Wish T2 Evie

Audrey Carlan · Chapitre 5 sur 24

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Wish T2 Evie

Chapitre 3

 

 

Quand j’arrive chez Bryant Brews à sept heures moins le quart, le bar est bondé. L’hôtesse d’accueil s’approche, mais je la remercie d’un geste de la main, ayant prévu d’aller directement au comptoir. Ça fera moins rencard, et il y aura plus de bruit. Hélas, les seules places libres sont autour d’une table flanquée de banquettes. Je soupire et m’y installe, prenant aussitôt la carte des boissons. Il va me falloir une bonne dose d’alcool pour tenir face à Milo.

Je suis en train de lire le menu lorsqu’on me tapote l’épaule. Je lève la tête et découvre le visage souriant de Porter Bryant, le propriétaire, qui est aussi un ami de longue date.

Je me lève, et il m’attire aussitôt dans ses bras.

– Hey, ça fait longtemps, je dis en souriant, mes mains sur ses biceps.

Selon moi, Porter est le plus beau des frères Bryant, parce qu’il a un charme fou, mais aussi parce qu’il est le plus cool de tous. Avec ses cheveux bruns et ses yeux marron si gentils et expressifs, il séduirait n’importe quelle femme. Mais c’est surtout la confiance et l’aisance qu’il dégage qui me séduisent chez lui.

– Comment ça va, Sunshine 1 ? demande-t-il, employant le surnom que les Bryant m’ont attribué.

– Bien. Apparemment, les affaires marchent bien ? je réponds en désignant la salle bondée d’un geste de la main.

– Toujours, oui. Tu attends quelqu’un ? demande-t-il en caressant mon épaule avec son pouce.

C’est un geste anodin mais aussi sensuel, et je frissonne sous mon chemisier en soie.

Il ricane en me voyant gênée, et hausse un sourcil d’un air arrogant.

– Oui, moi, dit une voix, parfaitement audible malgré le brouhaha ambiant.

Je tourne la tête pour découvrir Milo, vêtu d’un pantalon de costume noir et d’une chemise rouge. Les manches sont retroussées sur ses bras musclés et ses cheveux sont lâchés. Il me suffit de voir ces mèches ébène tomber sur les larges épaules de ce demi-dieu amérindien pour que mes genoux se mettent à trembler.

J’ouvre la bouche pour parler lorsque Milo m’empoigne par le bras et m’attire à lui, loin de Porter. Son bras entoure ma taille, et il baisse la tête pour m’embrasser sur la joue.

– Tu es superbe, Nizhoni, chuchote-t-il dans mon oreille.

Crispée de la tête aux pieds, je reste figée, ne sachant quoi faire ni quoi dire tant sa présence me perturbe.

– Vous êtes ? demande Porter d’un ton irrité.

Je me tourne vers mon ami et me rends immédiatement compte de mon erreur lorsque le bras de Milo ne me lâche pas et que sa main se retrouve sur mon ventre, plaquant mon dos contre son torse. Sa chaleur me pénètre alors et je fais tout mon possible pour ne pas tomber en pâmoison, m’efforçant plutôt de me rappeler que c’est un dîner d’affaires, pas un rencard.

– Milo Chavis, je te présente Porter, mon ami, et le frère de Camden, je déclare.

– Tu es le petit frère de CJ ? répond Milo.

– Ouais, acquiesce Porter.

– On a été à la fac ensemble. C’est moi qui ai mis Suda Kaye en contact avec le fonds d’investissement de Camden.

– Ah, oui, s’exclame Porter en claquant des doigts, je me souviens, maintenant. Cool, mec. Ravi de te rencontrer, dit-il en tendant sa main à Milo.

Plutôt que de me lâcher pour la prendre, Milo me place à ses côtés sans desserrer son étreinte et salue Porter de sa main droite.

Mon ami ne rate pas le geste de Milo, il fronce les sourcils.

– Tu sors avec Evie ? demande-t-il d’un ton étonné.

– Non, on est juste amis, je réponds en secouant la tête alors que Milo répond : « C’est l’objectif. »

Je fais un pas de côté et lève la tête vers les yeux noirs de Milo.

– De quoi tu parles ?

– J’ai été on ne peut plus clair, hier soir, quant à mon attirance pour toi, répond-il.

– Tu es sérieux ? je rétorque en pressant mes mains sur son torse.

– Oui, acquiesce-t-il fermement.

– Oui ? Mais de quoi tu… Tu as dit que tu voulais parler affaires !

– Et c’est le cas.

Je secoue la tête, essayant de recouvrer mes esprits.

– C’est dingue. Je ne te suis pas. Tu as dit que tu avais de l’affection pour moi.

– C’est vrai aussi. Énormément d’affection.

Il sourit jusqu’aux oreilles et des papillons s’envolent dans mon ventre.

– Tu es une femme incroyable. Je peux avoir de l’affection pour toi et être attiré par toi.

Ne sachant pas quoi répondre, je me contente de le regarder dans les yeux. Et je m’y perds. Je n’ai jamais eu l’occasion d’admirer son regard de si près, ses yeux sont magnifiques, comme deux onyx noirs entourés d’épais cils noirs. Quant à ses pommettes, elles sont si spectaculaires que j’ai envie d’en dessiner le contour du bout du doigt. Et c’est sans parler de sa bouche… D’ailleurs, mieux vaut que je ne m’y attarde pas, car mes pensées s’emporteraient et me feraient inexorablement espérer en vain.

– Euh… j’y vais. Je vous laisse régler vos différends, dit Porter. À plus, Sunshine. Je t’envoie un verre de ce vin que tu as aimé l’autre fois.

Morte de honte, je le regarde partir en rougissant. Je n’en reviens pas d’avoir oublié que Porter était là, mais c’est bien le cadet de mes soucis. Je ravale ma gêne, lève le menton et me force à me ressaisir en me concentrant sur l’homme qui me garde si près de lui. Milo me tient toujours fermement contre lui et ne semble pas avoir l’intention de bouger.

– Milo, tout ça est très bizarre. On est censés parler de la proposition commerciale que tu veux me faire, pas se faire des papouilles.

Ses lèvres esquissent le plus beau sourire que j’ai jamais vu, et mon sang s’embrase. Je n’ai pas le moindre contrôle de mes émotions ni de mes désirs physiques en étant collée à l’homme de mes rêves.

– Avant de te lâcher, j’ai besoin que tu saches que je n’ai jamais dit que je ne voulais pas être avec toi. J’ai simplement dit que je voulais parler boulot avant.

Ses paroles parviennent difficilement à mon cerveau embué, mais mes synapses se remettent enfin en marche, du moins suffisamment pour donner l’ordre à mes jambes de tenir sans l’aide de Milo.

Je fronce les sourcils et tente de reculer, mais il ne me lâche toujours pas.

– Je n’ai pas fini de te vouloir contre moi, Nizhoni.

Il baisse la tête et m’embrasse sur la tempe avant de promener son menton sur ma joue, puis sur ma mâchoire. Ses longs cheveux chatouillent ma peau et je ferme les yeux, respirant ce parfum de cuir et de feu de cheminée qui l’a toujours accompagné.

Soudain, je le sens m’embrasser dans le cou et je frissonne en plantant mes ongles dans son torse.

– Mmm, je te fais de l’effet. C’est parfait, murmure-t-il contre ma peau, me caressant de son souffle chaud.

Je vide tout l’air de mes poumons, perdue et submergée de désir.

– Arrête, je réponds en poussant sur son torse pour reculer. Je ne comprends pas ce qui se passe, je rouspète en m’installant sur une banquette.

Ses lèvres tressautent, m’indiquant que la situation l’amuse, et il s’assoit en face de moi. Une serveuse arrive alors et pose un grand verre de vin blanc sur la table. Je le saisis comme si ma vie en dépendait, et j’en bois plusieurs grosses gorgées. Je me sens sur le point de défaillir tant mon cœur bat fort dans ma poitrine et je suis plus confuse que jamais.

– Je vais prendre une Colorado IPA. Je prendrai aussi un faux-filet, à point. Des pommes sautées et des légumes. Evie ? Tu as déjà dîné ici, qu’est-ce qui te ferait plaisir ?

Je me force à lâcher le verre à pied auquel je m’accroche comme un bébé à son doudou.

– Euh… la même chose.

– Ce sera tout, pour l’instant, déclare Milo à la serveuse avant de river son regard magnétique sur moi.

Je regarde mon verre en me raclant la gorge.

– Tu voulais parler du travail ? je demande d’une voix toute tremblante.

Je ne me suis pas remise de son étreinte et de ses baisers. Ils avaient beau être sur ma tempe et mon cou, je n’ai jamais vu Milo aussi démonstratif. D’ailleurs, je ne le pensais pas capable d’être aussi… intime.

– J’ai changé d’avis. On ne parlera pas de boulot.

– Mais… je commence en fronçant les sourcils.

– C’est toi que je veux, déclare-t-il en s’accoudant sur la table et en joignant ses mains pour y appuyer son menton.

Son regard me transperce et ne me quitte plus.

– Désolée, mais je ne crois pas avoir bien compris. Tu veux quoi ?

Je n’ai jamais été aussi perdue de toute ma vie.

– Toi.

Je gonfle mes poumons et expire lentement.

– Milo, je ne comprends pas.

– Bien sûr que si.

– Non, je ne comprends pas, on se connaît depuis longtemps et tu ne m’as jamais donné la moindre indication que je te plaisais. Du moins, pas avant que je me ridiculise hier soir. Et…

– Je n’étais pas en mesure de te faire part de mon intérêt, avant. Maintenant, si.

Je fronce les sourcils et empoigne mon verre, j’avale si vite que le liquide froid me brûle la gorge.

– Toi, moi, on… je suis perdue.

Mes paroles le font sourire, et il recule sur la banquette pour croiser ses bras, me faisant penser à un dieu imposant qui regarde son disciple.

– Alors, je vais être bien clair, Evie. Je te veux, toi, de toutes les façons qui comptent.

Je cligne bêtement des yeux, mon verre à quelques centimètres de ma bouche. Il esquisse un sourire en coin et se rapproche de nouveau, posant ses mains à plat sur la surface en bois. La table semble minuscule, maintenant que son torse massif est penché dessus.

– Je te veux dans ma vie. Je te veux comme associée, je te veux dans ma maison et je veux ton superbe corps nu sous le mien, dans mon lit. C’est suffisamment clair, Nizhoni ?

Chacune de ses phrases me fait tressaillir et je dois me retenir de me jeter dans ses bras. Milo vient de formuler tout ce dont j’ai toujours rêvé, mais mon cerveau peine à enregistrer les informations. Je ne comprends toujours pas comment on en est arrivés au point où il me dit qu’il me veut comme collègue, mais aussi dans sa vie et dans son lit.

– Euh, ouais. C’est très clair. Limpide, même, je bégaie avant de vider mon verre.

La serveuse apporte nos plats et les pose devant nous.

– Je vais prendre un autre grand verre de vin. Énorme. Le plus grand que vous ayez. S’il vous plaît. Et merci.

Milo ricane, sort sa fourchette et son couteau de la serviette dans laquelle ils sont enroulés, et pose celle-ci sur ses cuisses.

– Mange. Tu vas avoir besoin de forces. Nous avons beaucoup à discuter.

 

En fin de compte, mon repas a surtout consisté en de copieuses quantités de vin blanc. J’ai enchaîné les verres, évitant d’aborder tout sujet sérieux. Dès l’instant où Milo a parlé de m’avoir nue dans son lit, mon QI semble avoir disparu et mon cerveau être parti en vacances, laissant ma libido danser la macarena et donner les instructions à ma bouche.

Heureusement, Milo est un véritable gentleman, et c’est lui qui m’a reconduite chez moi. Cela dit… je ne suis pas sûre de ce qui s’est passé ensuite.

De minuscules éclats de souvenirs me reviennent au réveil.

Je me rappelle m’être accrochée à la taille de Milo tandis qu’il déverrouillait ma porte.

Je me souviens qu’il m’a emmenée dans ma chambre.

Je crois bien avoir sorti sa chemise de son pantalon pour plaquer mes mains sur son ventre chaud.

Je ne pense pas me tromper en le voyant me déshabiller.

Mais après ça… c’est le trou noir.

Je m’assois dans mon lit et plaque une main sur mon front douloureux.

– Mon Dieu, qu’est-ce qui s’est passé hier soir ? je marmonne en massant mes tempes.

– Tu as bu toute la cave du restau, Nizhoni, dit la seule voix que je ne veux absolument pas entendre ce matin.

Je lève la tête et vois Milo debout dans ma chambre, vêtu de son pantalon et d’un marcel blanc. Ses pieds sont nus, ses superbes cheveux lâchés, et il tient dans ses mains une tasse fumante. Je renifle de merveilleux arômes de café.

– Milo… Tu es toujours là ? je demande en repoussant la couette pour me lever, non sans mal.

– Je ne pouvais pas partir.

– Pourquoi ?

– Premièrement, parce que c’est toi qui portes ma chemise.

Je baisse les yeux et mon cœur s’emballe lorsque je découvre qu’il dit vrai.

– Ensuite, je ne te laisserais jamais chez toi sans m’assurer que la porte est verrouillée. Pas dans l’état où tu étais. Je voulais rester dans les parages au cas où tu aurais eu besoin de moi dans la nuit.

Je promène mes mains sur mon corps et constate que je suis en sous-vêtements sous sa chemise, dont un seul bouton est fermé sur mon ventre et rien d’autre.

– Est-ce qu’on a… ? je demande en désignant mon lit, baissant honteusement la tête.

Il éclate soudain de rire, et je l’observe, aussi fascinée qu’horrifiée. Fascinée parce qu’il est tout simplement sublime lorsqu’il rit à gorge déployée, mais horrifiée parce que je ne me souviens vraiment pas de ce qui s’est passé après qu’il m’a déshabillée.

– Milo, s’il te plaît, on a couché ensemble ?

Je me redresse, épaules en arrière, prête à assumer ce qu’on a pu faire, même si j’étais on ne peut plus saoule.

Il quitte l’embrasure de la porte où il se tient et pose la tasse sur la commode. Il avance vers moi et m’attire dans ses bras, joignant ses mains dans mon dos.

– Mon adinidiin, tu me fais rire.

– Ça veut dire quoi, adinidiin ?

– Ma lumière, répond-il en me souriant tendrement, comme si j’étais l’objet le plus précieux sur terre.

Je contracte ma mâchoire et grimace en me sentant soudain mal à l’aise. Je suis dans ma chambre, collée au torse presque nu de Milo, c’est moi qui porte sa chemise. Et je ne sais toujours pas pourquoi je l’ai sur moi, et voilà qu’il rit et m’appelle « sa lumière ». J’ai l’impression de m’être réveillée dans un monde parallèle.

– Je dors encore ? Peut-être que tout ça n’est qu’un rêve ? je dis en me passant les mains dans les cheveux.

– Tu ne dors pas, mais je veux bien croire que ton cerveau est encore embué après tout le vin que tu as bu.

Je hoche la tête sans un mot.

Il sourit, baisse la tête et effleure mon nez avec le sien avant de m’embrasser au coin de la bouche.

– Viens. J’ai préparé le petit déj.

Sans autre explication, il saisit ma main et m’emmène dans la cuisine. Je me laisse faire en essayant de suivre ses grandes enjambées. Il sort un tabouret de sous le comptoir et je m’y assois, glissant mes mains sous mes cuisses. Milo fait le tour du bar et se dirige vers la cafetière pour me servir une tasse. Je le regarde faire, fascinée de voir les muscles de ses épaules et de ses bras se bander à chacun de ses mouvements.

Il est immense, et sa peau semble lisse. Je me demande si elle est douce.

– Qu’est-ce que tu mets dans ton café ? demande-t-il, me tirant de mes rêveries.

– De la crème. Beaucoup. Avec une grosse dose d’Ibuprofène, je marmonne.

Je suis surprise lorsqu’il pose aussitôt la boîte de médicaments devant moi. Il me fait un clin d’œil, puis il retourne au frigo pour sortir la crème, qu’il verse dans ma tasse avant de la poser devant moi.

– Où tu as trouvé l’Ibuprofène ? je demande.

– Dans le placard de la salle de bains.

– Tu as fouillé dans mon placard ? Ça ne se fait pas ! Tu ne peux pas faire ça chez les gens, c’est une violation de ma vie privée !

Je prends la tasse et la tiens devant mon visage pour me réchauffer les mains.

Il hausse les épaules, se fichant de ce que je lui dis, puis il ouvre de nouveau le frigo. Il en sort des œufs et les pose à côté de la gazinière, où des tranches de bacon cuisent déjà à feu doux.

– Tu as l’air sacrément à l’aise étant donné que c’est la première fois que tu viens ici et qu’on n’a fait que coucher ensemble pour une nuit, je lance d’un ton grinçant.

Il se fige, immobile face à la gazinière pendant plusieurs secondes, avant de couper le feu, de faire volte-face et de contourner le bar pour venir vers moi. Je pose ma tasse et tourne sur le tabouret pour lui faire face, mais il prend aussitôt le dessus en saisissant mes genoux pour écarter mes jambes et se placer entre mes cuisses.

Entre mes cuisses.

Je retiens mon souffle et recule lorsqu’il se penche vers moi. Il pose alors ses mains sur le bar, derrière moi, m’emprisonnant entre ses bras.

– Écoute-moi bien, Evie, car je ne vais le dire qu’une fois. On n’a pas couché ensemble hier soir. Mais ce sera pour bientôt, et quand ce sera le cas, tu seras parfaitement réveillée, sobre, et tu me supplieras de ne jamais m’arrêter. Entre toi et moi, ce n’est pas un coup d’un soir. C’est plus que ça : Milo et Evie.

Je déglutis, essayant de dénouer ma gorge pour parler.

– Et si je ne veux pas de Milo et Evie ? je demande d’une voix rauque.

Il m’offre un sourire machiavélique et se rapproche encore, plaquant son sexe sur le mien, et j’ai honte de constater que je serre les cuisses pour l’empêcher de repartir.

– Ton corps dit l’inverse, Nizhoni.

Sa main lâche le bar pour se poser sur l’extérieur de ma cuisse. Je me mords la lèvre et inspire lentement tandis que sa paume chaude remonte lentement sur ma jambe pour se poser sur ma fesse.

Tout à coup, d’un geste qui doit sortir tout droit de son répertoire de demi-dieu, son énorme main empoigne ma fesse et me soulève pour me coller à lui, sexe contre sexe.

– Mon Dieu, je m’écrie en avançant mon bassin sans le vouloir.

Il me soulève avec ses deux mains et j’entoure sa taille avec mes jambes.

– Milo !

Il se tourne pour s’asseoir sur mon tabouret et me garder à cheval, plaçant son érection pile où je la veux tant.

– Tu as envie de moi, Evie ? chuchote-t-il en posant sa main sur ma joue.

Nos bouches sont à quelques centimètres l’une de l’autre et mon corps croule de désir pour cet homme. Chacun de mes pores, chacun de mes nerfs et de mes muscles s’enflamment et me crient de saisir ce qu’il m’offre.

– Milo… je ne… c’est complètement dingue, je chuchote, si près de sa bouche que je sens son souffle sur ma langue.

– Alors, laissons une chance à la folie.

Il empoigne ma nuque et rapproche encore mon visage du sien. Nos lèvres s’effleurent à peine et je ferme les yeux, entourant ses épaules avec mes bras pour le serrer contre moi et presser ma bouche sur la sienne.

Cette fois, je suis vraiment perdue.

Perdue dans ce baiser.

Milo pousse un grognement et plonge sa langue dans ma bouche. Je découvre enfin le goût de Milo Chavis, l’homme de mes rêves. Mais, c’est encore plus beau que dans mes rêves, et mes pensées se chamboulent. Mon corps s’embrase et je mets de côté mes réserves pour plonger mes mains dans ses longues mèches soyeuses. Ses lèvres sont douces. Il a un goût de café et d’homme. Ce parfum de cuir auquel je l’associe toujours lui colle à la peau et m’envoûte. Sa bouche quitte la mienne pour se promener le long de ma mâchoire et de ma gorge, mais il revient vite pour m’embrasser de nouveau. Nos langues s’entremêlent et dansent l’une contre l’autre, chacune essayant d’avoir le dessus, lorsqu’il rompt enfin le baiser.

– Je savais que tu t’embraserais dès que je te toucherais, dit-il en prenant mon visage dans ses mains pour en étudier chaque centimètre. La seule femme que j’ai toujours voulue, mais que je ne pouvais avoir.

Mon estomac se noue et le vin d’hier soir se mélange au café de ce matin tandis que ses paroles parviennent à mon cerveau malgré le brouillard qui l’enveloppe.

– Je ne comprends pas. La femme que tu as toujours voulue ?

Il plaisante, non ? À quoi il joue ? Mais peut-être que mon esprit a seulement entendu ce qu’il rêve d’entendre ?

– Il faut que tu manges, et moi je dois aller au boulot, dit-il en m’embrassant brièvement sur la bouche. J’ai une réunion.

Il me soulève comme si je ne pesais rien et je pose les pieds par terre en me tenant au comptoir pour ne pas perdre l’équilibre.

– Milo, on vient de s’embrasser, je déclare bêtement.

– Oui, Evie. Et c’est loin d’être la dernière fois, dit-il en rallumant le gaz. Et si tu allais t’habiller, pour que je récupère ma chemise ? demande-t-il en souriant, désignant d’un mouvement de tête sa chemise rouge avant de se concentrer sur les œufs brouillés.

Je baisse les yeux et rougis en me rappelant que je suis toujours à moitié nue. Au moins, on n’a pas couché ensemble. Non seulement je paniquerais mais, en plus, je serais furieuse contre moi-même de ne pas m’en souvenir.

Je file dans ma chambre, enlève sa chemise et mets un legging noir et un débardeur avant d’aller dans la salle de bains.

Mes lèvres sont rouges et gonflées par ses baisers, mes joues sont roses, ce que je n’ai pas vu depuis longtemps, et je suis contente de voir que si mon mascara a coulé un peu, je ne fais pas peur à voir. Pour ce qui est de mes cheveux… c’est une tout autre histoire. On dirait la crinière d’un lion. Je prends le temps de les brosser et de les attacher en un chignon fouillis avant de me laver les dents.

Lorsque je retourne dans la cuisine avec la chemise froissée de Milo, il est déjà en train de manger. Sur le bar, devant mon tabouret, une assiette fumante d’œufs brouillés, de bacon et de pain grillé m’attend. Je m’assois à côté de lui et pose sa chemise sur le dossier de son tabouret. Je crève d’envie de savoir comment je me suis retrouvée à la porter, mais j’ai trop peur et trop honte de lui poser la question.

– Merci pour le petit déj.

J’avale une bouchée d’œufs et découvre que je suis morte de faim.

Nous finissons vite nos assiettes.

– Je vais m’occuper de ranger, je dis.

– Il faut que je file chez moi pour me doucher et partir au boulot. On a encore beaucoup à discuter, Evie.

Je hoche la tête, ne souhaitant pas m’engager alors que je suis complètement perdue.

– Je t’appelle plus tard.

– Ok, ça roule, je réponds, sachant parfaitement qu’il est hors de question que je réponde à son appel.

J’ai besoin de temps pour comprendre ce qui se passe et décider quoi faire. Mais d’abord, j’ai besoin qu’il parte.

– Raccompagne-moi à la porte.

– Euh… d’accord.

Je pose les assiettes, me sèche les mains et le suis dans l’entrée. Il défait le verrou et s’arrête sur le pas de la porte avant de se tourner vers moi.

Il plonge son regard dans le mien.

– Maintenant, embrasse-moi.

Mon cœur bat aussitôt la chamade.

– Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Tu sais, tout s’est passé très vite et je pense qu’il nous faut un peu de recul pour évaluer la situation, je réponds.

Toutefois, je n’ai pas le temps de lui expliquer toutes les raisons pour lesquelles s’embrasser serait une mauvaise idée, car il me saisit par la taille et me plaque de nouveau contre lui, baissant la tête pour me regarder dans les yeux.

– Je ne compte pas reculer, Evie. Je veux seulement avancer avec toi. Tu verras, tu apprendras. Je te montrerai, dit-il avant de s’emparer de ma bouche.

Sa langue effleure mes lèvres et je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir la bouche. J’oublie tous mes doutes et passe mes bras dans son dos en me mettant sur la pointe des pieds, profitant de l’instant. J’empoigne ses cheveux pour les tirer et mordille sa lèvre avant de sucer sa langue. Mon Dieu, il est délicieux.

Il finit par reculer et me regarder en souriant.

– Voilà comment on embrasse son homme, Nizhoni.

Mon homme ?

– Euh…

Il prend mon visage dans ses mains et caresse ma joue avec son pouce.

– Je t’appelle. Réponds.

– Mmm-hmm, je murmure bêtement tandis qu’il s’en va en souriant.

Je ferme la porte et m’appuie dessus en fermant les yeux.

– Je suis la femme la plus faible de la terre. Qu’est-ce que je viens d’accepter ?

 

1. Soleil.

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