Mystères à Lacetown Tome 2 - Des suspects à la pelle

Chapitre 6

 

— Quoi ? s’exclama Michael.

— Il y a un cadavre dans le corbillard, répéta Steve, ses yeux bleus affolés. J-j’ai ouvert la portière… on dirait qu’il a été étranglé ou un truc comme ça.

L’expression de Musgrave se crispa.

— Montrez-moi.

Ils foncèrent à travers le funérarium vers la porte arrière qui donnait sur le parking. Steve se hâta sur l’asphalte avec Musgrave juste derrière lui et Michael qui se démenait pour ne pas se laisser distancer. Depuis des années que Steve aidait Michael à transporter les corps, il savait qu’il ne devait pas approcher d’une scène de crime et s’arrêta juste devant la porte du garage, mais il avait l’air particulièrement perturbé par sa découverte.

Michael posa une main sur son épaule pendant que Musgrave entrait avec précaution dans le garage trois places.

— Vous allez bien ?

— C’était un choc, cap’taine, expliqua Steve en se léchant les lèvres. Ça m’a vraiment mis un coup, je sais pas pourquoi.

Le ventre serré, Michael hocha la tête fermement.

— OK. Merci d’être venu me prévenir. Parfois, aucun entraînement ne peut nous préparer à un choc comme ça.

Les lumières étaient allumées dans le garage quand Michael entra. Trois véhicules étaient garés côte à côte : sa Camry personnelle, un corbillard Cadillac, et le van du médecin légiste du comté, tous brillants et impeccables grâce à Steve. Musgrave se tenait à côté du corbillard, près de la portière conducteur ouverte, et fronçait les sourcils en fixant l’intérieur. Michael le rejoignit avec appréhension.

Il prit une grande inspiration en voyant un homme la tête légèrement de travers, ses mains posées sur le volant dans une pose des plus macabres. Sous l’influence d’une curiosité morbide, il se pencha très près en prenant soin de ne rien toucher.

— Central, lança Musgrave dans sa radio, faisant sursauter et reculer Michael. Ici le shérif. J’ai besoin de renforts au salon funéraire, immédiatement.

Pendant que Musgrave communiquait avec ses adjoints, Michael reprit son examen visuel du corps.

— La peau est ecchymosée et écorchée autour du cou, décrivit-il calmement. Il y a un peu de sang, mais je ne pense pas que la carotide soit touchée. C’est sans doute une strangulation avec un lien coupant. S’il avait été tué dans le corbillard, il aurait dû être étranglé par-derrière, et le meurtrier aurait dû être à genoux, et de petite taille. Il n’y a pas beaucoup de hauteur à l’arrière.

Michael jeta un coup d’œil dans le garage. Avec les trois véhicules, il n’y avait pas beaucoup d’espace pour se débattre, et tout semblait en ordre.

— À moins que la victime ait été tuée ailleurs et transportée ici ?

Mais pourquoi ici ? Pourquoi sur mon lieu de travail ?

— Et comment a-t-il fait pour entrer dans ton garage verrouillé, Fleishman ? souligna Musgrave.

Michael secoua la tête.

— C’est exactement la question que je me pose. Je n’en ai aucune idée. J’aurais entendu la porte s’ouvrir la nuit dernière, s’il a été tué à ce moment-là.

Le côté conducteur de la Camry n’était qu’à quelques dizaines de centimètres du corps. Steve rentrait toujours le véhicule en marche arrière, mais pas Michael.

— Il n’était pas là quand je suis rentré à dix-neuf heures trente. Je l’aurais vu.

Musgrave désigna d’un signe de tête la position des deux engins, les deux côtés conducteur face à face.

— Tu as un système d’alarme ?

— Pour la maison et le salon funéraire. J’ai des caméras de surveillance, mais les détecteurs ne sont dirigés que vers les entrées de la maison et du salon. Si quelqu’un avait bougé dans une de ces deux zones après que j’ai activé l’alarme, j’aurais eu une alerte sur mon téléphone.

Après la tentative d’effraction des dealers de drogue empotés qui avaient kidnappé M. Cornichon, Michael et Steve avaient renforcé la sécurité au niveau maximum avec des caméras et des détecteurs de mouvement, le tout contrôlable depuis son téléphone.

— Mais tu n’as rien eu, supposa Musgrave. Ça doit vouloir dire qu’il y a un angle mort dans ton système de surveillance.

— Jamais je n’aurais pensé que des malfrats pouvaient être intéressés par du matériel de jardinage, et les véhicules sont assurés, expliqua Michael. Pourquoi viser le garage ?

Jamais, dans ses rêves le plus fous, Michael n’aurait imaginé un scénario pareil !

Son regard se porta sur la fenêtre côté nord du garage, au-dessus de la table de travail où Steve rangeait tous les outils de jardinage, les fertilisants et les trucs comme ça.

— Quelqu’un aurait pu rentrer par la porte ou par cette fenêtre, déclara Michael à haute voix. Soit le corps a été transporté ici, soit deux personnes sont entrées, et une seule est ressortie.

Il espérait qu’ils trouveraient des empreintes.

— C’est quoi tout ce tapage ? demanda Kitty en rejoignant Steve dehors.

— N’entrez pas, ordonna Michael. C’est une scène de crime. Il ne faut pas la contaminer.

— Une scène de crime ! s’exclama Kitty. Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Quelqu’un a laissé un corps dans le corbillard, expliqua Steve.

— Eh bien, c’est un peu leur place, non ? souligna Kitty.

Michael n’avait aucun mal à imaginer la blonde plantureuse en train d’arquer les sourcils pour accompagner son sarcasme.

— Pas derrière le volant, répliqua Steve.

— Ah, lâcha Kitty d’un ton indiquant qu’elle avait compris le sérieux de la chose. Qui est-ce ?

Le claquement de ses talons en train de résonner sur le béton du garage poussa Michael et Musgrave à lever brusquement la tête.

— N’entre pas !

L’ordre sévère du shérif résonna dans tout l’espace avant que Michael puisse dire quoi que ce soit.

— Je ne veux pas que cette scène soit encore plus contaminée !

— Je voulais juste voir si je reconnaissais la victime, lança Kitty en reculant en dehors du garage, la moue boudeuse.

Elle toisa le dos de Musgrave d’un air méchant, et Michael se demanda comment ils survivaient aux dîners de famille vu que Kitty avait épousé le petit frère d’Hilton, Marty, le diminutif de Marriott.

Les parents Musgrave avaient prénommé leurs enfants d’après les hôtels où ils avaient été conçus : Hilton, Marriott, et leur petite sœur, Holiday. Une fois, Jazz avait appelé les Musgrave « une pâle imitation de la famille

Howard » étant donné que les enfants de Ron Howard3 avaient aussi été baptisés en fonction du lieu de leur conception.

— Crois-moi, tu n’as pas envie de le voir, déclara Steve à voix basse.

— Donc c’est un homme ?

Kitty se tordait de gauche à droite, le cou tendu pour essayer de voir le cadavre.

Michael étudia la victime. L’homme lui semblait familier, mais il n’arrivait pas à trouver où il l’avait vu.

Puis ça lui revint d’un coup.

C’était l’homme avec qui Norbert s’était disputé la veille au Gruff’s Grub.

Celui qui en pinçait toujours pour Norbert…

Michael se redressa, sa tête tournant un peu. Il secoua la tête pour s’éclaircir les idées, comme s’il venait de foncer dans un mur, puis recula de plusieurs pas en trébuchant jusqu’à percuter sa voiture. Il s’appuya contre de tout son poids, des pensées et des questions tourbillonnant dans son esprit.

Est-ce que ça pourrait être une coïncidence que Norbert soit arrivé en ville juste la veille où on avait retrouvé un corps dans le corbillard de Michael ? Rien que sa présence lui donnait l’impression d’un présage de mort. Mais il n’aurait pas tué cet homme, si ? La strangulation était typique d’un crime passionnel néanmoins, et ils avaient été amants, si Jazz et lui avaient bien compris leur dispute. Et ce type avait volé le groupe de Norbert, selon ce qu’il prétendait tout du moins.

Un flash de déjà-vu frappa Michael de plein fouet, le ramenant à Hardscrabble Beach, à genoux sur la plage de galets en train de contempler un jeune homme noyé à qui il manquait les mains. Une fois encore, il connaissait juste assez la victime pour qu’une vague de sueur froide descende dans son dos comme un avertissement personnel.

— J-j’ai vu cet homme hier soir, balbutia Michael.

Il se força à prendre une grande inspiration. Norbert avait dit son nom plus d’une fois, mais Michael ne s’en souvenait pas. Jazz le pourrait sûrement lui, si Michael pouvait prendre une minute pour lui passer un coup de fil. Et le son de la voix de Jazz, basse et sexy, l’aiderait à se calmer. Malheureusement, il avait laissé son portable dans son bureau.

— Où tu l’as vu ? demanda Musgrave.

— Il parlait à Norbert Farthington.

— Farthington ? Il est de retour en ville ?

Le shérif tourna en rond, le poing serré.

— Tu l’as vu, et avec la victime, hier soir ? Mais comment ça se fait que tu connaisses toujours les victimes de meurtre, Fleishman ?

— Deux fois, on ne peut appeler ça « toujours », Hilton, répliqua Michael.

Le comportement grossier du shérif l’aida à reprendre du poil de la bête. Il s’écarta de la voiture et redressa les épaules.

— Et si on les a vus, c’était juste une coïncidence.

— Sacrée coïncidence. On n’a eu que deux meurtres en tout et pour tout dans cette ville. Alors, comment tu connais la victime, cette fois ? Et c’était qui la deuxième partie du « on » ? Dilworth ?

— Oui, et je ne connais pas cet homme.

Michael secoua la tête en désignant le corps.

— Mais Jazz et moi, on l’a vu se disputer avec Norbert hier soir au Gruff’s Grub.

Il lui expliqua ensuite avec autant de détails possible tout ce qu’il se rappelait, le récit de la dispute entre Norbert, son ex-amant et les anciens membres du groupe…

— Les Baladins je-ne-sais-quoi. C’était le nom du groupe de la victime, ajouta Michael en regrettant de ne pas avoir la même affinité avec les noms que Jazz.

Quand il eut terminé de raconter son histoire, Musgrave, Kitty et Steve se gaussaient à l’image de Gruff en train de mettre Norbert à la porte.

— J’aurais bien aimé voir ça, déclara le shérif en secouant la tête, l’air ravi, avant de reprendre son sérieux. On dirait bien que je vais devoir traquer notre serpent d’attaché de presse préféré et lui poser quelques questions. Sauf si tu as d’autres suggestions de coupables ou de mobiles.

— Mon premier choix pour le suspect, ce serait Norbert, répondit Michael. La victime est son amant délaissé, et apparemment, il y avait une certaine rancœur entre eux. Quant au mobile, ça pourrait être un crime passionnel.

Musgrave gronda.

— Un crime passionnel ?

— Oui, shérif, confirma Michael d’un ton plus cassant qu’il n’en avait eu l’intention. Peu importe ce que tu penses, il peut y avoir de la passion entre deux hommes.

Devant le garage, Steve se mit à tousser, et Kitty murmura :

— Oh, oh.

— Je comprends ça, Fleishman, déclara lentement Musgrave. C’est juste que j’ai du mal à imaginer Norbert en pleine activité passionnée.

Avant que Michael puisse réagit, une nouvelle voix s’éleva près de Steve et Kitty.

— Qu’est-ce qui se passe ?

— Quelqu’un a été assassiné, répondit Steve, la voix tendue.

Michael se tourna juste quand son apprenti, Ezra Glum, arriva. Il resta près des deux autres employés, tendant le cou comme un petit chiot adorable, une lueur indéniable d’excitation dans les yeux.

— Quelqu’un a été assassiné dans votre garage ?

Kitty le fusilla du regard.

— Tu n’as pas des sols à laver ou un truc comme ça ?

Penaud, Ezra remonta ses lunettes sur son nez et marmonna quelque chose que Michael ne comprit pas. Kitty croisa les bras et se rongea l’ongle du petit doigt.

— Oui, Ezra, confirma Michael calmement. Il y a eu un meurtre. Encore.

— Je ne veux pas en rajouter une couche, mais Elaine a appelé depuis les Falaises, intervint Kitty.

— Oh, non. Pas encore un, soupira Michael. Qui est-ce, cette fois ? On a déjà Grace Murray ici.

— J’ai bien peur que ce soit Ruth Blankenship. Elle a été trouvée dans son appartement ce matin. Morte dans son sommeil, à première vue.

Un malheur n’arrive jamais seul. Michael soupira.

— Je suis désolé d’entendre ça. C’était une cliente de Jazz. Elle a raté un rendez-vous hier.

À la mention de Jazz et de ses clientes, le shérif grimaça, et Michael comprit qu’il se sentait coupable d’avoir confronté Jazz tout à l’heure à cause de la coupe de cheveux de sa fille. Tant mieux. Peut-être qu’il tournerait sept fois sa langue dans sa bouche à l’avenir quand il se retrouverait face à Jazz ou à sa fille.

— Ça fait beaucoup de décès en peu de temps aux Falaises, commenta Michael en secouant la tête.

— Ce n’est pas si étonnant que ça, si ? grommela Musgrave. C’est quand même une maison de retraite.

— C’est une communauté pour gens du troisième âge, pas la salle d’attente du paradis.

Kitty adressa un regard glacial à son beau-frère.

— Est-ce qu’il serait possible qu’on sorte le van pour aller chercher le corps ? demanda Michael à Musgrave avant que l’homme ne trouve une remarque cinglante.

Les yeux furieux du shérif passèrent de sa belle-sœur à Michael.

— Une fois que mes adjoints seront arrivés, auront pris les empreintes, et photographié la scène, oui, tu pourras le sortir. Ça ne devrait pas être long.

— Ça ira, assura Michael avant de se tourner vers son personnel. Allez, tout le monde, on rentre. On a du boulot.

Musgrave se retourna pour aboyer dans la radio à son épaule.

— Tanner, t’en es où, bordel ? Il y a eu un meurtre !

— Ici, monsieur ! appela Tanner en personne en entrant dans le garage.

C’était un jeune homme roux très poli. Il avait fait partie de l’équipe qui avait sauvé M. Cornichon. Michael était rassuré de le savoir ici, même s’il était prêt à parier que Jazz aurait eu une remarque à faire à ce propos.

Pendant que Musgrave rencardait Tanner et que ses employés s’éloignaient, Michael en profita pour regarder à nouveau l’homme dans le corbillard.

L’ex-amant de Norbert, qu’il avait repoussé, apparemment. Est-ce qu’il l’avait tué ? Si oui, pour quelle raison ?

Et pourquoi le tuer avant de l’installer dans le corbillard de Michael ? Pour essayer de lui faire porter le chapeau ?

Norbert avait paru heurté de voir son ex, mais peut-être qu’il y avait plus derrière leur histoire ? Quelque chose d’assez sinistre pour le pousser à tuer cet homme ? Comment il s’appelait, déjà ?

Ça ressemblait fortement à l’affaire idéale pour un de ses héros préférés, Brock Hammer. Cette pensée à elle seule était excitante, mais déclencha aussi un petit nœud de culpabilité dans le ventre de Michael.

Il n’avait pas encore avoué à Jazz qu’il relisait la série Brock Hammer depuis le début. Il trouvait ça malhonnête, mais il ne pouvait s’empêcher d’aimer les livres encore plus depuis qu’il avait aidé à résoudre un meurtre horrible. C’était comme s’il les lisait pour la première fois. Les mots de Russell étaient parsemés d’indices subtils qui convergeaient vers la mort de Dylan. Michael avait un dossier dans lequel il notait toutes les similitudes entre les pages écrites par Russell et la façon dont Dylan avait été assassiné, et il espérait pouvoir le montrer au procureur pour les aider à le condamner.

Une sirène de voiture de police annonçant l’arrivée d’autres adjoints tira Michael de ses pensées.

— Le reste de l’équipe est là, monsieur, rapporta Tanner.

Il sourit, comme un petit animal tout excité de faire plaisir.

— J’ai des oreilles, merci, marmonna Musgrave avant d’ajouter plus fort : Tanner, fouille la victime pour trouver une pièce d’identité.

L’adjoint devint un peu pâle, mais il sortit des gants en latex de sa poche et s’approcha du corbillard. Michael le regarda vérifier les poches de la victime avant de se redresser et de hausser les épaules.

— Pas de portefeuille, pas de téléphone.

Musgrave se tourna vers Michael.

— Bon, apparemment on va devoir commencer avec Farthington. Une idée de l’endroit où il pourrait être ?

— Aucune, lui assura Michael. Mais si je ne me trompe pas, le groupe de la victime était censé se produire au festival ce week-end. Peut-être qu’en étudiant le programme, on retrouvera le nom de notre inconnu, et un indice sur l’endroit où est Norbert. Mais pour l’instant, je vais aller chercher mon matériel et demander à Steve d’apporter un brancard pour la victime.

— Ouais, vas-y. Mon équipe va commencer à collecter les preuves, acquiesça-t-il avant de croiser le regard de Michael. On dirait bien qu’on a un autre meurtre sur les bras, Fleishman. Espérons qu’il attirera moins l’attention que le précédent, hein ?

— En effet.

À mi-chemin du funérarium, Michael repéra un groupe de curieux. Le fait de voir la police s’activer devant le salon funéraire avait piqué l’intérêt des voisins, et les avait poussés à venir épier.

Michael n’aimait vraiment pas la publicité négative qu’un meurtre apporterait à son entreprise, alors il rejoignit l’attroupement. C’étaient principalement ses voisins, avec quelques autres personnes de la ville et même des inconnus. Un homme particulièrement grand avec des cheveux blonds ondulés et une chemise hawaïenne jaune fluo attira son attention. Il avait l’air de fixer Michael plutôt que les agents de police qui s’affairaient. Michael ne pensait pas l’avoir déjà vu avant. Un touriste, peut-être.

— Mesdames et messieurs, commença Michael une fois assez près, les deux mains brandies devant lui. C’est une enquête de police. Laissez les agents faire leur travail et retournez chez vous.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Rob Wilkerson.

Il vivait dans le bungalow qui se trouvait dans une ruelle juste derrière chez Michael.

Le balcon de ce dernier donnait en plein sur l’arrière de son garage.

— Je n’ai pas le droit d’en dire plus.

— J’ai entendu parler d’un meurtre sur mon scanner de la police, insista Rob. Quelqu’un aurait été étranglé.

L’homme en chemise jaune partit brusquement, le téléphone à l’oreille, faisant sursauter Michael.

Bizarre.

Michael le repoussa de ses pensées et se tourna à nouveau vers ses voisins curieux.

— Je n’ai pas le droit d’en dire plus.

Madame Merriweather grommela, les bras serrés autour de son loulou de Poméranie, Reginald, qui aboyait toujours comme une bête sauvage quand M. Cornichon était assis derrière la fenêtre

— Lacetown était une gentille petite ville, autrefois. Tous ces vauriens qui viennent de Chicago et de Détroit sont en train de la pourrir.

Après quelques minutes supplémentaires de discussion, Michael réussit à calmer et à convaincre ses voisins de rentrer chez eux. Avant d’en faire de même, il fit un détour par le garage et demanda à Musgrave de demander à un adjoint d’empêcher les passants d’approcher.

Musgrave poussa un juron.

— Fichus badauds. Tanner !

Le rouquin leva la tête.

— Oui, monsieur ?

— Pourquoi tu n’es pas en train de tenir les civils à l’écart de la scène de crime ? Utilise ta tête !

— Oui, monsieur !

L’homme se hâta d’aller obéir et Michael résista à l’envie de faire un commentaire sur les capacités de management assez limitées du shérif.

Avec un geste de la main à Musgrave, il retourna vers le funérarium, espérant que l’examen du corps fournirait une explication sur la raison pour laquelle l’homme avait été tué et laissé dans le garage de Michael. Dans son corbillard, en plus, installé comme s’il était en train de conduire. Sans qu’il sache pourquoi, il se remit à penser au pamphlet religieux qu’on leur avait donné au diner.

La route de l’enfer, en effet.

Il était forcé d’être d’accord avec madame Merriweather. Que se passait-il à Lacetown ?

3 Acteur et réalisateur américain (Willow, Backdraft, Apollo 13, le Grinch)

 

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