Les dieux du campus Tome 3 - Dante

F.V. Estyer · Chapitre 28 sur 47

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Les dieux du campus Tome 3 - Dante

28 - Blake

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Blake

 

Devant mon miroir, j’hésite sur la tenue appropriée. Je tente plusieurs combinaisons avant de me décider pour un jean déchiré, des bottines à talons hauts et un pull en cachemire. Les températures sont plus clémentes désormais, et je me dis qu’une allure casual sera adaptée.

Je ne comprends pas pourquoi je suis aussi stressée. C’est ridicule. Après tout, ce n’est qu’un dîner entre filles. Mais un dîner avec les amies de Dante, et c’est là le cœur du problème. Que se passera-t-il si elles ne m’aiment pas ? Si je ne parviens pas à réussir ce que je suppose être un test ? Même si notre première rencontre s’est bien déroulée, ce soir, nous serons dans un cadre plus intimiste, et je ne peux m’empêcher de me demander à quelle sauce je vais être mangée.

Une fois prête, j’attrape mon perfecto et mon sac à main puis sors de l’appartement pour me diriger vers le sous-sol où est garée ma voiture. Durant tout le trajet, une boule me tord l’estomac. Allez, Blake, tu es une grande fille. Et tu es sympa. Il n’y a aucune raison qu’elles ne t’aiment pas. Je me répète ces mots tel un mantra, espérant qu’ils me donnent du courage.

Je me gare devant une pizzeria réputée, et, moteur éteint, les mains sur le volant, je prends une profonde inspiration. Je vérifie une dernière fois la tête que j’ai dans le rétroviseur central. L’hématome sur ma joue est toujours légèrement visible sous mon maquillage, mais vu que les filles savent que je pratique le MMA, je suppose que ça ne les surprendra pas. Il faut dire que j’ai profité de l’entraînement d’aujourd’hui pour tenter d’évacuer ma nervosité. Je n’ose même pas imaginer dans quel état je serais si je n’avais pas pu me défouler.

Quand j’ai parlé de mon programme du soir avec Mike, il a été aussi surpris que moi de découvrir que j’avais accepté. Il me connaît, il sait que je n’aime rien de plus que ma tranquillité. Mais la vérité, c’est que j’ai envie de continuer à fréquenter Dante, et pour ça, m’intégrer à ses amis semble important. Il est gentil, drôle, et je me sens en confiance avec lui, comme ça n’a jamais été le cas avant, sauf avec Valentin. D’ailleurs, je crois que sa mâchoire se décrocherait si je lui racontais mes dernières aventures. Soudain, le besoin d’avoir de ses nouvelles m’envahit, et je ne résiste pas à l’envie de lui envoyer un message.

Blake : Je crois que je suis sur le point de passer

sur le gril. Souhaite-moi bonne chance. Tu me

manques.

Sa réponse ne se fait pas attendre, même si nous sommes au début de la nuit, chez lui. Avec son rythme de vie décalé, il doit juste commencer sa journée.

Valentin : Et moi, je crois que j’ai loupé un tas

d’épisodes. T’as intérêt à me raconter. T’as pas besoin de chance, O’Connor, tu vas bouffer le

monde, comme toujours. Tu me manques aussi.

Et voilà, quelques mots de Val suffisent pour me donner le courage qu’il me manquait. Aussi, c’est avec un sourire aux lèvres et l’esprit un peu plus apaisé que je sors de mon véhicule et me dirige vers le restaurant.

Lorsque j’arrive, les filles sont déjà attablées. Tous les regards se braquent aussitôt sur moi. Je pourrais me sentir mal à l’aise s’ils n’étaient pas accompagnés de larges sourires et de signes de la main m’invitant à les rejoindre. Je souris à mon tour en me glissant sur la banquette en face d’Eva. Je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit que Nyx, assise à côté de moi, me prend dans ses bras.

— Comment va ma future coach de MMA ?

Je ris et lui rends son étreinte.

— Leander n’est tellement pas prêt pour ce qui va lui arriver, glousse Delilah en face de nous.

— Je veux aussi des cours, ajoute Eva. Rien que pour pouvoir enfoncer mon poing dans la figure de ce connard de Scott.

— Ohhhh ! On commence déjà les hostilités, génial ! s’exclame Nyx en tapant dans ses mains.

Et voilà comment la glace se brise entre nous. Si tant est que glace il y ait eu. Nous commençons à discuter avec une facilité déconcertante. Moi qui pensais que je serais scrutée à la loupe, que j’allais subir un interrogatoire concernant mes intentions, je constate qu’il n’en est rien. Et, certes, nous parlons des mecs, enfin, les filles parlent et je les écoute, mais contrairement à ce que j’aurais cru, ce n’est pas la majeure partie de la conversation. Elles semblent fascinées par le MMA et ne cessent de me poser des questions.

— D’ailleurs, Dante m’a dit que tu voulais l’emmener faire du saut à l’élastique, déclare Eva en souriant.

Je souris à mon tour en revoyant la tête qu’il a faite en m’entendant lui faire cette proposition.

— Ouais. J’adore ça. Il y a quelque chose de très libérateur à sauter dans le vide.

— Je rêve d’essayer, intervient Delilah. Il faut absolument qu’on se cale une sortie tous ensemble !

— Ne comptez pas sur Zeus, il va faire une syncope si je l’emmène là-bas, déclare Nyx.

— Zeus ? répété-je.

— C’est mon petit surnom affectueux pour Leander. Tu sais, vu qu’il se prend pour un Dieu, tout ça.

Elle rit et je l’imite.

— N’est-ce pas le cas de tous les footballeurs ? demandé-je.

— Et des hockeyeurs, ajoute Eva d’une voix acide.

— Des cheerleaders aussi, j’ai l’impression, dis-je en songeant à Dante et son air constamment sûr de lui.

Le silence se fait suite à ma tirade. L’attention des filles est braquée sur moi.

— Quoi ?

Leurs sourires en coin ne me disent rien qui vaille.

— Je sais que tu n’as pas pu le remarquer vu que tu ne le connaissais pas avant, mais Dante a vraiment changé depuis qu’il traîne avec toi, déclare Eva.

Je déglutis, ne sachant pas si c’est un compliment ou un reproche.

— En bien, tu veux dire ? demandé-je, avide de connaître la réponse.

— Je ne vais pas dire que je regrette toutes les nuits où je n’arrivais pas à dormir à cause des bruits venant de sa chambre et de son lit frappant contre le mur, ricane Nyx.

Une soudaine chaleur s’empare de moi en entendant ça. Certes, il m’a dit qu’il n’avait couché avec aucune autre fille depuis moi, mais il aurait pu simplement affirmer ça pour… me faire plaisir. Parce qu’en effet, ça me fait carrément plaisir de constater que j’ai été la dernière. Je bloque mes pensées suivantes, refusant l’espoir qu’elles font naître en moi.

— Il fallait bien qu’il se calme un jour… Si seulement d’autres pouvaient en prendre de la graine, soupire Eva.

Je sais qu’elle parle de Scott, comme souvent depuis le début de la soirée. Elle a l’air sincèrement blessée par ce type, et ça me fait de la peine pour elle. Ça me démontre une fois de plus que les sentiments sont une chose dangereuse.

Heureusement, sa mauvaise humeur ne dure pas. Rapidement, nous basculons sur de nouveaux sujets, si bien que lorsque nous terminons notre repas, je me rends compte qu’il est près de vingt-deux heures. Je n’ai même pas vu l’heure passer.

Quand je propose de payer l’addition. Les filles s’insurgent mais finissent par capituler. La vérité, c’est que je tiens à les remercier pour cette soirée. Je ne pensais pas autant m’amuser.

— Est-ce que tu rentres direct chez toi ? s’enquiert Eva.

— Pourquoi ? Tu as quelque chose à me proposer ?

— J’en sais rien, répond-elle en haussant les épaules. Je me disais que tu passerais peut-être voir Dante.

Quelque chose dans le son de sa voix me file la chair de poule. Je me rends compte qu’il y a quelque chose qu’elle ne dit pas.

— Ouais, tu as raison, je peux toujours faire un saut chez lui.

— Parfait. Ça te dérange pas si je monte avec toi ?

Je secoue la tête, et nous rejoignons ma Range Rover tandis que les filles grimpent dans une Jeep. À peine ai-je démarré que je sens le regard d’Eva sur moi.

— Qu’est-ce qui se passe ? demandé-je, le regard rivé sur la route, devinant qu’elle hésite à parler.

— Je… Tu sais que Dante et moi, on couchait ensemble avant, pas vrai ?

Je secoue la tête. Non, je ne le savais pas. Mais c’est leur histoire, et ça ne me regarde pas. Même s’ils continuaient, je n’aurais pas mon mot à dire sur leur relation. Peut-être que le problème est là, qu’Eva n’accepte pas que je sois entrée dans la vie de Dante. Même si ça me semble peu probable.

— Il ne m’en a jamais parlé, mais ce ne sont pas mes affaires.

— Peut-être. Mais je voulais que tu le saches. Je n’ai pas envie… Je ne veux pas qu’il y ait de soucis entre nous.

— Il n’y en a aucun.

— Vraiment ?

— Vraiment, assuré-je en jetant un petit coup d’œil vers elle, heureuse de constater qu’elle semble plus détendue. Dante et moi, on est amis, et je…

Eva éclate de rire.

— Amis, hein ? Le pauvre, je sens qu’il va galérer avec toi !

Je souris. Sûrement. Je sais qu’il veut plus, et pas uniquement parce qu’il a été transparent à ce sujet. Il n’est pas le seul, pour être honnête.

— C’est plus… facile, comme ça, finis-je par déclarer dans un soupir.

Eva n’épilogue pas. S’il y a bien quelqu’un qui peut comprendre les raisons pour lesquelles je ne souhaite pas m’impliquer davantage émotionnellement, c’est elle. Nous restons un long moment silencieuses tandis que je suis la Jeep.

— Alors, en tant qu’amie, tu pourrais peut-être le convaincre d’aller voir un médecin pour sa cheville.

Une boule me noue soudain l’estomac. Je sais qu’elle n’est pas totalement guérie, mais j’ignore quoi faire pour qu’il aille mieux.

— Je l’ai obligé à prendre des médicaments, déclaré-je en me garant devant la maison des garçons.

— Mais ça ne suffit pas. Et il est entêté. Il n’écoute personne. Tu me diras, je pense que très peu de monde est au courant. Mais peut-être que toi, il t’écoutera.

Je hoche la tête, même si elle semble placer bien trop de confiance en moi. Dante est un grand garçon, il fait ce qu’il veut. Mais peut-être qu’insister un peu pour qu’il prenne soin de lui ne pourra pas faire de mal.

Forte de ce constat, je décide de le rejoindre. Je sors de ma voiture en même temps que Delilah et emboîte le pas aux filles qui pénètrent dans la maison des footballeurs. Mais alors que tous les mecs sont avachis sur le canapé – Leander et Chase jouant à la PlayStation, Jer et Sander discutant tranquillement et Knox tapant furieusement sur l’écran de son téléphone – il n’y a aucune trace de Dante. J’ignore pourquoi, un mauvais pressentiment s’infiltre en moi lorsque je ne le vois pas. Dégainant mon portable, je décide de l’appeler. Et croise les doigts pour qu’il décroche.

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