Mystères à Lacetown Tome 2 - Des suspects à la pelle

Chapitre 11

 

Jazz tenait le pain de glace enveloppé dans un torchon de vaisselle sur ses articulations, assis sur un tabouret devant l’îlot central dans la cuisine de Michael. Sa main lui faisait mal, mais ce n’était pas insoutenable. Il priait juste pour qu’elle ne gonfle pas. Ce serait un enfer de tenir des ciseaux avec des doigts enflés.

Michael s’activait à côté de lui, en train de préparer quelque chose à manger. Jazz se pencha pour siroter son vin avec la paille en bambou que Michael avait ajoutée dans son verre plein à ras bord.

Ça ne l’étonnait pas que son amant se serve de pailles réutilisables, et pas en plastique. Ni qu’il soit assez prévenant pour non seulement donner un pain de glace enroulé dans un linge, mais aussi une paille pour que Jazz n’ait pas à tenir son verre. Jazz ne savait pas ce qu’il avait fait pour mériter un homme aussi gentil, prévenant et patient, sans oublier avec un corps de rêve et un sexe à l’avenant, mais il espérait bien que l’univers ne les séparerait pas de sitôt.

— Quelle soirée, souffla Michael.

— Ouaip, acquiesça Jazz.

— Je n’arrive pas à croire qu’on ait été à deux doigts de se battre…

Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule.

— Oui enfin, tu as évité un coup de poing et tu en as mis un bon toi-même. Où tu as appris à te battre ?

— C’était dans un grand gymnase là où j’ai grandi, qui s’appelait « Être gay dans le Midwest », soupira Jazz.

— Au moins, on n’a pas fini en prison. 

— Tu n’as pas envie de passer un petit séjour au « Hilton » ? demanda Jazz en faisant référence au surnom de la prison de Lacetown.

— Pas vraiment, non.

Michael se retourna et s’appuya contre l’îlot.

— Je n’arrive pas à croire que tout le monde nous ait soutenus quand cet homophobe a commencé à nous insulter.

Jazz sourit devant l’expression choquée de Michael.

— C’était cool, hein ?

— Et je n’en reviens pas de tous les gens qui ont protesté.

Michael secoua la tête d’un air incrédule.

— Trish a été incroyable.

Jazz se souvenait que Michael lui avait avoué une fois qu’il n’avait pas beaucoup d’amis. La manie de Michael de se dénigrer l’empêchait de se rendre compte qu’il était merveilleux, ou de voir que tous les gens qui prenaient le temps d’apprendre à le connaître finissaient par l’adorer.

La preuve, même son apprenti bizarre et flippant, Ezra, le suivait partout comme un petit chien !

Jazz observa Michael qui était occupé à sortir des assiettes. Il adorait la routine agréable de ce genre de soirée. Ces dernières semaines, Michael avait tenu le rythme soutenu de la vie sociale de Jazz, même si ça avait un peu inquiété ce dernier, au début. Michael était réservé, mais ça n’avait pas l’air de le déranger de côtoyer du monde… tant que Jazz était là. Et même si celui-ci appréciait toujours de sortir et voir des gens, il faisait un métier où il socialisait toute la journée, et il savourait ces moments passés seul avec son croque-mort timide.

Timide dans la vie, mais pas au lit.

— Alors, mon cœur, reprit-il. Apparemment on sait comment s’amuser au point de faire rappliquer les flics, mais pas au point de se faire arrêter.

Il aspira une autre gorgée de vin.

— Pauvre Ally. Tu arrives à croire qu’elle soit la cousine de Dylan et la fille de Wilson ? Je n’arrive même pas à imaginer ce qu’elle a dû traverser. Elle devait être très proche de Dylan pour péter un plomb comme ça. J’espère que Musgrave ne se comporte pas comme un connard avec elle.

— Tu le connais, commenta Michael, avant d’afficher un air pensif. Du coup, je comprends qu’elle s’en soit prise à Norbert.

— Tu crois qu’elle le traquait ? suggéra Jazz. C’est une drôle de coïncidence qu’elle fasse partie de son ancien groupe, qui débarque en ville pile quand il recherche des musiciens à représenter.

— Je me suis posé la même question. Elle a peut-être engagé un détective privé, ou quelque chose comme ça, se demanda Michael à haute voix. Quelqu’un qui aurait suivi tous les faits et gestes de Norbert ?

— Qui sait ? Est-ce que quelque chose à Lacetown a du sens en ce moment ? C’est vrai, si on apprenait que les extraterrestres de Roswell étaient passés par là en premier… c’est tellement n’importe quoi ces derniers temps… ça ne m’étonnerait même pas.

Michael ricana, même s’il y avait quand même un fond de vérité derrière la plaisanterie.

— C’est pas faux.

C’est pas faux. Booooon…

— Des nouvelles de l’ennemi juré ? s’enquit Jazz, les yeux rivés sur les bras musclés de Michael.

Il en avait marre de parler de Norbert et de ressasser tous les mauvais souvenirs qui avaient refait surface à cause de lui.

Michael regarda par-dessus son épaule en direction du funérarium.

— Rien pour l’instant. Mais il est là. C’est son véhicule sur le parking.

Jazz descendit du tabouret de bar et se dirigea vers la baie vitrée qui donnait sur la terrasse de derrière. Il se pencha sur le côté et repéra un gros pick-up noir garé devant l’entrée arrière. Sa carrosserie récemment lustrée étincelait sous les rayons du soleil couchant.

M. Cornichon était assis devant la fenêtre, les yeux rivés sur le jardin, le bout de sa queue remuant lentement. Jazz fit des bruits de bisous jusqu’à ce que le chat lève la tête vers lui.

— Comment va mon gros minou préféré ? roucoula-t-il.

M. Cornichon cligna lentement les yeux avant de reporter son attention sur la nuit qui tombait derrière la vitre.

— Il m’adore, déclara Jazz en retournant s’asseoir. Donc l’ennemi juré a un gros camion tout noir, hein ? C’est avec ça qu’il moissonne les cadavres ?

Il fut récompensé par un éclat de rire, comme il l’avait prévu.

— Il moissonne ! Ha !

Michael tourna le dos au comptoir et rejoignit Jazz devant l’îlot avec deux assiettes dans les mains : une avec les restes réchauffés du ragoût qu’il avait cuisiné la veille, et l’autre avec des légumes crus coupés en morceaux.

— Mais non, continua Michael en s’installant sur le tabouret à côté de Jazz. Il aime juste conduire son gros camion. Il a aussi un corbillard Cadillac, à moins qu’il ait péri dans l’incendie.

— En même temps que ce pauvre monsieur Jones, lança Jazz en se retenant de rire.

Il savait que Michael était resté très sobre quand il leur avait raconté l’incendie de Trevino et le gonflement de monsieur Jones, mais toute son attitude « Attention, Jazz, ne ris pas » avait vraiment été drôle, même si ça n’avait pas été son intention. Jazz avait pensé à le raconter à Kitty quand il était allé leur donner des tickets pour des boissons gratuites, à elle et Marty, mais il avait dû suivre Norbert, et l’occasion ne s’était pas présentée à nouveau.

Michael secoua la tête.

— C’est une tragédie qui aurait pu être évitée.

— Mais le résultat était quand même là, au final.

Il goûta un morceau de ragoût et poussa un soupir.

— Toi, tu t’y connais en viande.

Michael rougit en choisissant un cube de viande.

— Comment va ta main ?

Jazz fléchit ses doigts.

— Toujours un peu sensible, mais ça va mieux.

Il mit de côté le pain de glace emballé dans son chiffon, et Michael s’empressa d’aller le remettre dans le congélateur.

— Merci de prendre soin de moi.

Depuis qu’il était ado, Jazz avait dû se débrouiller tout seul. Sa mère bossait tout le temps, et aucun homme – pas même Russell – ne s’était occupé de lui comme Michael. Il faisait plein de choses pour lui, et Jazz n’aurait pas pu en être plus heureux. Peut-être qu’ils étaient encore en pleine phase lune de miel, mais dans tous les cas, il avait tiré le bon numéro avec Michael.

— Ça me fait plaisir, répondit ce dernier en reprenant sa place sur le tabouret à côté de lui. Pour être honnête, j’ai été un peu surpris tout à l’heure, quand tu es intervenu pour protéger Norbert.

Jazz hocha la tête.

— Et moi donc. Je ne sais pas du tout ce qui m’est passé par la tête.

— L’empathie pour un autre être humain. Ce qui est une des choses que j’aime chez toi.

— Oh, juste une chose ? ironisa Jazz. Et c’est quoi, les autres ?

Michael lui offrit un sourire taquin.

— On pourra voir ça plus tard. Mais plus sérieusement, je t’ai trouvé impressionnant quand tu t’es dressé contre tous ces types.

Jazz leva la main.

— Ou stupide.

— Je préfère impressionnant.

Michael lui prit la main et déposa un petit baiser sur ses jointures.

— Et sexy.

Une vague de désir parcourut Jazz, et son sexe commença à réagir. Il était vraiment atteint pour qu’un simple baiser sur la main suffise à envoyer tout son sang vers son entrejambe. Russell ne lui avait jamais fait un tel effet.

Russell. Quel enfoiré violent de première !

Et ce n’était vraiment pas le moment de penser à lui. Il le repoussa tout au fond de son esprit et se concentra sur le moment présent avant que toute cette négativité ne gâche la soirée.

— Ce que tu as dit à Norbert après, c’était un peu…

Michael s’interrompit pour chercher ses mots.

— Sombre.

Jazz poussa un soupir

— Après les saloperies qu’il a dites sur toi, je n’ai pas pu me retenir. C’était un trou du cul dilaté infesté d’hémorroïdes.

Michael fit la grimace.

— C’est très… euh, imagé.

— Merci, lança Jazz avec un grand sourire. En parlant de casse-couilles, tu sais où va loger Trevino le Vilain Méchant pendant qu’il est en ville ?

— Non. Le connaissant, je dirais à l’auberge qui est sur Windswept Point.

Jazz haussa les sourcils.

— Le bed-and-breakfast prout-prout près du phare ?

— Oui, celui-là.

— Il ne se refuse rien, hein ?

Michael haussa les épaules.

— Il aime bien son petit confort.

— Comment tu en sais autant sur lui ?

Jazz croqua dans une carotte et choisit un autre morceau de viande.

— Vous êtes sortis ensemble, ou un truc comme ça ?

Michael écarquilla tellement les yeux que Jazz eut peur qu’il ne se blesse.

— Non ! Je ne peux même pas…

Il frissonna.

— Non. Trevino a toujours été très compétitif avec ses pairs. D’abord avec Papy parce que Trevino était plus jeune et qu’il voulait prouver quelque chose, et ensuite avec moi, parce que c’est moi qui suis plus jeune, et qu’il croit qu’il peut m’intimider.

— Donc vous n’avez jamais baisé sur une de ces tables en métal glaciales ?

Michael afficha une moue dégoûtée.

— C’est dégoûtant pour de nombreuses raisons. Et pour autant que je le sache, il est hétéro. Cent pour cent hétéro. Franchement, ça ne m’intéresse pas de le savoir, parce que je ne veux surtout pas penser à lui de façon sexuelle, pour une raison ou pour une autre.

— Mais c’est exactement ce que tu es en train de faire, parce que tu ne peux pas t’en empêcher, se moqua Jazz.

Michael lui jeta un petit regard assassin.

— Tu cherches les ennuis, là.

Jazz cilla d’un air faussement innocent.

— Qui ça ? Moi ?

Avançant lentement, tel un prédateur traquant sa proie, Michael approcha. Jazz s’empourpra d’excitation, et les palpitations dans sa main s’évanouirent.

— Tu sais ce qui arrive aux mecs qui ne savent pas s’arrêter ?

La voix de Michael était douce et grave, et il se pencha en avant pour presser son érection contre la cuisse de Jazz.

— Ils finissent par avoir ce qu’ils veulent ?

Michael lui offrit un sourire en coin.

— Exactement, souffla-t-il avant de l’embrasser.

Il était doux au début, presque tendre, mais il devint rapidement plus affamé. Il lui lécha le coin des lèvres, et Jazz les écarta pour le laisser entrer. Le baiser s’intensifia et Michael gronda.

— Dans la chambre ? proposa Jazz.

— Ravi que tu aies compris l’allusion, déclara Michael avant de le prendre par sa main intacte et de le tirer vers les escaliers.

Une fois dans la chambre, ils continuèrent à s’embrasser tout en se déshabillant l’un l’autre. Quand ça devint trop compliqué, Jazz recula et ne quitta pas Michael des yeux pendant que chacun retirait ses propres vêtements. Il apprécia tout particulièrement la lente révélation du corps de son amant sous les couches de tissu. La peau pâle de son torse, qui scintillait presque sous la douce lueur de la lampe dans le coin, recouverte de fins poils qui traçaient un chemin épais jusqu’à la base de son sexe. Et son membre, cette érection glorieuse et palpitante, qui pointait vers Jazz comme pour le toucher. Ce dernier en avait l’eau à la bouche, et il se lécha les lèvres tout en détachant ses cheveux, qui retombèrent sur ses épaules en boucles souples.

— Tu es sublime, dit Michael d’un ton presque révérencieux.

— Et toi, tu es plus sexy qu’un homme n’a le droit de l’être, répliqua Jazz, avant de se mettre à genoux et de prendre Michael dans sa bouche.

Ce dernier enroula la main dans les cheveux de Jazz avant de souffler :

— Oh, Seigneur.

Jazz le suça lentement, ses dents remontant sur toute sa longueur avant d’aspirer son gland. Les jambes de Michael se mirent à trembler et il tira sur les mèches de Jazz. Rien ne l’excitait plus que de pousser son croque-mort discret à s’ouvrir et à se laisser aller. Et depuis ces dernières semaines, il avait appris où se trouvaient les zones les plus sensibles de Michael.

— J’ai trop envie de te goûter, haleta Michael avant de reculer.

Il tira sur les mains de Jazz pour le relever, l’embrassa fermement, puis le fit tourner et le poussa vers le lit.

— Sur le lit, à quatre pattes. Tout de suite.

Oh la la ! Le sexe de Jazz tressauta devant le ton autoritaire de Michael, et un long filet de liquide préséminal s’écoula de son gland. Il monta sur le matelas et se mit en position en laissant juste ses pieds dépasser. Michael posa une main sur chaque fesse et les écarta.

— J’adore te regarder dans cette position, murmura Michael.

Jazz frissonna quand il se rapprocha et souffla doucement sur sa raie humide de transpiration. Le frémissement se transforma en tremblements quand il passa le plat de la langue sur son entrée.

— Oh, Michael, tu me rends dingue.

Celui-ci posa ses lunettes sur la table de nuit.

— Et j’ai encore beaucoup d’autres choses en tête.

Jazz était plus que prêt, quoi que Michael ait prévu. Il aimait ce côté de lui plus intense et en même temps plus joueur. D’après ce qu’il lui avait raconté de ses anciennes relations, il ne s’était jamais senti à l’aise pour laisser libre cours à ses fantasmes jusqu’à ce qu’il rencontre Jazz.

Quel veinard je suis.

Michael écarta encore plus ses globes et se rapprocha. Le frottement de sa barbe de trois jours contre son anneau secret lui tira un hoquet. Et quand il poussa le bout de sa langue en lui, Jazz gémit et posa son front sur le dos de sa main valide. Pendant que son amant le pénétrait avec sa langue, Jazz grogna et gronda et tendit ses hanches en arrière, contre la bouche de Michael.

À coups de lents baisers humides, Michael trempa Jazz de salive. Et quand il glissa de son entrée à ses testicules, il pressa un doigt en lui. Jazz geignit et écarta ses jambes un peu plus grand. Il aurait voulu faire quelque chose de plus pour Michael, mais il ne pouvait pas l’atteindre.

Un autre doigt rejoignit le premier, et le membre de Jazz tressauta et coula encore plus. Michael lécha et cracha autour de ses doigts qui entraient et sortaient de lui. Jazz le sentait plus concentré, plongé dans son fantasme, et ça lui fit plaisir que Michael puisse se montrer aussi ouvert avec lui.

Les doigts se retirèrent, remplacés par la langue de Michael. Il l’avait enroulée au bout, un truc qu’il avait montré à Jazz plus d’une fois et que personne ne lui avait fait avant lui. Pas même Russell qui adorait pourtant manger des trucs qui sortaient de Jazz, que ce soient des framboises

surgelées ou des circus peanuts6. Il l’avait sûrement fait aussi avec tous les mecs qu’il se tapait à côté.

Mais Michael n’avait rien à voir avec Russell. Michael était droit et honnête, et jamais il ne donnait à Jazz l’impression de passer en deuxième.

Et pourquoi diable pensait-il à Russell, là ? Ah, oui, les putains de papiers de divorce.

Et merde, il ne pourrait pas se sortir ce connard infidèle de la tête une bonne fois pour toutes ? Ils n’avaient pas encore inventé de pilule ou d’opération qui enlevaient certains souvenirs pour toujours ?

Michael le pénétra avec un doigt une nouvelle fois, et Jazz se fit la réflexion que c’était un excellent moyen de rayer Russell de son esprit. Puis le doigt en question effleura la prostate de Jazz, au moment où Michael se penchait pour prendre ses testicules dans sa bouche. Le liquide préséminal qui coula alors faillit inonder les draps.

— Tu m’as tellement excité, là, gémit Jazz. J’ai besoin de te sentir encore plus.

Michael remonta en déposant des baisers tout le long de sa colonne vertébrale tout en continuant à le préparer, à l’ouvrir. Quand il se colla contre lui, il lui mordilla l’épaule, et chuchota dans son oreille :

— Bon sang, qu’est-ce que j’aimerais être juste en toi, juste ma queue, ton cul, sans rien entre nous.

L’estomac de Jazz fit une cabriole.

— C’est vrai ?

Mais Michael était en train de ronronner, d’inhaler le parfum de Jazz comme hypnotisé, perdu dans le plaisir de ce qu’il lui faisait.

À travers les vagues d’euphorie qui déferlaient, des questions rebondissaient dans son crâne. Est-ce que Michael voulait vraiment passer à l’étape suivante ? Avec Jazz ? Même après tout ce qui s’était passé ?

— Euh, commença Jazz, un peu déconcentré par la remarque de Michael. Juste pour dire, je n’ai rien, si tu en as vraiment envie. Je me suis fait tester après…

Il n’avait pas envie de dire « après que Russell m’a trompé », mais Michael sembla comprendre quand même.

Il retira ses doigts et plongea ses yeux dans les siens.

— Je me fais dépister tous les ans aussi. Tu as confiance en moi ?

Hors d’haleine à cause du désir et de l’envie accablante de sentir Michael comme ça, juste tous les deux, ouverts et honnêtes, Jazz se mit à trembler.

— Oui, sans hésiter.

Michael lui adressa un sourire de prédateur.

— Alors on le fait à poil ?

Jazz lui rendit son sourire.

— Ouais. Allons-y.

— Oh, bébé, souffla Michael d’une voix rauque de désir.

Il claqua les deux fesses de Jazz avant de les mordre une à une, puis de se relever et de se diriger vers la table de nuit.

Jazz l’observa par-dessous son bras tandis qu’il ouvrait le lubrifiant et en pressait une bonne quantité sur son sexe épais et nu. Il en mit ensuite sur le bout de ses doigts, avant de venir se replacer entre les jambes de Jazz. Le matelas s’enfonça quand Michael se positionna derrière lui.

— Bon sang, te voir comme ça ouvert et prêt pour moi, c’est tellement excitant.

La voix de Michael trahissait une sorte de tension que Jazz n’avait jamais entendue auparavant, et son ventre se serra d’anticipation. Puis il se remonta contre lui.

Il n’avait jamais été aussi proche de Russell. Jamais.

Arrête de penser à Russell Withingham, putain !

Le bout du sexe de Michael se positionna contre l’orifice chaud et glissant de Jazz. Il resta comme ça quelques secondes, et se pencha pour embrasser son dos. Il plaqua ensuite une paume là où il avait déposé le baiser, et entra en lui dans une poussée lente et régulière qui écartela Jazz et le remplit.

Ronronnant à cause de la sensation inédite, Michael se retira et avança, puis encore une fois, de plus en plus vite.

— Si chaud…, grogna-t-il.

Jazz était déjà trop en extase pour répondre.

Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas fait l’amour comme ça, mais rien ne lui avait jamais semblé aussi bon que la sensation de l’érection de Michael en lui, effleurant sa prostate. Il lui saisit les fesses à pleines mains, ses doigts s’enfonçant dans sa chair, assez fort pour laisser des marques. Son sexe frottait tous les bons endroits, épais, solide, et tellement, tellement chaud.

C’était largement mieux que ça ne l’avait jamais été avec Russ…

Jazz poussa un cri quand les doigts de Michael s’enroulèrent dans ses cheveux pour tirer dessus. La douleur le ramena instantanément à l’instant présent. Soudain, il ne pensait plus qu’à Michael, et au rythme de leurs corps. Ce dernier agrippa une de ses fesses, tandis qu’il tirait toujours ses cheveux de l’autre main. Jazz était complètement consumé par le plaisir, à cent pour cent avec lui. Sa peau le picotait et il avait l’impression que chacune de ses terminaisons nerveuses était en feu. Michael le remplissait à la perfection, touchant tous les endroits qu’il fallait en lui. Et pas juste avec son sexe à nu ou ses doigts talentueux. Michael illuminait chaque recoin sombre, chaque tache d’obscurité où se tapissaient tous ses souvenirs douloureux et ses pensées sombres.

C’était libérateur, et plus qu’un peu effrayant.

— C’est tellement bon d’être en toi, déclara Michael avant de donner une bonne claque sur les fesses de Jazz et de lui tirer les cheveux.

— Oh bon sang, vas-y, prends-moi fort, putain !

Clac, clac !

Michael ne lui avait jamais tiré les cheveux ni mis de fessées auparavant, mais il semblait absorbé par le plaisir qu’ils prenaient tous les deux, maintenant qu’ils étaient réunis comme ils auraient toujours dû l’être. Juste eux, peau contre peau, passionnés, torrides.

Quand Michael lui assena une suite de petites claques tout en le pilonnant plus fort, Jazz laissa échapper un cri sauvage.

— Michael… argh… putain !

Jazz se remit à quatre pattes correctement, tandis que les claquements de leurs peaux qui s’entrechoquaient accéléraient. Il était tout proche, et vu la cadence des coups de reins de Michael, lui aussi.

Depuis combien de temps Jazz ne s’était-il pas senti aussi connecté à quelqu’un ? Aussi synchrone ? Il ferma les yeux et laissa le contrôle à Michael, qui le chevauchait comme un cow-boy de rodéo, avec ses cheveux en guise de rênes. Quand il abaissa le plat de sa main contre la fesse de Jazz, ce dernier s’écroula sur une épaule, s’exposant à Michael dans tous les sens du terme, de corps et de cœur.

— Oh, Seigneur, hoqueta Michael en broyant la fesse de Jazz tout en le pilonnant. Je suis proche. Tellement proche.

Presque allongé sur le ventre, son visage appuyé contre le matelas, avec Michael qui lui tirait toujours les cheveux, Jazz baissa la main pour se caresser, le liquide préséminal glissant et collant aidant sa paume à coulisser plus facilement.

— Moi aussi. Baise-moi ! Ne t’arrête pas !

Les hanches de Michael s’activèrent encore plus vite, cognant contre lui. Ses doigts se resserrèrent dans ses cheveux, envoyant des picotements de douleur dans son crâne, mais Jazz s’en fichait. Ça l’aidait à rester concentré sur le moment, son esprit fermement ancré dans l’instant présent avec Michael.

— J’y suis, oh Seigneur, cria presque ce dernier, pilonnant Jazz alors qu’il grognait à cause de l’orgasme.

Jazz sentit le plaisir de Michael le remplir, et jouit une seconde plus tard, les yeux révulsés, éclaboussant les draps. Il s’effondra sur la flaque, et Michael se désengagea et se laissa tomber sur le dos à côté de lui.

— Oh, mon Dieu, haleta Michael. Je vois des étoiles, là.

Il tourna la tête pour le regarder.

— C’était bon pour toi ? Ce n’était pas trop, si ?

Jazz sourit.

— C’était génial.

Il fut récompensé par un sourire éclatant, et Jazz le chérit dans son cœur.

Pour toute la lumière que Michael avait apportée dans sa vie, il aurait aimé savoir ce que celui-ci avait reçu en retour. À part des parties de jambes en l’air du tonnerre, évidemment, Jazz avait entraîné Michael dans un scénario de meurtre improbable, son chat avait été enlevé, et les deux avaient failli se faire tuer. Sans parler de toutes les dépositions à la police.

Et à présent, avec Norbert qui rôdait autour du festival, et la famille de Dylan qui s’était pointée, c’était comme un cauchemar récurrent dont ils ne parvenaient pas à sortir. Michael lui avait fait oublier tout ça pendant un moment, mais maintenant tout lui revenait en force.

— Hé, ça va ?

La culpabilité lui serra l’estomac quand il entendit l’inquiétude dans sa voix.

— Tu as l’air triste tout à coup. Tu es sûr que je n’ai pas été trop brutal ?

Jazz roula sur le dos et prit la main de Michael. Les doigts de sa main blessée l’avaient laissé tranquille durant le sexe, mais là, ils se rappelaient à son bon souvenir, et pas qu’un peu. Sans parler de son esprit qui tournait en rond, à essayer de trouver ce qu’il avait apporté de bon dans la vie de Michael, en vain. Que retirait Michael de cette relation ? Jazz traînait un tas de casseroles de sa relation avec Russell. Il avait cru que c’était de l’histoire ancienne, mais c’était loin d’être le cas. Avec les papiers de divorce qu’il avait reçu, Jazz allait à nouveau se retrouver « impliqué » avec Russell pour les mois à venir. Sans parler du rôle qu’ils allaient sans doute jouer dans son procès.

En quoi c’était juste pour Michael ?

Et pourquoi son foutu cerveau lui faisait ça quand tout ce qu’il voulait, c’était se vautrer avec son homme dans l’euphorie d’un orgasme incroyable ? Surtout après une étape aussi importante que de ne plus utiliser de préservatif. Est-ce qu’il existait un interrupteur pour faire disparaître les pensées de Russell de son esprit ?

— Jazz ?

La voix de Michael interrompit son triturage de méninges.

— Tu n’as pas répondu.

Michael se tourna sur le côté et s’appuya sur un coude. Son expression était sérieuse et soucieuse, et le cœur de Jazz s’emballa.

Russell ne l’avait jamais regardé comme ça.

Pas une seule fois.

Mais bordel, arrête de penser à Russell ! Tu es là, avec Michael. Profites-en !

Mais il était impossible de faire machine arrière, à présent. Il se revit avec Michael quand ils avaient surpris Russell en train d’essayer de noyer l’oncle de Dylan, le père d’Ally, dans la baignoire, ainsi que le combat brutal qui s’était ensuivi et au cours duquel ils avaient failli perdre la vie. D’autres souvenirs lui revinrent, celui du visage paniqué de Michael pendant qu’ils cherchaient M. Cornichon, qui avait disparu pendant qu’ils couchaient ensemble pour la première fois…

Je suis en train de foutre en l’air notre phase de lune de miel, là…

— Jazz ? Est-ce que je t’ai fait mal ?

Le tremblement dans la voix de Michael ramena Jazz au moment présent, et il réussit à sourire alors que dans sa tête, toutes les choses affreuses qu’il avait attirées dans la vie de cet homme foncièrement bon tournaient en boucle.

— Jamais tu ne me feras de mal. Mais il faut que je rentre chez moi. Je commence tôt demain, et j’ai envie de me poser avec un autre verre de vin pendant que je mets encore un peu de glace sur ma main. Tu comprends, n’est-ce pas ?

Le sourire qu’il reçut en retour avait l’air sincère, mais Jazz remarqua les petits plis d’inquiétude entre les sourcils de Michael.

— Oui. Bien sûr. Tu as assez mangé ?

— Tout était parfait.

Jazz roula sur le flanc et lui donna un long et tendre baiser.

— Comme toi. Je déteste baiser et partir juste après, mais il faut vraiment que je rentre. La journée a été longue.

— Oui, pas de problème.

Ils se levèrent et s’habillèrent dans un silence gêné. C’était tellement différent de la façon dont les choses se terminaient entre eux habituellement, mais Jazz ne savait pas quoi dire pour rassurer Michael. Se passer de préservatif était une étape énorme, et ils avaient pris cette décision si rapidement, mais en vérité, qu’est-ce que Jazz avait à offrir à Michael ? Il voulait dire quelque chose, mais il ne trouvait rien qui pourrait rétablir cette simplicité entre eux, quand Michael lui avait apporté un café.

Merde, est-ce qu’ils l’avaient perdue ?

Jazz l’ignorait.

Là, tout de suite, il avait besoin d’espace pour se remettre la tête à l’endroit.

Pendant qu’il remontait la fermeture éclair de son jean, Michael s’approcha et passa ses bras autour de sa taille.

— Tu es sûr que je ne t’ai pas fait mal ? Tout le… enfin, tu vois ?

C’était trop mignon que Michael peine à mettre des mots sur ses actes une fois que le moment était passé. Jazz avait envie de lui dire que c’était tout le contraire : qu’il avait ouvert son cœur verrouillé et fatigué. Mais ça ne ferait que conduire à plus de questions et de discussions, et Jazz ruminait trop de pensées à propos de Russell pour s’en débarrasser et se concentrer sur Michael, qui valait mieux que ça.

— Sûr et certain, mon cœur.

Il lui donna un autre baiser léger avant de se dégager de son étreinte et de se diriger vers la porte de la chambre.

— J’ai juste besoin de rentrer, de me poser un peu et de soigner ma main. La soirée a été plus qu’étrange.

— Ça, c’est le moins qu’on puisse dire, confirma Michael avant de le suivre hors de la chambre puis dans les escaliers.

Jazz récupéra ses clés de maison et son portable qu’il avait balancés sur la table de la cuisine et les remit dans sa poche. Un livre relié ouvert attira son attention.

— Est-ce que c’est… ? hoqueta Jazz.

— Quoi ?

Michael s’approcha, l’air de quelqu’un qui avait été pris sur le fait en train de mentir.

— Oh, oui, euh…

— Tu relis les livres de Russell ?

Jazz n’était pas vraiment surpris. Michael était un fan de longue date, après tout, mais il était… déçu.

— Oui. Je cherche des indices pour aider le procureur à prouver que la mort de Dylan était préméditée, déclara Michael avec sa voix de croque-mort.

Jazz eut un mouvement de recul. Il aurait pu tout aussi bien dire « Condoléances pour votre perte ».

— Tu savais que Russell comptait plaider la folie, et prétendre ne se souvenir de rien ? continua Michael.

— Non, non, je ne savais pas.

Jazz secoua la tête pour essayer de repousser toutes les pensées de son futur ex-mari menteur et meurtrier. Les mots de Michael étaient parfaitement logiques, et chercher des indices dans les livres de Russell était très malin. Mais quand même…

Pourquoi ce foutu Russell ne pouvait-il pas juste disparaître ? Pourquoi fallait-il qu’il gâche tout entre Michael et lui ?

Et pourquoi Jazz le laissait-il faire ?

Michael lui toucha le bras.

— Je suis désolé de ne pas t’en avoir parlé. Je pensais que ça te perturberait. Je sais que tu as dit que tout allait bien, mais avec tout ce qui s’est passé, et ce que Russell a essayé de faire… je veux juste que tu saches que je serai là pour parler quand tu seras prêt.

Michael, toujours si gentil et prévenant. Si je te disais tout ce que j’ai dans la tête, tu te rendrais compte que je gâche ta vie et tu me laisserais tomber comme une vieille chaussette. Mais je ne suis qu’un égoïste, et je veux te garder pour moi aussi longtemps que possible.

Bien sûr, il ne dit rien de tout ça à voix haute.

Au lieu de ça, il lui offrit un sourire, rassuré de voir celui de Michael en retour, le vrai, pas celui du croque-mort, et d’entendre sa véritable voix. Michael tenait à lui – même si Dieu seul savait pourquoi – et Jazz devait arrêter de laisser Russell lui mettre la tête à l’envers. Russell était en prison, plus dans sa vie.

Il rassembla toute sa force pour adresser un vrai sourire à Michael.

— Merci, mon cœur.

Il fit un geste vague en direction du livre de Russell.

— Et je comprends. C’est logique. Il faut trouver des éléments solides. Tu as trouvé quelque chose qui pourrait l’envoyer croupir en taule pour de bon ?

Il essaya de plaisanter, et à en juger par le regard compatissant de Michael, c’était complètement raté.

— Quelques trucs, oui.

— Cool.

Jazz essaya de faire comme si tout était normal après ça, et s’agenouilla pour dire au revoir à M. Cornichon avec quelques caresses. Mais rien de tout ça ne lui semblait normal. Il avait l’impression d’avoir tout foutu en l’air, et il ne savait pas comment réparer ça.

Putain de Russell.

Mais arrête de penser à lui !

Il se leva et embrassa Michael encore une fois, puis le regarda dans les yeux.

— Dors bien, mon cœur.

— Toi aussi. On se parle demain ?

— Ça marche.

Après un dernier baiser, Jazz se retourna et sortit par la porte coulissante, dans l’air humide de la nuit.

Il marcha d’un bon pas le long des rues, pressé de rentrer. Ses fesses étaient encore sensibles après leurs ébats costauds, et brûlaient un peu à cause des claques de Michael. Il pouvait aussi sentir le sperme de Michael couler lentement hors de lui. Les sensations auraient dû le faire sourire, ou au moins lui donner envie d’envoyer un texto cochon à son amant, mais il n’arrivait pas à se débarrasser de toute cette toxicité ; des mauvaises ondes, avait dit Trish.

Peu de gens se baladaient dans Main Street. Surtout des couples, main dans la main, et Jazz s’empressa de détourner les yeux. Il avait l’impression de n’apporter que de la noirceur aux personnes les plus proches de lui.

Ça sonnait plus dramatique qu’il n’en avait eu l’intention, même dans son esprit, et il se réprimanda d’être une telle drama queen alors qu’il approchait du bâtiment qui abritait autrefois un magasin d’équipements nautiques et où se trouvaient à présent le salon de coiffure de Misty, la boulangerie Robichaux, et la mercerie Yvette’s Haberdashery au rez-de-chaussée, et les appartements Holland Harbor Lofts au-dessus. L’appartement de Jazz se trouvait juste au-dessus de la boulangerie, et il adorait se lever le matin avec la bonne odeur de leurs viennoiseries.

La seule chose encore meilleure, c’était de se réveiller à côté de Michael.

Mais il lui fallait une pause. Pas trop longue, bien sûr, juste assez pour qu’il se purge le cerveau de tous les souvenirs de Russell. Et qu’il lise les papiers du divorce, ou qu’il engage un avocat pour le faire à sa place, pour s’assurer que Russell n’essaiera de pas de l’entuber encore une fois. Michael méritait que Jazz soit avec lui à cent pour cent, pas dans cet état négatif, distrait, et complètement à la masse.

Il fit le tour du bâtiment pour arriver dans le parking de derrière, et se dirigea vers l’entrée de la partie résidentielle. À quelques pas de la porte, un mouvement attira son attention dans l’ombre près de la porte arrière du salon de coiffure. Il se figea. Un frisson le parcourut et il tendit la main vers sa poche pour sortir son portable.

Une silhouette apparut sous les lampadaires du parking, et le mouvement déclencha les capteurs de la lumière au-dessus de la porte.

Ally Roberts !

Elle devait avoir terminé de faire sa déposition au poste. Est-ce que c’était une coïncidence qu’elle traîne autour du salon, ou est-ce qu’elle avait un dessein plus sinistre ? Jazz envisagea de l’appeler, mais Ally recula précipitamment, peut-être effrayée par la clarté soudaine, et il la perdit de vue dans l’obscurité environnante.

Intéressant.

Jazz rejoignit la porte arrière du salon et essaya de tirer sur la poignée. Toujours verrouillée. Elle cherchait peut-être un endroit discret pour fumer un joint ou un truc comme ça. Pour être un peu seule. Jazz pouvait totalement comprendre ça. Il avait une clé, pourtant il ne voyait pas l’intérêt d’entrer. Il serait de retour bien assez tôt pour son client de huit heures, Kevin Raines, le directeur des Falaises de Lake View, la maison de retraite. Vu que ce dernier avait tendance à s’énerver si Jazz prenait du retard, il avait pris pour habitude de lui donner le premier créneau de la journée – qui ne pouvait pas commencer de façon plus pourrie – et jamais le dernier. Non seulement Kevin aurait été grognon parce que Jazz accumulait forcément du retard au fur et à mesure de la journée, mais si Kevin était son dernier client, Jazz avait du mal à mettre fin au rendez-vous poliment, vu que Kevin essayait toujours de flirter et de l’inviter à sortir, peu importe le nombre de fois où il lui avait répété qu’il ne sortait pas avec ses clients et surtout…

Il. Avait. Un. Petit. Ami.

On s’en fout, pensa Jazz. Au moins, Kevin laissait de bons pourboires.

Il retourna devant l’entrée de la résidence, et entra le code de la porte. Une fois à l’intérieur, il monta les escaliers et s’arrêta net quand il vit un homme grand avec une chemise hawaïenne jaune sortir de l’appartement de Kurt et Sarah. C’était l’homme qu’il avait repéré au festival tout à l’heure, celui qui avait regardé jouer les cousins de Misty.

Suspicieux, Jazz l’interpella.

— Oh, bonjour. Vous êtes un ami de Kurt et Sarah ?

L’homme secoua la tête, agitant ses épais cheveux blonds.

— Non. J’ai trouvé la chambre sur Airbnb. Super endroit. Je vais lui mettre cinq étoiles.

Un touriste, donc. Jazz se retint de froncer les sourcils.

— Oui, on est bien, ici.

Ces crétins de millenials. Ils allaient se faire mettre à la porte quand le propriétaire apprendrait qu’ils sous-louaient leur appart’. C’était une violation directe de leur contrat de bail.

Jazz était vraiment trop fatigué pour en avoir quelque chose à faire. Il fit signe au touriste et rentra chez lui. L’endroit était familier, mais pas aussi chaleureux et accueillant que chez Michael. Jazz était vraiment gâté avec lui. Il espérait que ça n’avait pas affecté son jugement, et qu’il n’avait pas fait une erreur en acceptant de se passer de préservatif ce soir. C’était une grosse étape, et Michael méritait une connexion plus forte que ce que Jazz avait pu lui donner ce soir.

Peut-être que Michael méritait quelqu’un de mieux que Jazz, tout court.

Il soupira sans même en avoir eu l’intention, et il alluma la télévision, avant de se diriger vers la cuisine pour récupérer un pain de glace pour sa main, et un verre de vin pour son esprit troublé.

 

6 Bonbon de guimauve en forme de cacahuète et au goût de banane

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