Sangs mêlés

John Vercher · Chapitre 2 sur 24

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Sangs mêlés

Chapitre 2

 

Aaron les guida jusqu’à un immeuble délabré de North Oakland. Il ouvrit sa portière, mais Bobby ne bougea pas. Il s’agrippa au volant et posa son front dessus. L’odeur de pizza et de frites grasses emplissait la voiture, ce qui lui donnait encore plus la nausée. Dès qu’Aaron sortirait, il mettrait les gaz, roulerait jusqu’au commissariat, se dénoncerait et dénoncerait Aaron.

Sauf que c’était le pick-up d’Aaron et qu’il avait fui une scène de crime.

J’ai laissé ce gamin crever sur place.

Une larme tomba sur sa jambe, à l’endroit précis où la main d’Aaron avait laissé une trace de sang quand il lui avait serré le genou. Aaron referma sa portière.

« Écoute, je suis désolé, dit-il. Ce n’était pas prévu.

– Tu l’as tué, Aaron. Putain, tu l’as tué.

– Qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? Il était en train de t’agresser.

– À cause de toi.

– Oh, arrête, mec. C’était rien. Il n’était pas obligé de se ruer sur nous comme ça. »

Le front toujours sur le volant, Bobby tourna la tête vers Aaron et plissa ses yeux hagards.

« Qu’est-ce qui t’a pris ?

– Et s’il avait eu un flingue, Bobby ? Tu y as pensé ?

– C’était un gamin, Aaron. Un petit con, rien de plus.

– Et personne n’en aura rien à foutre. Tu sais quoi, vieux ? Tu me sors les mêmes conneries qu’au lycée. Tu es ingrat, et tu commences à me faire chier. Allez. Prends la bouffe. Je crève la dalle. »

Il sauta et claqua la portière. Bobby tressaillit. Il releva lentement la tête, retrouva une respiration régulière et réfléchit. Comment allait-il expliquer

son rôle dans cette affaire ? Ce n’était pas son pick-up, mais Aaron était ivre. Aaron l’avait forcé. Sauf qu’il n’avait même pas de pistolet, pas de couteau, rien qui puisse convaincre les flics qu’il avait obligé Bobby à l’aider. Aaron toqua à sa vitre et lui lança d’une voix étouffée : « On y va. »

Bobby savait qu’il y avait une solution, mais pas maintenant. Il avait provoqué Aaron sans même le vouloir, et si ce dernier commençait ne serait-ce qu’à le soupçonner de vouloir le balancer qui sait s’il ne finirait pas comme le jeune Noir ?

Attends, deux secondes. On est en train de parler d’un mec qui pesait à peine soixante kilos tout mouillé. Et j’ai peur de lui ?

Oui, Bobby avait peur de lui. Il était terrorisé. Il prit la pizza, les frites, puis descendit.

Au deuxième étage de l’immeuble, le couloir sentait l’herbe à plein nez. Un morceau de rap avec des grosses basses faisait vibrer les murs en plâtre fissurés. Le bruit et l’odeur venaient du même endroit, au fond du couloir. Bobby pencha la tête vers Aaron, curieux de savoir où ils allaient. Celui-ci donna un grand coup sur la porte. Rien. Il pesta dans sa barbe et frappa une deuxième fois. La musique s’arrêta. Le judas devint tout noir. Une chaînette

coulissa. Le verrou cliqueta.

Un jeune Blanc au visage poupon, avec des cheveux blonds très courts, à peine plus vieux que celui qu’ils avaient laissé sur le carreau, ouvrit. Il fit un check avec Aaron, puis l’attira à lui pour une demi-accolade. Il dut se jucher sur la pointe des pieds pour atteindre les larges épaules d’Aaron. Il portait un long maillot de basket au-dessus d’un pantalon treillis rentré dans une paire de Doc Martens à lacets rouges, comme celles d’Aaron. Lorsqu’il lui donna une tape dans le dos, Bobby vit une croix gammée sur le dos de sa main et sentit au fond de sa gorge une boule qu’il ne connaissait que trop bien. Le jeune skin le jaugea. Avec sa pizza et ses frites, Bobby ressemblait à un pauvre livreur égaré.

« C’est qui, ce Rital ? demanda-t-il à Aaron.

– Du calme, Cort. C’est bien Cort, c’est ça ? »

L’autre acquiesça.

« Il est réglo. »

D’un hochement de tête, Cort indiqua le salon et fit signe à Bobby d’entrer. Il lui prit la pizza des mains et se servit immédiatement une part toute molle, la faisant pendouiller devant sa bouche grande ouverte en s’affalant sur le canapé vert dégueulis. Sur la table basse en verre, devant lui, étaient posés un .22 long rifle et un bang d’un mètre vingt. Aaron montra l’arme.

« C’est pour moi ? »

Cort hocha la tête et tira longuement sur le bang. Aaron prit le pistolet et l’examina avant de le caler dans son pantalon comme s’il avait fait ça toute sa vie. Il souleva le store d’une des fenêtres et regarda au-dehors. Cort cracha un nuage de fumée et toussa tout en remettant le son de son épisode de « Yo ! MTV Raps ». Aaron se retourna et le fusilla du regard.

« Yo, pourquoi tu me mates comme ça ? demanda Cort.

– Yo ? fit Aaron avant de lâcher un rire dégoûté. Qu’est-ce que penserait ton oncle Hank s’il t’entendait parler comme ça ? S’il te chopait en train de regarder cette saloperie ?

– Oui, sauf que pour l’instant il est toujours en taule, pas vrai ? Donc il ferme sa gueule. »

Aaron s’approcha du canapé et toisa Cort.

« Dis encore une seule chose désagréable sur lui. » Il passa son bras dans

son dos et empoigna le pistolet. « Vas-y.

– Putain, Aaron », dit Bobby, en un murmure étranglé dans sa gorge sèche.

Cort leva les yeux vers Aaron, puis vers Bobby, qui secouait la tête. Son personnage de dur à cuire s’effaça.

« OK, d’accord, mec, dit-il. Désolé… Tout va bien.

– Parfait, répondit Aaron. Éteins-moi cette merde et montre-moi où sont les chiottes. »

Cort s’exécuta. Bobby regarda Aaron dans ses grosses bottes suivre un petit couloir et disparaître dans une pièce sur la droite.

« Rien à foutre », marmonna Cort une fois qu’Aaron ne pouvait plus l’entendre.

Les effets sonores genre coups de feu d’un flash info de MTV retentirent et firent sursauter Bobby. Tabitha Soren résumait les débats du jour au procès d’O. J. Simpson. L’inspecteur Fuhrman avait été interrogé sur son

recours à des insultes racistes, tandis que les avocats de la défense tentaient de démontrer qu’il y avait eu complot. Le skin secoua la tête et ricana. Il donna une tape sur la cuisse de Bobby.

« Tu y crois, toi, à cette merde ? C’est pas possible qu’il soit innocent. Regarde ses yeux. Il n’y a pas de blanc dedans, que du noir. Comme un… Comme… » Ses yeux aux paupières lourdes étaient rivés sur l’écran. Bobby se pencha pour voir s’il s’était endormi, puis se proposa de terminer sa

phrase.

« Un requin ? »

Cort rouvrit grand les yeux et claqua des doigts.

« Ah oui, putain, c’est bien, ça. Je pensais à un chimpanzé, mais un requin, merde, oui. En tout cas, j’espère qu’on pratique encore la pendaison en Californie. Je me trompe ? »

Bobby eut l’impression que ses pieds ne lui appartenaient plus. Puis ce furent ses mains, ses bras, ses jambes. Il ne sentait plus son visage. Pendant une minute, il fut absent. C’était peut-être le cas. Peut-être qu’il avait dérapé sur la neige, qu’il s’était rétamé et que rien de tout ça n’était vrai. D’ailleurs, il était sur un lit d’hôpital et son cerveau comateux était en train de tout inventer. Pas de tentative de meurtre. Pas de complicité de tentative de meurtre. Simplement la mort. Les grosses basses se remirent à vibrer. Cort remua la tête en chantant muettement les paroles de « Warning », de

Biggie Smalls, puis il regarda par-dessus son épaule en direction du couloir où avait disparu Aaron et baissa encore le son. Bobby sentit de nouveau ses membres. Tandis que l’eau du bang bouillonnait, il rejoignit Aaron au fond du couloir.

Aaron était en train de se rincer les mains. Le flux était lent, l’eau se transformait en une soupe rouge et blanche avant de s’écouler. Aaron inspecta ses ongles. Bobby n’avait pas remarqué à quel point ils étaient longs. Il se rappela avoir vu une émission où les prisonniers les laissaient pousser et les taillaient en pointe. Il en frémit.

« Tout va bien ? fit Aaron.

– Où est-ce qu’on est ? C’est qui, ce mec ? »

Aaron lâcha un soupir entre ses dents.

« Quel petit merdeux. Aucune dignité. C’est bien parce qu’il y a son oncle que je lui casse pas la gueule. C’est pour ça que je reste quelque temps près

de lui. Je lui dois ça.

– Qu’est-ce que tu dois à son oncle ? »

Bobby avait envie de savoir mais redoutait la réponse.

« Rien. Tout, dit Aaron. C’est selon… qui pose la question. C’est lui qui m’a fait entrer dans la fraternité. Il m’a protégé.

– La fraternité ? fit Bobby en haussant le ton. Tu t’entends un peu ? Je rêve. À qui est-ce que je suis en train de parler, là ? Il faut que je me tire

d’ici.

– Pour aller où, Bobby ? »

Aaron s’aspergea le visage d’eau et chercha une serviette, mais il n’y en avait aucune sur l’étendoir. En soulevant son tee-shirt pour l’approcher de sa figure, il remarqua le sang qu’il avait essuyé sur l’inhalateur de Bobby. Il ôta le tee-shirt et choisit une partie propre pour se sécher. Son torse et son dos étaient couverts d’acné, et Bobby se dit que sans doute quelqu’un, à l’intérieur, avait trouvé un moyen de lui avoir des stéroïdes. Aaron se retourna pour pisser. Ses omoplates étaient tatouées d’un « 88 ». Entre les boutons sur son dos, il y avait des cicatrices rondes, et la chair enflée avait le diamètre d’une brûlure de cigarette. Quelqu’un s’était servi de lui comme d’un cendrier.

Lorsqu’il se retourna, Bobby vit sur son sternum une grande croix gammée dont les bras se courbaient en travers de son torse. Il recula. Aaron

s’avança vers lui et l’accula contre le mur de l’étroit couloir. Il s’appuya au chambranle. Son visage se radoucit.

« Écoute, je suis désolé de m’être énervé en bas. Je sais que tu as peur, mais ici tu es en sécurité. Tu es toujours en sécurité quand je suis dans les parages. Je te dois au moins ça. On va se reposer un peu et réfléchir à la suite demain matin. Je te promets, tout ira bien. Alors maintenant va nous chercher un bout de pizza avant que cette petite merde la bouffe en entier. »

Bobby voulut protester, mais Aaron lui donna une gentille tape sur la joue, se faufila à côté de lui et rejoignit une autre pièce au fond du couloir.

L’espace de quelques secondes, Bobby fut bien plus en colère qu’effrayé. Quand Aaron lui avait touché la joue, il avait eu envie de l’attraper par la peau du cou et de lui hurler au visage. De serrer jusqu’à trouver l’énorme pomme d’Adam, celle-là même qui, autrefois, flottait dans le cou maigrichon d’un garçon qu’il fallait sans cesse faire redescendre de sa

paranoïa nourrie à l’herbe. Ç’avait toujours été dans ce sens-là. Aaron était bourré, c’était évident, mais ce calme étrange devait forcément dissimuler l’éternel gamin affolé.

Et pourtant non. Ses yeux étaient aussi froids que leur bleu givré. Il était sorti de taule à peine vingt-quatre heures plus tôt, il avait déjà failli tuer quelqu’un, et voilà qu’il voulait de la pizza. La prison avait créé Aaron le Taulard, et Aaron le Taulard faisait ce qu’il estimait nécessaire, à savoir les

protéger tous deux. Soit il y prenait du plaisir, soit il se foutait de savoir qu’il retournerait au trou en cas d’arrestation – ou alors un mélange pervers des deux. Rien que d’y penser, Bobby eut de nouveau envie de faire dans son froc.

Il reprit le couloir. Y avait-il un téléphone dans ce taudis ? Il devait appeler Isabel. Il en repéra un au mur de la cuisine, en face du salon. Il s’en approcha, puis s’arrêta net. Aaron avait raison. Où irait-il ? Que dirait-il ? Que pourrait faire Isabel ?

Il repensa à la mère du jeune Noir, et une part de pizza était bien la dernière chose dont il avait envie. Il voulut dire à Aaron d’aller se chercher sa pizza à la con tout seul, mais celui-ci était affalé sur un lit dans la chambre du fond. Inconscient. Peut-être qu’il avait vraiment peur, et que jouer un rôle l’avait épuisé. Ou bien il était encore plus ivre que ne l’avait cru Bobby et il comatait. Bobby resta planté devant le lit et le regarda, puis

laissa ses yeux se reposer, comme il le faisait avec les photos en trois dimensions, au supermarché, censées se transformer en dauphins. Il ne savait pas vraiment pourquoi il observait Aaron de la sorte, ni ce qu’il s’attendait à voir. De même qu’il ne voyait jamais les images qu’il était censé voir sur les photos. Elles lui collaient simplement la migraine.

Trois ans plus tôt, il avait attendu plus d’une demi-heure avant de voir Aaron, dont c’était la première semaine en prison. Dans la longue file des visiteurs, ça puait un mélange de plusieurs parfums et déodorants, le même genre de cochonnerie dont s’aspergeait Isabel quand elle sortait le soir. En constatant qu’il n’y avait que des femmes, Bobby avait craint qu’on les prenne pour un couple, Aaron et lui. Et il s’était senti honteux de penser à ce que cela impliquait pour lui, et non pour Aaron. Honteux ou pas, égoïste ou pas, il avait eu aussitôt envie de repartir. Mais avant même qu’il ait tourné les talons, un agent les fit passer par les détecteurs de métal et les

emmena tous jusqu’au parloir.

Une femme assez jolie s’assit à côté de Bobby, dont les genoux se cognèrent contre le meuble. Elle le dévisagea, et il comprit tout de suite qu’elle se demandait, elle aussi, ce qu’un bonhomme fabriquait dans le parloir d’une prison pour hommes. Il entortilla le fil du combiné autour de son pouce jusqu’à ce que l’extrémité en devienne rouge. L’épaisse vitre de sécurité comportait des traces de mains. Des traces de doigts. Des taches de

rouge à lèvres grises. Il se demanda si la femme d’à côté embrasserait la vitre, ou essaierait de poser ses mains dessus, ou peut-être sortirait un sein et le frotterait contre le plexiglas pendant que son homme plaquerait sa paume de l’autre côté. Bobby remarqua que ses propres mains étaient moites. Il ne comprenait pas pourquoi il était si nerveux. Aaron n’était en taule que depuis une semaine. Il s’en sortirait. La porte en acier s’ouvrit dans un couinement. Un gardien fit entrer Aaron en le tenant par son coude osseux. Aaron nageait dans sa combinaison orange. Tête basse, il boitait.

Il avait un œil violet et poché. Un chapelet de petits bleus faisait tout le tour de son cou et une série de points de suture courait sur son crâne, là où on lui avait coupé des cheveux. Il se traîna jusqu’à la vitre et voulut s’asseoir, mais n’y parvint pas. Son cul resta en suspens jusqu’à ce que ses jambes flageolent. Il plissa ses lèvres enflées ; des gouttes de sueur perlèrent sur son front. Il renonça et posa un genou sur le tabouret. Chacun

prit son combiné.

« Salut, mec », dit Bobby.

Une larme coula de l’œil valide d’Aaron.

« Ne reviens plus jamais ici. »

Aaron avait de la bouillie dans la bouche. Il n’avait plus ses dents de devant. Il raccrocha le combiné et se traîna vers le gardien. Bobby l’appela et, avant de se rendre compte de son geste, plaqua sa paume contre la vitre. Il remarqua que la femme d’à côté l’observait. Il jeta un coup d’œil vers son homme, lequel se retourna vers Aaron. Il retira aussitôt sa main, conscient qu’il venait peut-être d’infliger à Aaron une deuxième tournée de ce qu’il avait déjà dégusté. La porte se referma d’un coup. Bobby la regarda fixement, jusqu’à ce que ses yeux se posent sur sa propre trace de main grasse, indistincte des autres vestiges de tentatives vaines pour établir un lien, sinon qu’elle était plus récente. Il l’essuya d’un revers de manche et

s’en alla.

Il avait essayé d’y retourner, une fois, mais après ce jour-là il n’avait plus figuré sur la liste. Plus jamais. Ses lettres n’avaient reçu aucune réponse. Les jours avaient passé, puis les mois. Trois ans. À la fois une éternité et pas grand-chose. Assez pour que les traits d’un être humain se brouillent, ne serait-ce qu’un peu. Assez pour que Bobby croie se rappeler à quoi ressemblait la voix d’Aaron mais que, au bout d’un certain temps, il ne se

fie plus trop à sa mémoire. Juste assez pour que, voyant Aaron sur le parking pour la première fois depuis toutes ces années, il soit passé à côté de lui.

Aaron ronflait. Bobby se glissa de l’autre côté de la chambre et leva les stores pour jeter un coup d’œil dehors, comme l’avait fait Aaron, sans doute pour la même raison. Il n’y avait aucune voiture de police dans la rue. Aucune voiture tout court. La neige s’était accumulée à grande vitesse et il ne voyait plus la séparation entre la chaussée et le trottoir. Il se posta devant le lit et se roula en boule à même le sol.

Un jour, quand il avait sept ou huit ans, son instituteur avait annoncé qu’il y aurait une fête du livre à l’école une semaine plus tard. Comme sa mère lui donnait juste de quoi s’acheter à déjeuner, pendant toute cette semaine-là Bobby mangea le moins possible et chercha à récupérer des pièces de monnaie dans tout l’appartement. Il était fou de joie lorsque le camion

arriva pour décharger les étagères métalliques pliantes sur roulettes.

Il fonça tout droit vers les « Livres dont vous êtes le héros ». Il ne pouvait s’offrir qu’un ou deux ou livres, mais avec ceux-là c’était comme en avoir quatre ou cinq d’un coup, à condition de faire les bons choix. C’étaient des livres pleins de dragons arc-en-ciel et de chevaliers des ténèbres. Est-ce que vous entrez dans une grotte sombre avec une simple torche ? Ou est-ce que vous la contournez et prenez le chemin de montagne truffé de monstres malfaisants ? Bobby choisit la grotte. On ne parlait jamais de monstres à l’intérieur des grottes, donc il se croyait en lieu sûr. Or il se révéla que la grotte le tuait. C’était merdique, mais il avait la possibilité de tout reprendre à zéro.

L’adrénaline finit par redescendre et la fatigue s’installa. Bobby sentit ses paupières devenir lourdes. Au moment de s’endormir, il vit la page à laquelle il était arrivé : il devait prendre une décision. Soyez vous-même le

héros. Si vous voulez que votre skinhead de meilleur ami se batte avec un voyou, tournez la page et voyez la suite. Si vous voulez passer à l’étape suivante et ne pas le voir tuer quelqu’un, rendez-vous page quatre-vingt-treize.

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