Dans le lit du comte

Julia London · Chapitre 10 sur 27

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Dans le lit du comte

Chapitre 9

9

 

Grace s’éveilla le lendemain matin aussi frustrée physiquement qu’émotionnellement. Ses pensées s’emballaient encore à propos de ce qui s’était passé la veille. Elle détestait la façon dont Merryton l’avait placée de dos, comme si elle était trop vilaine à regarder. La trouvait-

il laide ? La trouvait-il révoltante d’une manière ou d’une autre ?

C’était même pire que cela. Elle s’était sentie glisser sur la pente du plaisir, son corps aspirant désespérément à aller jusqu’au bout. Elle avait aimé ce que Merryton, ses mains, sa bouche lui avaient fait éprouver.

Mais il s’était écarté d’elle et elle était restée dans un état d’inachèvement, comme une femme utilisée.

Hattie vint à 8 h 30 pour l’aider à s’habiller, tenant une boîte fermée par un ruban blanc.

— M. le comte m’a priée de vous donner ceci, dit-elle.

— A moi ? demanda Grace, incrédule.

Elle prit la boîte et tira sur le ruban, ouvrant le paquet. Elle ôta le tissu et regarda les gants. De beaux gants, apparemment, faits de peau souple. Elle les souleva, cherchant un billet sans en trouver.

— Il n’y a pas de message ?

— Non, madame, répondit Hattie en se penchant pour voir le cadeau. Il m’a juste dit de vous donner cette boîte.

Bien sûr, qu’il n’y avait pas de billet ! En écrire un aurait demandé un effort de civilité ! Elle rejeta les gants dans la boîte et tourna la tête. Elle ne voulait pas de son maudit cadeau.

— Dois-je… dois-je les ranger ? demanda Hattie d’un ton incertain.

— Oui, s’il vous plaît. Dans un tiroir où je ne les verrai pas.

Elle se détourna du présent qui l’offensait et sortit de sa chambre.

Sans surprise, elle trouva la salle du petit déjeuner déserte, à part Cox, prêt à servir. Au moins, son appétit lui était revenu avec force, et elle mangea. Quand elle eut fini, elle dit :

— Ne m’attendez pas pour le déjeuner, Cox. J’ai l’intention de faire une très longue promenade.

Peut-être jusqu’à Londres. Au moins jusqu’à Bath. En vérité, elle ne savait pas exactement jusqu’où elle irait, mais elle était déterminée à quitter cette maison sinistre.

C’était une belle journée de printemps, claire comme du cristal ; le soleil faisait briller la rosée sur les fleurs et l’eau des fontaines. Les haies étaient taillées et les rosiers entretenus à la perfection. Tous portaient des roses rouges, uniquement. Comme si Merryton avait une aversion pour toute autre sorte de fleur ou de couleur.

Les jardins étaient fermés par un portail en fer et, au-delà, une allée tondue, bordée de frênes, descendait jusqu’au bord du lac. Grace s’y engagea à longues enjambées. Son humeur s’améliorait à chaque pas qui l’éloignait de Blackwood Hall.

Elle leva son visage vers le soleil, sentit sa chaleur sur sa peau et ferma les yeux. Une toux — un raclement de gorge ? — lui parvint tout à coup ; elle se tourna dans la direction d’où venait le bruit.

Et qu’était-ce, là ? Une grille ?

Oui, elle la distinguait à peine. Une grille qui se dressait derrière la végétation emmêlée. Il y avait une barrière, aussi, nota-t-elle, et si elle ne se trompait pas, un toit de chaume pointait derrière les arbres.

Elle alla jusqu’à la grille, écarta les plantes et les ronces pour regarder de l’autre côté. Elle découvrit un joli jardin, un vrai jardin anglais. Des roses, des ancolies, des hortensias, des pivoines, des delphiniums… Un chat était étendu paresseusement sur une souche d’arbre, se chauffant au soleil, les yeux rivés sur elle.

Qui vivait là ? Le cottage paraissait charmant d’après le peu qu’elle pouvait en voir. Elle recula et regarda alentour. Il y avait une souche près du mur de pierre qui entourait le jardin. Elle se fraya un chemin à travers les buissons, grimpa sur la souche et regarda par-dessus le mur. Elle put ainsi voir tout le cottage.

Le devant de la maisonnette faisait face au lac. Il y avait des bacs de fleurs aux fenêtres, qui débordaient de pétunias. Deux poules picoraient dans un coin du jardin et une volute de fumée montait de l’unique cheminée. La petite bâtisse était très plaisante et Grace était ravie de l’avoir trouvée. Enfin quelque chose qui lui donnait le sourire !

Soudain, une femme apparut dans l’allée au coin du bâtiment, un panier de fleurs à la main. Etouffant une exclamation alarmée, Grace se baissa, mortifiée à l’idée qu’elle pourrait être surprise à espionner. Elle resta accroupie, l’oreille aux aguets.

— Vous pouvez aussi bien entrer, mais vous feriez mieux de passer par-devant. Ce portail est condamné par les plantes, dit la femme.

Grace retint son souffle.

— Oui, vous, ma chère, de l’autre côté du mur.

La tête grise de la femme apparut soudain au-dessus de Grace.

— Je devrais éclaircir les broussailles, n’est-ce pas ? Tout ceci est très désordonné. Faites le tour et je vous préparerai du thé.

Grace se leva lentement, les joues roses d’embarras.

— Je vous demande pardon. Je passais par là et je… Eh bien, je suppose que vous avez deviné. J’ai grimpé sur cette souche pour regarder votre maison. Et j’en suis heureuse. Elle est si charmante !

La femme sourit.

— Merci.

— Mais je ne voudrais pas m’imposer, reprit Grace, en sautant de la souche. Je vous fais mes excuses.

— Vous imposer ! se récria la femme. Mais j’en serais ravie ! Entrez donc, lady Merryton.

Grace retint une exclamation.

— Comment connaissez-vous mon nom ?

La femme gloussa.

— Tout le monde, ici, sait qui vous êtes, milady. Je suis Molly Madigan. Faites le tour par-devant.

Sa tête disparut.

Jetant un coup d’œil derrière elle à Blackwood Hall, Grace se laissa convaincre. Elle s’empressa de contourner le cottage.

Molly Madigan l’attendait près du portail, qu’elle tenait ouvert.

— Merci, dit Grace en le franchissant.

Son hôtesse avait une tête de moins qu’elle et portait un tablier taché, un châle tricoté sur les épaules et un chapeau de jardinage à large bord. Elle ramassa son panier de fleurs et alla jusqu’à la porte d’entrée.

— Belle journée pour une promenade, dit-elle gaiement, chassant le chat quand il se faufila entre ses jambes.

Grace s’avança jusqu’à la porte et regarda à l’intérieur, tandis que le chat se frottait à elle, la queue en l’air.

Elle vit un canapé de bois et deux fauteuils à bascule garnis de coussins. Une lampe à huile était posée sur une table à côté d’un fauteuil, et sous la table était rangé un panier à ouvrage qui semblait déborder.

— Vous n’avez pas besoin d’être timide, ici. Entrez ! dit Molly, de loin.

Elle était dans une pièce voisine, tenant un plateau avec deux tasses.

— Je vais juste prendre la bouilloire. L’eau doit être encore chaude.

Elle posa le plateau sur la petite table devant la fenêtre et disparut à l’arrière du cottage.

Grace se hâta d’enlever son chapeau. Elle s’assit délicatement dans le fauteuil près de la table et croisa les mains sur ses genoux. Sur le mur en face de la fenêtre, il y avait trois croquis encadrés de deux garçons souriants, visiblement des frères, et d’une fillette entre eux. Ils semblaient avoir une dizaine d’années.

Molly Madigan revint peu après avec la bouilloire.

— Voilà, dit-elle, et elle versa l’eau, puis mit la bouilloire de côté et laissa infuser le thé.

Quelle femme charmante ! pensa Grace.

— Merci, madame Madigan.

— Pas madame, non. Appelez-moi Molly. Tout le monde le fait.

Elle lui offrit un sucre.

— Comment trouvez-vous Blackwood Hall ?

— C’est… grandiose, répondit prudemment Grace.

Molly se mit à rire.

— Grandiose, vraiment ! La maison a toujours paru un peu solitaire, à la lisière du Somerset. Et à l’intérieur de cette maison grandiose, juste ciel ! On peut y errer pendant des jours !

— Oui.

C’était exactement ce que Grace avait fait, errer pendant trois jours. Elle cacha ses sentiments à ce sujet en prenant une gorgée de thé. Le chat sauta sur la table et s’assit devant elle, la fixant de ses yeux jaunes. Elle le caressa distraitement.

Le regard de Molly, remarqua-t-elle, était fermement rivé sur elle.

— Est-ce que ce sont vos enfants ? demanda-t-elle, en indiquant les croquis.

Molly les regarda.

— D’une certaine manière, je suppose… J’étais leur gouvernante. Voici le comte quand il était petit garçon, dit-elle en désignant l’enfant de droite. Et sa sœur, lady Sylvia.

— Lord Merryton ? demanda Grace, stupéfaite.

Le portrait montrait un jeune garçon à l’air heureux, très éloigné de l’homme sombre et sans humour qu’il était devenu.

— Mes talents artistiques laissent un peu à désirer !

— C’est vous qui les avez dessinés ? Il… il sourit…

Grace voyait mieux la ressemblance, à présent, surtout dans les yeux.

— Il a du mal à sourire maintenant, n’est-ce pas ? commenta Molly.

Grace la regarda avec curiosité.

— Vous le connaissez depuis très longtemps, j’imagine.

— Depuis ses six ans. C’est un homme bien, ajouta Molly, comme si elle avait deviné sa question implicite. Il m’a donné ce cottage, car il sait combien j’aime jardiner. Jardinez-vous ?

— Non. J’ai toujours vécu en ville. Et il y a toujours eu des jardiniers là où je vivais.

Grace eut un petit sourire.

— Je peux vous apprendre, suggéra Molly avec entrain. Vous découvrirez qu’il n’y a rien de plus satisfaisant que de mettre les mains dans la terre et de faire pousser quelque chose.

De toutes les occupations que Grace avait imaginées pour elle-même, entretenir un jardin n’en faisait pas partie. Elle s’était vue comme une hôtesse très appréciée de la haute société, donnant thés et bals qui comptaient tant pour la vie mondaine d’innombrables débutantes. A Londres, Honor et elle passaient à peine une soirée par semaine chez elles ; elles étaient toujours invitées ici ou là. Elles avaient eu de nombreux soupirants, tout à fait convenables, qu’elles avaient repoussés afin de ne pas recevoir de demandes en mariage. Elles voulaient profiter de leurs privilèges et de leur liberté. Elles avaient vraiment cru pouvoir faire tout ce qui leur plaisait…

Mais à présent, songea Grace, cette existence insouciante semblait écartée d’elle pour toujours, et elle fut frappée de nouveau par sa stupidité.

Elle regarda par la fenêtre et essaya de se représenter les années qui s’étiraient devant elle, emplies par rien de plus divertissant que du jardinage. Faire pousser des roses, bien entendu. Des roses rouges. Merryton ne tolérerait pas d’autres fleurs. Elle se demanda si un talent particulier était requis pour jardiner — elle n’avait pas encore trouvé quelle était la meilleure corde à son arc. La seule chose pour laquelle elle semblait douée était d’attirer des partenaires de danse.

Molly se pencha soudain en avant, ses yeux bleus souriants.

— Quelque chose ne va pas, madame ?

— Pardon ?

— Vous avez l’air… eh bien, je ne voudrais pas m’avancer, mais vous semblez un peu triste.

— Vraiment ? dit Grace.

— Peut-être un peu fatiguée ?

Grace en rit presque.

— Je suis très fatiguée, répondit-elle, en secouant légèrement la tête. J’ai découvert que le mariage est une affaire assez déconcertante.

— Oh ! Ma chère, dit Molly avec sympathie. Le début de n’importe quel mariage est difficile pour tout le monde.

Grace se retint de lever les yeux au ciel. Molly Madigan n’en avait aucune idée !

— Certains plus que d’autres, je pense.

— Courage, ma chère. Cela deviendra plus facile avec le temps.

Molly posa la main sur son bras et le pressa pour la rassurer. Ce contact était le premier geste aimable que Grace recevait depuis ce soir fatidique et elle s’effondra littéralement de gratitude. Elle ne se rendit même pas compte qu’elle basculait en avant, jusqu’à ce que sa tête touche la table.

— C’est horrible, dit-elle faiblement.

— Oh ! Ma chère ! répéta Molly, la voix alarmée.

Elle se tourna dans son fauteuil et lui caressa la tête pour l’apaiser.

— Ce n’est sûrement pas aussi grave.

— C’est pire ! Il ne tient pas du tout à moi. Il me trouve repoussante…

— Non, c’est impossible ! Vous êtes très belle !

— Pas à ses yeux. Il ne veut même pas me regarder.

— Parce qu’il est timide, dit Molly, en lui caressant les cheveux. Il est très réservé.

— Timide ! persifla Grace.

— Terriblement, déclara Molly d’un ton apaisant. Quand il était jeune garçon, il osait à peine regarder son père en face. Feu le comte était un grand homme imposant avec une voix de stentor et il exigeait la perfection. Le pauvre enfant ne savait jamais que dire et son père lui criait de parler, ce qui ne faisait que le rendre plus anxieux, au point de bafouiller.

Ce portrait ne ressemblait pas à l’homme qu’elle avait épousé, et Grace leva la tête pour regarder Molly d’un air sceptique.

— Merryton ?

— Oui, Merryton, répondit l’aimable femme. Il a bon cœur, mais il n’est pas à l’aise avec les gens. Si j’étais vous, je lui dirais ce que je ressens. Il fera tout ce qu’il pourra pour arranger les choses, j’en suis sûre.

Grace secoua la tête.

— Je ne pourrais pas, dit-elle.

Que lui dirait-elle ? Qu’elle trouvait les relations conjugales insupportables ?

— Vous devez essayer, ma chère. Je vous l’assure, il fera tout son possible pour vous rendre la vie plus agréable. Mais vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’il devine de quoi vous avez besoin, n’est-ce pas ?

— Vous ne comprenez pas, répondit Grace, morose. J’ai essayé. Je lui ai dit que j’aimerais rencontrer du monde, avoir une activité quelconque pour m’occuper, et il a répondu que je pouvais faire ce que je voulais.

— Là, vous voyez ? fit Molly avec entrain.

— Mais comment puis-je fréquenter du monde sans être correctement présentée ? Je ne connais personne ici et il me laisse livrée à moi-même.

— Alors vous pourriez peut-être vous arranger pour avoir les présentations que vous aimeriez, suggéra gaiement Molly. Dites-lui qu’il vous plairait d’inviter les hobereaux du coin. Cox organisera cela pour vous. Il y a eu beaucoup de réceptions à Blackwood Hall, surtout quand lady Sylvia y était. Hélas, elle vit trop loin dans le nord, maintenant, et ne vient pas aussi souvent que le comte l’aimerait.

— Pourquoi ? demanda Grace, curieuse.

— Eh bien, elle a deux très jeunes enfants et c’est encore trop loin pour eux. Mais quand elle est ici, la maison est très gaie. Une fois que vous aurez fini votre thé, vous pourriez rentrer et parler à M. Cox. Je suis sûre que vous trouverez votre chemin, lady Merryton. Et quand ce sera fait, il faudra revenir me voir et me dire comment ça s’est passé.

Grace sourit. Elle se sentait soudain beaucoup, beaucoup mieux.

— Cela ennuiera-t-il Merryton que je sois venue vous voir ?

— Pas du tout ! Il vient souvent prendre le thé lui-même. Vous semblez stupéfaite… Mais le comte apprécie la simplicité de ce cottage. Voyez-vous, je ne serais pas surprise s’il apparaissait maintenant.

Elle rit.

— Pouvez-vous imaginer son ravissement de vous trouver là ?

— Non, je ne peux pas l’imaginer, répondit sèchement Grace.

— Cela viendra, déclara Molly avec assurance, lui donnant un petit coup de coude amical. Quand vous le connaîtrez aussi bien que je le connais, vous le comprendrez.

Grace en doutait, et cependant, elle se demandait s’il y avait un moyen d’atteindre le jeune garçon timide enfoui dans cet homme distant.

Elle laissa Molly travailler à son jardin et continua sa promenade, suivant l’allée autour du lac et le chemin qui menait vers les bois. Il y avait quelques dépendances près de la lisière des arbres, et Grace alla voir ce que c’était. Elle fut ravie de découvrir un chenil. Huit épagneuls se trouvaient au milieu d’un enclos, et ils agitaient la queue autour de trois hommes qui parlaient.

L’un de ces derniers remarqua Grace et s’avança pour la saluer.

— Milady, dit-il en ôtant son chapeau. Vous faut-il quelque chose ?

— Pas du tout. Je me promène.

Elle lui sourit. L’homme se présenta.

— Drake, le garde-chasse, à votre service.

— Enchantée. Quels beaux chiens ! s’exclama-t-elle, en s’appuyant à la barrière pour regarder les animaux.

Elle remarqua alors un chiot qui se trouvait encore dans une niche. Les pattes bien plantées sur les planches, il glapissait pour qu’on le laisse sortir.

— Chassez-vous, aujourd’hui ?

— Non, m’dame. Nous dressons les petits.

D’un sifflement, l’un des hommes fit bondir les chiens jusqu’au portail qui donnait sur les champs.

Grace rit à leur exubérance. Sa mère avait toujours eu un ou deux chiens, et elle les aimait beaucoup. Le chiot, observa-t-elle, essayait frénétiquement de sortir de sa niche pour aller avec les autres.

— Il semblerait que vous oubliez un petit, là.

Drake regarda le chiot par-dessus son épaule.

— Non, m’dame. Celui-là, il ne vient pas.

— Pourquoi ?

Drake secoua la tête et ajusta son fusil sur son épaule.

— Il a trop peur des fusils. Je crains qu’il ne fasse guère un chien de chasse.

Grace contempla l’animal, qui se dressait toujours contre la porte de la niche et pleurnichait.

— Alors qu’est-ce qu’il sera ?

— Ce qu’il sera ? Je vous demande pardon, m’dame, mais ce chien n’est pas utile à Blackwood Hall.

Il la regarda de telle manière qu’elle comprit tout de suite ce qu’il voulait dire. Ils avaient l’intention de le tuer. Son cœur bondit et elle regarda de nouveau le chiot. Il avait une oreille rousse et une grosse tache rousse sur le flanc.

— Puis-je le voir ?

— Vous voulez le voir ? s’étonna le garde-chasse.

— Oui.

Drake parut incertain et tourna les yeux vers la niche. Mais Grace était déjà partie dans cette direction avec la pensée qu’elle pourrait peut-être trouver sa place à Blackwood Hall, finalement, à jardiner avec l’aimable Molly Madigan et à s’occuper d’un petit chien qui avait peur des fusils. Quand le chiot se mit à agiter la queue à son approche, la journée lui parut soudain un peu plus ensoleillée.

— Bonjour, jeune garçon, dit-elle en s’accroupissant près de la barrière et en passant les doigts entre les planches pour que le petit chien les lèche. Nous avons de la chance de nous être trouvés, n’est-ce pas ?

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