Wish T2 Evie
Chapitre 13
Mon père est mort.
Adam Ross, militaire et mystérieux, a été tué par l’ennemi.
Une fois que je me suis calmée, tout à l’heure, Toko m’a expliqué que les hommes qui sont venus avaient été sauvés par mon père, mais qu’ils n’étaient pas rentrés dans le détail. Je savais que ce que faisait mon père était dangereux.
Ce que je ne savais pas, en revanche, c’est qu’il faisait partie des plus haut gradés de sa branche, et qu’il était chargé de la planification, des recherches et du commandement des forces spéciales, de ces opérations qu’on ne croit possibles que dans les films.
Or, elles sont bien réelles, et j’en porte la preuve autour du cou.
Honnêtement, je pensais qu’il travaillait pour les forces antiterroristes, qu’il démantelait des complots grâce aux informations fournies par les réseaux de surveillance. Je l’imaginais assis dans un fauteuil moelleux, devant un grand bureau où était étalée une carte du monde parsemée de croix rouges aux endroits où les méchants avaient été localisés. Je ne pensais pas que son poste de commande se trouvait la plupart du temps dans un hélicoptère MH-60 Black Hawk.
Chaque fois qu’il rentrait à la maison, il me disait combien il m’aimait. Il me répétait combien il était fier de Suda Kaye et de moi. Il envoyait de l’argent deux fois par mois, tous les mois sans faute. J’ai dû lui dire d’arrêter de le faire une fois que j’ai été diplômée de la fac. Au moins, il a pu venir à la cérémonie.
Il ne me verra jamais me marier.
Il ne connaîtra jamais ses petits-enfants.
Comme ma mère, il est sorti de ma vie.
Je suis une orpheline de trente ans, et je ne sais pas comment l’accepter.
Au fil du temps, au fur et à mesure que j’ai grandi, j’ai vu mon père de moins en moins souvent. Sa base principale était quelque part en Europe, et j’étais occupée à monter mon entreprise à Colorado Springs. Autant dire dans un autre monde. Néanmoins, nous restions en contact par mail et par téléphone. Je me suis inquiétée, récemment, de ne pas avoir de ses nouvelles. J’en ai même parlé à ma sœur qui m’a dit que je me faisais du souci pour rien. Aux dernières nouvelles, il était en Pologne, mais je doute, à présent, que ç’ait été vrai. D’après ce que m’a dit Toko, hier soir, il semblerait que mon père était au Moyen-Orient quand son hélicoptère a été abattu dans les airs et s’est écrasé dans les montagnes.
Il n’y a eu aucun survivant.
Je ne saurai jamais la vérité sur sa mort. Les officiers ont dit à Toko que la mission était classée secret défense. Sa dépouille doit arriver par avion dans une dizaine de jours. Ils vont livrer son corps dans une morgue de Colorado Springs, près de moi, sa plus proche parente. Apparemment, il a laissé des directives et un testament.
Mon père m’avait souvent dit qu’il avait tout prévu, au cas où il mourrait. Il ne voulait pas que Suda Kaye et moi ayons à nous soucier des détails. Comme maman, papa était fils unique. Il avait vingt ans quand ses parents sont décédés, et il a rencontré maman alors qu’il était en permission à Atlantic City. Tous deux disaient que ça avait été le coup de foudre. Ils se sont mariés dans la foulée, avant qu’il ne reparte en mission. Mon père n’avait donc pas de maison, pas d’attache à un endroit particulier. Je suppose que ma mère et lui avaient ça en commun. Néanmoins, chaque fois qu’il nous rendait visite, nous formions la famille la plus heureuse sur terre, et mes parents se regardaient comme de jeunes mariés fous d’amour.
J’ai toujours fondé mes croyances sur l’amour sur la façon dont mon père et ma mère se regardaient, comme si l’autre était le centre de l’univers. Or, ils ne se voyaient que très rarement, en fait. Nous étions rarement au complet. Durant mon enfance, ma famille, c’était surtout Toko et Suda Kaye. Du moins, jusqu’à ce que ma sœur m’abandonne aussi.
Que reste-t-il maintenant ?
Les larmes coulent lentement sur mes joues, trempant mon oreiller.
Une main puissante se pose sur ma poitrine et je le sens s’allonger derrière moi. Nos genoux s’alignent, et il appuie son menton dans le creux de mon cou, comme il l’a fait après qu’on a fait l’amour sur les falaises, ce soir. J’ai l’impression que c’était il y a mille ans, alors que c’était il y a moins de dix heures.
Milo.
Après que Toko m’a répété ce que les officiers lui avaient dit, Milo et lui se sont entretenus. Il a appelé Yana et lui a demandé de ramener ma voiture chez lui, puis il lui a dit qu’il la raccompagnerait chez elle, non loin d’ici. Ensuite, sans un mot, il a rassemblé mes affaires dans ma chambre et lui a promis que je l’appellerais demain, lorsque je me serais reposée. Toko allait prévenir Suda Kaye.
Mon téléphone a sonné non-stop durant le trajet du retour. Camden a fini par appeler Milo, parce que Suda Kaye ne lâchait pas l’affaire. Milo a expliqué la situation à Camden, l’informant que j’allais bien, que je ne voulais parler à personne et que je serais en sécurité chez lui. Je sais déjà que ça ne va pas contenter ma sœur bien longtemps.
– Je t’entends réfléchir, Nizhoni, dit-il tendrement en me serrant contre lui.
Je ne cache pas mes larmes et ne fais pas non plus semblant de dormir. S’il veut vraiment la véritable moi, ça en fait partie.
– Je pense sans cesse à lui, à la dernière fois qu’on s’est parlé. À la peur qu’il a dû ressentir quand son hélicoptère s’est écrasé. Au fait qu’il ne sera pas à mon bras pour m’escorter à l’autel, le jour de mon mariage, et qu’il ne rencontrera jamais ses petits-enfants. À tout ça. Il a disparu de la surface de la terre, et il n’y a que moi que ça affecte.
– Ce n’est pas vrai.
– Mais si. Toko pensait que c’était un homme bien, mais il n’a jamais appris à le connaître. Quand papa venait, il ne s’occupait que de maman et de ses filles. Il voulait créer des souvenirs. Alors, souvent, on partait quelque part, en dehors de la réserve. Papa n’avait rien contre nos tribus, mais il n’en faisait pas partie et il ne se sentait pas tout à fait chez lui chez Toko, donc on allait souvent à l’hôtel.
– Et ta sœur ?
Je fronce les sourcils et enfouis mon visage dans mon oreiller, me retenant de hurler.
– Quoi, ma sœur ? Elle se fichait de lui. Elle était à peine en contact avec lui. Ils n’étaient pas proches. Peut-être parce qu’elle n’était pas sa vraie fille.
– Quoi ?
Je m’essuie le nez avec mon mouchoir.
– Ce que nous a dit ma mère, c’est qu’un an après ma naissance, elle et papa se sont disputés au téléphone. Il ne m’avait vue qu’une fois durant ma première année, quand j’avais deux mois. Maman était très jeune et elle vivait avec Toko. Ma grand-mère était déjà décédée, et elle ne savait pas quoi faire. Elle se sentait coincée.
– Evie… dit Milo d’une voix grave qui brise un peu plus mon cœur.
– Bref. Apparemment, papa n’avait pas prévu de rentrer avant un long moment, peut-être même une année. Maman n’en pouvait plus de s’occuper seule de moi. Ils se sont mis d’accord pour se séparer un moment. Maman m’a laissée avec Toko et elle est partie à Chicago. Elle était dans une troupe de danseuses orientales et elle travaillait dans un bar le soir. Alors que sa fille d’un an était loin d’elle, élevée par son père. Quand elle a fini par revenir, elle était enceinte de Suda Kaye.
– Je ne savais pas tout ça, dit Milo d’un ton surpris.
– Ça fait partie des terribles secrets de ma famille. Ma mère était partie s’amuser et croquer la vie à pleines dents, et elle s’est retrouvée en cloque. Mon père lui a pardonné et a reconnu Suda Kaye comme sa propre fille. C’est son nom qui est sur son acte de naissance, même s’il n’est pas son père biologique. De toute façon, il n’était jamais là et… comment ne pas aimer une adorable petite fille ? Il n’a jamais traité ma sœur différemment ; d’ailleurs, il faisait beaucoup d’efforts pour créer un lien avec elle. Et Suda Kaye est le double de ma mère. Elle est aventurière, sublime, drôle, solaire… tout ça lui rappelait la femme qu’il aimait.
– Est-ce que ça n’implique pas que Suda Kaye est aussi affectée que toi par sa mort, alors ?
– Ça semblerait logique, ouais, je réponds d’un ton grinçant. Mais une fois qu’elle a su qu’Adam n’était pas son vrai père, elle s’est mise à le traiter comme un étranger. Elle lui parlait à peine quand il venait. Elle prévoyait de voir ses amis plutôt que de participer aux activités familiales avec ma mère, mon père et moi. Ensuite, bien sûr, maman est tombée malade, et il ne pouvait rien y faire. Donc, il ne venait plus. C’est moi qui ai élevé ma sœur, qui n’avait que dix-sept ans et qui était encore au lycée. Elle lui en a beaucoup voulu de ne pas avoir demandé un congé au décès de maman.
– Il vous a laissées toutes seules ? demande Milo en me serrant plus fort contre lui.
– Je crois qu’il n’a pas eu le choix. Il avait de lourdes responsabilités dans l’armée et la situation était grave. Il est venu pour les obsèques et il est reparti une semaine plus tard. J’étais en deuxième année de fac, Suda Kaye en dernière année de lycée. Elle n’avait plus que six mois à tenir avant d’être diplômée, et on vivait à plusieurs heures de la réserve. Je ne voulais pas chambouler nos vies alors que j’étais adulte et parfaitement capable de m’occuper de ma sœur, comme je l’avais fait durant les années où ma mère était malade. Papa nous a laissé plein d’argent et s’est occupé de payer le loyer et les factures. Après ça, je ne l’ai pas vu pendant un an, mais on parlait tout le temps au téléphone. Je ne crois pas que Suda Kaye l’ait revu depuis, même quand elle a voyagé en Europe.
– Adinidiin, tu ne peux pas prétendre savoir ce que ta sœur ressent au sujet du décès de son père.
– Ben justement, c’est ça le truc. Dès qu’elle a su qu’Adam Ross n’était pas son père biologique, elle l’a complètement oublié. Du jour au lendemain.
– Tu as beaucoup de colère et de peine, et c’est normal. Il faut que tu manges et que tu dormes.
– Je n’ai pas faim, mais je suis épuisée, c’est vrai. Mais chaque fois que je ferme les yeux, c’est son visage que je vois. C’est une tor… torture, je sanglote en m’effondrant de nouveau.
– Peut-être que si tu mangeais quelque chose, tu te sentirais mieux. Tu n’as rien avalé depuis le petit déjeuner chez mes parents.
Aussitôt, mon ventre se met à gargouiller bruyamment.
– Tu vois, ton ventre est d’accord, dit Milo en m’embrassant sur la joue. Viens, je vais te préparer à manger.
Il prend ma main et m’aide à me redresser, je me rends compte que je porte encore ma petite robe jaune.
– Je peux prendre un de tes tee-shirts ? je demande.
Il sourit et hoche la tête en allant dans son dressing. Il en ressort avec un tee-shirt qu’il pose sur le lit. Je me lève et saisis le bas de ma robe pour l’enlever, mais Milo secoue la tête.
– Laisse-moi m’occuper de toi.
Il prend la jupe et la soulève lentement par-dessus ma tête, puis il passe son bras dans mon dos et dégrafe mon soutien-gorge.
Je ne dis rien, je ne bouge pas.
Il fait glisser les bretelles de mon soutien-gorge sur mes bras, lentement, puis il se baisse et dépose un baiser sur chacun de mes seins. Ensuite, il s’accroupit et m’embrasse sur le nombril. Il continue et m’embrasse sur chaque cuisse, d’abord la gauche, puis la droite. Il se lève lentement et m’embrasse de chaque côté du cou, puis sur la bouche. Il passe alors le tee-shirt par-dessus ma tête, je glisse mes bras dans les trous.
– Est-ce que tu as assez chaud ou tu veux que je te trouve un pantalon ?
– Non, ça va.
– J’ai allumé un feu et j’ai plein de couvertures. Tu veux un thé ?
– Tu parles du thé que je n’ai pas bu la première fois que je suis venue ici ?
– Un autre, répond-il en souriant. Une infusion apaisante.
– Ok.
– Viens.
Il prend ma main et nous descendons les escaliers jusqu’à la pièce principale. Je m’installe sur le canapé en U, face au superbe clair de lune sur le lac, et Milo déplie une couverture pour me couvrir les jambes.
– Détends-toi, je reviens tout de suite.
Il prend mon menton et lève ma tête pour m’embrasser brièvement, puis il dépose un baiser sur ma joue qu’il caresse du pouce, essuyant une larme, avant d’aller en cuisine.
Je regarde par la baie vitrée, admirant la vue calme et sereine. Tout est immobile et silencieux, parfaitement tranquille, alors qu’en moi, c’est un tumulte d’émotions chaotiques, de souvenirs aussi beaux que douloureux et d’une tristesse insurmontable. Je n’ai aucun contrôle sur ce que je ressens dans mon cœur ni sur mes pensées, mais j’essaie désespérément de ne pas craquer complètement.
Milo m’apporte une tasse de thé qu’il pose sur la table basse, et il me tend une assiette contenant la meilleure chose au monde : un sandwich beurre de cacahuète et confiture. Je le saisis aussitôt et prends une énorme bouchée qui n’a rien de féminin. En dehors du pain frit de Toko, c’est le plat le plus réconfortant que je connaisse.
Milo s’assoit à côté de moi, lève la main et essuie un peu de confiture au coin de ma bouche avant de se lécher les doigts.
J’étudie son regard et me dis qu’il doit être aussi chamboulé que moi par cette journée. Du petit déj avec sa famille, qui s’est finalement très bien passé et qui nous a rapprochés, à la balade à cheval et à notre première fois dans mon endroit préféré…
Je finis la première moitié du sandwich et attrape la seconde.
– Je suis désolée pour… tout, je déclare en secouant la tête.
Il lève la main et la pose tendrement sur mon cou.
– Tu n’as aucune raison d’être désolée, répond-il en fronçant les sourcils. Ce qui s’est passé aux falaises… je ne m’attendais pas à une telle expérience. Je ne me suis jamais senti aussi connecté avec une femme. Je chérirai à jamais ce souvenir. Rien de ce qui s’est passé par la suite ne peut le changer.
– Mais c’est tout gâché, maintenant, je chuchote en baissant les yeux sur mon sandwich.
– Regarde-moi, Evie. Dans un couple, on se soutient dans les moments difficiles. Je suis heureux de pouvoir être là pour t’épauler.
Je ferme les yeux qui se remplissent de nouveau de larmes, mais je m’efforce de les retenir, j’ai déjà trop pleuré ce soir.
– Je ne te mérite pas, et tu mérites mieux qu’une femme meurtrie, je déclare.
Avant de descendre des falaises, le monde était à nos pieds, tout était possible. L’avenir était lumineux, merveilleux. Milo et moi. En couple. Mon rêve était enfin devenu réalité. Nous avions toute la vie devant nous. Et maintenant… c’est comme si l’univers s’en était mêlé et m’avait giflée pour me ramener à la réalité, j’ai eu les yeux plus gros que le ventre et j’ai été punie.
Toute ma vie a changé du tout au tout en une seule journée. J’ai fait une place à Milo dans mon cœur, et j’ai perdu mon père.
– Tu n’es pas meurtrie, tu souffres. Terriblement. Il y a une différence. Et c’est à moi de t’aider à panser tes plaies. Et c’est ce que je compte faire. Souviens-toi de ce que je t’ai dit, Nizhoni. Donne-moi tes peurs. Confie-moi tes blessures. Nous les guérirons ensemble.
– Tu es un homme incroyable, je chuchote en reniflant.
– Nous avons tous les deux traversé beaucoup d’épreuves avant d’arriver où nous sommes aujourd’hui. Avant de nous trouver l’un l’autre, pour partager à deux les hauts et les bas. Reste avec moi, Nizhoni. Nous traverserons cet orage ensemble et nous en ressortirons plus forts.
Je mâchouille ma joue, ne sachant pas comment faire une place à quelqu’un qui a envie d’être là pour moi.
– Je suis habituée à le faire seule. À gérer seule mes problèmes.
– Tu n’es plus seule. Tu dois apprendre à t’ouvrir et à me laisser entrer.
– Milo…
Il lève la main pour m’empêcher d’aller au bout de ma pensée.
– Si nous étions revenus des falaises et qu’on avait appris que mon père avait fait une crise cardiaque, est-ce que tu m’aurais laissé affronter ça tout seul ?
– Mon Dieu, non ! je m’exclame.
– Exactement, répond-il en souriant. Donc, je suis là pour toi. Pour répondre à tous tes besoins, te nourrir, te border, m’occuper de toi. Et un jour, c’est moi qui aurai besoin de toi. Et je suppose que tu seras là pour moi.
– Ça semble si simple quand tu le dis, je dis en coiffant mes cheveux derrière mon oreille.
– La seule chose que tu as à faire, c’est être ici, avec moi. Me laisser m’occuper de toi durant cette épreuve. Je suis fort, ce ne sera pas un problème.
Il m’offre un sourire si tendre, si pur et si plein d’empathie que mon cœur accélère et se remplit d’espoir.
– Je ne veux pas dépendre de toi ni profiter de toi, je dis d’une voix tremblante en le regardant dans les yeux.
– Ce n’est pas comme ça que marche l’amour. Du moins, pas le genre d’amour qui se tisse entre nous, répond-il d’un ton certain.
– Tu crois vraiment en nous… Tu nous crois vraiment capables de tenir sur la durée, une famille, le mariage, des enfants, une fin heureuse. Tout ça… ? je dis en retenant mon souffle pour attendre sa réponse.
Milo prend mon visage dans ses mains et le rapproche du sien.
– Non seulement j’y crois, Evie, mais tu y croiras toi aussi, bientôt.
– J’en ai envie. J’ai commencé à y croire, mais…
– Ce qu’on a ressenti sur les falaises était la réalité. Notre vérité. Je travaillerai chaque jour, chaque heure et chaque minute pour que tu croies en nous.
Il n’y a plus rien à dire, alors je m’empare de sa bouche et déverse dans le baiser toutes mes peurs, mes peines et tout mon amour.
Il penche ma tête sur le côté et répond fougueusement, langoureusement, avec une détermination sans faille. Il a pris une décision ce soir. Je le sens dans sa façon de bouger mon corps, de poser mon assiette sur la table basse, d’enlever la couverture et de me prendre sur ses genoux pour m’embrasser comme si j’étais à lui.
Or, je le suis.
J’ai envie d’appartenir à Milo Chavis.
L’homme de mes rêves.
Cet homme qui exauce tous les vœux que j’ai pu confier aux étoiles.
Il passe son bras dans mon dos et me serre fort contre lui, dévorant ma bouche comme si c’était sa dernière chance de le faire. Je m’agrippe à lui comme si ma vie en dépendait, gémissant dans sa bouche, reculant pour reprendre ma respiration avant de me replonger dans le baiser.
Il finit par promener sa langue sur ma gorge, qu’il embrasse et mordille, tout en glissant sa main dans mon dos, sous son tee-shirt. Mes tétons durcissent et mon sexe se met à pulser. Je sens son érection sous son pantalon de pyjama et je baisse la main pour l’empoigner.
Il pousse un grognement et appuie brusquement sa tête sur le dossier du canapé.
– Nizhoni, tu n’as pas les idées claires.
Je me lève et baisse ma culotte, puis je me penche pour saisir l’élastique de son pantalon. Je tire dessus jusqu’à ce qu’il soulève son bassin et, lorsqu’il en est débarrassé, je le jette par terre en admirant son sexe luisant.
En une fraction de seconde, je suis de nouveau à cheval sur lui, plaçant son gland entre mes lèvres.
– S’il te plaît, j’ai besoin de toi. J’ai besoin d’oublier ma douleur, même quelques minutes, je supplie.
Ses pupilles noires se dilatent et sa mâchoire se contracte.
– On ne s’est pas protégés, tout à l’heure…
– Je suis clean et je prends la pilule, et je te fais confiance, je réponds.
Je me penche pour m’emparer de sa bouche pulpeuse, mordillant et suçant sa lèvre inférieure avant de la lécher.
– Je te fais confiance, et je suis clean aussi, admet-il en soutenant mon regard tandis qu’il promène son gland sur ma fente avant de me faire asseoir sur sa verge.
C’est le paradis.
Comblée par Milo, je me cambre sous l’effet d’un plaisir fiévreux et inégalable.
Il jure plusieurs fois en navajo, puis il me fait avancer et reculer lentement sur lui tout en m’embrassant langoureusement. Nous poursuivons ainsi un long moment, posément et tendrement, jusqu’à ce qu’une chaleur brûlante nous enveloppe et que des frissons de plaisir explosent dans tout mon corps, me faisant accélérer et intensifier mes coups de bassin.
Milo empoigne mes hanches, je m’appuie sur ses épaules puissantes. Nous sommes toujours en tee-shirt, mais peu importe, nous sommes liés de la seule manière qui compte. J’accélère encore et encore, à bout de souffle, et chaque va-et-vient me fait grimper plus haut, me rapproche un peu plus du précipice.
Il passe ses bras dans mon dos et m’attire à lui, plaquant nos torses l’un contre l’autre en s’emparant de ma bouche, me poussant vers le bas pour écraser mon clitoris avec son bassin.
Il pousse un grognement dans ma bouche et je l’avale, il en fait de même avec mon cri de joie. Nos orgasmes semblent durer des heures, prolongés par celui de l’autre, jusqu’à ce que nous nous embrassions maladroitement, mollement, balançant doucement nos hanches, et nous revenons sur terre en même temps.
Mon corps semble alors se liquéfier contre le sien, et il accepte mon poids, soupirant joyeusement.
– Je suis tellement fatiguée, je dis en nichant ma tête dans le creux de son cou avant de fermer les yeux.
– Dors, Evie. Laisse-moi prendre soin de toi.
Je hoche la tête contre lui et m’endors aussitôt dans les bras de l’homme que j’aime, satisfaite d’oublier tout ce qui s’est passé aujourd’hui… du moins le temps d’une nuit.
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