Un boss dans mon chalet

Erin Graham · Chapitre 4 sur 37

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Un boss dans mon chalet

Chapitre 4

 

Antoine

 

Un mail à gauche…

Eh merde !

Un mail à droite !

Heureusement que je n’ai que deux PC à gérer, sinon, je serais bon pour un mail au milieu aussi.

Donc, je disais… Dossier Spencer.

 

De : Valentine B, Bestcom

À : Peter Spencer

Re : Avancée de la campagne de janvier « Sortez couverts »

Bonjour Monsieur,

Comme convenu, vous trouverez ci-joint le planning d’avancement de

notre étude. Je pense pouvoir vous recevoir dans une dizaine de jours

pour un point plus précis, votre date sera la mienne.

Bien cordialement,

Antoine M., pour

Valentine Bertot

Bestcom, votre communication au top de sa forme !

Et c’est envoyé !

Note pour moi-même : changer ce slogan débile rapidement, il commence clairement à me sortir par les yeux !

Et donc, dossier Louvier, mon PC, nouveau mail…

Un bip émanant du PC de Valentine m’annonce l’arrivée d’un nouveau message.

Pause.

Pivot à gauche, ouverture du mail, réponse expéditive de Spencer, donc à traiter rapidement.

 

De : Peter Spencer

À : Valentine B, Bestcom

Re ; Re : Avancée de la campagne de janvier « sortez couverts »

Monsieur,

J’accuse réception de votre mail. Simplement, je suis étonné de

constater que vous prévoyez une mise en application des premiers

plans de la campagne en mars. Il me semblait que nous avions convenu

fin janvier ?

L’absence de notre chère Valentine poserait-elle un problème à vos

services ? Je comprendrais, le cas échéant, mais je me permets de vous

rappeler que nous travaillons sur ce projet conjointement depuis

maintenant presque six mois et que je n’ai pas de solution de repli.

J’aimerais être assuré de votre suivi sans faille jusqu’au bout de cette

campagne.

Bien à vous,

Peter Spencer

Groupe Spencer

Comment…

Bon, OK, j’ai merdé et lui ai envoyé le planning de Louvier ! Quel con !

Le client s’inquiète, génial !

Je rectifie mon erreur en lui garantissant notre sérieux et notre volonté de remplir notre part du contrat au mieux, c’est-à-dire rien de moins que le top de l’excellence dans ce domaine, m’assure de lui renvoyer la bonne pièce jointe et referme le PC de Valentine.

Pendant ces quelques minutes, ma boîte mail s’est enrichie d’une bonne dizaine de messages, tous aussi importants les uns que les autres.

Plus, celui, quotidien, de mon père, qui me demande si tout va bien, s’il doit rentrer pour me donner un coup de main.

Je sais qu’il n’attend que ça et que, certainement, il doit également harceler Étienne, là-bas, pour farfouiller dans les affaires de l’agence mère. Mon frère l’a certainement recalé, et du coup… Il se venge sur moi.

Il serait très simple d’accéder à sa demande, mais je ne veux pas admettre mon échec. Je suis capable. Le seul véritable problème, c’est le temps. Une journée n’est définitivement pas assez longue pour occuper deux postes en même temps. Voire trois maintenant. Je dois simplement m’organiser et, pour ça, j’ai besoin de me poser afin de trouver ma nouvelle dynamique.

Mise en place du plan : « Pour être fainéant, soyons intelligents et brodons au mieux. » Un principe de base chez moi. Éliminer les intermédiaires, les gestes inutiles, regrouper les tâches et s’arranger avec tout ça, en tâtonnant, de préférence. Comme installer la boîte mail de Valentine sur mon propre PC… On gagnerait en efficacité.

Malheureusement, pour ce faire, je dois trouver ses codes. Et comme elle ne répond pas au téléphone… Et que la sécurité informatique de Bestcom est un véritable parcours du combattant à contourner…

La fatigue de cette dernière semaine commence à peser lourdement sur ma nuque. Je la sens aussi raide qu’une verge en pleine érection.

En parlant d’érection…

Je passe sur ma boîte mail personnelle et ouvre enfin un message reçu cette nuit, provenant de Jenny et Sally… Elles, au moins, savent m’envoyer des trucs réellement intéressants.

Je me laisse tomber contre le dossier de mon siège en appuyant sur la petite flèche de la vidéo contenue dans le mail. Mes deux beautés apparaissent, dénudées, simplement revêtues de bonnets de Noël et de plumes rouges, savamment placées.

Bordel ! Je ne suis pas du genre à m’attacher aux femmes, mais elles savent y faire… Depuis mon départ, j’ai droit à une vidéo par semaine, les deux copines en mode chaudes et offertes, porno jusqu’au bout des ongles. Ongles qui passent langoureusement et en gros plan le long du ventre bronzé et ferme de Jenny alors qu’elle minaude sensuellement.

– Antoine… Tu sais qu’on te prépare un cadeau de Noël ? Même si c’est dans un peu plus d’un mois, nous sommes d’éternelles impatientes… Regarde comme on est toutes fébriles…

Seigneur !

Je préfère fermer les yeux devant la vision incroyable qu’elles m’offrent si généreusement. Ouvrir leurs mails en pleine journée au boulot est une très mauvaise idée.

Cependant, je relève les paupières au premier gémissement de Sally… Oh, bordel ! Ces nanas devraient être livrées avec un avertissement avant consommation ! Elle lèche sa copine…

Aïe, aïe… Depuis combien de temps n’ai-je pas pris le temps d’aller vadrouiller dans un bar du coin ?

Eh bien, à l’exception de ma première semaine ici, je dirais… jamais ! Le corps féminin me manque prodigieusement. Surtout lorsque je me retrouve face à ce genre de vidéo…

Mes doigts se crispent sur ma souris tandis que ma queue menace de faire péter la braguette de mon pantalon et que je me découvre incapable de quitter l’écran des yeux. Et encore moins de fermer cette fenêtre.

Oubliés, Louvier, Spencer, Valentine et la boîte… Juste…

– Oh… Antoine, qu’est-ce que tu ferais à ce petit clito si tu l’avais sous la langue ? Et tes doigts, tu les mettrais…

– Antoine ? Vous avez mangé ?

Un gémissement torride s’échappe de mon PC alors que Zoé pénètre dans mon bureau, sans frapper, comme d’habitude.

Les tempes battantes et les nerfs en ébullition, j’ai besoin d’un moment pour comprendre la situation. Derrière mon écran, ma secrétaire fronce les sourcils en s’approchant avec curiosité. Jenny miaule littéralement tandis que sa copine enfonce son majeur dans son vagin.

Ma queue chiale.

Merde !

Je farfouille, éteins rapidement tout ça en claquant le capot du PC et me dandine sur mon siège, mal à l’aise, en tentant de reprendre contenance.

Je fais également rouler mon fauteuil jusqu’au bord du bureau pour éviter d’arborer l’incroyable pieu totalement dressé entre mes jambes devant les yeux certainement encore innocents de ma secrétaire.

– Hein ? Oui, bien entendu que j’ai mangé ! lui réponds-je de l’air le plus décontracté dont je suis capable. Il est quinze heures, Zoé ! Voyons ! Et vous ? D’ailleurs… pourquoi cette question ? Ma mère vous a contactée ?

Oui, parce que ma mère m’a trouvé « creusé » lors de notre dernier entretien par visio. J’adore l’expression !

Elle pense que je me nourris mal, alors que, même si je dois avouer que c’est le cas, c’est surtout le sommeil qui commence à faire défaut dans mon quotidien.

Zoé prend du temps pour réfléchir, se demandant sans doute si elle a rêvé ou si son boss est effectivement un pervers qui se paluche sans vergogne en matant des vidéos porno, planqué derrière la porte de son bureau de ministre pendant qu’elle bosse, à peine à quelques mètres.

La classe by Antoine Maréchal ! Copyright déposé.

– Il est possible que Mme Maréchal m’en ait touché deux mots, oui, se décide-t-elle enfin à répondre.

– Eh bien, dites-lui, la prochaine fois, que je suis un grand garçon et que je sais prendre soin de moi. Dites-moi, Zoé, avez-vous réussi à joindre Valentine ? J’ai réellement besoin de ses codes et de quelques informations importantes sur le dossier Spencer.

Ma secrétaire, qui se trouve être également celle de ma collaboratrice, ne se gêne pas pour me montrer son désaccord en fronçant une nouvelle fois les sourcils et en plantant ses poings serrés sur ses hanches.

– Non, mais… Combien de fois vous ai-je expliqué qu’elle venait de mettre au monde un enfant ! Un bébé ! Vous croyez qu’elle en a quelque chose à faire de votre Spencer ?

J’adore cette gamine et la manière dont elle s’adresse à moi… Un pur délice.

– Je ne vous ai pas demandé votre avis, Zoé, il me semble. J’ai besoin de…

– Eh bien, vous attendrez ! me coupe-t-elle en se fichant royalement de mon ton ferme et très étudié de patron confirmé. Elle reviendra bien un jour, vous lui demanderez à ce moment précis ! Pas avant !

– Cette réponse ne me convient pas ! Cela ne prendrait que deux minutes ! Un code… Quelques infos utiles qu’elle a omis d’indiquer dans ses dossiers et promis, je la laisse tranquille.

– Mais bien sûr ! Vous savez, quand une vache met bas, chez moi, on ne lui demande pas de reprendre son boulot dans la semaine !

Quel rapport avec la situation ?

– Vous êtes en train de comparer Valentine à un bovin ?

Je croyais qu’elle aimait ma collaboratrice, pourtant. J’avoue que cette jeune fille sait se montrer déroutante à plus d’un titre. Je crois qu’elle est folle.

– Peu importe, se reprend-elle en haussant les épaules. Je ne vous aiderai pas à harceler Valentine ! Et d’ailleurs, toute l’équipe, vous y compris, je vous le rappelle, s’est cotisée pour lui offrir un cadeau de naissance. La carte est sur le paquet, à mon bureau, il ne manque que votre signature. Si vous pouviez le faire tout de suite ? Comme elle rentre chez elle tout à l’heure, je vais m’absenter une petite heure pour aller lui rendre visite avant sa sortie et lui offrir le porte-bébé qu’elle avait choisi. Et… NON ! Je ne lui demanderai absolument rien !

Elle vient de hurler cette dernière phrase, me faisant presque sursauter.

Je disais donc : complètement barrée. Comme si j’allais honteusement demander un truc pareil !

Elle se retire du bureau en laissant la porte ouverte. J’ai pleine vue sur son guichet d’accueil, sur le paquet et sur elle alors qu’elle s’éclipse aux toilettes.

Mon braquemart s’est immédiatement calmé lors de ma conversation avec Zoé. Je me lève pour aller signer cette maudite carte bleu pastel ornée d’une cigogne portant un nourrisson dans un torchon.

Est-il nécessaire de donner mon avis sur cette œuvre d’art sans précédent ? Je pensais le Français kitsch. J’étais loin du compte. Cela dit, chez nous, c’est pas mieux. Mais ce n’est pas le problème du jour. Si Valentine aime les cigognes, grand bien lui fasse.

Le stylo en l’air, je ne trouve pas d’inspiration. Un message codé peut-être ?

 

Valentine,

Vous nous manquez tellement. Quel est donc ce code qui nous permettra

d’entrer dans votre univers ?

Votre boss.

 

Très cucul… Et surtout, quasiment incompréhensible.

Non. Autre tactique.

 

Valentine.

Voici mon numéro.

J’aimerais tellement entendre à nouveau votre douce voix… Janvier me

paraît si loin…

Dans l’attente…

Antoine.

 

Super… Parfait… Si l’on cherche à se taper sa collaboratrice. Ce qui n’est pas non plus exclu.

Non ! Antoine, règle numéro un, la première mais aussi la dernière. La seule, l’unique : travail + batifolage = carnage.

Et puis, elle vient d’accoucher, elle est certainement heureuse en couple, on oublie.

Donc, autre idée. Directe et franche ?

 

Valentine !

Bravo pour le bébé.

Si vous ne me filez pas vos codes, inutile de revenir, vous êtes virée.

Affectueusement,

Antoine.

 

Bon, clairement, ça ne le fait pas. On dirait un peu le style Étienne. Con et intransigeant…

Bordel, je m’Étiennise ! Cela devient de plus en plus flagrant !

Des bruits d’eau qui coule émanent des sanitaires. Zoé se prépare. Et moi, je sèche.

Par message interposé, c’est loin d’être facile, cela dit. Non, le mieux serait très clairement de…

Je jette un regard aux alentours. Tout le monde bosse et se contrefout de moi, de la jolie carte et de la boîte enrubannée en attente sur le comptoir de Zoé…

Voilà, voilà…

Oh, un post-it avec le numéro de chambre de Valentine, posé là devant mes yeux…

Je ne suis pas du genre à voir des signes du destin partout, mais quand même, je crois que là, il y a appel, c’est net !

Et puis, j’apporte le cadeau commun. Ne serait-elle pas ravie de voir son patron se déplacer juste pour s’enquérir de son état ? Bien entendu que si !

Je me précipite dans mon bureau, attrape mon blouson, mes clés de voiture, récupère le colis, ouvre la porte de l’agence et juge utile de prévenir en criant avant de m’enfuir.

– C’est bon, Zoé… Je m’en occupe. Si vous mouftez, vous êtes virée ! À plus tard !

Et hop ! Codes je veux, codes j’obtiendrai.

Antoine Maréchal, Himself ! Bordel !

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