Un royaume en otage (French Edition)
Chapitre XI
UNE PRINCESSE
EXILÉE
pastel, et des tiges avec des feuilles de plusieurs nuances de rose Elles n ’ avaient pas eu besoin d ’ aller très loin pour se rendre à l ’ endroit indiqué. Il s ’ agissait d ’ un modeste commerce dans une petite rue, avec une terrasse. La devanture était en bois vert descendaient à mi-hauteur de la vitrine. On y voyait une femme d ’ un certain âge s ’ occuper de la boutique. La gérante encaissa un client puis celui-ci partit. Zohra s ’ approcha avec un franc sourire et la vieille dame le lui rendit bien. Elles semblaient se connaître, leurs regards étaient si chaleureux. Au moment où elles franchirent la porte, la femme contourna le comptoir et serra Zohra dans ses bras. Morrigan resta légèrement en retrait, ne souhaitant pas gâcher ce moment. Elle s ’ en serait voulu d ’ empêcher, par sa présence, deux personnes de se retrouver. Elles ne devaient pas être de la même famille, puisque la gérante n ’ avait aucune des couleurs typiques des sirènes.
« Zohra ! Ça fait tellement plaisir de te voir par ici.
— Moi aussi, Vivi, ça me fait plaisir de te voir. Aujourd’hui, je ne suis pas seule. Je te présente Morrigan. »
Morrigan était étonnée du changement de discours quand elles étaient toutes les deux et quand elle était en présence de personnes d ’ autorité, plus adultes.
La vieille dame tourna la tête comme si elle venait juste de s ’ apercevoir de la présence d ’ une seconde personne. Elle détailla Morrigan de la tête aux pieds puis lui sourit.
« Bienvenue dans mon humble boutique. Tu peux m ’ appeler Véra.
— Oh… Euh… Enchantée… Véra.
— Morrigan, ce n’est pas le moment de faire ta timide. »
Voilà que Zohra se mettait même à l ’ appeler par son prénom. C’était étrange venant d ’ elle. Cette femme devait être importante pour Zohra pour qu’elle veuille faire aussi bonne impression.
« Mais non voyons, c ’ est normal, elle ne me connaît pas encore assez bien. Dites-moi, qu’est-ce qui vous amène ici ?
— Je suis venue faire goûter tes super gâteaux à Morrigan et dire bonjour au passage.
— Très bien, allez vous asseoir. Aujourd’hui, c ’ est moi qui offre. Je vous amène un chocolat chaud et des pâtisseries.
— Merci ! T’es la meilleure ! »
Zohra prit Morrigan par le bras et l ’ emmena sur la terrasse de la boutique. Zohra trouvait toujours ce lieu féerique. Cela devait être l ’ objectif de la gérante qui était à moitié fée. Sa camarade se sentait ici comme dans un petit cocon moelleux. Cet endroit était étrange mais, bizarrement, Morrigan s’y sentait bien. L ’ ambiance était apaisante. Elle comprenait mieux pourquoi Zohra aimait venir ici. Leurs familiers s’étaient placés l ’ un contre l ’ autre. Savoir qu’ils s ’ entendaient bien était un soulagement.
Le temps était venu d ’ avoir cette conversation.
« Si tu te demandes comment je la connais, c ’ est lié à notre discussion de tout à l ’ heure.
— Je t’écoute.
— Avoir une princesse qui n ’ est pas sur son trône doit être un choc, mais… Ma mère et moi, c ’ est toujours compliqué. Je t ’ avais dit que les sirènes étaient des guerrières, mais malgré mes victoires, c’était jamais assez bien pour elle. Elle me disait qu’elle faisait ça pour me renforcer, mais plus elle se comportait comme ça, plus je déprimais. »
Le regard de Zohra se perdit dans le vide quand elle prononça la dernière phrase et la jeune sirène afficha un sourire de façade que Morrigan connaissait bien. Elle ressentit la tristesse de Zohra et lui prit la main. Elle comprenait ce dont elle parlait. Morrigan avait essayé à maintes reprises de faire en sorte que ses parents lui parlent ou fassent attention à elle, mais toujours en vain. Maintenant qu’ils avaient quitté Historia, les choses n ’ allaient jamais s ’ améliorer entre eux et, à vrai dire, elle n’était pas sûre d ’ en avoir envie. Zohra reprit le cours de son récit et, sans la présence de la femme, son vocabulaire changea de nouveau.
« J ’ ai déprimé, Duana. Plus le temps passait et plus je touchais le fond. Un jour, je me suis levée en me demandant… si la vie en valait la peine, et j ’ ai… j ’ ai tenté d ’ en finir. Une servante m ’ a trouvée et en a parlé à ma mère. Après, elle m ’ a regardée comme si j’étais encore plus faible que d ’ habitude. Elle m ’ a dit que je devais partir pour un siècle ou deux du monde des sirènes afin de me ressourcer, qu’elle paierait tous mes frais, mais que je devais revenir plus forte ou ne jamais réapparaître devant elle.
— Tu veux dire qu’au lieu de te protéger et de t ’ aimer, elle a préféré t’éloigner ? Et ton autre mère ?
— Je suis une princesse, Morrigan, et si quiconque avait appris ce que j’étais devenue, ils auraient demandé à changer d ’ héritière au trône. Elle m’a recommandé d’aller à l’étranger pour me former à d ’ autres techniques guerrières. Pour ma deuxième mère, elle avait pas vraiment son mot à dire… C ’ est pas la reine régente.
— Zohra…
— Ça va maintenant, ne t ’ inquiète pas. Pour revenir à ce qu’on se disait, à l’époque, je savais pas où aller. Je suis venue dans cette ville, puis à force d ’ errer, je suis tombée sur cette boutique. Vivi m ’ a accueillie à bras ouverts quand elle a vu mon état. C ’ est un truc de fée de s ’ inquiéter pour les autres, je crois. Puis c ’ est un peu devenu comme un deuxième foyer. »
Morrigan comprenait mieux maintenant pourquoi Zohra cachait énormément de choses sur son histoire. Elle ne voulait pas montrer ses faiblesses à n ’ importe qui. Elle se sentait honorée d’être assez digne de confiance pour que Zohra lui confie une partie aussi sombre de sa vie. Penser que Zohra avait été dans une telle détresse émotionnelle la touchait.
Véra arriva juste à temps pour apporter le chocolat chaud et les pâtisseries promises. Zohra sauta sur la boisson et en but une gorgée. Elle retrouva instantanément le sourire. Véra passa une main sur l’épaule de Zohra et elles échangèrent un regard tendre comme l’auraient fait une mère et sa fille. « Le genre de regard que mes vieux m ’ ont jamais accordé. » Morrigan comprenait maintenant le comportement de ses parents, mais rien n’effaçait ces années de solitude à attendre de l’amour de leur part.
Des clients arrivèrent et Véra lâcha, non sans mal, les épaules de Zohra pour aller les servir. Tandis que Morrigan goûtait les délicieuses gourmandises, la jeune sirène vit, en regardant la rue, un homme en train de les observer. Morrigan s’aperçut que Zohra semblait inquiète et tourna le regard dans la même direction. Elle le reconnut aussitôt. Il avait compris et s ’ approcha d ’ elles. Zohra se tourna de nouveau vers Morrigan. Elle paraissait désorientée et la panique était palpable dans son attitude.
« Pas maintenant. C ’ est trop tôt.
— Qu’est-ce qui est trop tôt ? »
L ’ homme arriva sur la terrasse où elles se trouvaient, et saisit une chaise pour s ’ installer entre elles. Il avait une longue barbe poivre et sel, le crâne rasé ainsi que de nombreux tatouages qui recouvraient son corps. Il lui souriait et n ’ avait pas l ’ air menaçant du tout. Il avait même l ’ air ravi de voir Zohra. « Pourquoi se comporte-t-elle bizarrement ? » Elle reprit ses esprits et essaya d ’ agir normalement, mais tous ses gestes étaient forcés. L ’ homme amorça la conversation.
« Zohra, comment ça va ? »
Zohra essayait tant bien que mal de rester sereine pour ne pas attirer l ’ attention. Malheureusement, même avec tous ses efforts, le stress était visible sur son visage. En tout cas, l ’ homme ne paraissait pas l ’ avoir vu ou faisait mine de rien, car il ne laissait rien transparaître.
« Donovan. Ça va, vieux frère, et toi ? »
Tout en écoutant Zohra, il regarda Morrigan intensément comme s ’ il l ’ avait reconnue. Elle ne pensait pas l ’ avoir déjà aperçu quelque part ou lui avoir parlé, sinon elle s ’ en serait souvenue. Donovan se recentra sur Zohra.
« Je t ’ ai vue au loin, mais vous aviez l ’ air en pleine discussion, j’ai pas osé vous déranger. Puis je me suis dit que te voir sans venir te parler, ce serait pas sympa de ma part. Je vois que tu es en charmante compagnie, il me semble que je la connais. »
Zohra avait espéré qu’il ne savait pas à quoi ressemblait l’élue. Mais ils avaient des espions partout, elle savait que c’était trop en demander, mais au fond d’elle, elle aurait aimé y croire. Elle devait empêcher Donovan de divulguer l ’ information. Elle semblait déterminée, on pouvait le voir dans son regard qui en disait long sur l ’ action qui allait suivre, mais Donovan s ’ en aperçut avant de se lever de sa chaise.
« Désolée, Zohra, mais l’élue devra être là où on aura besoin d’elle. »
Elle tenta de se jeter sur lui, mais ses bras se refermèrent sur le vide.
« Quelle conne je suis. Il devait avoir un boîtier de téléportation de courte distance. »
Morrigan ne comprenait pas bien ce qui venait de se passer. C’était la première fois qu’elle entendait des insultes sortir de la bouche de sa camarade. Cette dernière accourut aussitôt dans la boutique pour dire un discret au revoir puis prit Morrigan par le bras. Elle ne savait pas dans combien de temps ils allaient rappliquer, elles devaient partir maintenant.
« Ne pose pas de question et viens. »
Elle savait qu’elle devait des justifications à Morrigan. Elle lui expliquerait tout une fois qu’elles seraient arrivées au château.
Donovan était rentré dans le quartier général de la résistance. Il avait vu l’élue. Il aurait pu la ramener directement avec eux, mais le chef avait demandé de ne pas la toucher si on la voyait, de le prévenir d ’ abord. Il fallait, pour cela, aller voir la seule personne qui avait un contact avec lui, son bras droit. Il n ’ y avait pas grand monde à cette heure de la journée, il entendit des bruits de conversation dans le bureau au fond de la salle. C’était exactement la personne qu’il souhaitait voir. Samia était en train de discuter avec un homme au sujet de son comportement. C’était la seule personne en qui avait confiance le chef de la résistance. Cette femme était grande et fine et arborait un carré plongeant qui encadrait parfaitement son visage. Ses vêtements moulants et ses talons aiguilles en faisaient une femme sexy et une proie parfaite, mais en surface seulement, car tous ceux qui la connaissaient savaient qu’il valait mieux ne pas la chercher. C’était une femme intelligente qui n’hésitait pas à user de ses charmes pour venir à bout de certaines situations.
L’homme qui l’accompagnait se nommait Ulrik, il était impulsif et ne comprenait pas encore très bien comment fonctionnait la résistance. Il n’était pas méchant, c’était juste un jeune homme intrépide qui voulait faire bouger le monde trop vite. Sous son mètre quatre-vingt-dix et sa forte musculature, il dominait par sa taille et sa carrure Samia, mais ne faisait pas le poids face à elle. Malgré les apparences, Samia était plus forte qu’elle ne le laissait penser et n’aurait eu aucun mal à le maîtriser.
Donovan approcha vers le bureau pour annoncer sa présence, mais Samia n ’ avait pas l ’ air contente.
« … Plus jamais ça, s ’ il te plaît. Ton attitude pourrait avoir un impact négatif sur notre organisation. »
Ulrik avait la tête d ’ une personne prise en flagrant délit. Sa tête était baissée et ses lèvres pincées. Donovan frappa à la porte grande ouverte. Samia s ’ interrompit pour regarder l ’ inconnu qui venait d ’ approcher, puis se recentra sur la discussion pour y mettre fin :
« Tu peux partir, je ne veux plus revoir ce genre de comportement dangereux. »
Donovan regardait Ulrik avec un sourire plein de malice qui voulait dire : « Tu t ’ es fait coincer ; maintenant, tu assumes. » Ulrik fit la moue pour exprimer son mécontentement. Il n ’ aimait pas qu’on le prenne pour un enfant et c’était exactement ce qui venait de se passer. Ulrik se dirigea vers la sortie.
« À plus tard, Ul. »
Ulrik lui fit un signe de main dans le silence sans prendre le temps de répondre ou de s ’ arrêter. Donovan et Samia étaient désormais seuls. L ’ ambiance était électrique entre eux chaque fois qu’ils se retrouvaient dans la même pièce. Chacun n ’ osait rien avouer par fierté. Quiconque serait rentré dans cette pièce aurait ressenti le trop-plein d’émotions et de non-dits qu’il y avait entre eux deux. Samia décida de couper court à tout ça.
« Donovan… Que fais-tu ici ?
— Mais je suis là pour tes beaux yeux.
— J ’ en doute pas. »
Samia eut un sourire qu’elle réprima. Elle savait qu’il ne venait pas seulement pour la voir. Il avait autre chose en tête, mais Donovan aimait toujours glisser des insinuations. Elle avait l ’ impression de jouer constamment à qui fléchira le premier. Ce petit jeu était en train de la fatiguer, mais elle ne pouvait pas nier qu’elle l ’ appréciait. Cependant, elle attendait qu’il soit prêt à admettre son affection pour elle et, quand il y a quelques semaines, Jean était arrivé, charmeur et osant lui dire ce qu’il ressentait, elle n ’ avait pas hésité. Il lui fallait maintenant trouver le courage de l ’ avouer à Donovan, mais comment lui avouer qu’elle voyait quelqu’un d ’ autre quand ils ne pouvaient pas avouer ce qui se passait entre eux ? Elle reçut une note holographique, il s ’ agissait justement de lui. Elle avait éteint le plus vite possible la tablette pour ne pas qu’il puisse lire le message. Trop tard. Donovan avait viré au rouge. « Il ne devait pas l ’ apprendre comme ça ! La boulette ! » Elle garda un élan de fierté, comme si rien n’était arrivé. La température de la pièce semblait avoir descendu de plusieurs degrés.
« Que veux-tu, Donovan ?
— A priori, tu es occupée avec autre chose que la résistance.
— Ça ne te regarde pas et cela ne t ’ a jamais concerné. Je répète. »
Touché. Donovan n’était pas venu pour ça, mais il savait, au fond de lui, qu’elle avait raison. Il se sentait stupide de ne jamais avoir tenté sa chance, il savait que Samia attendait un geste de sa part. Il se sentait en colère, mais n ’ avait même pas le droit de l’être. Elle ne lui appartenait pas. Il fallait qu’il lui dise ce qu’il avait à dire pour la résistance et partir. C ’ était la meilleure chose qu’il pouvait faire pour elle.
« J ’ ai vu l’élue avec Zohra. Préviens le chef. Il doit revenir. »
Il sortit du bureau sans attendre sa réaction ou ce qu’elle avait à dire. Mais supporter d’être en face d ’ elle après ce qui venait de se passer lui était insoutenable. Il avait fait le bon choix. En tout cas, c’est ce qu’il croyait fermement.
Zohra n ’ avait pas lâché Morrigan jusqu’à leur arrivée dans leur chambre où elles pourraient parler sans être entendues. Elle ne pouvait pas lui expliquer ce qui se passait au milieu du couloir. Si ça se savait, elles pouvaient mettre ses amies en danger. Donovan n ’ avait fait que son devoir. Elle ne lui en voulait pas. Le fait de cacher autant de secrets à Morrigan les avait amenées exactement là où elles étaient. Cette dernière attendait toujours une justification de sa part, le regard confus. Zohra devait choisir ses mots avec précaution pour ne pas froisser Morrigan.
« Je suis membre de la cause. Donovan en fait partie. Je m’étais engagée à les prévenir quand l’élue serait là, mais je ne voulais pas t ’ embarquer dans cette histoire. Duana, tu as assez de problèmes comme ça.
— Je suppose que ça fait partie de tes nombreux secrets. Quand est-ce que je vais te découvrir entièrement ? J ’ ai l ’ impression que toute ta vie est un mensonge. Je découvre de nouvelles choses chaque fois. Tu es une espionne, mais pour le compte de la résistance ? Qu’est-ce que je vais encore découvrir sous ton tapis ? Je ne t ’ en tiendrais pas rigueur si ça ne me concernait pas également.
— Oui, je sais que je te dis pas tout. Je voulais protéger mes compagnons. Une parole de travers à la mauvaise personne et ça pourrait leur nuire. Tu comprends ? Ils font ça pour libérer les peuples. Le tien en fait partie.
— Tu penses vraiment que j ’ aurais pu divulguer quoi que ce soit ? Tu es ma seule amie, Zohra. Je te fais confiance, mais je ne devrais peut-être pas. Qui sait encore combien de choses tu me caches !
— Il n’y a plus rien. Je te le promets. »
Un silence pesant s ’ installa. Morrigan ne savait plus quoi dire et Zohra non plus. Elle ne pouvait pas lui en vouloir longtemps et elle comprenait même le besoin que Zohra avait de protéger les personnes qu’elle aimait. Elle se retourna vers son lit avec l’intention de se reposer au calme, mais un objet attira son attention. « Le bouquin ! » Il était là, le livre d ’ Historia, celui qui lui avait révélé son talent pour la magie. Elle ne l ’ avait toujours pas touché. Zohra s ’ en aperçut et elle l ’ incita à l ’ action :
« Tu devrais le consulter. Il y a beaucoup de choses que tu ne comprends pas, mais il y a énormément de parties de ce livre qui pourraient t ’ aider. Je sais que tu ne le finiras pas maintenant, c ’ est un gros livre, mais il vaut le coup d’être lu. Surtout dans ton cas. »
Morrigan opina du chef et s ’ allongea dans son lit pour entreprendre de le lire. Zohra attendait de voir ce qui allait se passer. La première fois, Morrigan avait eu une violente réaction, mais ce coup-ci, rien. Zohra pouvait de nouveau se détendre.
C ’ est ainsi qu’elle découvrit en partie comment l ’ armée avait renversé la monarchie après avoir découvert la pierre, comment le système de caste qui était plus ou moins déjà en place s’était intensifié et comment le régime d’aujourd’hui fonctionnait sur les non-dits d ’ un capitalisme autoritaire qui frôlait la dictature.
C’était nouveau pour Morrigan, mais elle comprenait désormais les enjeux derrière tout ce qui se passait.
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