Le Choix de Pauline
Deuxième Partie
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Pendant que, de leur côté, toutes celles et tous ceux dont la vie avait été bouleversée par la guerre, veuves, orphelins, rescapés des tragédies et autres victimes de toutes sortes, se reconstruisaient comme ils le pouvaient, plus ou moins facilement, plus ou moins heureusement, dans les hautes sphères politiques les grands esprits se penchaient sur la situation nouvelle de l’Europe, partagée en deux blocs par le « rideau de fer ».
Ainsi naquit l’OTAN, qui regroupait les principaux Etats de l’Europe de l’Ouest et les deux grands alliés d’outre-Atlantique, le Canada et les Etats-Unis. Il était clair, en effet, que la menace, désormais, ne pourrait venir que de l’Est, et que les Américains devaient être impliqués dans la défense militaire du Vieux Continent.
La situation géographique de la France en fit naturellement une zone de communication, et en 1950 un accord fut signé pour l’installation de bases sur son sol. La ville de Verdun, en raison de sa situation géographique intéressante, et aussi de la disponibilité de nombreux bâtiments et terrains militaires, fut choisie comme siège de l’ADSEC, la section avancée du dispositif. Le 8 novembre de cette même année 1950, elle accueillait les premiers Américains, cinquante hommes de troupe, trente officiers et sous-officiers, qui seraient bientôt suivis de beaucoup d’autres.
Les « Ricains » à Verdun… Il y en eut jusqu’à cinq mille, militaires et civils, et leur présence eut un impact important sur la ville, dont elle remodela d’abord la topographie en créant peu à peu tous les lieux nécessaires : au logement des troupes, des cadres de l’armée et de leur famille, aux entrepôts multiples pour le stockage et l’entretien d’un matériel et d’un parc de véhicules impressionnants, aux postes de communication, aux installations sportives, aux services les plus divers, de la banque à l’hôpital en passant par la chapelle œcuménique, la blanchisserie, la boulangerie, et même la prison…
Respect de la ville d’accueil ? Ces lieux gardèrent leurs noms français, Maginot, Jardin-Fontaine, Gribeauval, Bévaux… à l’exception de « Chicago ». Une convention avait de plus été signée pour définir et structurer tous les aspects des relations entre les deux communautés, américaine et verdunoise.
Les Verdunois s’habituèrent donc de bon gré à la présence des Américains, qui de leur côté donnèrent de nombreux signes de leur volonté de cohabitation pacifique et amicale.
Aux cérémonies et commémorations françaises s’ajoutèrent la célébration de l’Independence Day et la découverte de Halloween. Des cours de langue, des clubs, des réceptions, des journées portes ouvertes favorisèrent la connaissance réciproque. Des friandises furent offertes aux enfants à l’occasion de fêtes scolaires.
Mais ce que les Américains apportèrent surtout à la population verdunoise, ce fut du travail, de l’argent, et du rêve.
Ils se nourrissaient américain, grâce au Commissary, l’équivalent des Economats, mais à leur mesure et à leur goût, roulaient américain dans des Chevrolet, des Cadillac, des Plymouth, des Pontiac, s’équipaient américain d’appareils électroménagers encore rarissimes en France. Mais ils fréquentaient les bars, les restaurants, les salons de coiffure verdunois. Ils faisaient la prospérité des entreprises à travers la construction de bâtiments gigantesques, et des particuliers qui avaient des appartements ou des maisons à louer, dans la ville même et les villages environnants. On vit ainsi des familles françaises se serrer dans deux ou trois pièces, quand ce n’était pas se replier dans un sous-sol, pour pouvoir accueillir des locataires qui ne lésinaient pas sur le loyer.
Ils offraient de nombreux emplois, très différents, tous réunis dans une même appellation et une même tentation : « travailler chez les Ricains ». Une majorité d’hommes – techniciens divers, mécaniciens, artisans de toutes compétences, comptables, manutentionnaires, manœuvres – venaient par leurs propres moyens, vélo, mobylette, ou par les cars de ramassage participer à la bonne marche de l’énorme machine qui ne générait rien, sinon de la puissance et de la protection. Des femmes aussi, secrétaires, téléphonistes, employées de blanchisserie. Jusqu’à deux mille personnes en tout, en comptant celles qui faisaient du baby-sitting dans les familles. La plus grosse entreprise du département ! Et celle qui payait le mieux : des salaires supérieurs d’un tiers au moins aux rémunérations françaises.
Mais on n’en était pas là, loin s’en faut, quand Raymonde Fayet, « la » Raymonde, réapparut à Fauville et se lia d’amitié avec Pauline.
Elle n’était pas tout à fait une inconnue au village. Enfant puis adolescente, elle y avait passé les grandes vacances chez sa grand-mère paternelle, Jeanne Philbert ; ses parents habitaient Melun. Elle prenait le train, puis l’omnibus, qui connaissait alors sa période faste. La dernière fois qu’on l’avait vue à Fauville, c’était pour l’enterrement de Jeanne, en 1938. Elle avait alors dix-neuf ans. Plus rien depuis. Et voilà que, tant d’années après, elle décidait de rouvrir et d’occuper, seule, la petite maison que sa grand-mère lui avait léguée. Trouvant un peu d’aide, au début, comme Pauline à son arrivée, auprès des Massart, chez qui déjà elle venait au lait quand elle séjournait chez Jeanne.
C’est par la mère Massart que Pauline apprit le retour de Raymonde, et ce qu’avait été sa vie, en de nombreux points comparable à la sienne, à ceci près qu’elle n’avait pas d’enfants. Une similitude qui l’émut et lui donna l’envie de la connaître.
Un après-midi, elle cueillit quelques fleurs et se rendit à la petite maison où la nouvelle habitante achevait son installation.
— Je suis Pauline Ferraut, la chef de gare, comme on dit ici.
— Je vous ai reconnue, la mère Massart m’a parlé de vous. Elle m’a dit que vous étiez rousse.
Elles se sourirent, s’observèrent un instant. Pauline tendit ses fleurs.
— Ce sont les premières, des jonquilles et des narcisses.
Raymonde les prit et l’embrassa.
— Si vous n’étiez pas venue, c’est moi qui vous aurais rendu visite, dit-elle. J’avais envie de vous connaître, et nous avons certainement bien des choses à nous dire.
— De quoi allez-vous vivre ici ? demanda Pauline au moment de prendre congé. Vous allez travailler ?
— Oui, à Verdun, chez les Américains. C’est pour ça que je suis revenue à Fauville. J’ai fait du secrétariat, je me suis renseignée, ils embauchent.
Rapidement elles se tutoyèrent, devinrent amies. C’était au début de l’année 1952. Pauline avait trente-cinq ans, Raymonde deux de moins, et, pour être demeurée trop longtemps auprès d’une mère veuve comme elle, ressentait une envie rageuse de sortir enfin d’un statut qui sous couvert d’honneur et de morale la tenait prisonnière. Devinant chez Pauline un fond de mélancolie qui cachait sans aucun doute un même désir, elle entreprit de la convaincre de recommencer à « vivre ».
Quand elle venait lui rendre visite, le soir après le travail ou le samedi après-midi, elle la prenait aux épaules, se plantait avec elle devant le miroir accroché dans le petit cagibi-salon, ou mieux encore devant l’armoire à glace de la chambre, en haut.
« Regarde-toi, Pauline ! Regardons-nous ! On a encore de quoi plaire, tout de même, hein ? »
Dans le miroir se reflétait le visage de Pauline, avec son ovale parfait, ses yeux clairs, son sourire, quelques rides aussi, sa silhouette un peu courte, mais svelte toujours. Raymonde était plus grande, mais moins gracieuse, le visage un peu osseux, les épaules saillantes sous ses robes légères.
« On a encore de quoi plaire, insistait Raymonde, surtout toi, avec tes cheveux ! Ah ! si seulement j’avais une chevelure comme la tienne, je ne l’enfermerais pas comme tu le fais sous des foulards noués, je la laisserais libre ! Libre ! Crois-moi, Pauline, nous devons vivre pendant qu’il est encore temps ! »
Leurs conversations étaient parfois plus feutrées, quand elles évoquaient leur bonheur perdu, leur terrible veuvage. Chacune tendait à l’autre des photos du mari tant aimé et perdu, des photos prises plus de dix ans auparavant, qui montraient des hommes en pleine jeunesse, souriants, débordants de vie. Pour Pauline le souvenir était intact, elle n’avait pas vu Robert marqué par la captivité. En revanche Michel, le mari de Raymonde, était revenu de l’horreur pour mourir un mois plus tard.
« Il ne pouvait pas s’en remettre, se souvenait-elle. Si maigre, avec des yeux perdus, et la gorge si nouée qu’il était incapable de prononcer un mot. J’en rêve encore. »
Il leur arrivait de pleurer ensemble, mais Raymonde, toujours, dominait la première son émotion.
« Avoir envie de vivre encore comme des femmes, ce n’est pas les oublier, ce n’est pas les tromper ! Tiens, je suis sûre que de là où ils sont, je n’y crois pas mais quand même, ils souffrent de nous voir comme nous sommes, ils nous demanderaient de nous amuser s’ils le pouvaient ! »
Dès son arrivée ou presque, elle avait été embauchée à la base américaine et affectée dans un bureau de l’Intendance militaire. Si le travail n’était pas passionnant, l’ambiance, en revanche, lui plaisait beaucoup. Le chef de bureau était français, mais si satisfait de son sort qu’il ne se comportait pas en petit chef hargneux et méprisant comme certains qu’elle avait connus. Le personnel côtoyait aussi des Américains. Des sous-officiers, toujours aimables, parcouraient les lieux de travail. Mais c’était surtout à la sortie des différents services de l’Intendance, dans le vaste espace toujours animé de « Chicago », que des hommes de troupe, à pied ou à bord d’une Jeep, saluaient les secrétaires. Raymonde décrivait à Pauline ces Ricains qui leur lançaient parfois un joyeux « Hello ! » ou un clin d’œil tout en mâchant leur chewing-gum, mais ne se montraient jamais plus entreprenants dans le cadre de la base.
« On gagne bien, chez les Américains, disait-elle. Tu pourrais t’y faire embaucher aussi. Pas besoin de qualification dans certains services, comme au Commissary par exemple. Je pourrais me renseigner pour toi.
— Mais j’ai mon travail ! répliquait Pauline.
— Quel travail ? Quand il y avait le train, je ne dis pas, mais maintenant ! A quoi tu sers, Pauline ? A ouvrir et refermer des barrières et à regarder passer la micheline et les trains de marchandises ! Pour gagner combien ? Je ne te le demande pas, mais je me doute que ça ne doit pas être beaucoup.
— C’est vrai que la SNCF ne me paie guère, mais je me débrouille. Je suis logée, éclairée, chauffée, ça compte. J’ai obtenu une bourse pour la pension de Juliette. Puis il y a ma mère, qui a toujours été généreuse. »
Justine ne se contentait plus d’une aide, toujours substantielle, en nature. Elle avait perdu tout espoir de voir Pauline revenir vivre avec elle, elle voyait grandir les enfants, pensait à leur avenir, à des études pour Juliette, peut-être aussi pour Benoît. Elle avait donc renoncé, au profit de sa fille, à la rente de son petit capital, en attendant de « faire ses affaires » quand le moment serait venu.
Raymonde comprenait que Pauline aimait son travail, si ingrat et modeste fût-il, et qu’elle ne parviendrait pas à l’entraîner dans ce qui commençait à prendre pour elle la tournure d’un rêve américain.
En 1944 et 1945, déjà, bien des jeunes filles et femmes de France s’étaient enflammées pour des militaires américains auréolés de leur prestige de libérateurs. A Verdun comme ailleurs, et peut-être un peu plus, car beaucoup y avaient séjourné durant plusieurs mois à cause de la présence d’un important dépôt de vivres, de matériel et de munitions de l’armée américaine. De ces amours passagères, soumises à l’évolution de la situation et inscrites dans une sorte d’euphorie, beaucoup n’avaient gardé que des souvenirs éphémères. Mais d’autres s’étaient retrouvées avec des enfants. C’est ainsi que dans les écoles de France, et en particulier de Verdun, il y avait des petits William, ou Harry, ou Grace, pas tous roses et blonds, parfois « café au lait », avec des cheveux noirs plus frisés que les boucles rousses de Juliette. Dans les années cinquante, la situation était différente. On pouvait espérer que les Ricains étaient là pour longtemps. C’est pourquoi il semblait possible d’envisager des relations plus durables, pourquoi pas le mariage, avec pour aboutissement la vie en Amérique, le pays des mirages.
C’est dans les bars plus souvent que sur les lieux de travail que se faisaient les rencontres. Des endroits où les Américains, s’ils se signalaient parfois de façon négative par des scènes d’ébriété ou des bagarres – souvent entre Blancs et hommes de couleur –, savaient aussi se faire apprécier par leur gaîté, leur facilité de contact et… la générosité de leurs pourboires. Quelques bars se mirent au goût du jour en changeant de nom, quitte à renoncer à des symboles pourtant forts, car liés au passé de la ville. Le bar de la Victoire devint le Blue Bar. L’enseigne Aux Canons de Verdun céda la place à celle du Suzy Bar.
La ville connut à cette période une vie nocturne intense qui réjouissait les uns et inquiétait les autres, en particulier certaines familles soucieuses de la moralité de leurs filles, sur lesquelles elles veillaient soigneusement. Verdun ne manquait cependant pas de jeunes femmes plus libres, tentées par la fréquentation des lieux où rencontrer des Américains, par l’envie de découvrir leur musique, leurs danses, de paraître affranchies en leur empruntant des mots de la vie courante, en disant job pour boulot, drink pour boisson, shopping pour courses… Ces Verdunoises faisaient des jalouses et rencontraient de la concurrence, des filles qui venaient pour le week-end des villes proches, et même de Paris, dont elles espéraient apporter le chic pour supplanter les Meusiennes.
Grâce à son salaire intéressant et à un crédit facilement obtenu, Raymonde acheta une auto. Petite, modeste, une 4 CV Renault. Mais c’était une auto, un symbole fort de liberté et d’émancipation.
Elle en fit profiter Pauline. C’était l’été, elle lui proposa des promenades avec les enfants, qui étaient en vacances. Elles préparaient un pique-nique, cherchaient un endroit agréable et accessible au bord de la Meuse. Tout de suite Benoît trouvait à s’occuper, guettant les poissons ou les oiseaux, fabriquant des sifflets pour imiter leur chant. Juliette s’isolait dans la lecture, se retenant de suivre les deux femmes quand, après le déjeuner sur l’herbe, elles marchaient un peu au bord du fleuve. Elle qui ne supportait pas de voir sa mère en compagnie d’un homme sans s’interposer par crainte d’un danger ne pouvait tout de même pas se comporter avec la même méfiance envers Raymonde. Pourtant elle en mourait d’envie, quand parfois elle les voyait s’arrêter, se tourner l’une vers l’autre, quand le bras de Raymonde entourait un instant les épaules de Pauline, quand elles étaient silencieuses et graves au retour – autant de signes qui disaient l’intérêt et le mystère de leurs conversations de femmes, où peut-être, elle le craignait, les hommes avaient leur place.
Ils l’avaient. Raymonde avouait avoir connu quelques aventures fugaces, sans véritable plaisir, gâchées par un sentiment de culpabilité entretenu par sa mère, qui la harcelait de questions chaque fois qu’elle sortait. Pauline lui confiait ses émois au contact de Sylvain, de Martial, de Paul, sans honte, sûre de n’être pas jugée, mais comprise.
« C’est normal, disait Raymonde, on ne peut pas vivre sans amour. Pas seulement le cœur, le corps aussi. »
La jeune femme utilisait également sa voiture pour se rendre au travail. Pour rejoindre des copines de bureau, le samedi soir ou le dimanche ; ensemble elles allaient au cinéma à Verdun.
Un dimanche après-midi où Juliette était restée à l’internat et où Benoît était à la pêche avec le père Massart, elle réussit à entraîner Pauline, à qui elle présenta une certaine Claudette, comme elle secrétaire chez les Américains. Tandis qu’elles sortaient du Rex où elles avaient vu Casque d’or, avec la magnifique Simone Signoret, et rejoignaient l’endroit où elles avaient garé la 4 CV, elles aperçurent, encore loin sur le trottoir d’en face, une rangée de pensionnaires escortées de deux surveillantes.
— C’est les « Margot », dit Pauline, et elle s’arrêta net.
Les Margot, c’étaient les élèves du collège Margueritte (du nom d’un général natif de Verdun), qu’il était impossible de confondre avec celles de l’autre internat de la ville, la Doctrine chrétienne, reconnaissables à leur uniforme bleu marine.
Les Margot obliquèrent vers une autre rue.
— Dommage, dit Raymonde, on aurait croisé Juliette ! Tu aurais pu l’embrasser !
— Je préfère qu’elle ne m’ait pas vue, avoua Pauline.
Raymonde ne répliqua pas, mais battit froid à son amie pendant le trajet de retour. Elle ne put se retenir d’exploser à l’arrivée.
— Tu es ridicule, Pauline ! Nous sommes allées au cinéma, quel mal y avait-il à cela ? Et même si ç’avait été au bal ? Même si nous avions été avec des hommes ? Ta fille a quatorze ans, elle n’est plus une enfant, bientôt elle sera une jeune fille, il serait temps qu’elle comprenne que tu n’es pas une prisonnière ! Tu as honte d’avoir envie de t’amuser ? Ne me dis pas le contraire, tu en as envie, forcément ! Alors pourquoi, pendant que tu y es, ne fais-tu pas comme les veuves des générations d’avant nous, comme ma mère, comme la tienne aussi je suppose ? Pourquoi ne t’habilles-tu pas en noir, comme une vieille avant l’âge ? Tu en vois, toi, des veuves, par ici, autrement qu’avec les cheveux gris et un chignon, et par là-dessus un petit chapeau noir pour aller à l’église ? C’est ça que tu attends ? Douze ans de solitude, douze ans de sacrifice, ça ne te suffit pas ? La morale des veuves, le devoir des veuves, tu n’en as pas par-dessus la tête ? Moi si ! Ça va changer, je te jure !
Sa voix tremblait. Elles fondirent en larmes toutes les deux et s’étreignirent.
— Devriez sortir un peu plus souvent avec la Raymonde, dit la mère Massart à Pauline. Feriez pas de mal pour autant ! Savez bien qu’ils peuvent toujours venir souper chez nous, les enfants, et même dormir, si vous rentrez tard.
Elle ne chercha pas à savoir si Raymonde était passée par là ou si la mère Massart, plus fine mouche qu’il n’y paraissait, avait parlé de sa propre initiative. Mais puisqu’elle s’y mettait…
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