Wish T2 Evie

Audrey Carlan · Chapitre 22 sur 24

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Wish T2 Evie

Chapitre 20

 

 

– Arrête de gigoter, tu me rends folle, je gronde en posant ma main sur la cuisse de Suda Kaye, qui rebondit non-stop depuis que nous nous sommes assises dans la salle d’attente de la First National Bank, à Chicago.

J’ai connu des hauts et des bas durant cette dernière semaine, mais Milo a été d’un soutien précieux, comme toujours. Il m’a réconfortée quand j’ai craqué sans raison apparente et il a ri avec moi lorsque je me suis souvenue de choses que disait papa, quand j’étais petite. Il a même cuisiné des plats exotiques dont maman nous avait parlé en rentrant de ses voyages. Il a tout fait pour que je me sente proche d’eux.

Le moins que je puisse dire, c’est que me forcer à ne penser à mes parents qu’à travers les bons souvenirs a été intéressant, difficile, mais nécessaire. Milo m’a beaucoup aidée en me posant des questions sur ce qu’on faisait, m’aidant à sa manière à les maintenir vivants dans mon cœur.

Lorsqu’on est rentrés de la réserve, il a enlevé tout ce qui reposait sur l’étagère au-dessus de la cheminée et y a placé le drapeau de papa au centre, puis il m’a demandé une photo de lui. Le lendemain, je suis donc allée chez le photographe pour en imprimer une, ainsi que la photo de Suda Kaye et Camden le jour de leur mariage, le selfie de Milo et moi pris sur les falaises ainsi que des photos de Milo avec ses parents et sa sœur, une photo de mon grand-père avec sa coiffe et son immense collier, et enfin, une superbe photo de ma mère. Elle y est vêtue d’une robe à fleurs bleues et pourpres, d’un foulard banc à pois noirs et d’énormes créoles en argent dont pendent des perles de toutes les couleurs. Ses cheveux ébène sont attachés en demi-queue-de-cheval et lui arrivent à la taille. Elle est assise en tailleur par terre, les mains jointes devant elle, le regard perdu dans le vague. Toko m’a dit qu’elle devait avoir environ vingt ans. Pour moi, cette photo symbolise parfaitement ma mère.

Un esprit libre, rêveur et contemplatif.

Le banquier marche vers nous, Suda Kaye se lève d’un bond et saisit ma main.

– Je peux vous emmener à la salle des coffres, à présent, dit-il en nous indiquant le chemin.

– Je suis tellement stressée, chuchote Suda Kaye, serrant ma main comme une fillette qui a peur de traverser la rue.

– Je pensais que tu serais excitée d’apprendre un des secrets de papa, je réponds d’un ton moqueur, cherchant à la détendre.

– Pourquoi tu ne paniques pas, toi ?

– Il ne sert à rien de stresser à propos de choses qui ne se sont pas encore produites ; ce n’est pas toi qui disais ça ?

Elle me fait les gros yeux.

– Depuis quand tu es devenue la meuf la plus cool et détendue de la famille ? Ce doit être l’influence de Milo, le mec le plus zen sur terre.

– Zen ? Pas du tout. Milo est juste réservé et réfléchi.

– Eh bien, quoi qu’il en soit, ça déteint sur toi.

Le banquier nous emmène dans une vaste salle dont les murs sont recouverts de plaques dorées de toutes les tailles, avec des numéros gravés dessus et de petites serrures. Il nous guide vers un des coffres de taille moyenne et insère sa clé dans la serrure de gauche.

– À vous, Mademoiselle Ross, dit-il en désignant la clé à laquelle je m’agrippe depuis que nous avons passé la porte du bâtiment.

Je l’insère dans la serrure et nous déverrouillons le coffre-fort. J’ouvre la porte, et il hoche la tête en direction de la porte.

– Je vous laisse seules.

– Merci, je marmonne en sortant la lourde boîte métallique du coffre pour la poser sur la table au milieu de la salle.

Suda Kaye frissonne, tant elle est nerveuse. Je pose ma main sur son épaule et la regarde dans les yeux.

– Sœurette, détends-toi. Quoi qu’on découvre, ça ne changera rien entre nous. On est sœurs, on est avec les hommes de nos rêves et on construira de belles vies avec eux.

– Tu as raison, acquiesce-t-elle.

Nous prenons toutes les deux une profonde inspiration avant de vider tout l’air de nos poumons.

– Ok, je déclare en soulevant le couvercle, sursautant lorsqu’il frappe la table avec fracas.

Suda Kaye se met à glousser et nous finissons par rire aux éclats, les yeux rivés sur les dizaines d’enveloppes roses que contient la boîte.

– Des lettres de maman… Des dizaines, dit-elle en tendant la main pour décaler le ruban rose que nous connaissons si bien afin de lire le nom écrit dessus.

Isabeau.

Je sors la pile et la pose sur la table. Au fond du coffre, il y a une grande enveloppe jaune sur laquelle sont écrits nos noms. C’est l’écriture de papa.

– Celle-ci est pour nous.

Je l’ouvre et la vide sur la table. Elle contient une petite enveloppe rose, cette fois c’est maman qui a écrit nos prénoms. Il y a aussi une demi-douzaine de photos et une lettre que papa nous adresse.

Suda Kaye prend les photos et les pose une par une sur la table. Elles ont un ordre, apparemment. La première est celle d’un bébé emmitouflé dans une couverture rose, avec un bonnet vert pâle sur la tête. Ensuite, une photo de maman tenant ce bébé, dans un lit d’hôpital.

– Qu’est-ce que… commence Suda Kaye en posant la suivante.

On y voit une fillette rousse devant un gâteau d’anniversaire avec deux bougies. La suivante est de la même fille, vers cinq ans, souriant à la caméra devant la grille d’une école. Je connais bien ce sourire. C’est le même que le mien et celui de Suda Kaye, puisqu’il nous vient de maman. La photo suivante montre la fillette vers dix ans, préparant un gâteau aux côtés d’un bel homme aux cheveux roux, qui doit être son père. Ensuite, on la voit préadolescente, vêtue d’une robe de bal, sans doute avant un bal de fin d’année, au collège. La dernière image montre la même jeune fille en tenue de remise de diplôme, marquant la fin du lycée.

– Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, Evie ! siffle Suda Kaye en reculant contre le mur de coffres, les yeux écarquillés de terreur.

– On ne sait pas ce que ça veut dire, sœurette, je dis en levant les mains vers elle.

– Bien sûr que si ! Cette… cette fille est notre sœur ! Maman a eu un bébé avec ce mec roux ! déclare-t-elle en se passant la main dans les cheveux pour les tirer. C’est complètement dingue !

Je pose mes mains à plat sur la table, étudiant chaque photo de cette fille, que je présume être Isabeau. Je suis en train de me creuser la tête lorsque je me souviens que nos parents nous ont laissé des lettres.

– Viens par là, Suda Kaye. Lisons les lettres, je dis en posant le courrier de papa sur la table pour qu’on puisse le lire en même temps.

Evie et Suda Kaye,

Si vous lisez cette lettre, c’est que votre bon vieux papa est parti. Tout d’abord, je veux vous dire que je suis désolé, mes petites.

Désolé de ne pas avoir été honnête avec vous à propos de la dangerosité de mon métier.

Désolé de ne pas vous voir fonder vos propres familles.

Je suis désolé de ne pas toujours avoir été là pour vous durant votre enfance, pour vous apprendre ce qu’un homme doit enseigner à ses filles.

Désolé de ne pas avoir su vous accompagner après le décès de votre mère.

Je suis désolé d’avoir gardé ce secret.

Votre mère a eu un autre enfant. Une fille. C’était voulu, et j’étais au courant dès le début. C’est très dur à expliquer, et j’espère que la lettre de votre mère vous apprendra ce que je ne peux pas vous dire. Sachez juste que ce bébé était un cadeau pour Ian et son mari, envers qui elle se sentait redevable, pour des raisons que je ne saurais exprimer. Ils ne pouvaient pas avoir d’enfant et ils ont demandé de l’aide à votre mère. Elle a donc accepté d’être leur donneuse et leur mère porteuse.

Cela a eu lieu quand vous aviez cinq et trois ans.

Elle s’appelle Isabeau Collins.

Votre demi-sœur.

Votre mère a accepté de laisser Isabeau être élevée par ses pères, et seulement eux, sans qu’elle ne soit impliquée dans son éducation, car ç’aurait été trop perturbant et dévastateur pour tout le monde.

C’est l’acte le plus altruiste qu’elle a commis de toute sa vie, et je l’admire pour ça.

Vous devez comprendre pourquoi on ne pouvait pas vous parler d’Isabeau. Elle ne sait même pas qu’elle a une mère ni deux demi-sœurs. Malgré cela, votre mère a toujours aimé Isabeau et ses pères sont restés en contact en envoyant ces quelques photos, au fil des années. Votre mère a toutefois accepté de rester à distance.

Je ne pouvais pas vous cacher son existence plus longtemps. Maintenant que nous sommes tous les deux partis, je laisse la décision entre vos mains. Mes brillantes et sublimes filles pleines d’amour. La dernière adresse connue pour Isabeau est notée au dos de cette lettre.

Vous me manquez toutes les deux. Vous me manquerez à jamais.

Sachez que je vous aimerai, vous et votre mère, jusqu’à la fin des temps.

Votre père,

Adam Ross

– Waouh, ça fait beaucoup d’infos à encaisser, je dis en pliant la lettre.

L’adresse d’Isabeau est en effet écrite dessus, et elle m’apparaît comme un défi.

– Alors… on a une sœur.

– On a une sœur, je répète sans savoir comment appréhender ce que je viens de lire.

– Qui est la fille de mon père, il semblerait, ajoute Suda Kaye, sous le choc.

Je caresse le bras de ma sœur, puis je ramasse les photos et les lettres, et les remets dans la grande enveloppe avant de la glisser dans mon tote-bag.

– Rapportons tout ça à l’hôtel, je déclare.

– Ouais, on en parlera autour d’une bouteille de tequila, répond ma sœur.

– Carrément.

Lorsque nous rentrons à l’hôtel, Suda Kaye nous commande des burgers et des frites, ainsi qu’une bouteille de tequila. Nous sommes assises sur le lit, à dévorer notre repas en sirotant la tequila dans des verres à cocktail. On aurait pu s’installer dans la maison de papa, mais cela nous a semblé intrusif et… bizarre. On ne sait toujours pas ce qu’on va en faire ni pourquoi il avait un pied-à-terre à Chicago. Il aurait été moins choquant qu’il en ait eu un à Washington puisqu’il travaillait pour l’armée. Mais Chicago… ? À moins qu’il ait gardé un œil sur Isabeau, de loin ? Ça ne me choquerait pas trop, venant de mon père et de ma mère.

– Tu crois qu’on a assez bu pour ouvrir la lettre de maman ? demande Suda Kaye, me tirant de mes pensées.

– Non, je réponds en toute honnêteté.

Je me sers un autre verre et le vide d’un trait, laissant l’alcool me brûler la gorge et le ventre.

– À ton avis, on l’ouvre quand ? Avant ou après avoir vu Isabeau ? demande-t-elle comme s’il était évident que nous allions partir à la rencontre de notre demi-sœur.

– Tu es sûre qu’on va la voir ? Après tout, elle doit avoir… vingt-cinq ou vingt-six ans ?

Suda Kaye remplit son verre en hochant la tête.

– Justement. Elle est assez grande pour apprendre qu’elle a deux sœurs.

– Peut-être, mais… et si ses pères lui ont déjà dit ?

– Impossible. Elle aurait forcément cherché à nous contacter.

– Je ne sais pas, Suda Kaye. On ne sait rien de cette femme. Elle pourrait être horrible.

Suda Kaye boit son verre cul sec et le repose avec un « Aaaah ».

– Les gènes de maman sont forcément ressortis chez elle, ne serait-ce qu’un peu, et maman était géniale. Elle aimait tout le monde, et toute chose sur terre.

– Ouais, mais elle a aussi deux pères. Et c’est eux qui l’ont élevée.

– Deux mecs gays, répond ma sœur en pointant son doigt sur moi. Dont un doit être bi, si c’est mon père. Or, tous les homos que je connais sont ouverts d’esprit et super-cool, dit-elle.

J’y réfléchis un instant en pensant aux gens que je connais qui sont homos, et je me rends compte que ma sœur n’a pas tort.

– Techniquement, c’est un cliché, sœurette. Je suis sûre qu’il y a plein de connards gays sur terre, aussi.

– Eh bien, je suis ravie de n’en avoir rencontré aucun, ricane Suda Kaye. Non mais sans rire, Evie, je ne peux pas rester sans rien faire. C’est notre sœur. Le sang de maman coule dans ses veines. En plus, l’un de ses pères est mon père biologique. Si j’ai la possibilité de le rencontrer, il faut que je le fasse.

– Je sais, j’admets en posant ma main sur sa joue. Ce serait triste qu’il ne te rencontre pas.

Elle sourit tandis que je caresse sa pommette, identique à la mienne et identique à celle d’Isabeau. À l’évidence, nous avons toutes hérité de la structure osseuse de notre mère.

Je baisse la main et regarde le tote-bag posé sur la commode.

– Tu peux vraiment savoir qu’elle existe et ne pas la rencontrer ? demande ma sœur en prenant ma main.

Je secoue la tête parce que si on ne le fait pas, cela me hantera pour toujours. Par ailleurs, je crois que Suda Kaye a besoin de savoir qui est son père, même si elle n’en parle pas. C’est presque comme si elle y prêtait moins attention qu’à la question d’Isabeau, alors que je sais que ça doit la travailler.

– Très bien.

Je me lève et ouvre le sac, fouillant parmi les lettres adressées à Isabeau, ne sachant pas bien ce qu’on est censées en faire. Je saisis celle que maman nous a laissée, et je reviens m’asseoir sur le lit.

– Sers-nous un autre verre. Je vais en avoir besoin.

Suda Kaye s’exécute, puis elle me donne mon verre avant de lever le sien.

– À Isabeau, dit-elle en souriant.

– En espérant qu’elle est prête à voir débarquer les sœurs Ross dans sa vie, j’ajoute.

Nous trinquons et vidons nos verres d’un trait, puis j’ouvre la lettre de maman.

À mes chères filles, Evie et Suda Kaye,

Votre père m’a demandé de vous écrire cette lettre dans l’éventualité où nous mourrions tous les deux. Je déteste penser que vous êtes désormais seules au monde, mais j’espère que vous avez rencontré les hommes de vos rêves et que vous menez des vies heureuses et pleines de magie.

C’est mon plus grand souhait pour vous deux.

Comme vous le savez désormais, vous avez une demi-sœur.

Isabeau.

Pour que vous compreniez ce qui s’est passé, je dois revenir en arrière, avant la naissance de Suda Kaye. Votre père et moi venions d’avoir Evie ; tu avais un an. J’ai souffert d’une terrible dépression post-partum. Votre père menait une guerre dont personne ne connaissait l’existence, et j’étais sur la réserve avec Toko, la tête pleine de pensées lugubres : je pensais échouer en tant que mère et en tant que femme.

Toko m’a poussée à chercher du répit, car il comprenait, lui, que mon âme ne s’épanouissait qu’avec le vent, contrairement à Adam qui était furieux de savoir que j’avais besoin de me séparer de notre fille, alors qu’il était au front pour défendre son pays et subvenir aux besoins de sa famille. Nous nous sommes mis d’accord pour nous séparer, pour trouver notre bonheur et nous retrouver un an plus tard. Je n’ai jamais pu vous expliquer cela ; vous étiez trop jeunes pour comprendre la relation que j’avais avec votre père. Je crois d’ailleurs que personne ne la comprenait.

J’aimais Adam plus que n’importe quel homme sur terre. Nos âmes n’étaient parfaitement comblées que lorsque nous étions ensemble. Toutefois, nous n’étions pas faits pour un mariage conventionnel. Ça ne marchait pas, pour nous. Nous l’avons vite compris et nous avons accepté que lorsque nous étions ensemble, nous profitions pleinement de la vie. Puis nous nous séparions et menions chacun notre vie.

Cela peut paraître étrange de dire que nous avions un mariage libre, mais c’était le cas. Durant ses mois ou ses années d’absence, Adam voyait d’autres femmes, et moi, je fréquentais d’autres hommes si j’en avais envie.

Néanmoins, votre père et moi nous aimions et nous respections profondément. Il est le plus grand amour de ma vie et il a toujours été mon meilleur ami.

Suda Kaye, ton père s’appelle Ian Kamal Collins. Il est marié à Casey Collins, le père biologique d’Isabeau. J’ai rencontré Ian lors d’un festival, et on s’est tout de suite entendus. Nous sommes devenus amants et proches amis. Quand j’ai découvert que j’étais enceinte, il n’était pas prêt à être père et je n’étais pas prête à partager un enfant avec lui. Mon bébé serait élevé par Toko et son père serait Adam Ross. Après de longues et difficiles conversations, il a fini par accepter que ce serait pour le mieux, et je suis partie.

Environ trois ans plus tard, j’ai reçu une requête désespérée de la part de Ian. Il voulait que je sois donneuse d’ovocytes et leur mère porteuse. Ils avaient déjà trouvé une femme pour le faire, grâce à un don de sperme, mais à la naissance de l’enfant, elle a refusé de le leur donner. Or, comme l’enfant n’était pas biologiquement à eux, ils n’avaient aucun recours légal pour se battre.

J’ai longtemps prié pour savoir quoi faire et j’ai fini par accepter. Adam a accepté également. Nous avons donc commencé la FIV, et c’est Casey qui allait être le père biologique de l’enfant. Je suis tombée enceinte tout de suite, comme si c’était le destin. Lorsque j’ai été enceinte d’environ six mois, je vous ai laissées avec Toko et j’ai terminé ma grossesse chez Ian et Casey, où je suis restée jusqu’aux trois mois d’Isabeau.

Puis, un matin, j’ai su qu’il était temps pour moi de partir. J’avais besoin de bouger, mes ailes avaient besoin de voler et mon cœur avait désespérément besoin de rentrer auprès de vous, chez Toko.

J’ai embrassé ma fille sur la tête, lui ai dit que je l’aimais, et je suis partie. Je n’y suis jamais retournée, même s’ils m’ont envoyé une photo de temps en temps.

Ça a été la chose la plus difficile de ma vie, mais je savais qu’il fallait que je le fasse.

J’espère que vous pourrez comprendre. Je suis désolée, mes chéries, de ne jamais vous avoir parlé d’Isabeau, mais elle n’était jamais censée être mienne.

Toko connaît son existence, parce qu’il a dû m’aider durant les premiers mois après que je l’avais quittée. Il dit qu’il ne quittera pas cette terre tant qu’il n’aura pas tenu sa petite-fille de sang dans ses bras, sans avoir pu la regarder dans les yeux.

Ça, je le laisse entre les mains du destin.

Portez-vous bien, mes chéries.

Je vous aimerai jusqu’à ce que toutes les étoiles tombent du ciel.

Maman

– Waouh, c’était intense, chuchote Suda Kaye, comme si elle avait peur de rompre la connexion avec notre mère.

– Maman dit qu’Isabeau n’était jamais censée être à elle.

– Ouais, et alors ?

– Ben, la question qui se pose à présent c’est… est-ce qu’elle est censée être à nous ?

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