det En dépit du passé

Jodi Thomas · Chapitre 2 sur 37

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det En dépit du passé

Chapitre 1

1

 

Angela Crossroads, Texas Octobre

Angela arpentait le terrain en friche qui s’étendait derrière le Musée de Ransom Canyon, à Crossroads, Texas. Des nuages de mauvais augure couraient dans le ciel et le vent faisait rage, comme s’il cherchait à la repousser jusqu’à la côte Est, mais la météo n’avait pas la moindre importance. Elle était arrivée ici. Elle avait fait exactement ce que son père lui avait dit. Elle avait disparu.

Elle avait d’abord pensé s’arrêter pour se changer avant de poser les yeux sur le musée pour la première fois, mais son impatience avait pris le dessus. C’était donc en sandales, short et débardeur qu’elle explorait le terrain qui s’étendait entre le bâtiment aux fenêtres condamnées par des planches et Ransom Canyon.

Cinq jours plus tôt, elle avait eu le président du conseil d’administration au téléphone. Staten Kirkland avait semblé tout excité. Le musée avait dû fermer après le départ du dernier conservateur et, en six mois, elle avait été la seule personne à postuler. Kirkland lui avait proposé un essai de trois mois si elle pouvait répondre à une question.

Elle s’était attendue à ce qu’il l’interroge sur son expérience ou ses diplômes, mais la question portait sur le folklore texan.

— Qui, ou qu’était la Rose Jaune du Texas ? lui avait-il demandé.

Elle avait éclaté de rire.

— La femme qui se trouvait avec Santa Anna avant la bataille de San Jacinto, par laquelle le Texas a gagné son indépendance.

Elle avait toujours aimé cette anecdote, que la plupart des livres d’histoire passaient sous silence.

— Nous vous attendons, madame Jones.

Il avait raccroché avant qu’elle ait eu le temps de lui dire que son nom n’était pas Jones. Dans un accès de paranoïa, elle avait utilisé un faux nom pour acheter un ordinateur portable et un téléphone, ainsi que sur sa lettre de candidature, en s’imaginant qu’elle ne serait qu’une postulante parmi des centaines d’autres. Elle s’était alors rendu compte qu’elle allait devoir inventer un nouveau mensonge, au cas où Kirkland voudrait vérifier ses références. Ce serait bien plus simple que de trouver un type répondant au nom de Jones, de l’épouser et de le traîner jusqu’au Texas avec elle. Elle avait souri en imaginant la scène.

Elle avait parcouru deux cents kilomètres avant de décider qu’elle dirait à Kirkland qu’elle avait été fiancée à un dénommé Jones qui l’avait quittée au pied de l’autel. Kirkland en serait désolé pour elle, mais cela valait mieux que de tuer un mari qui n’existait pas.

Lundi, elle mettrait un tailleur, réglerait le problème de son fiancé imaginaire, et accepterait le poste de conservatrice pour la période d’essai de trois mois. Mais aujourd’hui, elle allait se contenter d’explorer les lieux. Après des jours passés en voiture, elle avait besoin de se dégourdir les jambes et de respirer l’air pur du Texas. Il y avait des années qu’elle brûlait d’envie de découvrir cette contrée sauvage et indomptée sur laquelle soufflait un vent de liberté. C’étaient là des sensations qu’elle n’avait jamais connues mais, pour la première fois de sa vie, elle était enfin libre de décider de son avenir.

Son regard s’attarda sur le terrain qui s’étendait derrière le musée. Rien ne devait avoir changé depuis que les colons étaient venus s’installer dans cette région du nord du Texas, cent cinquante ans plus tôt.

Dès que son père lui avait parlé de ce poste de conservatrice, elle avait glané autant d’informations que possible sur la région. Plus encore que son histoire, c’était la personnalité des gens qui avaient fondé la ville frontalière de Crossroads qui la fascinait. Ils étaient courageux. Obstinés. Indépendants. Honnêtes. Autrement dit, tout ce qu’elle n’avait jamais été. Mais ils étaient également épuisés, désespérés, déboussolés, tout comme elle. En unissant leurs efforts, ils avaient réussi à construire non seulement des ranchs et une ville, mais un avenir.

Cent cinquante ans plus tard, elle allait devoir faire comme eux. Mais sans l’aide d’amis ou d’une famille.

Elle se demanda soudain si sa place était vraiment ici… Courageuse et obstinée, elle ? Elle s’évanouissait à la vue du sang et renonçait au premier signe de désaccord. Restait l’honnêteté… à laquelle elle préféra ne pas penser. Elle avait menti pour obtenir le poste de conservatrice de ce musée.

Elle marcha jusqu’au bord du canyon profond de trente mètres et laissa les rayons du soleil couchant réchauffer son visage. Elle allait devoir tout changer en elle. Repartir de zéro.

Quelque part sur la route qui l’avait amenée jusqu’ici, elle était arrivée à la conclusion que la mort de son père n’était pas un accident. Peut-être qu’il savait quelque chose sur la société, ou sur son frère. Peut-être qu’il avait senti que des ennuis approchaient. Sinon, pourquoi lui aurait-il dit de fuir ? Si sa vie n’était pas en danger, pourquoi était-il tellement important qu’elle disparaisse ?

Peut-être qu’il avait eu l’intention de disparaître avec elle, mais qu’il n’en avait pas eu le temps. Mais il avait tout préparé pour elle. Il avait déposé de l’argent sur son compte. Il lui avait même conseillé de ne parler à personne de ce poste au Texas.

La vieille caravane qu’il avait achetée et cachée dans le garage s’intégrait parfaitement à ce plan. Le mois précédent, il avait fait poser un attelage sur sa voiture. Elle lui avait dit qu’elle n’avait pas besoin d’une caravane, mais il lui avait répondu que si jamais lui en avait besoin, il ne voulait pas l’atteler à sa voiture de fonction. Et, au bout du compte, c’était grâce à cette caravane qu’elle avait pu suivre les directives qu’il lui avait laissées.

Maintenant, il fallait qu’elle trouve un moyen de se fondre dans la masse, ici au Texas. Elle allait commencer par accepter ce poste de conservatrice. Et, cette fois, son titre ne serait pas précédé du mot « Assistante ». Elle serait la patronne. Et… elle n’aurait pas de tante pour critiquer le moindre de ses faits et gestes.

Crystal devait être passée à la maison pour avoir cette fameuse discussion avec elle. Elle sourit en imaginant la tête que sa tante avait dû faire en trouvant la maison vide. Après tout, cela faisait une semaine qu’elle était partie en laissant la clé dans la boîte aux lettres. Sans prévenir personne, sans laisser de mot, ni d’adresse à laquelle faire suivre le courrier. Toute lettre en rapport avec sa vie sur Anna Maria Island finirait à la poubelle.

Elle avait même résilié son abonnement téléphonique et jeté son portable depuis le pont de Bradenton en gagnant le continent.

« Disparais », lui avait ordonné son père. Elle avait vu assez de films d’espionnage pour savoir ce que cela voulait dire.

Elle porta la main à sa gorge pour toucher son collier. C’était une copie du collier avec la pièce de monnaie grecque exposé dans la boutique de son oncle. Elle avait pensé le jeter dans l’océan en même temps que son téléphone, mais s’était ravisée. Ce bijou était un souvenir de son père…

Soudain, des pneus crissèrent sur le gravier, derrière elle. Elle se retourna… et son cœur s’arrêta de battre. Une voiture de police se garait dans le parking du musée.

Ainsi, les ennuis l’avaient rattrapée bien qu’elle ait traversé la moitié du pays. Son oncle avait retrouvé sa trace. Mais comment ? Elle avait laissé sa vieille voiture dans le parking d’un Walmart à Orlando avant de louer une camionnette équipée d’un attelage pour sa caravane, de l’autre côté de la rue. Elle avait rendu la camionnette avant de quitter l’Etat de Floride pour acheter une vieille guimbarde qu’elle avait payée en liquide. Comme la voiture n’était pas assez puissante pour tirer la caravane, elle avait échangé l’ensemble deux jours plus tard contre une fourgonnette, chez le garagiste d’une ville de Géorgie tellement petite que l’on n’y trouvait pas un seul panneau Stop. L’homme avait promis de lui envoyer la carte grise par courrier, mais elle lui avait donné un faux nom et une fausse adresse.

Et si la fourgonnette avait été volée ? Si la police l’arrêtait, elle ne pourrait leur fournir aucune preuve qu’elle l’avait achetée.

Elle regarda la voiture de patrouille se garer à côté de sa fourgonnette. Sa liberté n’avait même pas duré une semaine. Peut-être que son oncle avait signalé sa disparition. Cela n’aurait rien eu d’étonnant. Sa tante devait dire à qui voulait l’entendre qu’Angela était folle de chagrin et qu’il ne fallait surtout pas la laisser seule.

Quand un homme en uniforme descendit de la voiture, elle s’attendit à le voir sortir son revolver. Mais il n’en fit rien.

— Excusez-moi, mademoiselle, dit-il en s’approchant. Cet endroit est fermé. Vous n’avez sans doute pas vu le panneau d’interdiction d’entrer.

Avec son short, son visage vierge de tout maquillage et ses cheveux qui commençaient à s’échapper de sa queue-de-cheval, elle devait plus ressembler à une jeune fille qu’à une femme. L’écho de la voix de sa mère, affirmant qu’elle était trop petite et rondelette pour porter un short, résonna dans son esprit fatigué.

— Je suis désolée. Je n’ai pas vu le panneau, en effet.

Elle se redressa pour essayer d’avoir l’air de mesurer au moins un mètre soixante-cinq, bien qu’il lui manquât cinq bons centimètres, et s’avança vers l’officier en arborant son expression la plus professionnelle.

— Je suis Angela…

Quel nom avait-elle utilisé sur sa lettre de candidature, déjà ? Il lui échappait complètement. Smith ? Non… Elle creusa désespérément son cerveau épuisé. Après trois jours passés sans parler à personne, les mots refusaient de se former dans son esprit.

— … Jones, acheva-t-elle.

Bien sûr. Comment avait-elle pu l’oublier ?

Le shérif Brigman — son nom figurait sur son badge — retira son Stetson tout en la détaillant, de sa queue-de-cheval à ses sandales. Elle eut l’impression qu’il n’aurait aucun mal à débusquer le mensonge tapi tout au fond de son esprit.

— Bienvenue en ville, madame Jones, répondit-il enfin. Kirkland m’a prévenu de votre arrivée.

Le coin de sa bouche se releva en un demi-sourire. Cet homme aurait tout aussi bien pu être shérif au temps de l’Ouest sauvage. Il était bien bâti, avec une touche de gris sur les tempes. Son regard implacable laissait entendre qu’il était de ces hommes qui finissent toujours le boulot, quoi qu’il leur en coûte, qu’il s’agisse de débusquer un bandit ou de satisfaire une femme.

Elle se gifla mentalement. Elle n’avait pas le temps de flirter ou de rêvasser ! Il fallait qu’elle trouve quelque chose à dire. Etait-il trop tôt pour demander la présence d’un avocat ? Devait-elle commencer à tout avouer ? Mais avouer quoi ? Elle ne savait même pas quels crimes elle avait commis. Fuguer à vingt-sept ans ne devait rien avoir d’illégal, et elle avait lu quelque part que l’on pouvait parfaitement utiliser un faux nom, à condition de ne rien faire de répréhensible.

Comme elle ne répondait pas, le shérif Brigman reprit :

— Je devine que vous aviez hâte de voir l’intérieur de ce bâtiment. Est-ce que vous venez d’arriver en ville ?

Elle hocha la tête, soulagée qu’il n’ajoute pas « habillée comme une gamine de quinze ans ». Avec un peu de chance, il n’avait pas remarqué qu’elle ne pouvait pas se rappeler son propre nom.

— Oui, pardon. Je conduis depuis douze heures, alors mes pensées sont un peu éparpillées. Je voulais jeter un œil au canyon avant la nuit. C’est vraiment un endroit magnifique.

Brigman acquiesça et se tourna vers le canyon. Les derniers rayons du soleil teintaient la pierre d’or et de cuivre.

— J’aime venir jeter un œil sur le musée à cette heure de la journée, dit-il. La vue me rappelle un peu une peinture célèbre. Quelle que soit la journée que j’aie eue, tout est toujours si paisible, ici.

— C’est ce que je vois.

Elle avait peur que l’océan et les magnifiques couchers de soleil de Anna Maria Island lui manquent, mais Ransom Canyon avait sa propre forme de beauté. Il était bien possible qu’elle finisse par s’y attacher.

— Vous savez, madame Jones, il y a une vue magnifique, depuis votre bureau.

Il tendit le doigt vers une grande fenêtre, au premier étage de l’immense bâtisse, et Angela sourit.

— Personne ne me l’a dit, non. Sinon, j’aurais peut-être roulé toute la nuit pour arriver plus vite.

Après avoir contemplé la vue quelques secondes supplémentaires, ils se dirigèrent tous deux vers le parking.

— C’est votre mari qui conduit le camion de déménagement ?

Le shérif Brigman avait une façon bien à lui de glaner des renseignements sans en avoir l’air.

— Je ne suis pas mariée, répondit-elle… avant de se rappeler sa lettre de candidature. Quand j’ai passé l’entretien téléphonique avec M. Kirkland, j’étais à deux jours de me marier.

Elle fit de son mieux pour sembler accablée de chagrin, mais ce n’était pas facile, puisqu’elle n’avait jamais donné son cœur à personne.

— La veille du mariage, nous avons tout annulé.

Le shérif la dévisagea, comme s’il attendait de plus amples explications.

— Cela n’a pas marché, poursuivit-elle. Mon fiancé ne voulait pas déménager.

Elle haussa les épaules, comme si elle retenait ses larmes.

— Quand nous avons rompu, je me suis dit qu’il valait mieux couper entièrement les ponts avec lui. Donc, je suis partie pour le Texas.

Puisque le fiancé Jones n’avait jamais existé, le quitter n’était pas bien difficile.

— J’avais déjà mis mon adresse mail et mes comptes au nom de Jones, précisa-t-elle.

Brigman haussa un sourcil.

— Avez-vous l’intention de conserver son nom ?

Elle réprima un rire nerveux.

— Les noms ont pour moi une grande valeur sentimentale. Et vu les circonstances, je reprendrai le mien dès que je serai installée. Bien sûr, mon permis de conduire est toujours à mon nom de jeune fille.

Toute cette histoire commençait à s’embrouiller dans son esprit. A ce stade, quelle que soit la façon dont elle parviendrait à se tirer de ce petit mensonge, elle finirait sans doute par avoir l’air d’une parfaite idiote.

Dieu merci, ils avaient atteint sa fourgonnette. Encore quelques mensonges, et le shérif aurait sans doute compris qu’elle était en cavale et l’aurait arrêtée, ou fait interner.

— Etes-vous passée voir votre nouvelle maison ? demanda-t-il en lui ouvrant la portière.

— Savez-vous où elle se trouve ?

Kirkland avait promis de lui envoyer des renseignements, mais elle avait oublié de consulter ses mails.

— Bien sûr, répondit-il en souriant, ce qui le rajeunit. Crossroads est une petite ville, madame Jones. Je veux dire… mademoiselle…

— Harold.

— Kirkland a dit que vous cherchiez un meublé à deux chambres qui accepte les chats. La moitié de Crossroads s’est aussitôt mise en quête d’une maison. Ce n’est pas tous les jours que la ville accueille un conservateur professionnel. Nous avons deux maisons à vous proposer, mademoiselle Harold. Si vous le souhaitez, je peux vous les faire visiter. J’ai les clés.

— Appelez-moi Angela, s’il vous plaît, shérif.

Il porta deux doigts à son Stetson.

— Très bien, Angela. En ce cas, appelez-moi Dan. Alors, laquelle voulez-vous voir en premier ? Une jolie petite maison entre les deux églises de la ville, ou un bungalow au bord du lac ? La première est plus spacieuse, mais l’arrière du bungalow donne directement sur le lac.

— Je prendrai le bungalow, répondit-elle sans hésiter.

Elle l’aurait presque embrassé. De l’eau. Elle serait au bord de l’eau !

— Dans ce cas, suivez-moi.

— Je ne veux pas vous embêter, dit-elle. Si vous me donnez la clé, je la trouverai sans doute toute seule.

— Vous ne m’embêtez pas. Ma maison est sur le chemin de la vôtre. Je ne ferai aucun détour.

Tout en suivant la voiture du shérif à travers la petite ville de Crossroads, Angela lutta contre l’une des montées d’angoisse qui semblaient la prendre aussi souvent que le hoquet. Cette région sans limites, où le regard se portait à des kilomètres dans toutes les directions, ne semblait pas être un lieu idéal pour se cacher. La moitié des habitants de la ville sauraient probablement où elle habiterait. Comment avait-elle pu penser qu’elle serait en sécurité, ici ?

Et si Anthony la cherchait… et la retrouvait ? Si lui, ou l’un de ses associés, avait tué son père et maquillé l’assassinat en cambriolage, peut-être la tueraient-ils, elle aussi. Ils pouvaient penser que son père lui avait donné des détails sur les irrégularités qu’il avait remarquées dans la comptabilité, ou qu’elle était partie en emportant quelque chose qui appartenait à Harold Antiques Company. Sinon, pourquoi la maison de ses parents aurait-elle été mise à sac ?

Bien sûr, s’ils venaient la chercher, elle jurerait qu’elle ne savait rien. Mais si son père avait découvert qu’ils se livraient à quelque activité illégale, et le leur avait dit, la croiraient-ils ? Ce que son père avait surpris, ou découvert dans les comptes, devait être grave. Peut-être même assez grave pour justifier un meurtre.

Voilà qu’elle se laissait encore entraîner par son imagination. D’après la police, il y avait eu une demi-douzaine d’autres agressions dans le secteur, cette nuit-là. Toutes semblaient être en lien avec la drogue. L’enquêteur lui avait laissé peu d’espoir que l’assassin soit un jour retrouvé. L’agression s’était produite dans une ruelle sombre, sans aucun témoin. On ne savait même pas si son père avait été frappé, ou s’il s’était blessé à la tête en tombant quand son agresseur l’avait poussé.

Mais elle savait que le rapport de police était incomplet. Son père s’attendait à avoir des ennuis. L’agresseur connaissait sans doute ses habitudes, et savait peut-être même qu’une agression pourrait déclencher une crise cardiaque. Si son père n’avait pas communiqué les renseignements qu’il détenait à la police, cela ne pouvait être que pour une seule raison : il avait eu peur de quelque chose, ou de quelqu’un. Et voilà pourquoi il avait voulu qu’elle quitte la Floride pour être en sécurité.

Seulement, elle n’avait aucune preuve. Aucun fait.

Elle ne pouvait rien faire, sinon prendre un nouveau départ sans plus jamais regarder en arrière. Elle faisait confiance à son père. Puisqu’il lui avait dit de disparaître, c’était ce qu’elle allait faire.

Le shérif serait son premier ami. Cette ville deviendrait son unique foyer. D’ici à trois mois, elle se serait tellement intégrée dans cette contrée sauvage qu’elle pourrait presque croire qu’elle y était née.

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