Un royaume en otage (French Edition)
Chapitre XIV
LE MONDE AU-DELÀ
DU PORTAIL
Elle ouvrit les yeux mais ne reconnut pas les environs ; elle se trouvait dans Morrigan reprenait conscience. Elle était épuisée et n ’ aurait su dire pendant combien de temps elle était restée comme ça. Sa tête lui faisait mal et ses membres étaient courbaturés. une étrange forêt, différente de celle qu’elle avait l ’ habitude de voir. Pas de sapins ou de chênes ici. Elle ne connaissait pas ces espèces, il s ’ agissait de grands arbres comme ceux que l’on rencontre dans la jungle. Les feuilles étaient grandes et magnifiques avec cette couleur d ’ un vert intense. Morrigan les contempla pendant un instant et faillit oublier ce qui venait de se passer. Elle s’accroupit vite, à la recherche de l ’ homme qui l ’ avait accostée. Celui-ci était allongé et semblait reprendre ses esprits. Sa renarde n’était pas là et Morrigan devait donc se débrouiller seule. L ’ homme se tenait la tête et ouvrit les yeux en cherchant du regard les environs comme pour deviner où il se trouvait. Il croisa le regard de Morrigan et lui dit :
« Toi ! Qu’as-tu fait ? Est-ce que tu sais dans quelle situation tu viens de nous mettre ? »
Il lui parlait sur un ton qu’elle n ’ aimait pas. Il avait tenté de la kidnapper et maintenant il demandait des explications. Pour qui se prenait-il ? C’en était trop, elle réagit comme jamais auparavant.
« Dans quelle situation je nous ai mis ? Putain ! C ’ est toi qui viens de tenter de me kidnapper ou… de me tuer. Pour qui tu te prends ? »
Ses propres mots retentissaient à ses oreilles. L ’ homme était surpris par le caractère de la jeune femme. Il était probablement dangereux, et lui parler de cette façon n’était peut-être pas la meilleure solution. Elle hésita quelques secondes avant de se décider à courir. Elle ne pouvait pas prendre de risque. Elle l ’ entendit rire puis celui-ci se releva et courut derrière elle. Il ne mit pas longtemps à la rattraper. Il était bien évidemment plus grand, plus rapide et semblait plus entraîner que Morrigan. Elle pesta intérieurement de ne pas avoir pratiqué du sport plus souvent. Il lui sauta dessus, les faisant basculer sur le sol. Son corps imposant était maintenant allongé tout du long sur celui de Morrigan.
« Je ne savais pas que tu préférais ce genre de préliminaires. »
Morrigan se mit à rougir. Elle était étendue par terre et il était toujours allongé sur elle. Il était chaud et elle pouvait sentir le souffle de l ’ homme sur son cou. Cette situation ne lui plaisait pas ; après tout, il la tenait. Elle ne savait pas ce qu’il lui voulait, il pouvait très bien tenter de la tuer, là maintenant. Rien ne pourrait l ’ en empêcher. Mais celui-ci sentit son malaise, aussi, il se retira et se retourna sur le côté.
« Je te préviens : si tu as l ’ intention de me faire du mal, je ne vais pas me laisser faire.
— Je n ’ ai pas l ’ intention de te faire du mal. »
Il se redressa à côté de Morrigan et lui tendit une main. Morrigan hésita quelques instants avant de la refuser. Elle se releva d ’ elle-même et épousseta ses vêtements.
« Je sais que la situation semble bizarre, mais ce n ’ est pas ce que tu crois. Je ne suis pas là pour te faire du mal. Je te promets, Morrigan. »
Il connaissait son nom. Son regard exprimait la méfiance. Elle ne lui faisait pas confiance. Il savait exactement qui elle était. « Merde, je me suis fait avoir ! Il doit être là pour me capturer et me ramener à Historia. » Elle devait réfléchir à la manière de se sortir de cette situation. Shana lui avait bien dit que c’était trop tard et qu’elle ne se retrouverait pas seule, mais elle n ’ avait pas imaginé que la seconde personne serait son ravisseur et, qu’en plus, il serait séduisant. Cela prouvait bien qu’un homme pouvait paraître propre sur lui, mais être un véritable psychopathe. Il sentit sa méfiance et décida d’amorcer le dialogue :
« Écoute. Mon nom est Dean, je travaille pour la Cause. J’étais là pour te ramener au quartier général.
— Monsieur Résistance, tu ne crois pas que m ’ enlever était un peu excessif ?
— Peut-être, mais je savais que Zohra avait tenté de t’éloigner de nous, et il y avait peu de chances que tu m’écoutes. »
Morrigan fut soulagée. Il n’avait pas l’intention de la tuer et c’était une assez bonne nouvelle. Il avait même besoin d ’ elle. Toutefois, si elle devait sortir d ’ ici et rester un moment avec lui, elle devait s ’ assurer que cet homme n’était pas dangereux. Il aurait été regrettable qu’il la kidnappe, une fois qu’elle serait sortie d ’ ici.
« Comment je sais que tu n ’ es pas d ’ Historia et que tu n ’ essaies pas de me tuer, Monsieur Résistance ? »
Il souriait. Son sourire était assez chaleureux et diablement sexy. « Je dois avoir un putain de problème. Ce mec vient de me kidnapper et je pense à ça. » Elle n’était pas du genre à se fier uniquement aux apparences en matière d ’ homme ; aussi, s ’ il était stupide, il perdrait tout son charme.
« Ce serait déjà fait, non ? Dans cette forêt, il n ’ y aurait aucun témoin. Personne ne me retrouverait.
— Mais tu ne pourrais pas repartir et ce serait problématique. Me prends pas pour une conne.
— Touché. Je pourrais te tuer, mais je ne te prends pas pour une imbécile. »
Son sourire s’étira. Aussi séduisant soit-il, il était hors de question pour elle de montrer que ça la touchait. Elle décida de lui tourner le dos pour ne rien laisser paraître. Elle qui avait nié toute sa vie ses émotions et ses pensées, voilà que l’armure se brisait. Elle n ’ allait pas commencer par les montrer à un bellâtre qu’elle estimait possiblement sans cervelle. Comme elle rougissait, elle se félicita d’avoir le dos tourné pour qu’il ne s’en aperçoive pas. « C ’ est probablement les hormones, c ’ est tout. » Elle lui adressa la parole sans se retourner.
— Nous avons besoin l ’ un de l ’ autre pour sortir d ’ ici. Je vais décider de te croire pour le moment. Je te préviens, je ne serai pas aussi gentille une fois rentrée dans notre monde.
— On dirait bien. »
Elle n ’ avait pas besoin de le regarder pour savoir qu’il acquiesçait dans son dos. Les prochains jours allaient être bizarres.
Zohra était seule dans la chambre. C’était étrange, car il commençait à se faire tard et elle n’avait toujours aucun signe de Morrigan ou de son familier. Elle commençait à s’inquiéter. « Duana, tu ne serais pas partie seule à Chapeautille ? » Elle l ’ avait prévenue des risques et pensait qu’elle avait compris, mais après tout, les interdits étaient excitants pour le genre humain et Morrigan ne faisait pas exception ; elle voulait rattraper ses lacunes un peu trop vite et maintenant, elle s ’ autorisait à vivre sans avoir peur, même si elle ne connaissait pas tous les dangers auxquels elle allait devoir faire face. « Je dois me calmer ! » Après tout, Zohra ne faisait que supposer, car elle ne savait pas vraiment où Morrigan se trouvait. Elle pouvait très bien s’être fait de nouveaux amis ou se trouver dans la forêt ou encore dans n ’ importe quelle pièce du château. La salle était trop petite et Zohra tournait en rond. Il était trop tard pour tenter quoi que ce soit. Si Morrigan avait été kidnappée par la Cause, elle ne pouvait rien faire. Elle s’aperçut que sur la table de chevet trônait sa propre tablette holographique et qu’elle ne l’avait donc pas prise avec elle. « L’imprudente… » Puis elle se souvint de la sienne, donnée par la Cause. « J ’ ai toujours leur tablette holographique trafiquée. » La tablette possède un canal sécurisé accessible uniquement entre les membres de la résistance. Mise au point par un petit génie, ils l ’ avaient ensuite distribuée aux personnes importantes du groupe. Zohra en faisait partie à cause de sa position avec les responsables des écoles. Elle prit la tablette et tapa son message. Elle hésitait à chaque mot, car ils savaient qu’elle avait caché Morrigan délibérément ; elle devait faire attention à ce qu’elle allait demander. Elle plaça sa main gauche sur son visage, s ’ allongea sur le lit et jeta la tablette à côté d’elle. Zohra ne savait pas par où commencer. Allaient-ils lui répondre ?
Un grattement se fit entendre sur la porte. « Qui vient me déranger ? J’ai pas le temps ce soir. » Elle était prête à renvoyer cette personne, peu importe la raison de sa visite. Elle ouvrit la porte brusquement et sa colère redescendit quand elle vit Émeraude au pas de sa porte.
« Salut Émeraude ! Si tu cherches Morrigan, elle n ’ est pas là ce soir. »
Émeraude ne réagit pas. « Mais bien sûr ! Ce n ’ est pas mon familier, on ne peut pas communiquer par télépathie. Et Zimo qui n ’ est pas là. » Émeraude entra dans la pièce et s ’ assit sur la chaise de Morrigan. Il y avait un cahier de cuir sur le bureau et, par télékinésie, elle fit voler un petit stylo-plume avant d’écrire sur le carnet.
« Tu es bien étrange comme familier. J ’ ignorais que tu maîtrisais l’écriture ou que tu savais faire de la télékinésie, j ’ aurais dû me douter que tu étais spéciale. Une renarde blanche avec de tels yeux bleus, c ’ est la première fois que j ’ en vois un. »
Émeraude arrêta la course du stylo puis regarda Zohra qui s ’ empressa de prendre le cahier. Il était écrit : « Homme kidnappé Morrigan. Traversé portail. Manifestation de pouvoir surprise peur. » Zohra commençait à paniquer. Si Historia avait Morrigan, les choses risquaient de se compliquer. Elle ne pouvait même pas savoir si elle était toujours en vie. Sa voix n’était pas assurée.
« Cet homme, tu saurais le décrire ? »
Zohra reposa le carnet et aussitôt le stylo se remit à écrire. Une fois finie, elle le reprit dans ses mains. « Jeune homme, cheveux noirs et courts. Petite barbe. Quelques tatouages. »
« Il avait la peau mate ? Assez musclé ? »
Émeraude s ’ activait déjà pour répondre. Un « Oui » apparut sur la page du cahier.
« Je ne suis pas sûre, mais il y a des rumeurs. Le chef ressemblerait exactement à cette description. Mais le plus gros problème, c ’ est qu’on ne sait pas où ils se trouvent ! Si même toi tu es venue me chercher, c ’ est que tu ne la ressens plus dans ce monde. »
Morrigan avait tenté d ’ ouvrir un portail, mais sans succès. Ses émotions étaient beaucoup trop chamboulées pour qu’elle puisse faire quoi que ce soit. Pendant ce temps, Dean avait commencé à construire un abri. Morrigan, voyant que rien ne fonctionnait, était allée l ’ aider. Ils allaient devoir survivre au milieu d ’ une forêt inconnue. La première chose qu’il fallait faire était de finir l ’ abri et faire un feu. Au passage, Morrigan trouva quelques baies qu’elle prit pour ce soir, la faim allait probablement se faire ressentir. Demain, ils iraient explorer la forêt. S ’ ils ne faisaient pas attention, ils pourraient mourir de diverses façons : le manque d ’ eau, de nourriture ou par une attaque de bête sauvage. Voilà qu’ils étaient pris de court et qu’ils devaient faire des choix qui n ’ enchantaient pas Morrigan.
« On ne va pas faire qu’un seul abri ! Je ne veux pas dormir avec toi !
— Il commence à faire nuit et l ’ on doit finir cet abri, faire un feu et, si possible, trouver de quoi s ’ alimenter. Tu as mieux à proposer, peut-être ? »
Elle voulait suggérer quelques pistes, mais rien ne lui vint. Elle devait se résigner à dormir avec son kidnappeur ou son potentiel tueur. Ça ne l ’ enchantait pas du tout.
« Mais…
— Pas de ça avec moi. Pense à notre survie ! Et puis, je ne saute pas sur n ’ importe qui. »
Morrigan était furieuse. Il venait littéralement de l ’ insulter. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’il la touche, et n ’ aurait même pas imaginé que cet homme puisse être attiré par elle. Visiblement, celui-ci n ’ avait eu aucun scrupule à l ’ humilier.
« Qu’est-ce que tu crois ? Que j ’ allais te laisser faire ? Je suis une femme de goût.
— Ah oui ?
— Oui, je pensais plutôt au fait que tu aies tenté de me kidnapper et que je ne te fais pas confiance. Et si tu essayais de m ’ assassiner ?
— Tu te souviens ? On a déjà établi le fait que, même si je voulais te tuer, j ’ aurais besoin de toi pour sortir d ’ ici. Mais ne me tente pas. Avec un caractère comme le tien, ça pourrait vite arriver. »
Depuis qu’elle l’avait rencontré, Morrigan n ’ avait pas pu contrôler sa colère. Leurs échanges n’étaient vraiment pas très cordiaux. Morrigan fut surprise par tant de colère, cela n’était pas dans ses habitudes. Zohra devait avoir une bonne influence sur elle, du moins c ’ est ce qu’elle pensa. Elle décida de couper court à cette conversation qui ne mènerait probablement à rien. Elle avait besoin d ’ aller marcher et peut-être de récupérer du petit bois pour faire du feu. Elle en avait ramassé un peu, mais ce n’était pas suffisant pour la nuit.
« Je vais me balader et chercher de quoi faire un feu. Je n ’ ai pas envie de rester là avec toi.
— Non ! Tu ne peux pas te promener dans la forêt toute seule. Tu ne sais même pas ce qui s ’ y trouve.
— Mais merde ! Ce sera toujours mieux que ta compagnie.
— Ne t ’ aventure pas dans le bois, pas sans moi. »
Dean avait un sourire amer. Il était touché. Il voulait s ’ excuser de ce qui venait de se passer et peut-être même la rassurer, mais se ravisa. Morrigan était déjà partie et il était presque sûr qu’elle ne l’écouterait pas.
La forêt était tranquille, pas la moindre trace d ’ animaux sauvages, ce qui était une bonne chose pour Morrigan. Avec tout ce qui venait de se passer, elle avait eu quelques problèmes pour stabiliser ses émotions. « Le bois est de bien meilleure compagnie, c ’ est même apaisant. » Elle ramassa les quelques brindilles d ’ arbres qu’elle avait pu trouver. « Je peux faire apparaître un feu, j ’ ai vraiment besoin de petites branches ? » Elle n ’ en était pas sûre, mais cela lui permettait de s’écarter de Dean. « Pour qui il se prend ? Il me kidnappe et je devrais lui faire confiance ? C ’ est le monde à l ’ envers. Je n ’ ai pas besoin de lui. » Morrigan avait pensé partir loin de lui, mais la nuit était presque là et, toute seule, elle avait peu de chances de survivre. Nier les choses aurait été vain, ils avaient besoin l’un de l’autre. Elle avait assez de petit bois, mais s ’ attarda quelque peu en regardant le ciel sombrer. Dans ce monde, il y a deux lunes, mais pas dans la même phase. Une des lunes était pleine tandis que l ’ autre était décroissante. C’était un spectacle magique. Elle resta un moment à les contempler.
Comme il se faisait tard, elle retourna au camp. Arrivée sur place, elle posa les petites branches au centre d ’ un cercle de pierre, destiné à canaliser le feu. Elle essaya de créer des étincelles entre deux silex, mais ça ne fonctionnait pas. Elle regarda autour d ’ elle. Dean avait tout préparé en son absence, l ’ abri était fini et avait fière allure pour quelque chose bricolé sans aucun outil. Il avait formé un carré avec quatre rondins verticaux liés à quatre petits troncs horizontaux, le tout relié avec ce qui ressemblait à des lianes ; il avait accroché de grandes feuilles tout autour et sur le toit pour les protéger.
« Tu es sûr que ça va tenir ?
— Tu es partie et tu te permets de juger ? »
C’était vrai. Elle était partie pendant qu’il terminait l ’ abri, seul. Elle ne pouvait pas le nier. Au moins, ils seraient protégés pour la nuit et elle lui en était reconnaissante. Les choses avaient mal commencé entre eux, peut-être qu’ils devaient faire un effort pour s ’ entendre, au moins pour le temps où ils devraient rester ici. Ils allaient devoir compter l ’ un sur l ’ autre et cette ambiance n ’ allait pas les servir.
« Écoute, si l ’ on doit rester ensemble pendant un moment, je préférerais qu’on apprenne à faire avec. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais, clairement, je n ’ ai pas envie que les choses finissent de cette façon à chaque fois qu’on parle.
— Je… Je voulais simplement te rassurer. Je n ’ ai pas réfléchi et c’était un peu insultant de ma part, quand j ’ y pense.
— Oui, ça l’était. Tu m ’ as nettement fait comprendre que je n’étais pas assez bien.
— Si ça peut te consoler, je te trouve très bien. »
Elle n’aurait su dire s’il était vraiment sincère ou non, mais ce qu’il venait de dire la faisait douter, ou plutôt, cela traduisait son manque de confiance en elle.
« C ’ est de la pitié ou tu le penses vraiment ?
— Tu ne veux pas accepter un compliment quand on t ’ en fait un ? »
La vérité était qu’elle n’était pas familière avec les compliments et ça la mettait plutôt mal à l ’ aise. Il semblait sincère. En y pensant, elle se mit à rougir, essaya de cacher son trouble, mais c’était trop tard, il l ’ avait vu et se mit à lui sourire. Elle qui avait passé sa vie à dominer ses émotions perdait ici son sang-froid ; elle ne parvenait pas à se contrôler quand il était là et ne voulait pas le laisser gagner. Elle détourna le regard. L’émotion la fit frissonner, la nuit allait être froide. Il s ’ avança avec un grand sourire et se pencha en avant, en prenant une voix suave :
« Si tu as froid cette nuit, je pourrai venir te réchauffer. »
« Il n ’ a pas osé dire ça ? » Morrigan vira au rouge tellement elle était embarrassée par sa remarque. Elle avait chaud. Dean se mit à rire. Morrigan détourna le regard vers le feu qui n’était pas allumé, persuadée qu’il avait dit ça uniquement parce qu’il savait qu’elle allait être gênée. Ses émotions étaient devenues incontrôlables. La chaleur se fit de plus en plus ressentir et comprima ses tempes ; son cerveau était en ébullition puis les brindilles s ’ enflammèrent. Elle ne savait pas tout à fait quelle émotion avait suscité ça, mais elle l ’ avait fait.
« Oh super, on va avoir du feu. On n ’ a pas de quoi l ’ entretenir, ça ne tiendra pas longtemps, mais ça nous permettra de nous endormir sans avoir froid. »
Dean reprit la discussion là où il l’avait laissée, comme si rien ne s’était produit :
« Tu devrais te regarder, tu es toute rouge. C ’ est assez amusant à voir et même un peu mignon. »
Son visage était cramoisi entre la gêne et la colère. Mais elle ne pouvait pas le laisser s ’ en tirer comme ça.
« Laisse-moi deviner, Monsieur résistance, tu penses que toutes les femmes sont à tes pieds ? Laisse-moi te dire que ce n ’ est pas le cas ! Je n ’ ai pas envie que tu me colles.
— Ah non ? C ’ est dommage, car l ’ abri est minuscule. Je ne faisais aucune référence sexuelle. Ce ne sont que les faits. »
Il avait raison, ils n ’ allaient pas avoir le choix. Sans outil, il n ’ avait pu faire mieux. Elle ressentait le stress au creux de son ventre. Celui qui vous prend de plein fouet. Il fallait qu’elle dorme avant lui pour éviter la gêne d’être à côté de lui. La journée de demain s ’ annonçait longue.
« Je vais aller me coucher.
— Tu n ’ as pas faim ?
— Plus maintenant. »
Elle se dirigea vers l ’ abri. Elle ne le voyait pas, mais pouvait sentir son sourire dans son dos.
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