemdi

XXIV

 

Nnemdi

 

Je me demande souvent si je suis morte de la meilleure façon qui soit –

dans les bras de celui qui m’a le plus aimée, revêtue d’une peau qui était

vraie. Je le regarde me pleurer et j’ai envie de lui dire qu’il est déjà

entièrement pardonné, quoi qu’il ait pu me faire. Je veux lui dire que je

dansais tous les jours avec la mort, que je le savais, surtout quand je sortais

ainsi. Je le savais, et j’ai malgré tout fait mes choix. Ce qui est arrivé n’est

ni bien ni juste, mais ce n’est pas sa faute. Je veux le remercier de m’aimer.

Ma mère a fait changer l’inscription gravée sur ma tombe. Elle a deviné

que c’était un mensonge. L’amour et la culpabilité ont parfois la même

saveur, voyez-vous. Maintenant, on y lit :

 

VIVEK NNEMDI OJI

ENFANT BIEN-AIMÉ

 

Je porte enfin mon prénom igbo, et je me demande si quelqu’un s’en

réjouit. Si ma grand-mère, qui flotte quelque part ici avec moi, est heureuse

d’être finalement reconnue. Pour ma part, je dirais qu’il était trop tard, mais

le temps a cessé d’avoir la même signification que par le passé.

Cela ne me dérange plus. Je vois à présent comment les choses

fonctionnent, depuis l’autre côté. Je suis née et je suis morte. Je reviendrai.

Quelque part, voyez-vous, dans le fleuve du temps, je suis déjà en vie.

 

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