Un boss dans mon chalet

Erin Graham · Chapitre 16 sur 37

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Un boss dans mon chalet

Chapitre 16

 

 

Valentine

 

Attention, passage censuré par la protagoniste elle-même.

– Oh… Elle est où, maman ? Attention… Elle est là !

Allongé sur son tapis d’éveil, Malo pose ses yeux sur moi, étonné. Ses deux jambes se mettent à battre l’air frénétiquement, tandis que je m’approche de lui à quatre pattes, en imitant un grognement de mère louve (enfin, j’imagine qu’une mère louve fait ce genre de choses).

– Maman, elle va manger les jolies cuisses potelées de petit Malo d’amour… Attentioooon…

Je pose mes lèvres sur les petits pieds nus de mon bébé, qui sentent bon le lait de toilette à l’odeur inimitable.

Vésuve rôde autour de nous, scrutateur, se demandant sans doute s’il ne serait pas temps d’appeler les secours, vu le ridicule de la scène que je lui offre.

– Miam… Les petits petons succulents…

Mon fils pousse un cri trahissant son enchantement… Et moi, je suis amoureuse de mon fils.

La sonnette résonne depuis l’entrée.

Fin de la scène censurée.

Je me redresse en vitesse, retape rapidement mon chignon et replace mon tee-shirt correctement.

– Oui, oui ?

Il n’est qu’un peu plus de seize heures et je n’attends personne, c’est donc avec curiosité que j’ouvre au nouvel arrivant. Qui n’est autre que mon boss.

– Oh… Hello.

C’est étrange qu’il sonne avant d’entrer. Depuis une semaine, à présent, il gère ce chalet autant que moi. Il refuse de poser ne serait-ce qu’un gel douche dans la salle de bains ou même un boxer de rechange dans un tiroir. Pourtant, j’ai l’impression que toute la maison s’est parée de sa présence. Son parfum plane dans chaque pièce – sauf dans ma chambre, malheureusement –, aucune vaisselle ne traîne jamais dans l’évier et mon plaid préféré, celui à grosses mailles, se retrouve plié soigneusement sur l’accoudoir de mon vieux canapé, à attendre qu’il s’en serve (moi, je le pose sur le dossier quand je le range moi-même). Et Malo… Malo passe presque toute la journée vêtu comme Antoine l’a décidé le matin puisque les trois quarts du temps, mon boss s’arrange pour gérer cette partie avant de partir.

Et malgré tout ça, il sonne encore avant d’entrer. Cette situation revêt un caractère particulier, à n’en pas douter. Ou peut-être est-ce moi qui vois en lui un être parfait qui s’accorde trop bien à mon paysage. Peut-être souffré-je aussi du syndrome du preux chevalier, à savoir, son aide précieuse pourrait m’avoir envoûtée et rendue dépendante de lui.

Je n’en sais rien. Et honnêtement, je préfère ne pas trop y penser.

– Je ne dérange pas ?

Il m’adresse un de ces sourires dévastateurs dont il a le secret et provoque comme chaque fois un remue-ménage peu catholique en moi. Mais, ça aussi, je refuse d’y réfléchir trop longtemps.

– Non, pas du tout, je… ne faisais rien. Rien du tout. Pas de choses honteusement ridicules ni potentiellement inavouables. Tu as déjà terminé ou il se passe quelque chose de grave ?

– Grave, non, déclare-t-il en entrant pour que je puisse fermer la porte et garder la chaleur entre mes murs. Mais j’ai décidé que j’avais besoin d’un blouson. Je n’ai pas envie de faire du shopping tout seul.

– Ah… Mais je ne peux pas… Enfin, Malo ne dort pas et…

– Justement. Je pense que ce petit ne serait pas contre une sortie. L’air frais, l’exercice, ça ne peut qu’être bon pour lui.

– Oui, enfin, il restera dans sa poussette, lui. L’exercice sera pour nous, ce qui en soi…

– Peu importe ! On y va ! Va te préparer, je m’occupe de Malo.

Et sans me demander mon avis, il se dirige vers mon fils confortablement installé, en body, à quelques pas du feu de cheminée et l’emporte à l’étage, suivi de près par Vésuve qui, lui aussi, l’a adopté.

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