Un royaume en otage (French Edition)
Chapitre XIX
CONTRAT DE
SANG
bouffantes. Elle s ’ activa à s ’ habiller en commençant par les chaussettes Morrigan était arrivée dans la salle en avance. Des vêtements l ’ attendaient. Il y avait un pantalon marron foncé en cuir ainsi qu’une tunique courte et blanche à manches hautes ; le pantalon était assez court et lui arrivait au mollet, laissant apparaître les chaussettes. Elle prit la tunique, qu’elle mit à l ’ intérieur du pantalon ; pour une tunique de combat, elle nota que la qualité était assez exceptionnelle, puis elle chaussa des bottes en cuir qui lui arrivaient au-dessus des genoux. Le cuir était assez dur pour bien maintenir sa jambe.
Elle constata que Dean était en retard. Elle en profita pour faire le tour de la salle, qui était assez petite et contrastait avec les autres pièces du grand appartement. Les armes étaient rangées contre le mur ; toutes les catégories y étaient présentes pour s ’ entraîner. Il y avait aussi des lances, des épées, des arbalètes et des arcs, mais également un fouet brillant de la même lueur magique que lorsque le directeur avait joué de son instrument. « Voilà qui est intrigant. » Dean, qui observait toute la scène, l ’ interrompit dans sa contemplation.
« Je ferais attention si j’étais toi. Tu risques de te brûler la peau. Au moindre contact, la brûlure est si intense que ça cloque directement et que ta peau part en lambeaux. »
Elle s’était retournée brusquement lorsqu’elle avait reconnu sa voix. Morrigan ne l ’ avait pas entendu entrer, elle reposa soigneusement l ’ arme comme si son simple contact allait l ’ enflammer. Ce genre de chose n’était pas encore pour elle. Dean souriait. C’était presque mignon de la voir paniquer devant une arme.
« Viens sur le tapis. On va commencer sans arme. Je pense que ce sera mieux.
— Tu veux dire du combat au corps à corps ?
— C ’ est ce que j ’ ai dit, oui. »
Elle déglutit. Il était assez intimidant, maintenant qu’elle l ’ avait en face d ’ elle. Son regard avait changé, il était prêt à passer à l ’ action. C’était bien loin de la première image qui lui était venue en tête, plutôt celle de leurs corps l ’ un contre l ’ autre. Ce n’était pas eaussi excitant que ça en avait l ’ air. Elle avait l ’ impression de devenir une snob qui avait peur de l ’ impact dû à la violence d ’ un possible coup. Il le remarqua et la rassura :
« Je ne compte pas te frapper. On va d ’ abord miser sur la défense. Il va te falloir plusieurs séances et ce ne sera plus moi qui te donnerai des cours dans les enfers. »
Elle hésitait, mais ne pouvait se laisser impressionner par lui aussi facilement. Elle ne voulait pas se dégonfler et se redressa, leva le menton haut et se mit en face de lui.
« Tu deviens confiante ? Très bien ! C ’ est comme ça que je veux te voir. Mets-toi dos à moi. Je vais te montrer comment te libérer d ’ une étreinte. Je vais t ’ attraper. Tu vas te tortiller de droite à gauche pour essayer de te dégager, puis tu vas me frapper avec la main à plat sur les parties génitales. Tu peux y aller, j ’ ai mis une protection. Ensuite, tu te dégages en arrière pour éviter de rester dans cette situation.
— À quoi ça va me servir ?
— Si jamais on t’attrape par-derrière, il faut que tu arrives à te dégager le plus vite possible, ça pourrait te sauver la vie. Allez, essaie ! »
Ils firent les gestes d ’ autodéfense. Morrigan ne s ’ en sortait pas trop mal.
« C ’ est bien ! Maintenant, je vais essayer de parer tes contre-attaques. Le but, c ’ est que tu arrives à prévoir mes coups. Ça viendra au fur et à mesure. Je te dirai comment y parvenir. »
Ils refirent les mouvements mais, ce coup-ci, Morrigan n’eut pas le temps de se dégager, car Dean lui saisit le bras et la ramena contre lui. Elle rebondit contre son torse, le choc la fit tomber et il la coinça au sol. Morrigan se remit du choc assez rapidement. Il n ’ avait pas été trop brusque, ce qui avait limité les dégâts.
« Ce n ’ est pas parce que tu es une sorcière que tu ne dois pas savoir te battre. En cas de corps à corps et, au vu de ta magie, tu seras sans défense. C ’ est une bonne chose que d ’ apprendre. Ne jamais être prise au dépourvu. Ce qui a fait que j ’ ai pu faire ça, c ’ est que tu as hésité. N ’ hésite plus jamais, Morrigan. Ce serait dommage de te perdre. »
Soudain, ils prirent conscience de leurs corps collés l ’ un à l ’ autre sur le sol. Dean regardait sa bouche. L ’ instant dura quelques instants. Elle crut qu’il allait l ’ embrasser, mais il détourna le regard et se ravisa. Il se releva avant de partir sans dire un mot et sans se retourner, laissant Morrigan au sol. Elle se prit la tête dans les mains, elle avait senti que le moment était venu, mais il ne l ’ avait pas fait. Elle aurait aimé savoir ce qui l ’ avait fait changer d ’ avis.
Elle ne le revit pas de la journée, Dean l’évitait comme la peste. Elle était occupée avec ses cours par hologramme, ce qui l ’ arrangeait bien elle aussi, cela évitait toute sorte de discussions gênantes. Le soir venu, il déserta le dîner et elle dut manger seule. « Cette situation devient ridicule. »
Un gros bruit résonna dans tout l ’ appartement. Morrigan sursauta. Elle dormait paisiblement et quelqu’un osait malmener son sommeil. « Si c ’ est Dean, il va m ’ entendre. » Le boucan ne cessait pas. C’était comme si quelqu’un tapait contre un mur ou bien une porte. Il lui fallait se lever pour découvrir d ’ où venait ce vacarme. Elle se redressa et s ’ assit sur le côté du lit, puis fit glisser ses mains jusqu’à l’arrière de son crâne pour en soulager les tensions. Elle se leva encore fatiguée. Morrigan pouvait deviner ses cernes à cet instant et ses cheveux en bataille, mais elle n ’ en avait rien à faire. Tout ce qu’elle voulait, c’était que ce bruit cesse. Elle passa la porte quand elle entendit une voix qui ne semblait pas contente, une voix féminine. « Zohra ? » Oui, c’était bien elle et elle n’était pas seule. Zohra était venue avec Émeraude. Morrigan se précipita vers l ’ entrée où les domestiques tentaient de la retenir d ’ entrer. La jeune femme croisa les bras contre son buste pour se protéger de la froideur du matin et émit un bâillement assez bruyant, ce qui attira l ’ attention sur elle. Elle n ’ avait aucune manière de toute façon, et il ne servait à rien de se justifier. Zohra leur cria de la lâcher, tandis qu’Émeraude mordait les chevilles des domestiques. Ils la regardèrent pour savoir quoi faire, et Morrigan leur signifia qu’ils devaient laisser passer ses amis. Émeraude et Zohra se précipitèrent vers elle, puis Zohra prit son visage entre ses mains et la détailla de haut en bas pour savoir si aucun mal ne lui avait été fait.
« Je suis venue te ramener à l ’ académie. Maintenant. »
Elle se retourna pour aller vers la porte, mais personne ne la suivit. Zohra s ’ arrêta pour regarder en arrière dans la direction de Morrigan. Elle ne comprenait pas ce qui se passait ni pourquoi Morrigan ne la suivait pas. Devant son désarroi, Morrigan sortit de son mutisme :
« Je ne peux pas te suivre, Zohra.
— Mais pourquoi ? T’as presque rien dit dans ton message, Duana. Je comprends pas. Il te suffit de me suivre. Regarde ! La porte est juste là. Si les domestiques tentent de t ’ arrêter, je les fais valser. »
Zohra paniquait et ne comprenait pas la réaction de Morrigan. Elle devait être folle pour vouloir aller dans les enfers.
« Non, je ne PEUX pas, Zohra.
— Duana… Pourquoi ? Émeraude, dis quelque chose. »
Calme et fidèle à elle-même, cette dernière ouvrit son lien télépathique :
« Je sais pourquoi tu ne peux pas rentrer. J ’ ai senti le contrat de sang depuis la première fois que je t’ai vue.
— J’aurais aimé le savoir. Alors pourquoi tu n ’ as rien dit ?
— Je pensais que tu le savais. Ce n’est pas quelque chose que tu signes sans réfléchir. »
Morrigan allait lui répondre, mais une voix grave et masculine sortit de l ’ ombre. Il s ’ agissait de Dean. Il n’avait aucune idée du lien télépathique qui venait d’avoir lieu entre Émeraude et Morrigan, mais d’après le peu de mots qu’elles avaient échangés, Émeraude en savait visiblement plus sur elle que ce qu’elle voulait bien lui dire.
« Parce qu’elle est ma fiancée. Promise par un contrat de sang. »
Zohra prit un air ahuri. Émeraude vint se placer à côté de Morrigan, ce qui accentua la réaction de Zohra. Elle n ’ avait en tout cas pas l ’ air de comprendre la situation.
Morrigan ne lui avait rien dit par message pour ne pas l ’ inquiéter. Elle voulait lui expliquer et clarifier les choses.
« Morrigan, signer un contrat de sang, c ’ est dangereux. Tu es obligée de t ’ y tenir. Es-tu folle ?
— On n ’ a pas eu le choix, tu sais. Nos parents ont choisi pour nous quand nous n’étions encore que des enfants.
— Malheureusement, la magie du sang s ’ en fout si la personne est apte ou non à signer. »
Tout à coup, elle se souvint pourquoi elle se trouvait ici et s ’ adressa directement à Dean :
« Je sais où tu l ’ emmènes ! J ’ avais prévu de la faire revenir à l ’ académie avec moi, mais j ’ imagine que ce ne sera pas nécessaire. »
Ses yeux semblaient réfléchir à toute vitesse et elle regardait dorénavant Morrigan. Ses yeux semblaient la supplier.
« Morrigan… Les enfers… Je ne veux pas que quelque chose t ’ arrive. »
Dean était désormais furieux, ses sourcils froncés le traduisaient assez bien, et ses lèvres pincées indiquaient qu’il se retenait de lui envoyer sa colère au visage. Malgré tout, il répondit d ’ une voix calme, ce qui surprit Morrigan :
« Je ne sais pas ce que tu as entendu sur le sujet, mais rien n ’ arrivera à Morrigan. Les enfers ne sont pas un endroit hostile comme on voudrait vous le faire croire.
— S ’ il arrive quelque chose à Morrigan…
— Rien ne lui arrivera. Ce serait dommage de me mettre à dos la princesse de l ’ océan en personne. »
Il l ’ avait dit un peu sur le ton de la rigolade, mais à l ’ expression qu’il avait, il le pensait vraiment. Zohra était de plus en plus furieuse et impatiente. Dean ferait tout pour protéger Morrigan, cela ne faisait aucun doute ; après tout, il n’avait pas le choix : le contrat de sang l ’ y contraignait. Il lui avait expliqué qu’ils étaient obligés de s ’ y soumettre pour éviter la mort. Elle l ’ avait cru et, au vu de la réaction de Zohra, elle comprenait qu’elle avait eu raison de le croire sur parole.
« On part aujourd’hui. Je suppose que je pourrai t ’ envoyer un message dans les enfers via la tablette. Je te dirai si tout se passe bien. Je te le promets. Prends soin d’Émeraude pour moi jusqu’à ce que je revienne. »
Dean approuva la requête. Il comprenait ce que ça impliquait. Zohra voulait s ’ assurer que rien n ’ arrive, et si un simple message pouvait l ’ en persuader, il n ’ allait certainement pas s’y opposer. Morrigan l ’ avait prise dans ses bras pour lui dire au revoir. Il était encore tôt, mais ils devaient se rendre aux enfers, et si Morrigan ne disait rien, elle n ’ en restait pas moins effrayée.
Émeraude, qui n ’ avait pas bougé depuis son arrivée, ne fit pas un geste et se transforma sous les yeux de tout le monde. Elle avait désormais un œil rouge tandis que l ’ autre restait bleu, et elle possédait à présent neuf queues. Son pelage prenait des nuances blanches et dorées. Il n’y avait aucun doute, ces spécimens étaient facilement reconnaissables : Émeraude s’était transformée en Kitsune. Les légendes racontaient beaucoup de choses sur les Kitsune, mais ils étaient surtout connus pour leur sagesse et leur omniscience. Le fait qu’Émeraude ait seulement un œil sur deux qui était rouge, indiquait à Morrigan qu’elle n’était pas tout à fait ce qu’elle semblait être, mais seulement une moitié de ce qu’elle projetait.
Cette transformation était quelque chose de nouveau. Morrigan avait compris dès le début qu’Émeraude était à part, mais jamais elle n’avait imaginé qu’elle pourrait se transformer en Kitsune. Elle en fut la première surprise. Elle ne savait pas ce qu’Émeraude lui cachait d’autre, car sa familière ne parlait que très rarement, seulement quand cela était nécessaire. Quant à Zohra, elle avait les yeux écarquillés sous le coup de la surprise ; elle semblait la plus touchée par les événements ; et, bien sûr, rien n’atteignait Dean, il avait vu pire. Morrigan voulait savoir comment c’était possible.
« Émeraude. Tu me surprends de jour en jour.
— Je vais aux enfers avec Morrigan. Que ça vous plaise ou non. »
Sa transformation impressionna tout le monde, mais le fait que tous puissent l ’ entendre, c’était encore plus étrange. Dean approuva sa requête :
« Un démon renard. Je suis impressionné. Oui, je consens à ce que tu viennes dans les enfers. Morrigan aura besoin de toi. »
Zohra acquiesça et partit en demandant à Émeraude de prendre soin de Morrigan. Maintenant qu’elle savait qu’elle était un Kitsune, elle était sûre
qu’il n’arriverait rien à Morrigan.
Dean avait demandé qu’Émeraude garde son apparence de Kitsune pour la durée de leur escapade aux enfers. Celle-ci avait accepté, du moment qu’elle pouvait avoir un œil sur sa sorcière. Morrigan s’était attendue à ce qu’ils traversent des mondes ou volent à travers le sol, mais il n ’ en fut rien. Ils prirent une simple plateforme de téléportation, ce qui fut à ses yeux un peu décevant. Leurs bagages avaient été réceptionnés par les domestiques un peu plus tôt puis amenés à leur chambre pour préparer leur arrivée. Une fois sur place, elle n ’ en crut pas ses yeux, elle s’attendait à tout, sauf à ce qu’elle vît. Souvent, les enfers sont dépeints comme un lieu rempli de flammes où les âmes sont torturées à jamais, ce qui n ’ avait pas l ’ air d’être le cas ici. Mais cet endroit aurait pu être l ’ image qu’on se fait du paradis. Ils avaient atterri dans des jardins près d’une immense étendue d’eau ; le soleil brillait sur la surface de l’eau turquoise. Autour, il y avait des plantes exotiques et des palmiers. Une longue allée en bois conduisait du lac jusqu’au château, dont les pierres blanches aux reflets turquoise donnaient de l’éclat à la demeure. Les tours finissaient par un toit conique bleu vert.
Ils avancèrent vers la porte d’entrée du château ; elle était en bois épais, gravée d’un blason avec des chevaux se tenant debout à l’intérieur, et le pourtour était clouté. Ils entrèrent sans problème. L’endroit était conforme à l’idée qu’on se faisait d’un château, avec des meubles anciens en bois sculpté, des murs blancs et dorés, des tableaux sur les murs et des tapisseries sur le sol. Le plafond, qui était une œuvre d’art également, comportait des moulures sur son périmètre et son centre, avec des peintures représentant des motifs carrés entrelacés les uns dans les autres. Cet endroit était magnifique, mais étrangement facile d ’ accès. Elle avait imaginé les enfers introuvables pour le commun des mortels ; aussi elle en fit part à Dean, qui lui donna plus d ’ informations.
« Les enfers ne sont pas inaccessibles, au contraire. Tu peux y entrer, mais difficilement en sortir si tu n’y as pas été invité. Cet endroit, par contre, c’est le château de Lucifer, le cœur des enfers. Lui, il est plus difficile d’accès ! Si cela a été aussi facile pour nous, c ’ est uniquement parce que je suis son fils. Cela m ’ octroie quelques privilèges, tu vois. »
Elle voyait très bien où il voulait en venir. Elle imaginait bien qu’être né prince d ’ un royaume craint de tous, devait effectivement mettre les gens dans de bonnes dispositions pour avoir tout ce qu’il voulait. Elle-même avait pensé que le prince des enfers serait un homme tout autre, complètement différent de Dean. Et pourtant, il défiait tous ses préjugés, c’était indéniable. Ces croyances fortement ancrées devaient venir de quelque part. Les gens soumis à l ’ inconnu ont tendance à exagérer et à inventer tout un tas de choses quand ils veulent paraître intéressants. Elle espérait avoir un peu de temps pour visiter les lieux et en découvrir davantage sur ce monde incroyable, mais le père de son fiancé les attendait. C’était un peu tôt pour faire connaissance avec lui, mais après tout, il ne s’agissait pas d’un mariage traditionnel. Les mariages, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé. Elle n’avait jamais imaginé qu’elle se marierait un jour, mais d ’ autres avaient choisi pour elle. Il ne servait à rien d ’ en vouloir à qui que ce soit ou encore de se plaindre de la situation, les choses étaient ainsi, il fallait faire avec. De plus, Dean n ’ avait pas choisi cette vie non plus et pourtant il acceptait tout sans se plaindre. Il avait même peut-être été amoureux tout en sachant qu’il ne serait jamais libre d ’ aimer qui il voulait. Être promis à quelqu’un tout en étant amoureux de quelqu’un d ’ autre aurait été affreusement douloureux. Elle sortit cette idée de sa tête, car si cela avait vraiment été le cas, il ne se comporterait sûrement pas ainsi.
À leur droite, ils pouvaient apercevoir Lucifer se diriger vers eux ; ils allèrent à sa rencontre. Morrigan remarqua à quel point son fils avait hérité de sa beauté surnaturelle. C’était encore plus flagrant chez lui. Aucun homme n’était aussi séduisant que lui, mais elle se retenait bien d ’ en faire part, d ’ autant plus qu’elle allait se marier avec son fils. Elle le regardait intensément, comme si elle était attirée par ce qu’il dégageait, quelque chose de bestial. Une intuition lui murmurait que Lucifer n’était pas comme son fils. Ses yeux s ’ attardèrent quelque peu sur Morrigan et Émeraude, et il afficha un rictus satisfait avant de revenir sur son fils. Morrigan se reprit.
« Dînez avec moi ce soir. J ’ ai à faire avant votre mariage. Il est prévu dans deux jours. Morrigan, je serais heureux de vous connaître. Nous aurons l ’ occasion de parler ce soir. À tout à l ’ heure, Di. »
Dean n’aimait pas cette familiarité avec sa future femme. Il fallait souvent se méfier avec son père. Qui sait ce qu’il avait en tête… Morrigan affichait dorénavant un sourire au coin de ses lèvres et des yeux espiègles.
« Tu t ’ appelles Di ?
— Je déteste ce surnom. Je te défends de m ’ appeler comme ça. Il n ’ y a que mon père pour le faire. Je préférerais que tu m ’ appelles par mon prénom et que tu évites les surnoms ridicules que les amoureux se donnent comme mamour, mon cœur, bébé… ou quoi que ce soit d ’ autre. Je déteste ça. »
Morrigan comprenait. Elle trouvait également ces surnoms niais. Et puis ce genre de chose était réservé à des personnes amoureuses, pas à des personnes forcées d’être ensemble.
Dean hésita et ajouta quelque chose :
« Et arrête de mater mon père. Si je l ’ ai vu, lui aussi. »
Elle devint rouge et ne sut plus où se mettre. Ils avaient sûrement ouvert les canaux pour lire les émotions. « Quelle conne je suis. »
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