Une Microhistoire D’athènes

D. Ackermann · Chapitre 2 sur 2 · partie 16/40

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Une Microhistoire D’athènes

Principes D’édition des Inscriptions

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 40 parties.

 

187. S. Isager, « Sacred and Profane Ownership of Land », dans B. Wells (éd.), Agriculture in Ancient Greece

(1992), p. 119-122 (citation p. 121).

188. La procédure apparaît en filigrane dans certains baux : « si une eisphora est imposée sur la base de l’estimation des

terrains (DzƳɞ Ʒ˒ư ƺƼƴƣƼư ƷƲ˅ ƷƭuƢuƥƷƲƵ), ce sont les démotes qui en acquitteront le montant » (IG II2 2498, l. 7-9,

Pirée ; voir Pernin 2014, no 11, avec une traduction légèrement différente) ; « si on lève une eisphora, elle sera à la

charge des orgéons sur la base de l’estimation ( 2 DzƳɞ ƷƲ˅ ƷƭuƢuƥƷƲƵ ) » ( IG II 2499, l. 37-39, orgéons d’Égrétès ; voir

ibid., no 7, avec une traduction légèrement différente). D’après M. R. Christ, « The Evolution of the Eisphora

in Classical Athens », CQ 57 (2007), p. 53-69, la cité n’aurait pris en compte le timèma dans la levée de l’eisphora

qu’à partir de 378/7 pour les citoyens, alors qu’elle le faisait déjà pour les métèques. Sur le rôle des démarques dans

la levée de l’eisphora, voir supra, p. 8. Sur l’absence de cadastre à Athènes, voir infra, p. 240 et n. 339. 189. 2 o Dans IG II 1241, l. 13-14 (voir Pernin 2014, n o 14), 2497, l. 4-5 (voir Pernin 2014, n 15), 2498, l. 7 (voir

Pernin 2014, no 11), les biens-fonds loués sont DzưƩƳƭƷƣuƫƷƥ Ʈƥɜ DzƷƩƯʨ (« exemptés et libres de tout impôt ») ;

l’expression DzưƩ[ƳƭƷƣuƫƷƲư dzƳƠưƷƼư] est restituée dans le nouveau bail de Prasiai SEG LI 153, l. 5 (voir Pernin

2014, n o 2 17). Le bail des Dyaléens ( IG II 1241) nous donne un aperçu de ce que pouvaient être les autres

impôts : il est question d’exemption de « tout impôt et de toute charge liés à toutes les calamités venant de

Zeus, à une invasion ennemie, à un cantonnement d’une troupe amie, à des impôts et à une eisphora ou à

toute autre contribution » (trad. Pernin 2014, no 14), mais cela reste vague. Dans IG II2 2496, Papazarkadas

2011, p. 124-125 suppose que DzƷƩƯɘƵ dzƳƠưƷƼư (l. 13) fait référence notamment à l’enktètikon, dont le dème

de Kytherros exempterait le locataire. Sur les clauses fiscales des baux grecs, voir Pernin 2014, p. 519-521. 190. Behrend 1970, p. 119-120.

191. Voir Brun 1983, p. 49-55.

192. Oliver 2006, p. 240-242, explique la disparition (supposée) de l’eisphora dans le courant du iiie s. par celle du

système des dèmes, ces derniers ayant été probablement les responsables ou du moins ayant servi de cadre pour

l’enregistrement des propriétés soumises à cet impôt (voir supra, p. 8) ; il a été suivi prudemment par Ismard

LES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES 209

 

Une clause protège les locataires contre toute proposition ou vote à l’assemblée des démotes

qui irait à l’encontre de ce contrat (l. 29-31). L’interdiction de révocation est fréquente dans les décrets athéniens, mais elle semble apparaître ici pour la première fois dans un bail attique. Les locataires de la Phelléïs pourront lancer une dikè blabès contre l’auteur de la proposition ou du vote contraire, c’est-à-dire que ce dernier devra répondre devant la justice du dommage causé aux locataires. La dikè blabès est en effet une action en dommages et intérêts : si le dommage est volontaire, le plaignant a droit à une indemnité double, et s’il est involontaire, à une indemnité simple (le plaignant évaluait en espèces le tort subi) 193.

 

À part notre bail, D. Behrend ne connaît que deux autres baux attiques faisant allusion à

des conflits judiciaires potentiels, alors qu’il existait à Athènes toutes sortes d’actions juridiques qui pouvaient être entreprises dans le cadre du non respect d’un contrat de location, comme la dikè karpou, la dikè enoikiou, la dikè ousias, ou la dikè exoulès 194.

 

La vente des oliviers (l’amendement d’Étéoklès)

 

Après avoir consulté les futurs locataires Autoklès et Autéas, lesquels ont donné un avis favo-rable, le dème décide d’abattre les oliviers du domaine et de les vendre aux enchères ; sans doute les arbres étaient-ils malades ou trop vieux, car l’abattage des oliviers sur le sol attique était strictement réglementé par la loi 195. Le démarque, les trésoriers, le locataire actuel (Anthias) et une commission de trois démotes sont chargés de la procédure de mise en vente 196. Parmi les membres de la commission, on reconnaît le proposant de l’amendement, Étéoklès. Cela montre que le choix des personnes s’est fait par élection et non par tirage au sort. Nausôn, autre membre de la commission, est probablement le père d’un hiérope et de l’archonte de la fête d’Hébé mentionnés dans le décret 16 ; il s’agit en effet d’un nom rare en Attique 197. La personne qui remportera l’enchère devra abattre les oliviers par ses propres moyens. Il lui faudra attendre que le locataire actuel, Anthias, ait recueilli les fruits de sa production, mais la coupe devra être achevée avant le labour, probablement pour que les semailles ne souffrent pas de

 

2010, p. 338-339, qui ajoute l’argument du métoikion, lequel disparaît de nos sources à partir du iiie s. (mais

on ne sait si les dèmes jouaient un quelconque rôle dans la perception de cette taxe). Pour une critique de la

théorie de la disparition du système des dèmes à l’époque hellénistique, voir supra, p. 80-89. 193. Sur la dikè blabès, voir Guiraud 1893, p. 311-313 ; Behrend 1970, p. 127-130 ; H. Mummenthey, Zur

Geschichte des Begriffs ƦƯƠƦƫ im attischen Recht (1971) ; S. C. Todd, The Shape of the Athenian Law (1993),

p. 279-282. La dikè blabès n’a longtemps été attestée en Attique que dans notre document ; elle est apparue

assez récemment sur une tablette de défixion du ive s. (voir D. R. Jordan, « Towards the Text of a Curse

Tablet from the Athenian Kerameikos », dans A. P. Matthaiou, G. E. Malouchou [éds], ǺƷƷƭƮƥɜ ȂƳƭƧƴƥƹƥƣ.

ƕƴƥƮƷƭƮɖ ƶƸuƳƲƶƣƲƸ ƩȞƵ uưƢuƫư Adolf Wilhelm (1864-1950) [2004], p. 305-307 [SEG LI 328]). 194. 2 Voir Harrison 1968-1971, I, p. 217-227. Behrend 1970, p. 139 cite IG II 2496 (le locataire ne pourra pas

se retourner contre la perte du droit de bail ou l’amende du double) et 2 o IG II 1241 (voir Pernin 2014, n 14)

(prévoit la voie judiciaire en cas de non respect du contrat par le locataire).

195. D’après Théophraste, les oliviers produisent normalement jusqu’à l’âge de 200 ans, ensuite la production

faiblit (HP IV 13, 4-5. S. Amigues, dans son commentaire, dit que Théophraste a été mal informé, mais elle

a tort selon Amouretti 1992, p. 80). Comme les oliviers étaient lucratifs, la loi athénienne les prenait sous sa

protection : sauf pour les besoins d’un sanctuaire ou pour son usage personnel (au maximum deux oliviers par

an) ou pour le service d’un défunt, il était interdit d’arracher un olivier, sous peine d’amende (Démosthène,

C. Macartatos [43], 71). Le cas des oliviers sacrés est particulier, car les arracher est un acte d’impiété, voir le

septième discours de Lysias, Sur l’olivier sacré. À Aixônè, le bois d’olivier était utilisé pour l’incinération des

défunts notamment, voir le commentaire à B 15. 196. Les démotes élisent parfois des individus ou des groupes pour se charger de tâches particulières, seuls ou avec

les magistrats réguliers, voir Whitehead 1986, p. 145-147. Dans le bail d’Arkésinè d’Amorgos (GHI 59,

l. 26-27 ; voir Pernin 2014, no 131), les néopes mettront en vente les pieds de vigne coupés. 197. Voir annexe IV, s.v.

210 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ

 

dommages, comme l’a vu A. Boeckh 198. Le preneur devra veiller en outre à ne pas couper les oliviers trop bas : il est en effet nécessaire de laisser à la souche une certaine hauteur afin que la repousse puisse se faire au mieux 199. Le lapicide a écrit ƷƥƯƥưƷƭƥƣƲƸƵ à la ligne 44, mais ce mot n’offrant pas de sens satisfaisant, les éditeurs à la suite de A. Boeckh corrigent en ƳƥƯƥƶƷƭƥƣƲƸƵ. Il ne peut en effet s’agir que de la hauteur des souches, et non de leur poids 200. L. J. F. Janssen s’étonne que, dans un document public comme celui-ci, l’erreur n’ait pas été corrigée ; mais les quelques autres fautes du texte ne l’ont pas été non plus, et peut-être les atténuait-on après coup avec de la peinture.

 

La technique de la coupe des oliviers appliquée ici est appelée de nos jours « recépage ».

Elle est expliquée par Théophraste : on peut rajeunir un arbre trop vieux ou trop abîmé en le coupant jusqu’à la souche, à partir de laquelle les nouvelles pousses forment un nouvel olivier 201. M.- Cl. Amouretti distingue deux techniques de recépage : couper le tronc et dégager ensuite les rejets ; arracher la racine et ne laisser que quelques excroissances de souches, méthode proposée selon elle dans le bail d’Aixônè. D. Rousset se montre prudent : « on ne peut pas vraiment savoir si muketès, qui semble être un hapax dans un tel contexte, désigne la souche elle-même ou des excroissances de celle-ci » 202. Il me semble pourtant, vu ce qui a été dit plus haut, que le sens de « souche » est le plus plausible ; par conséquent, c’est plutôt la première technique de recépage qui est prévue dans le bail des Aixonéens.

 

Le terme de ƳƩƴƭƺƸƷƴƣƶuƥƷƥ est, quant à lui, un hapax absolu. Selon A. Boeckh, suivi

par tous les autres éditeurs et commentateurs après lui, les ƳƩƴƭƺƸƷƴƣƶuƥƷƥ sont des fosses ou cuvettes dans lesquelles les oliviers sont plantés et qui sont délimitées par un cercle de tessons de terre cuite enfoncés dans le sol 203. Cette définition de A. Boeckh repose probablement en partie, même s’il ne le dit pas clairement, sur l’étymologie du mot : ƺƸƷƴʶưƲƵ et ƺǀƷƴƲƵ peuvent désigner une cavité, un trou en forme de marmite, d’où jaillit de l’eau 204. En revanche, je ne vois pas ce qui le fait penser à un cercle de tessons autour

 

198. Il s’agit du labour d’automne, en novembre, voir la section sur les céréales supra, p. 182. Sur les cultures inter-

calaires, dont ce passage témoigne, voir supra, p. 184. 199. Le mot uǀƮƫƵ (l. 43) dans le sens de « souche » est un hapax. La souche des arbres se dit ƳƴơuưƲư,

e.g. Xénophon, Écon. 19, 13 ; Géoponiques 9, 11, 8-9 ; Hésychius, s.v. Le terme uǀƮƫƵ s’applique généralement

à des champignons, mais peut aussi désigner ce qui en a la forme, par exemple des tumeurs bactériennes dont

les oliviers sont affectés (voir Théophraste, HP IV 14, 3 ; Hésychius, s.v. « uǀƮƫƵ »). Comme l’a déjà vu Boeckh,

suivi par quasiment tous les autres éditeurs, le mot se rapporte ici aux souches des oliviers coupés, qui peuvent

effectivement faire penser à de gros champignons.

200. Selon Boeckh, cette mesure d’une paume était recommandée pour les plantations d’oliviers dans Géoponiques 9,

10-11 ; mais, à dire vrai, elle ne s’applique pas à la hauteur des souches (ainsi, en 9, 11, 8, c’est l’épaisseur

conseillée de la couche de terre mêlée de fumier à mettre par-dessus les morceaux de souches déposés dans

les fosses).

201. HP II 7, 2-3. Columelle, De arboribus 17, 1 déclare d’ailleurs : « melius autem truncis quam plantis

olivetum constituitur » (« la création d’une oliveraie réussit mieux de souches que de plants » [trad.

R. Goujard, éd. CUF]). Sur le recépage, voir Amouretti 1992, p. 80. Relevons que Foxhall 2007,

chap. 5 (consacré à la culture des oliviers) ne parle nulle part du recépage et estime qu’Amouretti, dans les

pages de sa thèse consacrée à ce sujet (1986, p. 58-62), « seriously misinterpreted Greek terminology in

light of Roman and modern French practices » (p. 97 n. 1). Cette critique me paraît infondée. Il existait

encore d’autres méthodes pour faire de nouvelles plantations d’oliviers, voir la section sur cette culture

supra, p. 183.

202. Rousset, p. 235 n. 18.

203. Plusieurs savants ont même, par un raccourci malheureux, supprimé la notion de fosse, pour ne garder que

celle d’espace enclos par des tessons. Voir supra, p. 196 n. 112, et encore récemment Krasilnikoff 2008 :

« potsherd-bordered enclosures ».

204. LSJ s.v.

LES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES 211

 

de la fosse, pratique qui n’est pour le moment attestée dans aucune de nos sources 205. A. Boeckh aurait-il été abusé par le sens premier de ƺǀƷƴƥ ou ƺǀƷƴƲƵ, la marmite ou le vase de terre cuite ?

 

Selon D. Behrend, le dème a visiblement décidé d’engager la somme obtenue de la vente

des oliviers dans des opérations de prêt, car un taux de 12 % est calculé (l. 36-38) 206. Il s’agit du taux d’intérêt moyen en Attique pour les placements sûrs, c’est-à-dire garantis par une mise en gage foncière, au ive s. du moins 207.

 

On dispose de plusieurs documents épigraphiques montrant divers dèmes engagés de

manière régulière dans des opérations de prêt, sur leurs fonds propres ou sur les fonds sacrés dont ils avaient la charge : à Plôthéia, des magistrats financiers doivent entre autres gérer le fonds du dème dévolu aux prêts. Une partie sera gérée en accord avec les décrets existants et prêtée à un taux fixé à l’avance, l’autre partie sera prêtée aux emprunteurs offrant le plus haut taux d’intérêt, et ces derniers devront fournir une sécurité sous forme de garantie foncière ou d’un garant. à Hagnonte ou Myrrhinonte, les prêtres sont chargés par le dème de faire des prêts sur la caisse sacrée si quelqu’un a besoin d’argent, et ils sont tenus d’exiger une garantie foncière. à Rhamnonte, les comptes du sanctuaire de Némésis montrent que le trésor de la déesse se monte à 8-10 talents sur cinq années non consécutives, dont 75-90 % sont engagés dans des prêts. En 327/6, à Kollytos, tous les revenus des démotes, soit 2 000 dr., sont affectés au salut du peuple des Athéniens, et le décret prévoit que les démotes puissent prêter de l’argent sur ces fonds communs. Enfin, certains dèmes apparaissent sur des bornes hypothécaires en tant que créanciers, pour des prêts allant jusqu’à 3 000 dr. 208. Rappelons que le démarque pouvait saisir les biens des débiteurs qui faisaient défaut 209.

 

P. Millett, dans la mouvance de M. I. Finley, se dresse contre la tendance à exagérer le rôle

des dèmes dans la structure du crédit : en effet, selon certains chercheurs, ces prêts se faisaient régulièrement et à grande échelle. Il souligne au contraire la discrète présence des dèmes dans les opérations de prêts décrites par les sources, et la faiblesse des montants prêtés 210. Il est vrai que les dèmes sont très peu présents sur les bornes hypothécaires (seulement cinq horoi sur quelque 300), et que les montants qu’ils prêtent sont assez modestes, entre 200 et 700 dr. ; relevons tout de même la somme de 3 000 dr. engagée par le Céramique 211. Mais la quasi-absence des dèmes sur les bornes peut s’expliquer autrement que par un faible engagement de ces derniers dans le système du crédit : certains dèmes créanciers pouvaient préférer d’autres

 

205. Pace Boeckh, qui renvoie aux orateurs attiques (« ab Atticis »), sans plus de précision. 206. La formule complète serait ȂƳɜ ƨƴƥƺuƩʶ ƷƲ˅ uƫưɞƵ Ʒɚư uưʙư, voir ȂƳɜ ȮƮƷɢ ȮƦƿƯƲƭƵ Ʒɚư uưʙư ƷƲ˅ uƫưɞƵ ȃƮƠƶƷƲƸ

chez Ps.-Démosthène, C. Nicostratos (53), 13 (« au taux de huit oboles d’intérêt par mine et par mois »,

= 16 %). Une drachme par mine par mois = 1 % par mois = 12 % par année.

207. Millett 2002, p. 176 (qui attribue faussement notre bail à Halai Aixônidès tout au long de son livre, sauf à

cette page), note que ce taux contredit la théorie d’Andreyev 1974, p. 22, à savoir que le prêt consenti par un

dème offrait une alternative bon marché et libérale au crédit privé. Rousset généralise à l’excès en disant que

12 % était le taux normal des prêts sûrs à cette époque dans une cité grecque, car si c’est vrai pour Athènes, on

est bien en peine de l’affirmer pour le reste du monde grec, voir infra, p. 243 et p. 257. 208. Plôthéia : IG I3 258 (vers 425-413) ; Hagnonte ou Myrrhinonte : IG II2 1183 (voir GHI 63 ; Vivliodetis 2007,

E 3. 3e e quart du iv s.) ; Rhamnonte : IRham. 182 (vers 450-440) ; Kollytos : SEG LVIII 108. Peut-être Ikarion

faisait-il aussi des prêts ( 2 SEG LIV 57, avec Blok 2010, p. 84-87). Dèmes créanciers sur des bornes : IG II

2761 b (Halai. Pour l’attribution, voir Whitehead 1986, appendice III no 58), 2670 (Phlya), Agora XIX H

92 (Céramique), H 99 (Phègaia), Kaza-Papageorgiou 2016, p. 67 fig. 113 (Euônymon). 209. Voir supra, p. 204.

210. Millett 2002, p. 172-176, contra Bogaert 1968, p. 94 et Andreyev 1974, p. 22. 211. Agora XIX H 92.

212 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ

 

formes de sécurité que la garantie foncière 212, et dans le cas de prêts consentis sur de l’argent sacré, c’était le nom de la divinité et non celui des démotes qui apparaissait sur la borne 213. Notons au passage que la cité est, quant à elle, complètement absente des bornes, puisqu’elle laissait semble-t-il aux collectivités locales l’initiative de prêter de l’argent à des particuliers 214. Par ailleurs, les montants indiqués sur les bornes ne représentent pas l’intégralité de la somme engagée dans des prêts par les dèmes : ces derniers ont fort bien pu diviser le capital dévolu aux prêts en sommes relativement peu élevées, prêtées à bon nombre d’emprunteurs différents. La pratique du prêt par tranches est en effet bien attestée dans les comptes du sanctuaire de Némésis à Rhamnonte : le document est très elliptique, mais on comprend tout de même que pour chacune des cinq années dont il est question, 37 000 dr. sont dans les mains des « emprunteurs à 200 dr. », et pour la quatrième et la cinquième année, respectivement 13 500 et 14 400 dr. sont consacrés à des prêts de 300 dr. Certes, ce document émane d’un dème exceptionnel, pourvu d’un sanctuaire d’importance panattique et d’une garnison, et qui attirait des gens de toute l’Attique et au-delà. Mais on constate par ailleurs que dans le dème de Plôthéia, dont le rayonnement était bien plus modeste, le total des fonds prêtables s’élevait à 22 100 dr., une somme considérable 215. Il convient donc d’être plus nuancé que P. Millett et d’admettre que l’engagement d’argent dans des prêts à intérêt pouvait représenter une part plus ou moins importante du budget des dèmes et de leurs sanctuaires 216. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, les dèmes agissaient de leur propre chef et géraient leurs fonds et ceux des dieux comme bon leur semblait.

 

Ce nouveau revenu tiré de la Phelléïs sera partagé entre les locataires et le dème, les

Aixonéens profitant de la somme directement, les locataires à travers une baisse du loyer. Les Aixonéens procèdent ainsi car si les arbres eux-mêmes leur appartenaient, leurs fruits auraient normalement dû revenir aux locataires 217. De ce passage, G. Billeter déduit que le rapport entre le montant du loyer et la valeur vénale de l’objet (c’est-à-dire le taux de capitalisation) était de 6 % : si le rapport entre la valeur d’une partie de l’objet loué (= le prix de vente des oliviers) et le loyer réduit est de 6 %, alors ce taux de 6 % est valable aussi pour le rapport entre la valeur

 

212. Dans IG II2 2498, l. 3-6 (Pirée. Voir Pernin 2014, no 11), les locataires dont le loyer est inférieur à 10 dr.

doivent fournir un garant. À Plôthéia, le dème exige des emprunteurs un garant ou une garantie foncière (IG

I 3 258, l. 21-22). Voir Finley 1951, p. 93-97 ; Whitehead 1986, p. 159 ; Shipton 2000, p. 56 n. 21 et p. 84

n. 13.

213. 2 Voir IG II 1183, l. 27-32 (voir GHI 63 ; Vivliodetis 2007, E 3). Wilson 2011 propose un rapprochement

judicieux entre les bornes mentionnées dans ces lignes et la borne 2 IG II 2767, marquant un terrain hypothéqué

à Dionysos. Je ne vois pas en revanche ce qui l’autorise à faire de cette borne un indice de la mise en location

du théâtre du dème (Wilson 2010).

214. Voir Migeotte 2014, p. 503-504.

215. Voir Whitehead 1986, p. 166-169 ; Migeotte 2010. 216. Ainsi Whitehead 1986, p. 159, suivi par Shipton 2000, p. 56 n. 21 et p. 84 n. 13. Sur les opérations

financières des dèmes, parfois d’une inventivité remarquable, voir V. Chankowski, « Techniques financières,

influences, performances dans les activités bancaires des sanctuaires grecs », Topoi 12-13 (2005), p. 69-93,

spécialement p. 77-78 (où notre bail est attribué à Halai Aixônidès). 217. Behrend pense qu’à l’origine, le bois issu de la coupe des oliviers concédée par les locataires devait revenir à ces

derniers, mais il se fonde sur Démosthène, C. Macartatos (43), 69, qui concerne une affaire de succession entre

particuliers, où celui qui coupe les oliviers se considère (à tort) comme le nouveau propriétaire du domaine.

Wilhelm 1935, p. 211-212 (= 3 Kleine Schriften II.3, p. 287-288) – à propos de IG II 433, où la cité et le

locataire alternent chaque année en tant que bénéficiaires de ressources dont la nature est difficile à déterminer

– se demande si l’on peut aussi parler de jouissance commune entre les locataires et le dème pour le bail

d’Aixônè. Il semble répondre par l’affirmative, citant deux papyrus très éloignés dans le temps (243 av. J.- C. et

vie s. apr. J.-C.). Mais ces cas ne sont pas comparables avec notre bail, où ni la clause de la moitié, ni le partage

des intérêts de l’argent de la vente des oliviers ne s’expliquent par une jouissance commune entre les locataires

et le dème. Behrend déjà s’opposait à l’avis de Wilhelm sur ce point, mais sans argumenter.

LES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES 213

 

de l’intégralité de l’objet loué et le loyer entier. En confrontant ce résultat aux autres chiffres à disposition, G. Billeter conclut que pour l’Attique au ive s., le dividende que rapportait un capital investi dans un terrain loué était de 6-8 %, ce qui représente donc la moitié ou un peu plus du taux d’intérêt moyen des placements sûrs 218. Mais, dans le cas de notre bail, son calcul est inexact : le taux de 6 % n’est pas lié à un quelconque rapport entre la valeur vénale du terrain et le montant du loyer ; il représente la moitié du taux d’intérêt auquel sera prêté l’argent issu de la vente des oliviers, et ne nous révèle donc rien sur la valeur de ces derniers ni, partant, sur la valeur de la Phelléïs 219.

 

Le sacrifice des locataires est important : ils renoncent à toute récolte d’olives pour environ

quinze ans, tout en effectuant les soins nécessaires à l’entretien des jeunes oliviers encore non productifs 220. Comme l’explique M.-Cl. Amouretti, l’olivier ne commence à produire réellement qu’après quinze ans, et atteint sa pleine capacité à quarante ans 221. Ce dernier chiffre est intéressant : n’y faudrait-il pas voir la raison du choix de cette même durée pour le bail 222 ?

 

Les lieux d’exposition : le sanctuaire d’Hébé et la LESCHÈ

 

Les démotes, par l’entremise de leurs trésoriers, se chargent de la gravure du contrat sur deux stèles de pierre et de la pose de bornes sur le terrain. En principe, dans les baux de la cité et de ses subdivisions, c’est le bailleur qui est responsable de l’érection de la stèle 223.

 

L’une des pierres était exposée dans le sanctuaire principal du dème, celui d’Hébé, l’autre

était dressée dans la leschè. Comme notre stèle a été trouvée avec le décret honorifique 16, lequel était exposé dans le sanctuaire d’Hébé, on peut déduire que l’exemplaire du bail que l’on possède est celui du sanctuaire 224.

 

Il n’est pas évident de savoir à quelle structure architecturale correspondait la leschè, et quelle

était sa fonction exacte. Les sources littéraires, rares, s’accordent pour définir les leschai comme des lieux publics de réunion, de conversation ou de banquet, qui pouvaient prendre la forme

 

218. Billeter 1898, p. 15 n. 3 et p. 16-18. À part notre bail, Billeter se fonde sur Isée, 11, 42 (taux de capitalisation

de 8-8,6 %) et 2 IG II 2496, l. 12-14 (7 % environ). Andreyev 1974, p. 16 calcule que le montant d’un loyer

représente 8 % de la valeur vénale du bien loué.

219. Behrend 1970, p. 118-119 donne raison à Billeter, mais il interprète lui-même mal la clause de la moitié dans

les baux : selon lui, le propriétaire et le locataire sont impliqués chacun pour la moitié du revenu (rendement)

du terrain, ce qui le conduit à penser que le taux de rendement d’un loyer équivaut à la moitié du taux d’intérêt

du capital correspondant, soit 6 %. Pour une critique du calcul de Billeter, voir Millett 2002, p. 232-235 et

p. 281-282 n. 15. Plus encore que le calcul, Millett remet en cause l’existence de la notion de taux de capitalisa-

tion au ive s. en Attique, puisque l’économie de l’Athènes classique était non capitaliste selon lui (il développe

cette idée dans son appendice IV). Cette dernière affirmation doit être nuancée, voir infra, p. 253-256. 220. Une inscription d’Henchir-Mettich en Afrique romaine prévoit une exonération fiscale de cinq ans pour les

oliviers greffés et de dix ans pour les oliviers plantés (CIL VIII 25902 III 2-13). Selon Amouretti 1992, p. 80,

c’est pour éviter de trop gros efforts de la part du locataire et du bailleur que les Anciens cherchaient plutôt,

dans la mesure du possible, à prévoir le renouvellement régulier et progressif des plantations. 221. Amouretti 1992, p. 80.

222. C’est l’avis d’Amouretti 1992, p. 80 et de Rousset. 223. E.g. Agora XIX L 13 (Pirée. Voir supra, p. 110 n. 75) et IG II2 1241 (phratrie des Dyaléens. Voir Pernin 2014,

no 2 14) ; mais voir IG II 2496 (où les bailleurs sont les méritai de Kytherros, pace Ismard 2010, p. 166, qui

comprend que ce sont les Piréens qui afferment les biens aux Kytherriens). Dans les groupes d’orgéons, c’est

le locataire (SEG XXIV 203 [voir Pernin 2014, no 2 4], IG II 2499 [voir Pernin 2014, no 7] et 2501 [voir

Pernin 2014, no 6]). Sur les trésoriers dans les dèmes, voir supra, p. 116-117. 224. Janssen pense que le temple d’Hébé est celui mentionné par Dodwell (extrait cité supra, p. 35), mais la

structure vue par le voyageur se trouve trop au nord pour appartenir au territoire d’Aixônè. Sur la localisation

du sanctuaire d’Hébé, voir supra, p. 68-69.

214 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ

 

d’un portique ou d’une exèdre 225. Les leschai étaient nombreuses à Athènes si l’on en croit le philosophe Proclos dans une scholie à Hésiode, qui en dénombre 360 226. On ne sait s’il parle de son époque, le ve s. apr. J.-C., ou d’une époque antérieure. A. N. Oikonomidès pense que ce chiffre, très élevé, inclut les leschai des dèmes, mais il est plus raisonnable de penser que personne ne savait combien il y en avait en Attique, et qu’il s’agit là d’un chiffre symbolique, exprimant le grand nombre de leschai à Athènes.

 

Notre bail fait partie des très rares documents épigraphiques athéniens à mentionner une

leschè. Outre ce dernier, on ne peut guère citer que trois bornes de leschai, dont certaines sont qualifiées de « publiques » (dèmosiai) 227. Selon A. N. Oikonomidès, la cité ressentait le besoin d’indiquer les limites et la propriété de ses leschai parce qu’elle s’occupait probablement de leur entretien et de fournir l’équipement nécessaire, comme des tables, des jeux, de l’eau et des coupes.

 

Un parallèle particulièrement éclairant pour nous se trouve à Thasos, où certaines inscriptions

publiques étaient gravées sur la façade d’un portique dans l’Hèrakleion, dont le bail du verger d’Héraclès 228. Cette leschè, ainsi que l’ont baptisée les archéologues, a été construite au début du ve s., et limitait le sanctuaire à l’est. C’était une galerie longue et étroite d’au moins 50 m de long et de 8,57 m de large. Le mur de façade était percé de plusieurs portes ; il y en avait également une sur le petit côté sud 229. Il est possible que la leschè d’Aixônè ait ressemblé à ce bâtiment.

 

Ainsi, la leschè, mentionnée dans le bail sans autre précision, devait être celle du dème, un

lieu de sociabilité où les démotes pouvaient se réunir et se rencontrer 230. Je la situerais volontiers sur l’agora, endroit de rencontre et de réunion par excellence 231. Sur cette agora, non repérée sur le terrain, mais à coup sûr existante, se dressait peut-être aussi le règlement religieux 15 232.

 

La pose de bornes

 

Les trésoriers sont également chargés de placer des bornes sur le terrain, dont la hauteur mini-male, le nombre et l’emplacement sont scrupuleusement précisés (l. 23-24). Le terme utilisé,

 

225. Hésychius, s.v. « Ươƶƺƫ » ; Harpocration, s.v. « Ươƶƺƥƭ » d’après Antiphon et Cléanthe. Sur les leschai à

Athènes, voir Oikonomidès 1987 ; S. N. Dragoumis, « ƕƩƴɜ ƯƩƶƺ˒ư Ʈƥɜ ƷʨƵ Ȃư’ ƆƬƢưƥƭƵ DzưƥƮƥƯƸƹƬƩƣƶƫƵ »,

MDAI(A) 17 (1892), p. 147-155 ; Bremmer 2008 (p. 160-161 sur Athènes). 226. Schol. Hésiode, Trav. 491 (éd. Th. Gaisford, Poetae Minores Graeci [1823], II, p. 302.22-24). 227. IG II2 2620 a et b, ive s. : deux bornes d’une leschè entre l’Acropole et la Pnyx, inscrites hƿƴƲƵ ƯơƶƺƫƵ (ce bâti ment

correspondait peut-être à une structure rectangulaire divisée en plusieurs pièces, voir F. Longo, dans E. Greco

[éd.], 3 e ƯƩƶƺơƲư Topografia di Atene , I [2010], p. 255-257). IG I 1102, v s. : borne du Pirée, inscrite ƨƩuƲƶƣƲư

hƿƴƲƵ, marquant donc plusieurs leschai publiques. Les autres exemples donnés par Oikonomidès 1987 sont

hautement hypothétiques, j’ai préféré ne pas les prendre en compte (par exemple 2 IG I 913 : sur deux fragments

de vases de l’Acropole du vie s., on lit ƉƊƑƔƐƊƗ. Oikonomidès propose de lire ƨƩuƲ[ƶƣƫƵ] Ươƶ[ƺƫƵ ƩȞuƣ]). 228. IG XII suppl. 353, fin du ive s. (peut-être 328 d’après P. Hamon, « Études d’épigraphie thasienne, IV. Les

magistrats thasiens du ive s. av. J.-C. et le royaume de Macédoine », BCH 139-140.1 [2015-2016], p. 107-

110) ; sur cette inscription, voir le commentaire de M. Launey, « Le verger d’Héraklès à Thasos », BCH 61

(1937), p. 380-409, et récemment Pernin 2014, no 133. 229. 2 o Y. Grandjean, Fr. Salviat, Guide de Thasos (2000), p. 144, avec les figures 94 (n 78) et 95. 230. Bremmer 2008, p. 160-161, suppose que les leschai des dèmes formaient une sorte d’institution parallèle à

l’assemblée du dème pour la discussion des affaires communes, un peu à la manière des salles communautaires

ou des églises dans les villes ou villages actuels. Phillips traduit d’ailleurs leschè par « council hall » dans notre

texte.

231. Ainsi, les stèles portant les contrats de location des terres eubéennes confisquées lors de la guerre du Péloponnèse

étaient exposées près du portique royal sur l’Agora (Élien, Hist. Var. VI 1 ; Agora XIX L 2 est probablement

l’une de ces stèles).

232. Voir infra, p. 274 et p. 317.

LES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES 215

 

horos , est ambigu car il servait à désigner des bornes portant toutes sortes d’informations adressées au passant sur le terrain marqué, comme une limite, une hypothèque, etc. 233. J. A. Krasilnikoff pense que les bornes de notre bail étaient des bornes de limites 234, et qu’elles marquaient une nouvelle parcellisation du terrain par le dème. Les raisons de rejeter cette dernière hypothèse ont été exposées plus haut. Quant à la première, il me paraît clair que ces bornes, posées en bordure de terrain, contribuaient de toute façon à en indiquer une partie des limites 235, mais je doute que cela ait été là leur fonction première. Il est vrai que le souci de délimiter précisément le domaine loué est constant dans les baux attiques, mais la définition des limites se fait le plus souvent en référence à la configuration naturelle du terrain (un cours d’eau, un arbre, un rocher, etc.) ou à une propriété voisine, et non à des bornes 236. De plus, je ne vois pas comment on aurait pu délimiter un terrain simplement en mettant « deux bornes sur chacun des deux côtés » ; s’il y avait eu une nouvelle parcellisation, le bailleur aurait indiqué les limites beaucoup plus précisément, comme cela a été fait à Héraclée de Lucanie à la fin du ive s. pour les terrains sacrés de Dionysos et d’Athéna 237. Il me semble donc préférable de voir dans ces bornes, tout comme A. Boeckh déjà et D. Rousset encore dernièrement, des marqueurs indiquant à qui appartient le domaine et à qui il est loué, « pour éviter que ne naisse à ce propos une incertitude en raison de la longueur du bail » 238. On peut supposer que « les deux côtés » dont il est question dans l’inscription désignent les deux extrémités du terrain, peut-être bordées chacune par une route, constituant ainsi les endroits les plus logiques pour la mise en place de bornes portant un message destiné aux passants.

 

Relevons encore, à la suite de J. V. A. Fine, qu’il s’agit de la seule inscription attique donnant

des indications sur le nombre et la taille des bornes à ériger 239. Le savant américain s’étonne de la hauteur prescrite, bien plus grande que la plupart des bornes (hypothécaires, mais peu importe ici) qui font l’objet de son étude. C’est vrai, mais il faut préciser que la majorité des

 

233. Voir infra, p. 235. Sur la pratique du bornage en Grèce, voir Guiraud 1893, p. 181-187. 234. Krasilnikoff 2008, idée reprise dans Krasilnikoff 2010, p. 56, où il identifie à tort les bornes avec les deux

stèles inscrites porteuses du contrat. C’est aussi l’avis de Finley 1951, p. 213 n. 49 (citant IG II2 2631 et

Théophraste, 2 3 Carac. 10, 9), de Behrend (qui cite comme autres exemples IG II 1165, Agora XIX L 10, IG I 84

[voir Pernin 2014, no 2]), et de Papazarkadas, p. 128-129, lequel suppose que la « delimiting competence of

the Aixonian treasurers emanated from their fiscal tasks » ; mais j’y vois plutôt une occurrence supplémentaire

de leur compétence en matière d’érection de stèles, sur laquelle voir supra, p. 117. 235. C’est le cas d’une borne de Paros récemment exhumée (SEG LIV 794, fin du iiie s.) : elle indique la vente du

terrain sur lequel elle se dresse, et en marque une partie des limites. Voir encore Pernin 2014, p. 26 et nos 128-

129 (deux pierres portant des baux de Poiessa [Kéos], qui marquaient peut-être aussi la limite des terrains

loués). La définition des limites était essentielle notamment pour empêcher l’usurpation des terrains publics,

visiblement courante à Athènes (voir Aristote, Rhét. I 13, 1374 a 5 ; SEG XXVI 121). 236. On trouve de nombreux exemples pour les propriétés confisquées vendues par les pôlètes à Athènes (e.g. Agora

XIX P 5) ; voir aussi le bail de la phratrie des Dyaléens (IG II2 1241 ; voir Pernin 2014, no 14). Sur l’absence

de cadastres à Athènes, voir infra, p. 240 et n. 339. 237. IG XIV 645 ; voir Pernin 2014, no 259, avec le commentaire sur l’arpentage p. 475-478 : les horistai à l’œuvre

délimitent les lots en se servant des routes, chemins et cours d’eau, et ajoutent un grand nombre de bornes,

certaines inscrites « borne sacrée des terrains de Dionysos » ou « contre-borne », d’autres anépigraphes. Voir

aussi le schéma des terrains de Dionysos avec les bornes dans A. Uguzzoni, F. Ghinatti, Le tavole greche di

Eraclea (1968), p 192.

238. Rousset, p. 234 (je ne vois pas en revanche ce qui le fait supposer que le domaine avait la forme d’un triangle ;

sa deuxième hypothèse, celle d’un « rectangle assez allongé », me paraît plus correcte). Pernin admet à la fois

cette interprétation et celle d’un bornage du domaine destiné à en préciser les contours, sans toutefois parler

d’une nouvelle parcellisation : « On peut supposer que le renouvellement du bail était ici l’occasion d’une sorte

de remise en ordre des affaires du dème » (p. 88).

239. Fine 1951, p. 41.

216 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ

 

bornes exhumées, qu’elles soient hypothécaires ou non, sont brisées ; leur hauteur originelle est donc difficile à estimer.

 

Résumons cette longue analyse, avant d’aborder un autre morceau de choix de l’épigraphie

aixonéenne. Le bail des Aixonéens sort de l’ordinaire par la longueur du texte et les détails apportés au contrat. Les droits et devoirs des deux parties sont scrupuleusement précisés : saisie des biens des locataires en cas de défaut de paiement, gestion des récoltes en situation de guerre, contribution à l’eisphora, protection des locataires contre toute modification du contrat, etc. ; il semble que toutes les situations aient été envisagées. Il faut dire que le contrat est de longue durée (40 ans), laquelle est probablement liée au remplacement des oliviers auquel les locataires ont accepté de se livrer. On a pu déterminer que ces derniers étaient père et fils, et issus d’une famille aisée, car le plus jeune d’entre eux, Autéas, est l’un des chorèges honorés dans le numéro 4. Il s’agit donc d’une famille particulièrement active dans les affaires locales du dème, à la manière de celles de Chrémès ou de Nausôn dont il a été question dans le chapitre 4.

 

D’un point de vue agricole, ce document vient s’ajouter aux nombreux autres montrant les

Athéniens pratiquer la polyculture (céréales-vignes-oliviers) et l’interculture. Il révèle en outre deux sources de revenus pour notre dème : la location de terrains, et le prêt à intérêt (avec le produit de la vente du bois des oliviers abattus).

 

Enfin, le texte figurait sur deux stèles différentes, l’une exposée dans le sanctuaire d’Hébé

(la pierre que nous avons), l’autre dans la leschè, que j’ai proposé de situer sur l’agora du dème, à l’endroit où se dressait peut-être aussi le règlement religieux 15.

 

LE RÈGLEMENT SUR LES PÂTURAGES (no 8*)

 

Ce règlement est unique dans l’épigraphie attique, et malgré son grave état de mutilation, on parvient à y glaner des informations très intéressantes sur la manière dont un dème administre ses pâturages, ainsi que sur la procédure judiciaire réglant les conflits entre un dème et des particuliers. La très grande difficulté de lecture et de compréhension du texte explique sans doute le peu d’intérêt que les chercheurs lui ont porté depuis sa découverte il y a presque cent quarante ans. Récemment, trois savants se sont attaqués à ce document : Chr. Chandezon, A. Scafuro et N. Papazarkadas, les deux derniers proposant plusieurs restitutions nouvelles sur la base de l’autopsie 240. Chr. Chandezon estime que le réexamen de la stèle ne permet plus d’améliorer l’établissement du texte, tant la pierre est aujourd’hui abîmée ; elle est en effet bien plus mutilée encore que quand le premier éditeur, H. G. Lolling, l’a examinée. Mais nous verrons qu’un nouveau regard sur la pierre n’est jamais inutile, et peut permettre de rectifier une lecture que l’on croyait acquise depuis longtemps.

 

L’inscription gravée sur la face antérieure de la stèle (A) concerne des pâturages appartenant

au dème et gérés par lui, et, dans la partie encore lisible, plus spécifiquement la collecte d’une taxe sur le pacage (l’ennomion). Le dème ayant vraisemblablement rencontré des problèmes dans la perception de cette taxe, il a décidé d’établir un règlement sur les modalités de paiement de l’ennomion et sur la procédure juridique qui réglera le cas des mauvais payeurs 241. Le règlement

 

240. Voir les références dans le lemme infra. Pour le commentaire, Papazarkadas se fonde malheureusement sur la

seconde édition des IG et la troisième édition de la Sylloge, sans prendre en compte les opinions de Koehler et

de Dittenberger, ce qui le conduit à certaines redites et réflexions inutilement compliquées. 241. J’ignore ce qui fait dire à Whitehead (1986) qu’il s’agit d’un bail et qu’il est question de locataires des pâturages.

Milchhöfer avait déjà commis cette erreur, en plaçant notre inscription avec le numéro 7, sous l’intitulé

« Pachtverträge der Aixoneer ». Jones ne comprend pas non plus le texte, car il estime que le règlement porte

sur des propriétés foncières du dème mises en location : l’ennomion désigne selon lui les « attendant fees and

LES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES 217

 

comportait peut-être d’autres clauses encore, mais elles ne sont pas conservées. Le côté droit de la stèle (B) est gravé d’un second texte, un serment lié à la face A.

 

Le lieu de trouvaille et le lieu d’exposition de la pierre

 

La détermination du lieu de trouvaille de la pierre est très importante, car de lui seul dépend

l’attribution de ce document au dème d’Aixônè. La restitution du démarque Dôrothéos à la ligne 4 de la face A pourrait être un indice, mais c’est justement sur la base d’un autre document assurément aixonéen (2) que la restitution est faite. Évitons de tomber dans un raisonnement circulaire.

 

Selon H. G. Lolling, qui publie l’inscription en 1879, en même temps que les décrets

honorifiques 1 et 3 et la borne 13, la pierre provient « des ruines de l’ancien dème d’Aixônè, actuellement Prinari [= Pirnari], à mi-chemin entre Trachônès et Vari » 242. Pour l’inventeur de la pierre, il ne faisait donc aucun doute qu’il s’agissait d’un document aixonéen ; il recherche d’ailleurs des parallèles dans l’épigraphie du dème pour ses restitutions d’anthroponymes 243. Il ajoute que la pierre a été ensuite transportée dans la petite collection d’antiquités sise dans la cour du domaine Komninos, ex-Louriôtis, dans le village de Trachônès, en même temps que des sculptures et des stèles funéraires. Beaucoup d’éditeurs se sont laissés tromper par ces indications, soit en mentionnant simplement « Trachônès » comme lieu de trouvaille, alors qu’il s’agit du premier lieu de conservation de la pierre, soit en identifiant le village de Trachônès à Aixônè, alors qu’il s’agit de deux endroits bien distincts, comme nous l’avons vu dans le chapitre 2 244. Mais personne à ce jour n’a contesté l’origine aixonéenne de ce document.

 

D’après H. G. Lolling, la pierre a été trouvée entre autres avec les décrets honorifiques 1 et

3 , lesquels étaient clairement érigés au théâtre. Mais comme nous l’avons vu dans le chapitre 2, il est probable que les quatre inscriptions publiées ensemble par lui ne se soient pas dressées à l’origine au même endroit. Le contenu du règlement, qui n’a rien à voir avec le théâtre mais qui concerne la gestion de biens communs des démotes (les pâturages), inviterait plutôt à le rapprocher du bail, dont les deux exemplaires étaient exposés respectivement dans le sanctuaire d’Hébé et dans la leschè.

 

LE TEXTE

ME 12678 + 12678 a 245.

Stèle très épaisse en marbre blanc, dont il reste deux fragments jointifs (la partie droite du texte principal et le bord droit inscrit + la partie gauche du texte principal). La stèle est brisée sur tous ses côtés, sauf le droit. La face arrière est non travaillée, ce qui laisse penser que la stèle était située contre un bâtiment. Des traces de ciment sur la surface de la pierre, observées par Papazarkadas déjà, présentes aussi sur tous les autres côtés, indiquent qu’elle a été réutilisée.

Elle est inscrite sur la face antérieure (A) et sur le côté droit (B), de la même main selon Papazarkadas. La face antérieure de la stèle a tant souffert de l’humidité du sol, du vent et des intempéries qu’il est très difficile de la lire. Le premier éditeur, Lolling, s’en plaignait déjà ; il a dû procéder à plusieurs lectures, et comparer avec des

 

rights », et plus loin « a rental fee on its [du dème] properties », et il pense que le dème ira au tribunal pour

« enforce the terms of the lease » (p. 107). Voir aussi la traduction fautive de Scafuro infra, n. 250. 242. Je traduis. L’extrait entier est reproduit supra, p. 53. 243. Voir l’apparat critique aux l. A 4 (Dôrothéos), B 4 (Hagnôn ou Hagnônidès), B 5 (Lysistratos). 244. Mention simple de Trachônès : Dittenberger, Papazarkadas. Identification entre le village de Trachônès et Aixônè :

Kirchner, Hiller von Gaertringen, Chandezon. Sur la position de Milchhöfer, voir supra, p. 113 n. 89. 245. Kirchner la signalait au Musée national, sous le numéro d’inventaire glypta no 1201.

218 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ

 

estampages. Il ajoute qu’en plusieurs endroits, on a de la peine à différencier alpha, delta, lambda et oméga, et mu et nu. Sur l’extrémité droite de la face antérieure, deux grandes éraflures obliques ont fait disparaître des lettres lues par Lolling ; je les ai soulignées dans la transcription.

La face B est brisée en haut et en bas, mais les bords gauche et droit sont conservés. La surface est assez bien préservée, les lettres sont beaucoup plus lisibles que sur la face A.

Les lettres sont petites, épaisses, régulières, gravées profondément. Elles sont très serrées, plus espacées cependant sur la face B.

Dimensions : 0,25 × 0, 417 × 0,208. Hauteur des lettres faces A et B : 0,006. Espacement : 0,004 (face A), 0,005 (face B).

Éditions : Lolling 1879, p. 199-206 nos 3 et 4 (Haussoullier 1883, p. 219 nos 8-9 ; U. Koehler, IG II 5, 584 c ; W. Dittenberger, 2 2 SIG 432) ; J. Kirchner, IG II 1196 (> estampage) (Papagiannopoulos-Palaios 1952, p. 68-69 no 11 ; Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 97-98 no 1) ; Fr. Hiller von Gaertringen, SIG 3 o 914 (> Dittenberger et Kirchner) ; Chandezon 2003, p. 22-24 n 3 (A, l. 6-9 et B, l. 5-16. > Hiller von Gaertringen, avec de légères modifications) ; Scafuro 2004, p. 94-106 (A 6-12) 246 ; Papazarkadas 2007, p. 160-166 D2.

Traductions : Roebuck 2001, p. 294 (face A), p. 295 (face B), p. 296 (face A l. 8-13) (en anglais) 247 ; Chandezon (A 6-9 et B 5-16, en français) ; Scafuro (A 6-12, en allemand) ; Jones 2004, p. 104 no 6 (en anglais).

Commentaires : Milchhöfer 1888, p. 358 no 730 b ; Eliot 1962, p. 7-8 (lieu de trouvaille) ; Whitehead 1982, p. 38-39 (sur le démarque Dôrothéos) ; Whitehead 1986, p. 113-114 et p. 375 no 8 ; Tracy 1995, p. 106 (date) ; Jones, p. 107 ; Georgoudi 2007, p. 104-106 ; Papazarkadas 2011, passim ; Migeotte 2014, p. 138 n. 76 et p. 474 n. 219 ; Flament 2015, p. 145-146.

Reproductions : Lolling (fac-similé), reproduit chez Koehler (fig. 34) ; Papazarkadas (2007), fig. 4 (A) et 5 (B) ; fig. 33 a et b.

 

A

Stoichedon 57

- - - - - - - - - - - - - - - traces de lettres illisibles - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

[. . . . . . . .16. . . . . . . .]ƒŞƐ.ƏŞƔŞƙƒŞƘŞƝƗŞƐ.ƐŞ[. .]ƔƎ[. . . . . . . . . . . .24. . . . . . . . . . . .]

[. . . . . .11 23 . . . . . Ʒ˒ƭ ] ЋƭƮƥƶƷƫƴƣƼƭ , ƷɖƵ ЋѲ Ƴƥƴƥ [. . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . .]

[. . . . . . . 14 23 . . . . . . .] ƥƪƩƭ ȇƼƵ ƷɖƵ ƨƣƮƥЙ ƆރƆŞƐƎ [. . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . .]

[. . . . . . . 13 22 . . . . . . ] ƎŞ ƨƭƨƿưŞƥƭ Ʒɞư ƨƢuƥƴƺƲư ƨƼƴ [. . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . .]

5 . . . . . . ƨ]ЎuƿƷЈƭƵ· ȳ Ʒƭ [ƨ’] Ǵư DzưЈƯǁƶƩƭ ƊŞƔ[. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .] [. . . . . .12 21

[. . . . . . . 13 13 . . . . . .] ƥŞƭŞЙ ƨƭƮŞƠƪƩƶƬƥƭ ƨɘ Ʒɞư ƨƢuƥƴО [ Ʋư . . . . . . .. . . . . .]ƕŞƎŞ[.]ƒŞ[.]Ɣ ?

[. . . . . . . 13. . . . . .] DzƳƲƨƩƨƼƮƿƶƭư Ʈƥɜ Ʒ˒ƭ ƷƲ˅ ȂưưƲ[uƣ]ƲƸ Ʒɚư ƷƭГѴД ƲȺƮDzƳƲЋ-

[ƩƨƼƮƿƷƭ· Ȃɖư ƨơ Ʒ]ƭưƩƵ Ʒ˒ư ȮƹƩƭƯƿưƷƼư ƦƲǀƯƼưƷƥ[ƭ] ЬƳƭƷƴơƳƩƭư ƷƲʶƵ ЋЎuƿ-

[ƷƥƭƵ ƳƩƴɜ ɍư ȮƹƩƣ]ƯƲƸƶƭư, Ȯuƿƶƥƶƭư Ƴƴɜư ƩȞƶƠƧƩƶƬЈƭ ƩȞƵ Ʒɞ ƨƭƮƥƶƷƢƴƭЖД

10 [ƧƩưƢƶƩƶƬƥƭ Ʒɚư] ȂƳƭƷƴƲƳɚư ƮƥƬƿƷƭ Ǵư uơƯƯƩƭ Ȇƶ[Ʃ]КƬƥƭ ɇƵ ƨƭƮƥƭƲƷƠƷƫ, ƷɖƵ

[ƨɘ ƨƣƮƥƵ DzưƥƦƩƦƯ]ʨƶƬƥƭ ƥȺƷƲʶƵ ȇƼƵ Ǵư ƨƭƮƠƪƼƶƭư Ʋȟ ƨƫuƿƷƥƭ· Ȯuƿƶƥƭ ƨɘ Ʈƥɜ

[Ƴƴɞ ƷʨƵ ȂƳƭƷƴƲƳʨ]Ƶ ȂuuƩưƩʶư ƲȥƵ Ǵư ƻƫƹƣƶƼưƷƥƭ Ʋȟ ƨƫuƿƷƥƭ Ʈƥɜ DzƳƲƨǁƶЌ-

[ƭư . . . . . .11. . . . .]ƎКРư Ʒ˒Д ȃƥƸƷ˒ư Ȑ Ʒɖ ƦơƦƥƭƥ ƳƲƢ[ƶ]Ʃƭư ƷƲʶƵ ƨƫuƿƷƥƭƵ· ȳƶƲƭ

[ƨɘ Ǵư ƥȺƷ˒ư uƢƷƩ ȂuuơưƼƶƭư u]ƢƷƩ DzƳƲƨƭƨ˒ƶƭư ǵ Ȯ[ƹ]ƩƣƯƲƸƶƭư uƢƷƩ Ʒɖ Ȃươƺ-

 

246. Scafuro annonçait une nouvelle édition de notre inscription, mais elle n’est, à ma connaissance, jamais parue. 247. Alors qu’il a déjà traduit la face A à la p. 294, Roebuck en traduit (mais différemment) à nouveau quelques

lignes p. 296, ne s’apercevant pas qu’il s’agit du même texte. Quoi qu’il en soit, il n’y a rien à tirer de ces

traductions ni, partant, du commentaire qui les accompagne (p. 293-296), car il se fonde sur un état du texte

obsolète. Il croit par ailleurs que notre règlement se trouve sur la même pierre que le bail 7.

LES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES 219

 

15 [Ƹƴƥ Ʒɖ ƳƴƿƷƩƴƥ DzƳƲƯƥƦƿưƷƩƵ ǶƯƯƥ Ȃ]ưŞњŞƺƸƴƥ DzươƳ[ƥ]Нƥ DzưƬƸƳƲƷƭƬ˒ƶƭư uЎƨ-

[ɘ . . . . . . . . . . . . . .27. . . . . . . . . . . . . uƢƷƩ ƳƩ]Иɜ ƷЖ[ǀƷ]Ƽư ȂƳƭƷƴơƳƩƭư ȂƬơƯƼ-

[ƶƭ, ƩȞƶƥƧƿưƷƼư ƥȺƷƲɠƵ ȯ ƨƢuƥƴƺƲƵ ƩȞƵ ƨƭƮƥƶƷƢ]И[ƭ]Жư Ʈƥɜ Ʋȟ ƶǀưƨƭƮƲƭ Ʈƥɜ

[ȱƵ Ǵư Ʒ˒ư ƨƫuƲƷ˒ư ƦƲǀƯƫƷƥƭ· ȂƳƭuƩƯƩƣƶƬƼ ƨɘ Ʈƥɜ ȯ] ЋћuƥƴƺƲƵ uƩƷɖ Ʒ˒ư ƶƸư-

[ 36 ƨƣƮƼư . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . ƷƲʶ]Ƶ ƨƫuƿƷƥƭƵ ȳƶƲƸ

20 [. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .]Ɣ· Ȃɖư ƨơ Ʒƭ ƷƲǀЛƼ-44

[ 40 ư . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ƩȞƶƥƧ]ѠДƷƼư [ƩȞ]Ƶ ƨƭБ-

[ 38 ƥƶƷƢƴƭƲư . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ʒ˒]ƭ ? ƨƫuƠƴƺƼ[ƭ]

[. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .]ƎŞƈŞ[.]ưŞƩƷ[.]

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B

 

Stoichedon 15

 

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[. .] 12 ƎŞ [. . . . . .. . . . . .]

[.] 10 ƎŞƊƕƎŞ [. . . . .. . . . .]

[.] 10 ƖƆƏƐŞ [. . . . .. . . . .]

ƆƈƒƝƎ 10 [. . . . .. . . . .]

5 Ʈƥɜ Ưǀ[ƶƲuƥƭ ƲȺƨɘư]

ƷƲǀƷƼ[ư ƲȾƷ’ ȂƧɢ ƲȾƷ]-

Ʃ Ʒ˒ư Ȃu[˒ư ƲȺƨƩɜƵ ƩȞ]-

ƨƿƷƲƵ Ȃu[Ʋ˅, Ȃɖư] Гɚ ƻЎ-

ƹƣƶƼưƷƥƭ Ʋȟ [ƨ]ƫuƿƷ-

10 ƥƭ DzƳƲƨƿƶƬƥƭ Ʒɖ Ȃư-

ưƿuƭƥ · Ʈƥɜ ƩȞƵ Ʒɞư ƯƲƭ-

Ƴɞư ƺƴƿưƲư DzƳƲƹƥư˒

ƷƲʶƵ ƨƫuƿƷƥƭƵ ȂƠư

ƷƭưƠ Ʒƭ ƩȞƨ<˒> ƳƲƭƲ˅-

15 ưƷƥ ƷƲǀƷƼư Ȃư ƷƲʶƵ

лЌƴƲʶƵ· DzƯƫƬʨ Ʒƥ˅Ʒƥ

[ư]Ѵ Ʒɞư Ɖƣƥ, ưɚ Ʒɞư ƕƲ-

[ƶƩ]ƭƨ˒, ưɚ Ʒɚư ƉƢuƫƷ-

[ƴƥ] ЌȺƲƴƮƲ˅ưƷƭ uơu

20 [uƲƭ] ƩȤưƥƭ ƳƲƯƯɖ Ʈƥɜ

[DzƧƥƬ]Ѱ, ƩȞ ƨ’ ȂƳƭƲƴƮƲƣ-

[ƫư, Ʒɖ Ȃ]ДƥưƷƣƥ· ƷƲɠƵ

[. . . . .10. . . . .]ƌŞƘŞ[. . .]

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220 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ

 

A : l. 1 : ƙƒƘƝ.ƐƎƐ..ƔƎ Lolling, lequel propose [ƶ]ɠư Ʒ˒[ƭ] ; [Ʋ]ǀưƷƼ[ư] ƥ.ƥ...Ʋƭ Dittenberger, [Ʋ]ǀưƷƼ[ư] Ɛ.Ɛ..Ʋƭ Kirchner et Hiller von Gaertringen ; Г[ƭƶƬ]ƲǀưƷƼƶЈД ƆŞ[ȞƱ]РД[ƩʶƵ], ou Г[ƭƶƬ]ƲǀưƷƼƶЈДЋ<ɘƷ>Ʋʶ<Ƶ ƨƫuƿƷƥƭƵ], ou [ƪƫuƭ]ƲǀưƷƼƶЈДPapazarkadas ; l. 2 init. : rest. Papazarkadas ; l. 2 : ƘƐƗ.ƈ(traces de deux hastes verticales)ƐƊƐ Lolling ; ƷɖƵ . . ȂƳ.Ʃ Dittenberger ; ƷɖƵ [ƨơ] Koehler ; Kirchner parvient à la bonne lecture, suivi par Hiller von Gaertringen et Papazarkadas ; 6 l. 3 : ƐƋƊƎ [. .] ƗƘƆƗ [. . .. . .]ƒƐƐƎ Lolling, qui propose [ƨƭƮ]ƠƪƩƭ - ƷɖƵ - - - - ; ƥƪƩƭ . . ƶƷƥƵ . . . . . . ưƥƯƭ Dittenberger, ƥƪƩƭ . . ƶƷƥƵ . . . . . . ƒƐƐƎ Kirchner et Hiller von Gaertringen ; Papazarkadas le premier parvient à la bonne lecture, mais pour les dernières lettres il lit ƐƌƐƔƎ ; l. 4 in. : ƔƏƆƎƘƔƒ Lolling, qui restitue [. . . . . . . . .17. . . . . . .]Ʋ Ʈƥƣ Ʒɞư, suivi par tous les éditeurs, jusqu’à ce que Papazarkadas établisse la bonne lecture ; l. 4 med. : ƉƼƴ[ƿƬƩƲư] Lolling, Dittenberger et Whitehead ; ƉƼƴ[ƿƬƩƲư ?] Hiller von Gaertringen ; ƉƼƴ[. . .] Koehler et Kirchner ; e.g. ƨƭƨƿưƥƭ Ʒɞư ƨƢuƥƴƺƲư ƨƼƴ[ƩɖƵ ƷƲʶƵ ƶƸưƨƣƮƲƭƵ] Papazarkadas ; l. 5 : lecture Scafuro, suivie par Papazarkadas ; [ȟƩƴ]ƲƳƲƭƲʶƵ ȳƷƭ - DzưƥƯǁƶƩƭ ? Lolling ; Koehler accepte la lecture [ȟƩƴ]ƲƳƲƭƲʶƵ, mais il ne transcrit pas la suite ; [ȟƩƴ]ƲƳƲƭƲʶƵ ȳƷƭ[....Ʈ]ƥƯ˒Ƶ Ʃ[..]Ʋ Dittenberger ; [ȟƩƴ]ƲƳƲƭƲʶƵ ȳƷƭ[.]ƐƎƎ[.Ʈ]ƥƯ˒Ƶ Ʃƭ[.]Ʋ Kirchner ; [ȟƩƴ]ƲƳƲƭƲʶƵ ȳƷƭ[....Ʈ]ƥƯ˒Ƶ Ʃƭ[.]Ʋ Hiller von Gaertringen ; [Ư]Ʋ[ƧƣƪƩƶƬƥƭ ? Papazarkadas ; l. 6 : ƨƢuƥƴ[ƺƲư] rest. Lolling ; l. 6-7 : ƨƢuƥƴ[ƺƲư - - - - ƲȺƮ] Koehler, ƨƢuƥƴ[ƺƲư ƷƲʶƵ - - - - ƲȺƮ] Dittenberger ; Ʒɞư ƨƢuƥƴƺ[Ʋư ƷƲʶƵ uƭƶƬǁƶƩƭƵ DzƧƴ˒ư | Ʈƥɜ ƷƩuƩư˒ư ƲȺƮ] DzƳƲƨƩƨƼƮƿƶƭư Scafuro ; l. 8 in. : rest. Koehler, suivi par tous. Lolling proposait [… ȂƠư ƷƭưƩ]Ƶ ; l. 9 : rest. Koehler, suivi par tous. Lolling proposait ƨƫuƿ[ƷƥƭƵ - ȮƹƩƣ]ƯƲƸƶƭư ; l. 10 in. : rest. Scafuro, suivie par Papazarkadas ; [ƳƲƭƢƶƩƶƬƥƭ Ʒɚư] ȂƳƭƷƴƲƳƢư Hofmann chez Koehler, suivi par Dittenberger et Kirchner ; ƮƥƬ’ȳƷƭ Dittenberger ; l. 11 in. : rest. Scafuro, suivie par Papazarkadas ; [- ƺƴ ?] ʨƶƬƥƭ Lolling ; Koehler préfère ne rien restituer ; [ƳƴƠƱƩƭƵ DzưƥƦƩƦƯʨ]ƶƬƥƭ Dittenberger (en supposant que le EI n’occupe qu’une seule file), suivi par Kirchner ; l. 12 : rest. Papazarkadas ; [ƷƲɠƵ ȂƳƭƷƴơƻƥưƷƥ]Ƶ Scafuro, en supposant que le IT n’occupe qu’une file ; [Ʋȡ Ǵư ȂƳƭƷƴơƳƼƶƭư] Koehler, [ȳƷƥư ȂƳƭƷƴơƳƼƶƭư] Dittenberger et Kirchner, mais la lecture exacte d’un sigma à la file 15 par Scafuro et Papazarkadas rend ces deux dernières restitutions impossibles ; l. 13 : [ƭư - - Ʒƥ]ȺƷǁưƫƷƥ ƦơƦƥƭƥ Lolling ; ƭư . . . . . . . . . . . . . . ưƷƼ . . ƥ]ƸƷ˒ư Ȑ Ʒɖ ƦơƦƥƭƥ Koehler ; [ƭư . . .12. . . .]ƭ[.Ƽ]ư Ʒ˒[ư ȃ]ƥƸƷ˒ư Dittenberger ; Ǝ..ƒ Ʒ˒[ư ȃ]ƥƸƷ˒ư Kirchner ; l. 14 : rest. Dittenberger, suivi par Kirchner et Papazarkadas ; ]ITI fac-similé Lolling ; [ƨɘ Ǵư ȂƱ ƥȺƷ˒ư uɚ ȂuuơưƼƶƭư uƢ]Ʒ[Ʃ] Koehler ; l. 15 : rest. Papazarkadas ; Ȃươƺ|[Ƹƴƥ Ʒɖ ƥȻƷ˒ư DzƳƲƯƥƦƿưƷƩƵ ǶƯƯƥ ƷƲƭƥ]˅[Ʒƥ] DzươƳ[ƥ]ƹƥ Dittenberger, repris par Kirchner et Scafuro, mais Kirchner émet un doute car cette restitution ne respecte pas le stoichedon ; l. 15-16 : uƫƨɘ[- - Ʒ]ƭ ƷƲ[ǀ]ƷƼư Lolling ; uƫƨ[ơ - - ƳƩƴ]ɜ Koehler, Dittenberger et Kirchner ; l. 16 : Papazarkadas compte par erreur 31 lettres au lieu de 27 dans la lacune ; l. 17-18 : rest. Papazarkadas ; l. 19-20 : ȳƶƲƸ|[Ƶ Lolling ; l. 21-22 : rest. Koehler, suivi par tous ; l. 22 : rest. Koehler, suivi par tous ; l. 23 : (traces de deux hastes verticales)ƊŞ.(traces de deux hastes verticales)ƊƘŞfac-similé Lolling ; Ʃ . . ƩƷ. Dittenberger et Kirchner. B : l. 2 : [.] А ȂƳƭ[ Papazarkadas ; l. 2-8 : ȂƳɜ [- - ȗ]ƴƥƮƯ[Ʃƭƨ˒ư ?] - - ǿƧưƼư (oder ǻƧưƼưƣƨƫƵ) - Ʈƥɜ ƐƸ[ƶƣƶƷƴƥƷƲƵ -] ƷƲǀƷƼ[ư - -] ȂƷ˒ư Ȃu[- - ƩȞ]ƨƿƷƲƵ Lolling ; Ƴƥ]ƴƥƮƥ[ƷƥƬƫƮ - ? ƨƭ]ƥƧư˒ư[ƥƭ ? -] Ʈƥɜ ƯƸ[- -] ƷƲǀƷƼ[ư . . . . . . . ƲȺƨ]ɘ Ʒ˒ư Ȃu[˒ư ƲȺƨƩɜƵ] Ʃ[Ȟ]ƨƿƷƲƵ Koehler d’après R. Schöll chez Hofmann, le Ȃu[˒ư ƲȺƨƩɜƵ] étant repris par Koehler, Dittenberger et Kirchner ; Ƴƥ]ƴƥƮƥ[ƷƥƬ . . . . . . ƨƭ]ƥƧư˒ưƥƭ . . . . . . . .] Ʈƥɜ Ưǀ[ƶƲuƥƭ ƲȺƨɘư] ƷƲǀƷƼ[ư ƲȾƷ’ ȂƧɢ ƲȾƷ] Ʃ Ʒ˒ư Ȃu[˒ư ƲȺƨƩɜƵ ƩȞ]ƨƿƷƲƵ Ȃu[Ʋ˅, Ȃɖư] Dittenberger, repris par Kirchner et Papazarkadas. Sur le fac-similé de Lolling, à la 14 e file de la l. 7, il y a la trace de la base d’une haste verticale, qui ne semble pas pouvoir être un sigma, mais la restitution ƲȺƨƩɜƵ doit être correcte ; l. 11 : ȂƵ err. Kirchner et Hiller von Gaertringen. Les lettres epsilon et iota occupent une seule file selon Papazarkadas, mais sur le fac-similé de Lolling ce sont plutôt les lettres ƆƎ de ƏƆƎ, et les lettres ƔƎ de la fin ; en fait, le alpha de ƏƆƎ occupe une file, le iota est dans l’interfile et le Ɗ de ƊƎƗ est décalé vers la droite ; l. 14 : ƊƎƉƌ lap., corr. Koehler ; ƩȞƨ[Ѥŧ] Lolling ; l. 16 : [.]ƈƖƔƎƗ Lolling, qui restitue [DzƧ]ƴƲʶƵ, ce en quoi il a été suivi par tous les éditeurs ; l. 22-23 : ƷƲɠƵ | [ƨɘ Lolling et Dittenberger ; l. 23 : ]ưƷ[ɖƵ Dittenberger.

 

A

Aux l. 1-5, il est question du tribunal (l. 2), de procès (l. 3), du démarque (l. 4), des démotes et d’une dépense (l. 5).

… que le démarque intente un procès 248 à ceux qui [n’]ont [pas] payé… 249 et à celui qui n’a pas payé le montant de la taxe sur le pacage 250. [Si] certains des débiteurs veulent recourir

 

248. Je considère, à la suite des autres éditeurs, que le verbe ƨƭƮƠƪƩƶƬƥƭ est au moyen. On pourrait hésiter avec la forme

passive, ainsi ce serait le démarque qui passerait en jugement, mais cela ne serait pas satisfaisant pour le sens. 249. « gegen diejenigen, [welche die Pacht nicht bezahlt haben für Felder und temene] » Scafuro. Voir infra dans les

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