Une Microhistoire D’athènes
Principes D’édition des Inscriptions
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 40 parties.
Le fragment faisait partie du même lot que les deux précédents. Il ne figure pas dans les notes et les photos
de la donatrice, qui accompagnaient le lot, mais Matthaiou pense que le graveur est le même que celui du règlement religieux 15 et conclut que la pierre provient probablement de Glyphada. Cette ressemblance entre les deux inscriptions est toute relative : le nu, par exemple, est nettement déséquilibré ici, ce qui n’est pas le cas dans le règlement religieux.
Matthaiou date l’inscription du début du ive s., à cause de la forme des lettres et parce qu’il l’attribue à la même main que le règlement religieux. Je pencherais pour le deuxième quart de ce siècle : la haste horizontale centrale du epsilon est encore longue, le kappa a déjà des hastes obliques plus courtes, le nu est déséquilibré, le omicron est un peu plus petit, le sigma a tendance à se refermer. Trop peu de lettres subsistent pour déterminer la nature du document. Matthaiou restitue le texte d’un décret honorifique sur le modèle du numéro 16, l. 13-18, au prix de restitutions bien trop audacieuses et qui suscitent le doute chez plusieurs chercheurs 3. Mais l’éditeur en est conscient, car à la note 10 il reconnaît qu’on pourrait très bien proposer un tout autre texte, s’il s’agissait d’une loi sacrée par exemple.
FR 4*
ME 13480.
Fragment d’une stèle en marbre blanc, brisée sur tous ses côtés. La surface est bien conservée, sauf un éclat en haut à droite de la pierre et un autre entre les lignes 1 et 2.
Les lettres sont soignées, fines, assez grandes, peu profondes.
Dimensions : 0,05 × 0,055 × 0,027. Hauteur des lettres : 0,009 (0,006 omicron). Espacement : 0,007-0,009.
Édition : MATTHAIOU 1992-1998, p. 143 no 3 (SEG XLVI 314). Reproductions : Matthaiou, pl. XXXII.1 ; fig. 49.
Stoichedon
- - - - - - - - - - - - -
[- - - -]ƖŞƙƎŞ[- - - -]
3. Ainsi chez l’auteur de la notice du SEG, R. S. Stroud, ou encore chez Chankowski A. S. 2014, p. 22 n. 23.
366 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ
[- - - -]ƕŞƖƔ[- - - -]
[- - - -]ƎŞƗ[- - - -]
- - - - - - - - - - - - -
L. 1 : après le upsilon, on distingue la trace de l’extrémité inférieure d’une haste verticale centrée sur le omicron de la ligne suivante ; Matthaiou pense qu’il pourrait s’agir d’un tau ou d’un iota, et tente de restituer un nom propre, [ƊȺ]ƴƸƷ[ƣƼư], [ƊȺ]ƴƸƷ[ơƯƫƵ] ou [ƊȺ]ƴǀƷ[ƭuƲƵ] ; l. 2 : Matthaiou observe après le omicron la trace d’une haste verticale et probablement un segment de l’angle inférieur d’un epsilon, mais il précise que la trace de l’angle est très faible. Il propose de restituer 2 ƳƴƲƩ [ ƨƴƣƥư ], sur le modèle du numéro 1 , l. 10 et IG II 1214, l. 19, dans l’hypothèse où ce document serait un décret. Mais ce qu’il prend pour la trace d’un epsilon se trouve déjà dans la cassure, et est trop distant du omicron (0,011 m) pour être une trace de lettre ; l. 3 : avant le sigma et exactement au milieu du rhô de la ligne précédente, Matthaiou voit, mais sans certitude, la trace de l’extrémité supérieure d’une haste verticale. Il a préféré ne pas la noter dans sa transcription, mais je pense pouvoir être plus affirmative.
Le fragment faisait partie du même lot que les précédents, toutefois son origine est douteuse selon
Matthaiou, car il ne figure pas dans les notes et les photos de la donatrice, qui accompagnaient le lot. Mais du moment où il n’y a pas de preuve du contraire, il l’attribue, avec quelque réserve néanmoins, à Aixônè. Matthaiou date l’inscription du ive s. Je propose la seconde moitié de ce siècle : le pi a une haste verticale droite encore longue, mais le omicron est déjà plus petit. La forme des lettres ressemble à celle du décret honorifique 2 (326/5), sans qu’il s’agisse pour autant de la même main. Les tentatives de restitution de Matthaiou, bien trop audacieuses, sont vaines. On ne peut rien dire du contenu de l’inscription, on ne parvient même pas à savoir s’il s’agit d’un décret ou non.
FR 5 : dédicace d’un ancien démarque
Fragment d’une base en marbre gris-bleu, brisée à droite.
Édition : K. S. PITTAKIS, AEph 1856, p. 1422 no 2 2874 (U. Koehler, IG II 1211 ; J. Kirchner, IG II 2852 ; Bultrighini 2015, p. 84).
Commentaires : Whitehead 1986, p. 409 no 7 ; M. K. Langdon, « The Topography of Coastal Erechtheis », Chiron 18 (1988), p. 47 n. 15.
Reproduction : fac-similé Pittakis.
ƍƩƿƹƭƯƲƵ Ɣ[- -]
ƨƫuƥƴƺƢƶƥƵ
DzươƬƫƮƩư.
L. 1 : ȴ[ʨƬƩư] Pittakis.
Théophilos fils de (?) O… (ou Th…) a consacré, ayant été démarque.
La pierre a été trouvée en 1837 par Pittakis « dans la zone côtière sud de l’Attique, qui s’appelle maintenant Vari, dans les ruines de l’église qui s’y trouve, qui occupe maintenant l’emplacement du sanctuaire d’Hébé » (je traduis), c’est-à-dire l’église d’Aghios Nikolaos à Glyphada 4. Elle est aujourd’hui perdue. Il est possible que cette dédicace de l’ancien démarque Théophilos se soit dressée dans le sanctuaire d’Hébé. Kirchner la date du ive-iiie s., d’après la paléographie telle qu’elle figure sur le fac-similé de Pittakis.
4. À la suite de Whitehead, plusieurs savants (Langdon ; J. S. Traill [PAA 511685] ; Bultrighini, p. 83-84) ont
supposé que la pierre provenait d’Anagyronte, puisque le village de Vari est à l’emplacement de ce dème. Mais
voir supra, p. 191-192.
ANNEXE II
CORPUS DES MONUMENTS FUNÉRAIRES INSCRITS D’AIXÔNÈ ET DES AIXONÉENS
De nombreuses inscriptions funéraires d’Aixônè et d’Aixonéens ont déjà été collectées par E. Giannopoulou-Konsolaki dans son ouvrage sur notre dème, paru en 1990 1. Je les ai reprises dans mon corpus et j’en ai donné une nouvelle édition, après autopsie, quand cela a été possible. J’ai ajouté les inscriptions parues dans les importants compléments apportés par S. N. Koumanoudis et A. P. Matthaiou au précieux recueil de S. A. Koumanoudis 2. Les informations de ce dernier gardent leur intérêt, en dépit de leur ancienneté, car un grand nombre de nos stèles et colonnettes ont été trouvées il y a plus d’un siècle. À une époque où aucune législation ne protégeait les antiquités, une bonne partie d’entre elles ont été vendues, et ont disparu en mains privées. Certaines, après quelques tribulations, se sont retrouvées dans des musées étrangers, en Italie, en Hollande et en Angleterre essentiellement. Un bon nombre enfin ont disparu, dans des circonstances que l’on ignore. Or, S. A. Koumanoudis a vu certaines pierres avant qu’elles ne se perdent ou ne soient abîmées et donne souvent précisément le lieu de trouvaille.
J’ai également pris en compte les épitaphes rassemblées dans le SEMA, paru en 2006. Ce recueil intègre
toutes les inscriptions parues depuis l’édition des épitaphes attiques par J. Kirchner en 1940 dans les IG jusqu’en 2001, et ajoute les inscriptions publiées avant 1940 mais que J. Kirchner n’avait pas prises en compte, soit par mégarde, soit par choix. J’ai complété ces lectures par les rapports de fouilles parus dans l’AD (jusqu’en 2016) et par les notices du SEG (jusqu’en 2012) et du BE (jusqu’en 2016). Ainsi, le présent corpus se monte à 25 inscriptions trouvées à Glyphada (dont une inédite, GL 20), 63 trouvées en dehors du dème et mentionnant des Aixonéens (dont deux inédites, HGL 43 et 71), et 9 de provenance inconnue.
J’ai classé les inscriptions en trois sections : celles trouvées sur le territoire de la commune actuelle de
Glyphada (GL), celles mentionnant des Aixonéens trouvées ailleurs en Attique ou au-delà, ou de provenance inconnue (HGL), celles dont l’attribution à Aixônè, ou dont l’authenticité, est douteuse (DU). À l’intérieur de ces sections, j’ai suivi, dans la mesure du possible, l’ordre chronologique. Je n’ai décrit la forme des lettres que dans les cas où aucune datation n’avait été proposée jusque-là, ou quand j’ai exprimé un désaccord avec la datation qui figure chez les précédents éditeurs. Sauf mention contraire, les dates sont comprises avant Jésus- Christ.
1. Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 116-153, qui recense 23 épitaphes trouvées à Aixônè même, et 57 en
dehors du dème.
2. S. A. Koumanoudis, ǺƷƷƭƮʨƵ ȂƳƭƧƴƥƹƥɜ ȂƳƭƷǀuƦƭƲƭ (1993) [1871] ; S. N. Koumanoudis, A. P. Matthaiou
(éds), ƗƷơƹƥưƲƸ ƆƬ. ƏƲƸuƥưƲǀƨƫ « ǺƷƷƭƮʨƵ ȂƳƭƧƴƥƹƥɜ ȂƳƭƷǀuƦƭƲƭ ». ƕƴƲƶƬʨƮƥƭ (1993).
368 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ
PROVENANT DE GLYPHADA (GL)
GL 1 - Stèle de Dioklès fils de Sèlôn
Stèle en marbre blanc à cimaise. 1,95 (haut. visible ; haut. totale estimée : 2,40) × 0,58-0,61 × 0,24. Sur le fût, deux rosettes en relief, au-dessus desquelles est inscrit le nom du défunt. En dessous des rosettes est gravée une couronne de myrte. Une rosette en relief se trouve sur chacun des deux côtés de la stèle.
Éditions : K. S. PITTAKIS, AEph 1855, p. 1325 no 2671 (S. A. Koumanoudis, AEE 2774 ; U. Koehler, IG 2 II 3617) ; K ÉRAMOPOULLOS 1919, p. 43-44 ; J. Kirchner, IG II 12597 (= 11159) (> Pittakis et Kéramopoullos) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 120 no 13). Commentaire : Matthaiou 1992-1998.
Reproductions : fac-similé Pittakis (reproduit chez Koehler) ; fac-similé Kéramopoullos.
[ Ɖƭ]ƲƮƯʨƵ ƗƢƯƼưƲ[Ƶ].
[Ƙƭu]ƲƮƯʨƵ Kéramopoullos. Du premier omicron, il ne reste que la moitié inférieure selon son fac-similé, mais Pittakis avait clairement lu ƉƭƲƮƯʨƵ. ƗƣƯƼưƲƵ err. Pittakis, suivi par Traill (PAA 332750).
Dioklès fils de Sèlôn.
Trouvée par Kéramopoullos en 1919, réutilisée dans un des murs de la maison de Chr. Paschou à Glyphada. Elle porte dans le corpus de Kirchner le no 12597, mais Matthaiou l’a correctement identifiée avec le no 11159, une stèle funéraire portant l’épitaphe ƉƭƲƮƯʨƵ ƗƣƯƼưƲƵ (sic). Cette inscription avait été publiée par Pittakis, lequel déclarait l’avoir trouvée le 2 janvier 1834 « dans la partie de la plaine d’Athènes appelée maintenant Vari » (je traduis). Pittakis désigne par Vari un vaste domaine qui englobait une partie du territoire sud d’Aixônè (voir supra, p. 191-192). Par un raccourci malheureux, les auteurs des IG disent que la stèle a été trouvée « près du village de Vari » (Koehler), ou « dans le village de Vari » (Kirchner) (je traduis), ce qui correspond au dème d’Anagyronte. Matthaiou ajoute que Pittakis, le lendemain de cette découverte, a trouvé le fragment c du règlement religieux d’Aixônè, pour lequel il donne Haliki comme lieu de trouvaille (AEph 1855, no 2667), c’est-à-dire Aixônè. La stèle vue par Pittakis en 1834 a été laissée sur place, et a été réutilisée au début du xxe s. dans une maison moderne. C’est là que Kéramopoullos l’a repérée, sans faire le lien avec la pierre publiée par Pittakis plus de soixante ans auparavant. On ne sait ce qu’il est advenu de la pierre ; peut-être est-elle toujours dans le mur de la maison moderne. ive s. (Kirchner, d’après le fac-similé de Pittakis).
GL 2 - Stèle de Dèmainétè fille d’Eupolis
Stèle en marbre blanc brisée à droite. 0,29 × 0,50. Hauteur des lettres : 0,022.
Édition : E. MASTROKÔSTAS, « ȈƳƭƷǀuƦƭƲƭ ƶƷʨƯƥƭ Ʈƥɜ DzưƠƧƯƸƹƥ ȂƱ ǺƷƷƭƮʨƵ Ʈƥɜ ƗƥƯƥuʶưƲƵ », AEph 1961 (1964), p. 18 no 66 (SEG XXI 831) (SEMA no 45).
Ɖƫuƥƭươ [Ʒƫ]
ƊȺƳƿƯƭ[ƨƲƵ]
ƆȞƱƼươ[ƼƵ],
[- - - - - - -]
5 ƚƫƧƥƭ[ơƼƵ]
[ƧƸưƢ].
Rest. Mastrokôstas.
Dèmainétè fille d’Eupolis d’Aixônè, [femme] de … de Phègaia.
Trouvée en 1954 à Glyphada, rue Vas. Konstantinou 79. Elle est signalée comme perdue déjà dans l’editio princeps ; Mastrokôstas avait probablement eu l’occasion de l’étudier auparavant. Dèmainétè a épousé un démote de Phègaia, et le couple s’était installé dans le dème de l’épouse. ive s. (Mastrokôstas, suivi par les auteurs du SEMA).
CORPUS DES MONUMENTS FUNÉRAIRES INSCRITS D’AIXÔNÈ ET DES AIXONÉENS 369
GL 3 - Stèle de (Hè ?)rippè
Éditions : Ross 1846, p. 58 no 38 (> copie Schaubert) (A. R. Rangabé, Antiq. Hell. no 1353 ; S. A. Koumanoudis, 2 AEE 136) ; U. Koehler, IG II 1776 (> Ross et Rangabé) (J. Kirchner, IG II 5453 ; Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 120 no 10).
Reproduction : fac-similé chez Ross, repris par Koehler.
[ȗ ?]ƴƣƳƳƫ
ƛƠƴƼưƲƵ
ƆȞƱƼươƼƵ.
L. 1 : rest. Nauck chez Ross, proposée en note par Meier, qui a édité et annoté l’ouvrage de Ross ; [Ȉ] ƴƣƳƳƫ ? Ross ; [ƛƥ]ƴƣƳƳƫ Rangabé, suivi par tous les éditeurs, avec une marque de doute chez Kirchner. D’après le fac-similé chez Ross, la lacune est trop étroite pour deux lettres ; la restitution de Nauck semble préférable, d’autant plus que Charippè est un hapax en Attique : le masculin Charippos est attesté à sept reprises (voir LGPN, s.v.) ; l’orthographe Chairippè est plus fréquente (douze occurrences dans le LGPN) ; l. 3 : ƆȞƱƼưƩǀƵ err. Kirchner.
[Hè ?]rippè fille de Charôn d’Aixônè.
Stèle mentionnée par Ross « am Wege nach Aexone » (voir le commentaire à GL 16). La pierre est perdue depuis longtemps, déjà Koumanoudis ignore où elle se trouve. Je propose de dater l’inscription du ive s. (alpha à barre droite, xi à haste verticale centrale, pi avec haste verticale droite courte, sigma aux branches écartées).
*GL 4 - Lécythe de Korinô, Kèphisodôros et Euthias
MP 5233.
Lécythe en marbre blanc sans décor, incomplet au niveau de la base et dans la partie supérieure du col. Hauteur : 0,65 ; diamètre à l’épaule : 0,33. Hauteur des lettres : 0,009. Les trois noms sont inscrits en haut de la panse. Au-dessous, Kaza-Papageorgiou voit dans un cadre gravé une vague trace d’une représentation de trois personnages peints. Giannopoulou-Konsolaki juge cela très probable. Je n’en ai vu aucune trace, mais sans doute l’éclairage n’était-il pas favorable.
Éditions : K. KAZA-PAPAGEORGIOU, AD 39 1984 (1989) Chron. B1, p. 33-34 (SEG XXXIX 283) ; GIANNOPOULOU-KONSOLAKI 1990, p. 131 no 32 (SEG XL 236) ; C. W. Clairmont, CAT suppl. 385 (> Kaza-Papageorgiou et Giannopoulou-Konsolaki).
Reproduction : Clairmont, p. 164 no 385 (détail de la panse portant l’inscription).
ƏƲƴƭưǁ . ƏƫƹƭƶƿƨƼƴƲ<Ƶ>. ƊȺƬƣƥƵ.
ƏƝƖƎƒƝ err. Kaza-Papageorgiou ; ƏƌƚƎƗƔƉƝƖƔƖ lap. ; Giannopoulou-Konsolaki note que le point manque à l’intérieur du thêta de Euthias ; il était peut-être peint selon elle. Il n’est pas rare en effet que les graveurs omettent ce détail.
Korinô. Kèphisodôros. Euthias.
Repéré rue Sémélis 27 devant une maison moderne en 1984 selon Giannopoulou-Konsolaki, mais en réalité c’est la date à laquelle le vase a été donné au Service archéologique par M. Chatzichrysanthi, comme on peut le lire dans le registre du Musée du Pirée. Il faisait peut-être partie d’un monument funéraire, fouillé en 1984 près de là (B 14). D’après Kaza-Papageorgiou, qui rapporte la découverte de ce monument funéraire, le lécythe aurait été trouvé vingt à trente ans auparavant, donc vers 1954-1964. Je propose de le dater de la première moitié du ive s. (absence d’apices, lettres rondes pas plus petites, alpha à barre droite, haste horizontale centrale du epsilon pas plus courte, hastes obliques du kappa un peu plus courtes, nu déséquilibré, sigma aux branches écartées et droites, haste oblique gauche du upsilon courbe alors que l’autre haste oblique est droite, phi ovale, oméga en arche de pont).
370 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ
*GL 5 - Stèle de Philodèmos d’Euônymon
MN 893.
Stèle en marbre blanc à fronton, ornée d’un relief sur le fût. 1,06 × 0,48. Hauteur des lettres : 0,012. L’inscription se trouve sur l’architrave.
L’acrotère central est formé de deux sphinx partageant une seule tête. Le relief représente un jeune homme de face (Philodèmos), vêtu d’une chlamyde. Son bras gauche repose sur un pilier qui était peint et la main tenait peut-être un oiseau d’après Woysch-Méautis. Il tient un strigile dans la main droite.
Éditions : U. KOEHLER, IG II 2073 (A. Conze, Att. Grabreliefs, no 932) ; J. Kirchner, IG II2 6196 (> estampage) (C. W. Clairmont, CAT 1.342). Commentaires : Woysch-Méautis 1982, p. 112 no 87 ; T. Lygkopoulos, Untersuchungen zur Chronologie der Plastik (1983), p. 80 no 51 ; Vedder 1985, p. 24 F7 ; K. Moser von Filseck, Der « Apoxyomenos » des Lysipp (1988), p. 74.
Reproductions : Conze, II Taf. 185 ; N. Himmelmann, Ideale Nacktheit (1985), fig. 59.
ƚƭƯƿƨƫuƲƵ ƚƭƯƲƨƢuƲ ƊȺƼưƸuƩǀƵ.
Philodèmos fils de Philodèmos d’Euônymon.
Trouvée en 1886 à Pirnari, à l’est de Glyphada.
Première moitié du ive s.
*GL 6 - Lécythe d’Hippylos, Hippylos et Anaitios
MN 3734.
Lécythe en marbre blanc, brisé en haut et en bas. Hauteur : 0,75 ; diamètre à l’épaule : 0,333. Hauteur des lettres : 0,010. Les noms sont inscrits en dessus des personnages.
La panse est ornée d’une scène de dexiôsis entre un homme mûr à droite (Anaitios), vêtu d’une chlamyde et qui tenait une lance dans la main gauche, et un jeune homme à gauche (Hippyllos), en armes (casque attique, bouclier). À gauche du jeune homme, se tient debout un homme barbu (Hippyllos). Il est vêtu d’une chlamyde, porte un pétase attaché autour du cou, et une lance dans la main gauche, aujourd’hui non visible car elle était peinte.
Éditions : G. KARO, AA 49 (1934), col. 143 ; V. D. THEOPHANIDIS, AEph 1939-1941 (1948), p. 15 no 55 ; J. Kirchner, IG II2 11728 (> estampage) (J. Frel, Les sculpteurs attiques anonymes 430-400 [1969], p. 205 no 26 ; C. W. Clairmont, CAT 3.218) ; PROUKAKIS-CHRISTODOUPOULOS 1971, nos 90-91. Commentaires : Schmaltz 1970, A 57 ; Salta 1991, p. 41-42.
Reproductions : Theophanidis, p. 16 fig. 25 ; Proukakis-Christodoupoulos, pl. 2.
ȫƳƳƸƯƯƲƵ. ȫƳƳƸƯƯƲƵ. Ǻưƥ<ƣ>ƷƭƲƵ.
ƆƒƆƘƎƔƗ lap., corr. Karo ; ƎƕƕƙƐƐƔƗ ƎƕƕƙƐƔ. . . ƎƐƕƔƗ err. Theophanidis.
Hippyllos. Hippyllos. Anaitios.
Le vase a été trouvé à Glyphada. Clairmont conjecture qu’il faisait partie du même monument funéraire que deux autres vases ornés semblablement, trouvés en 1932 à Glyphada, dans les environs de la chapelle d’Aghios Nikolaos 3.
Milieu du ive s. (Kirchner), 390-380 (Schmaltz).
3. G. Karo, JdAI 47 (1932), col. 125 no 6 ; Theophanidis, p. 10 no 34 et p. 9 fig. 12 ; Schmaltz, A 27 (qui donne
la date de 400-390) ; Proukakis-Christodoupoulos, no 247 ; G. Kokula, Marmorlutrophoren (1984), p. 53 ;
Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 125 nos 20-21 et p. 124 fig. 90 ; CAT 2.197.
CORPUS DES MONUMENTS FUNÉRAIRES INSCRITS D’AIXÔNÈ ET DES AIXONÉENS 371
*GL 7 - Lécythe de Mys, Sôkleidès, Philia et Mètrodôra
MN ƍ 154.
Lécythe en marbre blanc, brisé au niveau du col et de la base, mais le pied a été restauré. Hauteur : 0,89 (sans le pied restauré) ; diamètre à l’épaule : 0,29. Hauteur des lettres : 0,010 (0,008 lettres rondes). Sur la panse a été sculpté de manière assez soignée un relief, représentant quatre personnages. Les noms inscrits en dessus d’eux permettent de les identifier. On assiste à une scène de dexiôsis entre une femme, qui semble âgée, assise sur un klismos (Mètrodôra), les pieds sur un repose-pied, et un vieillard barbu debout devant elle à gauche (Sôkleidès). Derrière ce dernier, un autre vieillard barbu se tient debout appuyé sur un bâton (Mys), le visage appuyé sur sa main gauche dans un geste d’affliction. Derrière la femme assise, il y a une autre femme debout, le visage appuyé sur sa main droite dans un geste d’affliction (Philia) ; son himation est rabattu sur sa tête 4. Le défunt commémoré par ce vase est Mètrodôra ou Sôkleidès, sans doute mari et femme. Les autres personnages sont des membres de la famille, peut-être le frère de Mètrodôra ou son beau-frère, Mys, et la fille de Mètrodôra et Sôkleidès, Philia.
Éditions : N. KYPARISSIS, AD 11 1927-1928 (1930), p. 44 no 154 ; J. Kirchner, IG II2 12215 (> estampage) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 122 no 16 ; C. W. Clairmont, CAT 4.323). Commentaire : Salta 1991, p. 90-91.
Reproductions : Giannopoulou-Konsolaki, p. 123 fig. 87 ; Clairmont, CAT Plate Volume, 4.323.
Ƒ˅Ƶ. ƗƼƮƯƩƣƨƫ[Ƶ]. ƚƭƯƣƥ. ƑƫƷƴƲƨǁƴƥ.
Mys. Sôkleidès. Philia. Mètrodôra.
Trouvé dans le domaine de M. Zygomala à Glyphada en mai 1929 et transféré par Kyparissis dans la collection du Thèséion. Giannopoulou-Konsolaki attribue à Aixônè les trois lécythes suivants, car ils émanent de la même famille selon elle. C’est probable en effet, car les noms de Mys, Mélès, Mètrodôra, Sôkleidès sont peu courants en Attique (Philia et Kléô sont plus fréquents). Nous aurions ainsi un très rare exemple de quatre monuments funéraires appartenant au même péribole (voir supra, p. 333). Un problème existe cependant : GL 9 et GL 10 sont dits par leur premier éditeur (G. E. Mylonas) avoir été trouvés dans le village de Chasani, soit bien au-delà de la frontière nord d’Aixônè, sur le territoire d’Halimonte et d’Euônymon. Il s’agit de trouvailles anciennes ; il se peut que Mylonas ait été mal informé sur le lieu de trouvaille, ou que ces vases aient été trouvés à Glyphada et ensuite transférés à Chasani, dans une collection privée. Début du ive s.
GL 8 - Lécythe de Mys, Philia, Mètrodôra et Mélès
BM 1816.6-10.199.
Lécythe en marbre blanc brisé en haut et en bas. Le vase a été sectionné en haut à l’époque moderne et creusé pour en faire un récipient selon Conze. Le pied est restauré. Hauteur : 0,50. Hauteur des lettres : 0,008-0,010. Les noms, inscrits en dessus des personnages, permettent de les identifier.
La panse est ornée d’une représentation en relief dans un creux rectangulaire, qui montre deux femmes (Philia et Mètrodôra) dans une scène de dexiôsis 5. Elles sont vêtues d’un chiton et d’un himation. Près d’elles, aux deux extrémités de l’image, se tiennent deux hommes barbus (Mys à gauche et Mélès à droite), appuyés sur un bâton avec leur bras gauche enroulé dans leur manteau ; les bâtons étaient peints.
Éditions : Fr. OSANN, Syll. (1834), p. 224 no 77 (A. Boeckh, CIG I 974 ; S. A. Koumanoudis, AEE 3182 ; U. Koehler, IG II 3998 ; A. Conze, Att. Grabreliefs, no 1141) ; E. HAWKINS, Description of the Collection of Ancient Marbles in the British Museum, IX (1842), p. 140 ; E. L. HICKS, Ancient Greek Inscriptions of the British Museum, I (1874), no 122 ; A. H. SMITH, A Catalogue of Sculpture in the Department of Greek and Roman Antiquities, I (1892), n o 2 688 ; J. Kirchner, IG II 12216 (> estampage) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 122 no 17 ; C. W. Clairmont, CAT 4.322).
4. Par erreur, Kirchner, et Giannopoulou-Konsolaki à sa suite (laquelle pourtant disposait d’une photographie
de l’objet), nomment la femme assise Philia et celle debout derrière elle Mètrodôra, et disent que la femme
debout se trouve entre la femme assise et Sôkleidès.
5. Par erreur, Hicks dit que la dexiôsis implique deux hommes.
372 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ
Commentaires : A. Brückner, Von den griechischen Grabreliefs (1888), p. 11 et p. 36 ; E. Michon, MMAI 12 (1905), p. 182 ; E. I. Mastrokôstas, « ȈƳƭƶƷƢuƥƷƥ ȂƮ ƑƸƴƴƭưƲ˅ưƷƲƵ », dans ƛƥƴƭƶƷƢƴƭƲư ƩȞƵ ǺưƥƶƷƠƶƭƲư Ə . ȴƴƯƠưƨƲư, III (1966), p. 293 no XVI ; Schmaltz 1970, A 186 ; Salta 1991, p. 90-91. Reproductions : fac-similé Osann, repris chez Boeckh et Koehler ; dessin Hawkins, pl. 32 fig. 3 ; fac-similé Hicks ; Brückner, fig. k ; Conze, II Taf. 230 ; Schmaltz, Taf. 37 ; Clairmont, CAT Plate Volume, 4.322.
Ƒ˅Ƶ . ƚƭƯƣƥ. ƑƫƷƴƲƨǁƴƥ. ƑơƯƫƵ.
Mys. Philia. Mètrodôra. Mélès.
Le lécythe se trouvait autrefois dans la collection de Lord Elgin, à Broomhall en Écosse. La collection Elgin a été achetée par le British Museum en 1816. Le lieu de trouvaille est inconnu, mais vu l’identité exacte des noms des quatre personnages avec le lécythe suivant, il provient probablement du même endroit. Milieu du ive s. (Brückner ; Kirchner), 360-350 (Schmaltz).
*GL 9 - Lécythe de Mètrodôra, Mys, Mélès et Philia
MN 1064.
Lécythe en marbre blanc avec représentation en relief, brisé au niveau du col et de la base ; le pied a été restauré. Hauteur : 0,75 (sans le pied restauré) ; diamètre à l’épaule : 0,34. Hauteur des lettres : 0,006 (0,005 omicron). Les noms inscrits en dessus des personnages permettent l’identification. Le relief représente deux hommes barbus vêtus d’un himation au centre dans une scène de dexiôsis (Mys et Mélès) et aux deux extrémités deux femmes debout (Mètrodôra à gauche et Philia à droite), portant un chiton long et un himation par-dessus, et regardant chacune en direction des deux hommes. De la main droite, Philia saisit un pli de son vêtement au niveau du cou. Même geste chez Mètrodôra, mais de la main gauche. Clairmont suppose que deux couples sont représentés sur ce lécythe et le précédent, peut-être deux sœurs ayant épousé deux frères, mais voir le commentaire à GL 7.
Éditions : G. E. MYLONAS, BCH 3 (1879), p. 357-358 no 11 ; U. KOEHLER, IG II 3946 (A. Conze, Att. Grabreliefs, no 2 1137) ; J. Kirchner , IG II 12121 (> estampage) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 123 no 18 ; C. W. Clairmont, CAT 4.321).
Commentaires : Milchhöfer 1888, p. 360 no 751 ; A. Brückner, Von den griechischen Grabreliefs (1888), p. 11 et p. 36 ; E. Michon, MMAI 12 (1905), p. 182 ; E. I. Mastrokôstas, « ȈƳƭƶƷƢuƥƷƥ ȂƮ ƑƸƴƴƭưƲ˅ưƷƲƵ », dans ƛƥƴƭƶƷƢƴƭƲư ƩȞƵ ǺưƥƶƷƠƶƭƲư Ə. ȴƴƯƠưƨƲư, III (1966), p. 293 no XVI ; Schmaltz 1970, A 186 ; Salta 1991, p. 90-91.
Reproductions : Conze, II Taf. 196 ; Schmaltz, Taf. 37 ; Giannopoulou-Konsolaki, p. 123 fig. 88 ; Clairmont, CAT Plate Volume, 4.321.
ƑƫƷƴƲƨǁƴƥ . Ƒ˅Ƶ. Ƒơ<Ư>ƫƵ. ƚƭƯƣƥ.
ƑƊƉƌƗ lap., corr. Koehler ; ƑơƯ<Ư>ƫƵ err. Giannopoulou-Konsolaki.
Mètrodôra. Mys. Mélès. Philia.
Le premier éditeur, Mylonas, dit que le lécythe a été « trouvé à Chasani en Attique », par conséquent, c’est sous la rubrique « Chasani » que le place Milchhöfer. Mais la découverte plus récente de GL 7 à Glyphada indique que ce vase provient du même endroit, voir le commentaire ad loc. Le vase se trouvait autrefois dans le musée du Varvakéion.
Milieu du ive s. (Brückner ; Kirchner), 360-350 (Schmaltz).
*GL 10 - Lécythe de …s, Kléô et Philia
MN 1096.
Lécythe en marbre blanc avec représentation en relief, brisé au niveau du col et de la base ; le pied a été restauré. On voit des restes de plomb dans l’embouchure et dans le creux de l’anse. Hauteur : 0,49 (sans le pied restauré) ; diamètre à l’épaule : 0,24. Hauteur des lettres : 0,009 (0,007 oméga).
CORPUS DES MONUMENTS FUNÉRAIRES INSCRITS D’AIXÔNÈ ET DES AIXONÉENS 373
Le relief, peu soigné mais aussi très abîmé, montre un homme barbu assis sur un klismos, vêtu d’un himation ; ses pieds, chaussés, sont posés sur un repose-pied. Il serre la main d’une femme debout à droite (Kléô). L’homme s’appuyait sur un bâton avec le bras gauche semble-t-il, bâton qui était peint à l’origine. Derrière Kléô, à droite, se tient debout une autre femme (Philia), vêtue aussi d’un chiton et d’un himation. Son bras droit pend le long du corps. Derrière l’homme assis à gauche, il y a un homme barbu debout, vêtu d’un himation. Les noms inscrits au-dessus des femmes permettent de les identifier. Du nom du personnage assis, on ne lit que le sigma final. Le reste de son nom était peut-être peint, comme le conjecture Koehler, ainsi que le nom de l’homme à l’extrême gauche. Vu les noms masculins figurant sur les trois précédents lécythes, on pourrait songer à Mys, Sôkleidès, Mélès.
Éditions : G. E. MYLONAS, BCH 3 (1879), no 12 p. 358 ; U. KOEHLER, IG II 3854 ; A. Conze, Att. Grabreliefs, no 732 (> dessin) ; J. Kirchner, IG II2 12620 (> estampage) (W. Peek, MDAI[A] 67 [1942], p. 214 no 17 ; Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 124 no 19 ; C. W. Clairmont, CAT 4.355). Commentaires : Milchhöfer 1888, p. 360 no 751 ; A. Wilhelm, ZPE 29 (1978), p. 73 (SEG XXVIII 348) ; Schmaltz 1970, A 191 ; Salta 1991, p. 90-91.
Reproductions : Conze, II Taf. 139 ; Giannopoulou-Konsolaki, p. 124 fig. 89 ; Clairmont, CAT Plate Volume, 4.355.
. . Ƶ. ƏƯƩǁ. ƚƭƯƣƥ.
ƗƏƐƊƆ err. Mylonas ; ƗƮƯơƥ err. Milchhöfer ; ƗƏƐƊƐ Koehler, qui transcrit - - Ƶ. ƏƯơ[ƥ]. ƚƭƯƣƥ ; ƗƮƯƩ[ǁ] ƚƭ[Ư] ƣƥ err. Conze ; ƗƮƯƩǁ ƚƭƯƣƥ err. Kirchner. Skléô et Kléa n’existent pas dans l’onomastique attique ; Peek le premier propose la bonne lecture. Wilhelm suppose une erreur du graveur, qui aurait écrit ƗƏƐƊƝ pour ƏƐƊƝ, mais voir le lemme ci-dessus.
…s. Kléô. Philia.
Trouvé en 1878 au même endroit que le lécythe précédent selon Mylonas, donc à Chasani ; c’est sous cette rubrique que le classent Milchhöfer et encore tout récemment J. S. Traill (PAA 578465). Voir le commentaire à GL 9 et GL 7. Le vase se trouvait autrefois dans le musée du Varvakéion. Milieu du ive s. (Kirchner), 360-350 (Schmaltz).
*GL 11 - Stèle de Nikias
ME 9080.
Partie supérieure d’une stèle à fronton en marbre gris-bleu. 0,28 (fronton seul : 0,19) × 0,294 (avec le fronton ; 0,260-0,264 au niveau du fût) × 0,038. Hauteur des lettres : 0,012 (0,01 lettres rondes) (l. 1), 0,009 (l. 2). Les lettres sont de belle qualité. La seconde ligne est gravée en lettres plus petites et moins profondes, mais il s’agit de la même main. La partie arrière est simplement dégrossie au pic, et comporte un trou moderne, destiné à suspendre la pierre à un mur.
Éditions : K. S. PITTAKIS, AEph 1842, p. 519 no 859 (A. R. Rangabé, Antiq. Hell. no 1423) ; S. A. KOUMANOUDIS, AEE 2 379 ; U. K OEHLER , IG II 1962 ; J. Kirchner, IG II 5906 (> estampage) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 118-119 no 6).
Reproductions : fac-similé Pittakis ; fac-similé Koehler.
ƒƭƮƣƥƵ́ǺƬƫưƣƼưƲƵ
ƇƫƶƥƭƩǀƵ.
Nikias fils d’Athèniôn de Bèsa.
Publiée par Pittakis en 1842, avec le décret honorifique 6. Pittakis dit qu’elle a été « trouvée aussi vers le dème des Aixonéens » (je traduis), information qu’il déduit évidemment de la mention des démotes dans le décret. Koumanoudis, repris par les auteurs des IG, se montre aussi vague, disant que la stèle a été trouvée « dans la direction du sud à partir de l’Hymette » (je traduis). Matthaiou pense que les deux inscriptions se trouvaient près du sanctuaire d’Hébé 6. La stèle est restée en possession de Pittakis jusqu’à sa mort ; sa collection a été
6. Matthaiou 1992-1998, voir le commentaire au numéro 6.
374 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ
vendue à l’État par ses héritiers 7. La stèle a ensuite été conservée un temps sur l’Agora romaine, dans la tour des Vents, à l’époque de Koumanoudis.
Milieu du ive s.
*GL 12 - Stèle de Dèmostratos
Agora I 67, ƏƘƐ 1915, ƍ 213.
Stèle à fronton en marbre blanc, intacte à l’époque de Kyparissis, aujourd’hui amputée de son acrotère droit. Elle est brisée en deux aux trois quarts du fût mais les fragments ont été recollés. 1,34 (avec le fronton) × 0,40-0,44 (fût) × 0,07. Hauteur des lettres : 0,036. L’inscription figure sur la partie supérieure du fût. Clairmont suppose que sous l’inscription figurait un décor peint représentant le défunt seul ou accompagné d’une autre figure.
Éditions : N. KYPARISSIS, AD 11 1927-1928 (1930), p. 55 no 213 ; J. Kirchner, IG II2 5417 (> estampage) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 122 no 15 ; C. W. Clairmont, CAT suppl. 397 ; Hildebrandt 2006, no 249).
Reproduction : Clairmont, p. 168 no 397.
ƉƫuƿƶƷƴƥƷƲƵ
ƉƫuơƲƸ
ƆȞƱƼưƩǀƵ .
Dèmostratos fils de Dèméas d’Aixônè.
Trouvée en 1927-1928 lors du creusement des fondations de l’école primaire de Glyphada, et remise par le maire de la commune G. Giannitsopoulou à Kyparissis, qui l’a transportée au Thèséion. Kirchner la signale devant le Thèséion. Elle se trouve actuellement à gauche juste après avoir franchi l’entrée secondaire de l’Agora (rue Apostolou Pavlou).
Milieu du ive s.
*GL 13 - Lécythe de Rhodippè
MP 4538.
Lécythe en marbre blanc brisé au niveau du pied et à la base du col. Hauteur : 0,58 ; diamètre à l’épaule : 0,30. Hauteur des lettres : 0,014 (rhô : 0,016 ; omicron : 0,010). Il est orné d’un relief représentant une dexiôsis : sur la gauche, une femme assise salue un homme barbu qui se tient debout devant elle à droite. Une grande entaille profonde se trouve entre les deux personnages. L’inscription est écrite au-dessus de la femme.
Édition : GIANNOPOULOU-KONSOLAKI 1990, p. 131 no 31 (SEG XL 243) (C. W. Clairmont, CAT 2.313 a).
ˋƲƨƣƳƳƫ.
Rhodippè.
Trouvé en 1982 dans la région de Terpsithéa à Glyphada, et donné au Service archéologique grec par K. Amanaki. Je le daterais du milieu du ive s. (pas d’apices, omicron plus petit, haste verticale droite du pi longue).
*GL 14 - Stèle de Sôsippos
ME 13187.
Partie supérieure d’une stèle en marbre blanc, composée de deux fragments recollés. La partie inférieure manquante a été moulée en plâtre. Au sommet, elle porte un grand fleuron (anthémion) dans un demi-cercle
7. Notre stèle figure en effet parmi les objets de la collection Pittakis vendus par ses héritiers, d’après une liste
conservée dans les archives de la Société archéologique (reproduite dans V. Chr. Pétrakos, « ǺƴƺƥƭƲƯƿƧƲƭ Ʈƥɜ
DzƴƺƥƭƿƷƫƷƩƵ », Mentôr 80 [2006], p. 98-99).
CORPUS DES MONUMENTS FUNÉRAIRES INSCRITS D’AIXÔNÈ ET DES AIXONÉENS 375
creux. Sous l’anthémion, au sommet du fût, il y a deux rosettes schématisées (les détails étaient sûrement peints), et sous celles-ci, l’inscription. Les côtés de la stèle sont lissés. L’arrière est non travaillé. 1,39 (fût seul : 0,695) × 0,40-0,42 × 0,16. Hauteur des lettres : 0,020-0,022 (0,017 oméga). Les lettres, grandes et fines, sont assez effacées.
Fleuron : d’un lit d’acanthe jaillissent deux palmettes au centre et, de chaque côté, une feuille d’acanthe avec volute ; entre les deux palmettes se trouve une rosette en relief.
Édition : M. Th. MITSOS, AEph 1957 (1961), p. 45 no 2 (Bull. ép. 1961, 273 ; SEG XVIII 97) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 125 no 22 ; SEMA no 52 ; Hildebrandt 2006, no 91). Commentaire : Whitehead 1986, p. 418 no 80 (s.v. « ƈƯƥƸƮƣƨƫƵ II ƗƼƶƣƳƳƲƸ I »).
ƗǁƶƭƳƳ[Ʋ]Ƶ
ƈƯƥƸƮƣƨ[Ʋ]М
ƆȞƱƼưƩǀƵ.
L. 2 : l’espace à la fin de la ligne suffit pour deux lettres selon Mitsos ; je distingue en effet l’extrémité supérieure de la haste oblique droite du upsilon.
Sôsippos fils de Glaukidès d’Aixônè.
Elle a été trouvée à Glyphada à environ 200 m au nord-est de l’église d’Aghios Nikolaos, lors de travaux agricoles. Elle est exposée actuellement au Musée épigraphique, dans la première cour à droite. Mitsos voit le fils de Sôsippos dans le rogator du décret 5 (Glaukidès II, voir annexe IV, s.v.) ; on peut ajouter avec les auteurs du SEMA le décret honorifique 4. Je lui donne raison, car je penche pour la date haute (340/39) pour ces deux décrets (voir supra, p. 134-136). À l’inverse, Whitehead, qui adopte la date basse (313/2) pour ces derniers, situe la stèle funéraire de Sôsippos dans la seconde moitié du ive s. Deuxième quart du ive s. selon Mitsos, repris dans le SEMA ; milieu du ive s. selon Giannopoulou-Konsolaki. Je préfère une date dans la seconde moitié du ive s. en raison du rendu de la fausse diphtongue Ɣƙ et de la forme des lettres (hastes obliques du kappa plus courtes, nu équilibré, sigma ayant tendance à se fermer, oméga assez ouvert).
GL 15 - Stèle de Philokratès
0,35 × 0,85 8. Hauteur des lettres : 0,04.
Édition : MILCHHÖFER 1888, p. 360 no 2 757 (U. Koehler, IG II 5, 1773 b ; J. Kirchner, IG II 5448 ; Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 120 no 11).
Commentaire : Salta 1991, p. 138.
Reproduction : fac-similé de Milchhöfer, repris par Koehler.
ƚƭƯƲƮƴƠƷƫƵ
ƚƣƯƼưƲƵ
ƆȞƱƼưƩǀƵ.
[-ca 5-6-] ưƲƵ.
Milchhöfer précise que la quatrième ligne a été ajoutée par après.
Philokratès fils de Philôn d’Aixônè.
…nos.
Stèle réutilisée comme auge dans « la fontaine au nord d’Aghios Nikolaos » selon Milchhöfer (je traduis). Il la classe sous la rubrique « Am Wege nach Vari ». On ignore ce qu’il est advenu de la stèle par la suite. ive s. (Kirchner). Milchhöfer précise que les hastes sont « en forme de coin », on doit donc plutôt être dans la seconde moitié de ce siècle, ce que ne contredit pas la prosopographie.
8. Dans ses mesures, Milchhöfer a visiblement inversé la longueur et la largeur.
376 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ
GL 16 - Stèle de Kallias
Édition : Ross 1846, p. 58 no 38 (> copie Schaubert) (A. R. Rangabé, Antiq. Hell. no 1353 ; S. A. Koumanoudis, AEE 136 ; Milchhöfer 1888, no 734 ; U. Koehler, IG II 1763 ; J. Kirchner, IG II2 5430 ; Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 119-120 no 9). Reproduction : fac-similé Ross, repris chez Koehler.
ƏƥƯƯƣƥƵ
ƏƥƯƯƭƠƨƲƸ
ƆȞƱƼưƩǀƵ .
Kallias fils de Kalliadès d’Aixônè.
Stèle trouvée « am Wege nach Aexone » selon Ross, qui la publie avec la stèle d’Hè(?)rippè (GL 3). Milchhöfer la classe sous la rubrique « Trachones (Pirnari) », ce qui équivaut à l’actuelle région de Glyphada (voir supra, p. 112-113 et n. 89) ; il commet une confusion en disant qu’une femme figure aussi dans l’épitaphe (« Kallias und Frau aus Aixone ») : tout comme Koumanoudis, il a cru que Kallias et Hè(?)rippè partageaient la même stèle. Ross avait en effet placé les deux épitaphes côte à côte, donnant l’impression qu’elles figuraient sur le même monument. La stèle est perdue depuis longtemps. Déjà Koumanoudis ignore où elle se trouve. Seconde moitié du ive s. d’après la paléographie et le rendu de la fausse diphtongue Ɣƙ.
GL 17 - Stèle de …pès
Éditions : K 2 ÉRAMOPOULLOS 1919, p. 43 (J. Kirchner, IG II 5454 ; Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 120 no 12) ; S. C. Humphreys per ep. (SEG XLIV 181).
[- - - - -]ƳƫƵ
[- - - - -]uƲƸ
[ ƆȞƱƼư ?]ƩǀƵ.
L. 1 : [ƕƴƲưƠ]ƳƫƵ Humphreys ; l. 3 : rest. Kéramopoullos. C’est probable, vu le lieu de trouvaille de la stèle.
...pès fils de …mos d’[Aixônè] (?)
Partie supérieure d’une stèle trouvée en 1919 par Kéramopoullos « à côté de la route littorale et à 25 m environ au nord de celle-ci, un peu au-dessus de l’hôtel de Glyphada » (je traduis). Elle a été réutilisée comme montant de porte d’une maison romaine tardive (A 2). La pierre est aujourd’hui perdue. ive s. (Kirchner), probablement la seconde moitié de ce siècle en raison du rendu de la fausse diphtongue Ɣƙ.
*GL 18 - Lécythe de Sôstratè et de Kalliadès d’Oinoè
MN BE 927.
Lécythe en marbre blanc. Seule la panse est conservée. Les noms sont inscrits en dessus des figures. La panse est ornée d’un relief. On y voit une femme assise à droite (Sôstratè), qui serre la main d’un homme barbu debout à sa gauche (Kalliadès). Proukakis-Christodoupoulos suggère qu’il y avait encore une figure à la droite de Kalliadès, mais je n’en ai pas vu de trace. Clairmont pense qu’il s’agit d’un couple.
Édition : PROUKAKIS-CHRISTODOUPOULOS 1971, no 316 (C. W. Clairmont, CAT 2.349 c). Reproduction : Proukakis-Christodoupoulos, pl. 47.
ƗƼƶƷƴƠƷƫ Ǻuƹƭ[ƮƢ ?]ƨƲƸ ɎươƼƵ. ƏƥƯƯƭƠƨƫƵ ƉƩƭưƣƲƸƵ ɎưƩǀƵ.
Rest. Clairmont. Ǻuƹƭ[Ʈǀ]ƨƲƸ serait aussi envisageable, même si cet onoma n’est pas attesté dans l’onomastique athénienne 9.
9. Je remercie D. Knoepfler de m’avoir suggéré cette possibilité.
CORPUS DES MONUMENTS FUNÉRAIRES INSCRITS D’AIXÔNÈ ET DES AIXONÉENS 377
Sôstratè fille d’Amphi[kè ?]dès d’Oinoè. Kalliadès fils de Déinias d’Oinoè.
Trouvé à Glyphada.
Seconde moitié du ive s.
*GL 19 - Stèle d’Euthyklès
ME 13484.
Partie supérieure gauche d’une stèle en marbre blanc. Elle est couronnée d’une cimaise, ornée de quatre acrotères sculptés en relief sur le fond. Les côtés sont finement piquetés ; l’arrière est dégrossi au pic. 0,163 × 0,325 (au niveau du fût ; 0,360 au niveau de la cimaise) × 0,060. Hauteur des lettres : 0,014 (0,012 thêta).
Édition : A. A. PAPAGIANNOPOULOS-PALAIOS, Aixônè 1 (1950-1951), p. 165 (SEG XII 169 a) (SEMA no 47). Reproduction : Papagiannopoulos-Palaios, p. 165.
ƊȺƬƸƮƯʨƵ ƕМ[- - -]
ƆȞЕ[ƼưƩǀƵ].
L. 1 : de la dernière lettre, on ne voit que l’extrémité de la haste oblique gauche. ƕƸ[ƬơƲƸ ?] Papagiannopoulos-Palaios ; ƕƸ[ƯƠƨƲƸ] LGPN, s.v. « ƕƸƯƠƨƫƵ » no 3 4, sur le modèle de IG II 4, 24, l. 32, ƊȺƬƸƮƯʨƵ ƕƸƯƠƨƲ (voir annexe IV, s.v. « ƕМ[- - -] »). Les auteurs du SEMA préfèrent ne rien restituer ; l. 2 : rest. Papagiannopoulos-Palaios. De la troisième lettre, on distingue la haste horizontale supérieure et le sommet de la haste verticale centrale.
Euthyklès fils de Py… d’Aix[ônè].
Trouvée à Glyphada. D’après le registre du musée, elle a été donnée par A. Makri, laquelle l’a recueillie auprès de Gl. Makri.
Seconde moitié du ive s.
*GL 20 - Stèle d’Arésias
MP 8236 ; inédite.
Stèle à fronton en marbre gris-bleu, brisée en bas. Un fragment en bas à droite a été recollé. L’inscription est gravée sous le fronton, en haut du fût. Sous l’inscription, deux rosettes sculptées en relief.
K. KAZA-PAPAGEORGIOU, AD 56-59 2001-2004 (2010) Chron. B1, p. 468, avec transcription de l’épitaphe en majuscules (SEG LVII 210) ; ead. 2016, p. 176 et fig. 292.
ǺƴƩƶƣƥƵ
ǺƴƩƶƣƲƸ
ƆȞƱƼưƩǀƵ.
Arésias fils d’Arésias d’Aixônè.
Trouvée dans une fouille de l’Éphorie près de l’église d’Aghios Nikolaos à Glyphada, associée à un péribole funéraire richement décoré (annexe V, B 15).
Seconde moitié du ive s. d’après la forme des lettres (petit trait rectiligne à l’extrémité de certaines lettres, alpha à barre droite, haste horizontale centrale du epsilon plus courte, nu déséquilibré, xi pourvu d’une haste verticale, omicron un peu plus petit, sigma aux branches horizontales, hastes obliques du upsilon courbes, oméga assez fermé) et le rendu de la fausse diphtongue Ɣƙ.
378 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ
*GL 21 - Stèle d’Aristokratès
MP 3629.
Petite stèle en marbre blanc. 0,65 (dont partie fichée dans le sol : 0,245) × 0,235 × 0,14. Hauteur des lettres : 0,025 (0,015 omicron). La partie inférieure, qui était fichée dans le sol, est seulement dégrossie. Le reste de la face antérieure de la stèle est lissé.
Modeste, la stèle ne comporte aucun ornement. Sur la partie supérieure est gravé le nom du défunt.
Édition : GIANNOPOULOU-KONSOLAKI 1990, p. 128 no 26 (SEG XL 230) (SEMA no 1580).
[Ǻƴ]ƭƶƷƲƮƴƠƷƫƵ.
[Ǻƴƭ]ƶƷƲƮƴƠƷƫƵ Giannopoulou-Konsolaki, mais le iota est bien visible ; Giannopoulou-Konsolaki restitue une seconde ligne : [ǺƴƭƶƷƲƹ]Ơư[ƲƸƵ], mais je ne vois aucune trace de lettres.
[Ar]istokratès.
Trouvée en 1972 à Glyphada dans la fouille d’une maison romaine tardive (A 6) ; elle provient peut-être de la nécropole B 9.
Selon Giannopoulou-Konsolaki, si sa restitution de la ligne 2 est correcte, il pourrait s’agir de la stèle funéraire du démote que l’on rencontre dans les décrets honorifiques 5 et 6, ce qui permettrait de dater la stèle de la toute fin du ive s. Mais je ne vois aucune trace du patronyme sur la pierre, et deux lettres ne suffiraient de toute manière pas à assurer la restitution.
La paléographie indique la seconde moitié du ive s. (pas d’apices, alpha à barre droite, hastes obliques du kappa plus courtes, omicron plus petit, sigma aux branches encore assez écartées).
GL 22 - Stèle d’Archestratè
Leyde, Musée des Antiquités, 1821 : RO.I.A 1.
Stèle en marbre blanc de type naïskos. Le décor sculpté est de très bonne qualité. 1,67 × 1,37 (fût ; 1,54 au niveau du fronton). Hauteur des lettres : 0,021. Le relief et le fronton sont d’origine ; le socle et les parties latérales sont modernes. Le relief est dans un état de conservation exceptionnel : seuls les orteils de la femme assise et les nez des deux figures principales sont abîmés. Un trou au milieu du bord supérieur du relief a été provoqué par l’arrachement de la fixation du fronton. L’arrière est non travaillé. L’inscription est gravée sur l’architrave ; elle contient des restes de peinture rouge.
Entre les deux antes du naïskos sont sculptées trois figures féminines, allant du moyen-relief à la quasi-ronde-bosse. Au premier plan à gauche, une femme est assise sur un diphros, recouvert d’un coussin (Archestratè). Elle est tournée vers la droite. Ses pieds croisés, chaussés de sandales, reposent sur un repose-pied. Elle porte un chiton double et un himation, lequel est relevé sur sa tête ; elle en tient un pan de la main gauche au niveau de l’épaule. Sa main droite, qui repose sur son giron, rassemble les plis de l’himation. Ses cheveux sont séparés au-dessus de son front et ondulent vers l’arrière. À l’oreille, elle portait un bijou en métal, comme le montre le trou. Il doit s’agir de la défunte, car tous les regards se portent sur elle. À droite, une femme plus jeune, debout, vêtue d’un chiton et d’un himation, regarde dans sa direction dans une posture de chagrin (elle appuye sa tête sur son bras droit). Elle porte des chaussures. Ses cheveux sont coiffés vers l’arrière et attachés avec une natte de cheveux. Il s’agit peut-être de la fille d’Archestratè. Derrière la femme assise se tient debout une jeune servante, visible en partie seulement, et sans que le bas de son corps ne soit représenté derrière le diphros. Elle tient dans la main droite un coffret, sur le couvercle duquel elle laisse reposer sa main gauche. Son visage est rempli d’affliction, la tête est fortement penchée, la lèvre supérieure relevée comme si elle allait pleurer, le front ridé. Le travail des yeux, accentué, exprime l’émotion ; il n’en reste plus aucune trace pour les deux autres figures.
Éditions : Anonyme, « Notice sur deux monumens grecs du muséum de Leyde », Messager des sciences et des arts (1823), p. 1-4 (> Rottiers) ; A. Boeckh, CIG I 767 (> notes de O. Müller) (S. A. Koumanoudis, AEE 1136 ; U. Koehler, IG II 2548 ; A. Conze, Att. Grabreliefs, no 297) ; JANSSEN 1842, p. 32 no 9 et tab. V.9 (id., De grieksche, romeinsche en etrurische Monumenten van het Museum van Oudheden te Leyden [1848], I, n o 2 252 ; id ., Grieksche en Romeinsche Grabreliefs [1851], Tab. 1 p. 1) ; J. Kirchner, IG II 7423 (> estampage) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 117-118 no 4 ; C. W. Clairmont, CAT 3.471) ; PLEKET 1958, appendice I p. 82 ; Fr. L. BASTET, H. BRUNSTING, Corpus signorum classicorum (1982), I, p. 63 no 127.
CORPUS DES MONUMENTS FUNÉRAIRES INSCRITS D’AIXÔNÈ ET DES AIXONÉENS 379
Commentaires : C. Friederichs, P. Wolters, Die Gipsabgüsse antiker Bildwerke (1885), no 1049 ; H. Diepolder, Die attischen Grabreliefs des fünften und vierten Jahrhunderts v. Chr. (1931), p. 51 ; Beschi 1975 ; S. Karouzou, « Der Grabnaiskos des Alexos », MDAI(A) 96 (1981), p. 184-186 ; Halbertsma 2003 a, p. 52 et 2003 b, p. 150.
Reproductions : Messager des Sciences et des Arts, fig. 1 (relief seul) ; Conze, I Taf. 71 (dessin repris par Karouzou, pl. 61, 2) ; Beschi, tav. 128 ; Bastet et Brunsting, II, pl. 34-35 ; Bastet 1987, pl. II no 7 ; Clairmont, CAT Plate Volume, 3.471 ; Halbertsma (2003 a), p. 53 fig. 5.2 et (2003 b), p. 151 pl. 6 ; Kaza-Papageorgiou 2016, p. 184 fig. 305.
ǺƴƺƩƶƷƴƠƷƫ ͅ ǺƯơƱƲƸ ͅ ƗƲƸưƭơƼƵ.
Archestratè fille d’Alexos de Sounion.
D’après Janssen, qui a eu accès au catalogue du Musée de Leyde, la pierre a été acquise par Rottiers à travers Gropius. Le monument proviendrait donc de la zone fouillée en 1819 par le vice-consul d’Autriche dans les environs de la chapelle d’Aghios Nikolaos de Pirnari (voir supra, p. 43). La première collection Rottiers, dont faisait partie notre stèle, a été achetée par le gouvernement hollandais en 1821, sur la base d’une estimation de Reuvens, alors directeur du Musée des Antiquités à Leyde. Ce dernier a estimé le monument à 3 000 florins, soit un quart de la valeur totale de la collection 10 ! Giannopoulou-Konsolaki, à la suite de Thémélis, pense que la stèle provient de l’enceinte funéraire trouvée en 1969 à Glyphada aux rues Phivis et Zamanou (annexe V, B 5) ; selon les habitants de la région, à cet endroit, avant la fouille de 1969, il y avait un grand tas d’environ 15 m de haut fait de pierres et de terre (probablement un tertre funéraire selon Giannopoulou-Konsolaki), qui a été utilisé par le maire de l’époque pour le remblai du rivage ; dans le journal de fouille, il est noté que le remblai qui recouvrait les vestiges antiques était composé de terre noire remuée, qui pourrait être la trace d’une ancienne fouille. En joignant ces données avec le fait que l’enceinte funéraire B 5 était dénuée de toute trouvaille et qu’au centre on a trouvé deux fosses creusées antérieurement par des trafiquants d’antiquités, Giannopoulou-Konsolaki conjecture que la stèle d’Archestratè provient de ce monument précis, qui semble suffisamment imposant pour avoir abrité un marqueur funéraire si important. Le parallèle est intéressant, mais ce péribole n’est pas le seul à avoir été pillé, et la stèle pourrait très bien provenir d’une autre enceinte de ce genre, par exemple B 6. Le lit d’attente du marqueur funéraire qui se dressait sur le podium de B 5 n’est hélas pas conservé, ce qui empêche de vérifier si la stèle d’Archestratè y était bel et bien insérée. Archestratè, originaire du dème de Sounion, a semble-t-il épousé un Aixonéen et vivait dans le dème de son mari. Kirchner signale que le monument funéraire de sa famille, et notamment de son père Alexos fils de Stratoklès de Sounion, a été trouvé à Aghios Ioannis Rentis, dans la périphérie d’Athènes, au sud-ouest en direction du Pirée, à l’endroit du dème de Xypétè ; c’est aussi un grand et profond naïskos 11. Ces deux monuments funéraires documentent une riche famille athénienne dont certains membres ont vécu loin de leur dème d’origine.
Troisième quart du ive s.
*GL 23 - Stèle de Chairippè et de Philothèros
MN ƍ 138.
Stèle à fronton en marbre blanc, ornée d’une représentation en relief dans un rectangle creux, encadrée de deux parastades. Il me semble voir des traces de peinture dans le fronton. La partie inférieure de la stèle à partir des pieds des personnages est brisée. L’arrière est simplement dégrossi au pic. Au-dessus des personnages se trouve l’inscription. 0,615 (fronton + moulure seuls : 0,220) × 0,432-0,442 × 0,064. Hauteur des lettres : 0,024 (0,020 lettres rondes).
Scène de dexiôsis entre une femme assise à gauche sur un klismos (Chairippè) et un homme debout devant elle (Philothèros), qui semble imberbe. Un petit garçon nu (une petite fille selon Scholl) se tient debout entre les deux personnages ; sa main gauche repose sur les genoux de sa mère, tandis qu’il tend quelque chose (un jouet
10. Voir Halbertsma (2003 a). Reuvens a comparé avec des objets semblables qui avaient été récemment mis aux
enchères ou vendus, or il juge notre stèle comparable en taille et en profondeur aux métopes du Parthénon,
mais ces dernières valent plus car « elles sont plus intéressantes et montrent plus de nus » (lettre de Reuvens à
Falck, 25 nov. 1820, citée par Halbertsma [je traduis]).
11. IG II2 7414 ; CAT 4.471 ; Karouzou, p. 179-200 (peu avant 317/6).
380 UNE MICROHISTOIRE D’ATHÈNES. LE DÈME D’AIXÔNÈ DANS L’ANTIQUITÉ
ou un petit oiseau) dans sa direction de la main droite, comme pour l’inciter à jouer avec lui 12. Je ne vois pas pourquoi Clairmont pense que Philothèros est le « défunt principal » ; l’attention des personnages est plutôt concentrée sur Chairippè.
Éditions : N. KYPARISSIS, AD 10 1926 (1929), no 138 p. 58-59 ; J. Kirchner, IG II2 13042/3 (> estampage) (Giannopoulou-Konsolaki 1990, p. 121-122 no 14 ; C. W. Clairmont, CAT 2.816) ; SCHOLL 1996, p. 312-313 no 338.
Reproductions : Kyparissis ; Giannopoulou-Konsolaki, p. 121 fig. 86 ; Clairmont, CAT Plate Volume, 2.816.
ƛƥƭƴƣƳƳƫ. ƚƭƯƿƬƫƴƲƵ.
Chairippè. Philothèros.
La stèle a été trouvée en 1926 sur le domaine de G. Giannitsopoulou, alors maire de la commune, à Glyphada. Kyparissis l’a fait transporter au Thèséion le 25 avril 1928.
Milieu du ive s. (Kirchner), 330-320 (Scholl dans son catalogue, mais p. 74-75 il l’attribue au « groupe d’Antiménès », placé vers 320-310). Une date vers 330-320 convient mieux à la prosopographie, voir annexe IV, s.v. « ƚƭƯƿƬƫƴƲƵ ».
GL 24 - Colonnette de Théodosia
MP 2557 13.
Édition : GIANNOPOULOU-KONSOLAKI 1990, p. 128 no 25 (SEG XL 234).
ƍƩƲƨƲƶƣƥ
ƑƩưƩƮƴƠƷƲ[Ƹ]Ƶ
[- - - - - -]Ʒƣƥ.
Théodosia fille de Ménékratès …tia.
Petite colonnette trouvée en 1971 à Anô Glyphada dans la région de Karvelas, lors de la fouille d’une nécropole de la basse époque hellénistique-époque romaine (B 7). À la troisième ligne devait se trouver le nom d’une seconde défunte, ou l’ethnique de Théodosia. Aucune date n’est avancée par Giannopoulou-Konsolaki 14. D’après la forme du support et le contexte de fouille, on est à la basse époque hellénistique ou à l’époque romaine.
GL 25 - Cippe d’un démote d’Euônymon
Édition : L 2 ÖPER 1892, p. 341-342 n. 1 (U. Koehler, IG II 5, 2075 b ; J. Kirchner, IG II 6201 ; W. Peek, MDAI[A] 67 [1942], p. 174-175 no 368).
Reproduction : copie Löper.
[- -] Ƹƴɝ[ƨ]ƫƵ
[- -] ƈŞƎƔŞ[.]ƙ
[ƊȺƼ]ưƸ[u]ƩɡƵ.
12. On peut établir plusieurs parallèles, par exemple avec CAT 4.420, où la petite Eukolinè tient un jouet qu’elle
montre à sa mère, ou encore la fameuse stèle d’Archestratè, où l’enfant tient un oiseau (CAT 2.820). Dans CAT
2.718, il y a une scène semblable d’une enfant enserrant les jambes de sa mère et tendant un bras vers elle. Voir
H. Rühfel, Das Kind in der griechischen Kunst: von der minoisch-mykenischen Zeit bis zum Hellenismus (1984),
p. 142-176.
13. La colonnette était introuvable lors de mon passage. Comme elle est exposée à l’air libre, il est possible que le
numéro d’inventaire soit effacé.
14. L’auteur de la notice du SEG note par erreur la fin du ive s. : Giannopoulou-Konsolaki ne donne cette date que
comme terminus post quem, en raison de la forme du support.
CORPUS DES MONUMENTS FUNÉRAIRES INSCRITS D’AIXÔNÈ ET DES AIXONÉENS 381
Rest. Löper.
L. 1 : [ƉƭƲƶƮƲ]Ƹƴɝ[ƨ]ƫƵ Löper, suivi par Peek. Löper hésite car il lui semble voir une lettre triangulaire avant le upsilon, et propose dans ce cas e.g. [Ɨ]ЈƸƴƣ[ƨ]ƫƵ vel [Ƙ]ЈƸƴƣ[ƨ]ƫƵ ; l. 2 : avant le iota, Löper voit une lettre formant un angle, qui pourrait correspondre à un epsilon ou à un tau. Il propose [- - Ʒ]ɝƲƸ vel [- - Ʃ]ɝƲƸ vel [- -] Ќƣ[Ƭ]ƲƸ[Ƶ] (il veut dire probablement [- -]ЌƣЏ[Ʋ]Ƹ[Ƶ]), cette dernière restitution correspondant mieux à sa copie ; [- -] ɝƲƸ Koehler et Kirchner ; [ƗƭƦƸƴ]ЛɝƲƸ vel [ƏƯƩƲƳ]ЌƣЏ[Ʋ]Ƹ[Ƶ] Peek. L’inscription a été copiée par Löper en décembre 1891 devant la chapelle d’Aghios Nikolaos de Katô Pirnari. Il note que l’inscription est très abîmée. La pierre est aujourd’hui perdue.
Aucune date n’est donnée par les éditeurs, et la copie de Löper ne reproduit pas fidèlement la forme des lettres. La forme du support ne fournit pas d’indication chronologique.
PROVENANT D’EN DEHORS DE GLYPHADA OU DE PROVENANCE INCONNUE (HGL)
*HGL 1 - Stèle de Myrtô et de Rhodè
ME 10730.
Stèle en marbre blanc brisée en bas. La partie manquante a été moulée en plâtre. 1,053 × 0,48-0,50 × 0,150-0,156. Hauteur des lettres : 0,023 (l. 1-3), 0,025-0,028 (l. 4-6). La partie arrière est dégrossie au pic. Les côtés sont travaillés au grain d’orge. La face antérieure est entièrement lissée. Aucun ornement n’est visible, mais la stèle, exposée à l’air libre, est très abîmée. L’inscription est gravée en haut de la stèle. Le sommet a visiblement été taillé de manière oblique, ce qui a entamé l’extrémité supérieure des lettres de la première ligne. C’est dû probablement à une réutilisation de la pierre.