Miroir
Chapitre 13
Alexandre 3/8
Je m’appelle Alexandre Kan. J’ai trente-huit ans et je serai bientôt immortel. Mon nom sera inscrit au Panthéon des héros et des hommes ayant fait notre Histoire. Il faut croire que j’y étais destiné, car mon patronyme est le parfait produit d’Alexandre (dit le Grand) et de Gengis Khan – à une lettre près. J’ai d’ailleurs une personnalité assez originale et je pense avoir été choisi pour cela. Je me présente en quelques mots.
J’ai peur :
De la petite souris, de Cthulhu{14}, d’aller me coucher, du noir et des créatures qui sont dans le noir.
Je n’aime pas :
Les femmes, les hommes, les enfants, les bébés, la gardienne de mon immeuble, mon travail, mon patron, les tortues, les poules, les canards, les chats, les chiens, les poissons rouges, les hamsters, la cuisine indienne, partir en vacances, les hôpitaux, la neige, la plage, le soleil, la pluie, la montagne, la campagne, les balades en forêt, les promenades romantiques, les couples – qui s’embrassent systématiquement devant moi, les gens qui racontent leur vie, les gens qui ne se lavent pas les mains en sortant des toilettes, les gens qui toussent sans mettre la main devant la bouche, les gens qui mâchent leur chewing-gum sans fermer la bouche, les gens qui poussent sans dire pardon, les conducteurs qui doublent par la droite ou sans clignotant, les gens qui font la gueule dans le métro, les gens qui sont heureux, les gens qui demandent leur chemin, les immigrés qui jouent d’un instrument dans le métro ou le RER, être assis dans le sens contraire de la marche du train, les touristes qui ne parlent pas français et qui viennent en France, les gens qui ne disent pas merci ou s’il vous plaît, les gens qui croient tout savoir, les scientifiques, les médecins, les psychiatres, les avocats, les gens aisés, les radins, les pauvres, les mendiants, les estropiés, les colporteurs, les mannequins trop maigres, les anorexiques mal dans leur peau, les obèses complexés, les dépressifs, les suicidaires, les fanatiques religieux, les politiciens, les personnes âgées qui toussent au cinéma pendant le film, les sportifs qui gagnent plus de deux fois mon salaire annuel en un mois, les retraités qui gagnent un million d’euros au loto alors qu’ils n’en ont pas besoin, les vieux qui font de la chirurgie esthétique et se croient jeunes, les femmes mûres qui se piquent au Botox, au silicone et au collagène, les gamines mutantes de treize ans qui en paraissent le double, les chanteurs noirs américains qui se croient beaux alors que c’est faux, les bimbos hautaines et superficielles, les numéros surtaxés qui commencent par 0800 ou 118, les dictons à la con, l’étalage de connotations sexuelles dans les publicités, le journal de vingt heures qui nous fait croire que tout va mal dans le monde, la météo qui se trompe tout le temps, les émissions débiles de télé-réalité, la crème chantilly, payer des impôts, les ordinateurs constamment perclus de virus, les téléphones portables qui sonnent tout le temps pour rien, prendre le bus, les grèves de transports en commun, les embouteillages, aller faire mes courses, aller en boite de nuit, faire la fête, m’amuser, les surprises, mon anniversaire, la Saint Valentin, Noël, le jour de l’An, être pris en photo, être filmé, que l’on me tutoie quand on ne me connaît pas, que l’on me donne des ordres, que l’on me fasse des compliments, je n’aime pas être pris pour un moins que rien et, par-dessus tout, je ne m’aime pas.
J’aime :
Pas grand-chose.
En réalité, si.
J’apprécie le calme et l’ambiance d’un seul endroit – exception faite de mon appartement bien sûr. Il s’agit de Chromozoo’me. C’est un lieu magique et unique en son genre, car ce n’est pas un zoo comme les autres.
En dépit des lois contre le clonage et les manipulations génétiques, un groupe de chercheurs et de scientifiques avait décidé de créer un endroit dans lequel ils pourraient exposer le fruit de leurs travaux. Testant certains croisements d’espèces, les mutations abouties étaient présentées au grand public afin de nous familiariser avec les futures espèces animales.
Des bruits circulaient sur un possible essai sur l’homme. D’aucuns prétendaient que des chromosomes hybrides avaient déjà vu le jour et que les « hommes du futur » auraient plus d’instinct, plus de force et une intelligence décuplée.
À mon avis, toutes ces théories n’étaient qu’un ensemble d’élucubrations de gens mal dans leur peau. Chromozoo’me était un institut sérieux, avec une réelle volonté de soutien et d’aide aux espèces animales que l’Homme avait condamnées par son égoïsme et sa négligence.
Comme l’expliquait leur président, Yann Amirace, la terre formait un tout. L’équilibre de notre planète était régi par l’interaction des espèces, mais surtout, par le respect de l’environnement. Les catastrophes écologiques de ces deux dernières décennies nous avaient davantage coûté que ce que nous pensions. Le non-respect de l’environnement pénalisait les animaux, mais aussi par corollaire, l’Homme, juché au sommet de la chaîne alimentaire.
En mesure préventive, il fallait, impérativement, une solution permettant de rééquilibrer la situation en attendant que la planète retrouve des forces, et Chromozoo’me était la réponse à ce problème. D’ailleurs, emprunté à la culture amérindienne, leur slogan était : « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons seulement à nos enfants ».
Je déambulais donc dans les allées, observant les animaux à travers les épaisses vitres de verre. Les modifications apportées aux différentes espèces étaient inscrites sur des panneaux de présentation, sorte de notice détaillée de chaque animal.
J’avais beaucoup apprécié le caniche. Sa fiche rappelait qu’il s’agissait d’un animal de compagnie très prisé. Aussi, avait-il été modifié pour que ses défections soient un puissant engrais afin de fertiliser les espaces verts de Paris. Le CN (Caniche Nouveau) était certifié 100% écologique, tout en conservant ses capacités d’antan.
Du côté des baies aquatiques, il y avait le tourteau-buffle, ainsi nommé en raison de sa nouvelle taille immense. Très apprécié pour sa chair, les chercheurs l’avaient modifié de sorte qu’il était plus fourni que l’original. Ses pattes, autrefois fines et quasiment dépourvues de nourriture étaient aussi grosses que ses pinces qui elles, avaient triplé de volume. À lui seul, le tourteau-buffle était capable de nourrir une famille de quatre personnes pendant deux jours.
En me rendant vers l’allée des animaux en voie de disparition, je découvris le panda-mammouth. Sur cette espèce, seules les femelles avaient été modifiées. L’origine du croisement n’était pas spécifiée sur le panneau, mais d’après le descriptif, il était désormais possible aux femelles d’avoir des portées, ce qui multipliait les chances de survie des pandas.
Mais dans la catégorie « exotique, bois et forêts » mes préférées étaient les thermites cannibales. Génétiquement modifiées, leur appétit avait été décuplé et elles n’accordaient plus aucune importance au bois, mais à leurs congénères. Il suffisait de lâcher une dizaine de thermites cannibales dans une maison infectée pour la débarrasser définitivement de ces nuisibles en deux semaines seulement. En l’absence de nourriture, les thermites cannibales mourraient de faim et les propriétaires étaient satisfaits.
Il s’agissait là d’une solution peu onéreuse, naturelle et d’une garantie de longue conservation du bois. Une courte vidéo de démonstration était diffusée en boucle et commentée sur un écran plasma où l’on voyait le travail effectué par ces redoutables mangeuses.
Chromozoo’me était riche d’enseignement et d’instruction. Pourtant, peu de personnes s’intéressaient – à tort – à ce zoo où il était agréable de s’y promener. Continuant ma découverte dans l’allée des animaux exotiques, le décor changea et je me retrouvais alors face à Baloo enfermé dans une cage.
Mécontent du sort réservé à son papa ours, Mowgli était venu le délivrer à l’aide de King Louis et des autres singes de la forêt. Il mangeait une banane en chantant "Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux…" et, m’invitant dans leur folle farandole, ils m’apprirent à danser. Pocahontas, qui passait par là m’attrapa le bras et me demanda de lui accorder une danse.
En visite avec leurs parents, des enfants s’exclamèrent.
— Regarde, papa ! C’est le Capitaine Smith et Pocahontas ! Waouh, trop bien !
Ils avaient de fausses oreilles de Mickey et mangeaient de la barbe à papa rose. Ils poursuivirent leur chemin et ma belle indienne me demanda de rester avec elle jusqu’à la tombée de la nuit.
Voyant cela, Belle arriva et m’invita à la parade nocturne. Partagé entre deux feux, je les vis se crêper le chignon afin d’obtenir mes faveurs. Belle appela alors la Bête qui tua Pocahontas sans l’ombre d’un remords. C’est donc en compagnie de Belle que j’assistais à la parade de nuit.
Tous les intermittents du spectacle du parc d’attractions étaient présents. Des chars, illuminés et brillants de mille feux, scintillaient dans l’obscurité naissante comme autant de constellations dans le ciel. C’était vraiment féerique et magique. Puis il y eut le feu d’artifice en clôture du spectacle.
Alors que j’admirais le travail des artificiers, Belle se rapprocha de moi et me prit dans ses bras. Ce nom lui allait à ravir, mais je doutais fort qu’il s’agisse du sien. Comme tous les artistes travaillant au service des dessins animés, elle ne jouait qu’un rôle.
— Quel est votre véritable nom ?
— En réalité, je m’appelle Géraldine Thomas. Et vous ?
— Alexandre.
Elle m’embrassa.
Afin de prolonger ce moment, je fermai les yeux. N’avez-vous jamais remarqué comme tout paraît plus intense de cette manière ? Les pétards tonnaient autour de nous lorsque soudain, un cri me força à les ouvrir. J’étais en treillis de camouflage, un M16 en bandoulière et des grenades accrochées à ma veste de treillis.
Belle avait disparu et je n’étais plus dans le monde merveilleux de Disney, mais perdu dans la jungle en pleine guerre du Vietnam. Ce qui m’était apparu quelques instants plus tôt comme des feux d’artifice s’était transformé en tirs de mortiers et les balles fusaient autour de nous. Des soldats couraient afin de fuir la répression des Viêt-Congs et, dans un éclair de bon sens, je me mis à courir avec eux.
L’ennemi embusqué jaillissait parfois de la verdure inhospitalière de la jungle. Leurs attaques, aussi violentes que meurtrières, décimaient le groupe auquel je m’étais mêlé. Je ne parlais pas leur langue, mais je comprenais parfaitement les soldats américains aux côtés desquels je me battais. Le sergent Wilson vint alors me trouver.
— Qu’allons-nous faire, Monsieur ?
— Rassemblez le reste de vos hommes et faites-moi le point sur l’armement disponible. Nous devons établir une stratégie de repli pour rejoindre notre campement, sains et saufs.
— À vos ordres, Monsieur !
Ma vie se jouait à un fil. Il me fallait rapidement trouver une solution et ces soldats comptaient sur moi pour leur sauver la mise. Prenant un plan et une boussole, je fis un tracé sur la carte afin de nous sortir de ce guêpier. Le sergent Wilson me fit alors savoir qu’il ne restait que huit soldats. Avec nous, cela faisait un petit groupe de dix personnes à arracher de la mort.
— Écoutez-moi, tous. Cette mission ne peut et ne doit pas être la dernière pour nous. Je vous promets que vous rentrerez chez vous, que vous retrouverez vos femmes et vos enfants. L’Amérique a besoin de vous, elle a besoin de ses héros, alors, soldats, une dernière fois, je vous le demande, faites preuve de courage. Ce soir, nous dormirons au chaud et à l’abri des balles de l’ennemi. Dieu a béni ce jour de gloire, ce jour marqué par la réussite de notre mission ! En avant !
Et mon discours, étrangement accompagné par la musique du film "Il faut sauver le soldat Ryan", fut acclamé par les hourras de la troupe. Alors, dans un élan d’héroïsme de série B, notre groupe s’élança vers la liberté dans un somptueux ralenti cinématographique.
Tout se déroulait comme dans un film de guerre de Clint Eastwood. Je nous voyais en gros plan, suant la peur par tous les pores de notre visage, échappant aux rafales ennemies. Nous courions de toutes nos forces et bientôt, nous arriverions à la frontière, symbole de notre liberté et de sécurité.
Nous gravissions une montagne et un HH3 Jolly Green Giant, premier hélicoptère de Combat SAR (Search And Rescue) vint à notre rencontre, appuyé par un HH60H Seahawk. La troupe de Marines embarqua à bord de l’hélicoptère en poussant un soupir de soulagement.
Doucement, l’appareil procédait à sa manœuvre d’exfiltration, nous emportant loin de cette terre d’horreur et de conflits. Les visages étaient fatigués, mais heureux. Enfin, nous quittions définitivement le Vietnam et cette guerre interminable.
Il se mit à pleuvoir des geysers de feu. Le HH3 esquiva les missiles sol-air, mais le HH60H explosa au-dessus de nos têtes. La vivacité et l’habileté du pilote nous donnèrent un bref sursis, mais la vélocité de la troisième vague de tirs mit un terme définitif à notre espoir de rentrer chez nous.
Dans une tentative désespérée, lorsque je vis le missile foncer sur nous, je sautai dans le vide hors de l’appareil. Le souffle de l’explosion me projeta violemment dans une botte de foin qui se trouvait dans un pré incroyablement vert. Un homme vint à ma rencontre et me sortit de ma prison de paille en souriant.
C’était un gardien de chèvres qui surveillait son troupeau caprin qui broutait un peu plus loin. Il ne sembla même pas surpris de me voir et poursuivit calmement sa besogne. Me remettant de mes émotions, je me rendis alors compte que le décor avait une fois de plus changé.
J’apercevais, à l’horizon, la ville de Lhassa et les échos des dungchens des moines bouddhistes me parvenaient aux oreilles. Les harmoniques des chants sacrés et des mantras résonnaient dans l’air zen et serein du Tibet. Derrière nous se trouvaient les montagnes ancestrales et sacrées sur lesquelles les neiges éternelles reposaient au sommet, telles des crèmes vanilles fondues sur un cône au chocolat.
Au milieu de cette vision surréaliste, le Yéti, créature immonde et effrayante, apparut en tenant Belle entre ses bras. En le regardant avec attention, je vis qu’il s’agissait en fait d’un homme déguisé en Yéti. Belle se débattait afin de lui échapper, mais il ne semblait pas avoir de mauvaises intentions. Suçant sa tétine rose fluo, il était tout simplement heureux d’avoir trouvé une nouvelle compagne de jeu, et s’en retournait gaiement vers sa grotte.
Autour d’eux, un groupe de Yétis nains, très semblables aux Ewoks{15}, sautillait en chantant une comptine locale. La pluie se mit à tomber et le ciel coula comme une peinture mouillée par un début d’averse. C’est à ce moment que je me réveillais trempé, car j’avais oublié de fermer la fenêtre de ma chambre.
1 heure 47.
Réveillé. Commentaire. Je sors du lit. Je ferme la fenêtre. Mon réveil n’a pas encore sonné. Je l’avais programmé pour deux heures. Aucune importance. Je suis debout. Je l’arrête. Il ne sonnera plus. Encore un rêve étrange. Un de plus. C’est le prix à payer.
Je suis mouillé. C’est malin !
Je vais dans la salle de bains. Je m’essuie. Je retourne dans ma chambre. Je m’arrête aux toilettes avant. Je fais pipi. Je me lave les mains. Je m’essuie les mains. Je vais dans ma chambre. Je change les draps. Je fais mon lit. Tiens, j’ai faim ! Je finis de ranger. Je mets les draps dans la machine à laver. Je vais à la cuisine.
Il y a quelqu’un dans mon salon. J’allume la lumière. C’est Belle ! C’est la fille de mon rêve. Je l’ai tué. Je m’en souviens. J’ai honte. Je m’effondre. Je reste près d’elle. Je pleure. Je suis faible.
« Pourquoi pleures-tu, Alexandre ? »
La voix !
Elle est déjà là. Je dois lui répondre. Ne pas la décevoir. Elle croit en moi. Elle compte sur moi. Je sèche mes larmes. Je me relève.
— C’est fini. Je ne pleure plus. Regardez !
« Que s’est-il passé ? »
— Rien. Je vous assure. C’est juste un coup de cafard. Ça va mieux maintenant.
« N’oublie pas la récompense que je t’ai promise, mon amour. »
— Je n’ai pas oublié. J’irai jusqu’au bout. C’est juré !
« Je suis fière de toi, Alexandre. N’oublie pas que je t’aime. »
La voix !
Elle me redonne espoir. Elle a raison. Je dois lui obéir.
2 heures 05.
Commentaire. Le temps passe trop vite. Je dois me dépêcher. Il faut que j’arrive avant eux. J’ai besoin de forces. Je vais à la cuisine. J’engloutis trois barres de chocolat aux céréales. Ça donne soif. Je bois un verre de jus de raisin. J’ai encore faim. Je mange encore un peu. Juste deux tranches de pain de mie. Je me sens mieux. Je retourne au salon.
— Bonsoir, Belle. Vous allez bien ? Excusez-moi, j’ai oublié votre prénom. Je n’avais rien contre vous, vous savez. Pardon de vous avoir tué. C’est pour mon rituel. Vous avez été désignée. C’est un honneur immense d’être choisie, vous savez. Et pour ça, il faut vous préparer. Attendez-moi un instant, je reviens.
Elle devra être aussi jolie que les autres. Je vais m’appliquer. Il ne faut pas salir le travail. Je serai obligé de la préparer là-bas. Je dois faire vite. Je récupère le maquillage. Je prends mon sac. Je mets toutes mes affaires dedans.
J’ai un doute. Je vérifie.
Brosse ? Ok.
Peigne ? Ok.
Barrettes ? Ok.
Fond de teint ? Ok.
Pinceau ? Ok.
Rouge à lèvres ? Ok.
Mascara ? Ok.
Crayon ? Ok.
Blush ? Ok.
Lingettes ? Ok.
Parfum ? Ok.
C’est bon. Tout y est. Tout va bien.
Elle est déjà lavée. Son shampoing est fait. Je m’en suis chargé. Avant d’aller dormir. Tant mieux. C’est un gain de temps. Je regarde par la fenêtre. Ça me revient. Zut ! Il pleut. Il faudra faire attention aux traces.
Je m’habille. J’enfile un ciré. Je mets mes gants en latex. Je m’occupe de Belle maintenant. Je dois la protéger. De la pluie. Je lui mets un k-way. Sombre. Bleu marine en fait. Ou bleu foncé. Je ne sais pas. Aucune importance. Je vais à la cuisine. Je prends deux sacs-poubelle. Contenance cent litres. Ça devrait suffire. Je retourne au salon.
— Ne vous en faites pas, c’est juste pour le transport. Nous devons sortir. Où ? Mais c’est une surprise voyons ! Dites-le-moi si je vous fais mal, d’accord ?
Ses yeux sont fermés. Elle ne dit rien. Normal. Elle est morte. Dommage.
2 heures 28.
Commentaire. Son corps est froid. Je l’attache solidement dans les sacs. Elle est légère. Je l’emporte facilement. Je prends mes clés de voiture. J’éteins toutes les lumières. Nous sortons. Mp3 dans la poche. Écouteurs sur les oreilles. J’écoute Mon vieux de Daniel Guichard. C’est triste. Ça va avec le temps. Je suis déjà dans l’ambiance. Je sais ce que je vais faire. Je suis sûr qu’elle sera parfaite.
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