det En dépit du passé

Jodi Thomas · Chapitre 36 sur 37

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det En dépit du passé

Chapitre 35

35

 

Wilkes

Debout devant la fenêtre de sa cuisine, Wilkes regardait les flocons de neige virevolter dans le vent. Il aimait ses terres. Il lui avait fallu six ans pour comprendre qu’il voulait passer le restant de ses jours ici. Ses parents lui avaient cédé la propriété du Devil’s Fork, mais il savait qu’il n’en était pas vraiment propriétaire. Il n’était que le gardien de ce petit bout de Texas. Et il consacrerait le restant de ses jours à en prendre soin de sorte à pouvoir le transmettre à ses enfants.

— Wilkes ! hurla oncle Vern depuis la salle à manger. Où est la sauce ?

Wilkes attrapa la saucière et retourna dans ce qui était encore sa salle de jeu quelques semaines plus tôt. Mais maintenant, plus de télé grand écran ni de table de billard. Ils avaient été transportés, ainsi que le canapé et le fauteuil en cuir, dans l’une des chambres qu’Angie appelait dorénavant « la pièce média ». Dans l’ancienne salle de jeu se trouvait à présent une longue table qui pouvait accueillir une douzaine de personnes.

Des changements se produisaient. Sa maison se transformait en foyer. Il prit une profonde inspiration en se disant que l’odeur de la cuisine faite maison lui avait manqué toute sa vie durant.

Il regarda à l’autre bout de la table, où Angie riait avec Lauren et sa camarade de chambre, qui étaient revenues pour Thanksgiving.

Angie avait tout merveilleusement organisé. Le repas, les invitations, jusqu’aux fleurs sur la table. Et étrangement, dès qu’elle déplaçait ou jetait quelque chose, oncle Vern se hâtait de proclamer que cela aurait dû être fait depuis longtemps.

La solitude qui s’était installée dans l’âme de Wilkes des années plus tôt avait disparu. Depuis qu’Angie était entrée dans sa vie, il appréciait enfin la présence de ses amis et la beauté de ses terres à leur juste valeur.

— Donc, disait Lauren à Angie, vous avez toujours eu le collier authentique ?

— C’est ça, et mon oncle ne le savait même pas.

Angie éclata de rire et toucha la pièce grecque sertie de diamants qu’elle portait au cou.

— Apparemment, il voulait seulement que je rentre en Floride pour lui rendre l’argent que mon père avait transféré sur mon compte, la nuit de sa mort. Seulement, l’un des hommes qui travaillaient pour lui a découvert que le collier exposé était un faux. Il a décidé que c’était sans doute moi qui avais le vrai. Donc, il s’est lancé à mes trousses.

— Et c’est cet homme qui m’a enlevée, intervint Polly. Je lui ai fait une impression… durable, conclut-elle en riant.

Vern lui tapota la main.

— Ne t’inquiète pas, ma petite chérie. Je me suis occupé de lui. J’ai fini de le démolir avant de le balancer dans le coffre-fort du musée. Quand nous l’en avons ressorti, il avait tellement besoin d’air frais qu’il a tout avoué.

— Est-ce que vous allez garder le collier, ou le vendre ? demanda Lauren tandis qu’ils commençaient à se faire passer les plats et les saladiers pour se resservir.

— Je pense que je le léguerai à mes enfants, répondit Angie en souriant.

La conversation dériva vers d’autres sujets, mais Wilkes ne pouvait quitter Angie des yeux. Il la fixait toujours quand ils suivirent le couloir pour regagner leurs chambres, des heures plus tard.

— Tu sais Angie, il m’a fallu un moment, mais j’ai découvert quelque chose.

— Quoi donc ?

— Toute ma vie, j’ai cru qu’il y avait un type de femme qui m’attirait, mais j’avais tort. Il n’y a qu’une femme qui m’intéresse. Elle n’est pas mon style, mais c’est elle. La seule que je ne me lasserai jamais de toucher.

Il se rapprocha et elle vint se nicher dans ses bras.

Il laissa glisser ses mains sur elle, avide de la toucher, de la sentir réagir à chacune de ses caresses, comme elle le faisait toujours.

— Angie, nous devons réfléchir. A qui vas-tu léguer ce collier ? Une fille ou un fils ?

Elle l’embrassa longuement avant de chuchoter :

— J’ai encore le temps d’y réfléchir.

— Je me disais que nous pourrions commencer à y travailler ce soir, mais il faut d’abord que tu répondes à une question.

Il glissa l’une de ses mains dans ses cheveux soyeux, posa l’autre juste sous son sein. Il savait qu’elle allait laisser échapper un petit soupir et entrouvrir la bouche, juste assez pour un long baiser.

Au fil des semaines, il avait appris à bien la connaître. Il savait qu’il lui suffirait de poser la main sur son sein pour qu’elle se laisse aller contre lui et que leur baiser s’emplisse de passion.

Quand ils se séparèrent, il la poussa contre la porte de sa chambre de tout son corps en se délectant de la voir fermer les yeux et de sentir sa respiration se faire plus rapide. Tandis qu’elle lui disait à voix basse combien elle aimait qu’il la caresse, il inclina la tête jusqu’à sa gorge.

Tout en défaisant son chemisier de façon à pouvoir continuer de l’embrasser, il chuchota :

— Réponds à ma question, Angie.

— Quelle question ?

— Si nous avons cette discussion au sujet de ce que sera notre premier enfant, fille ou garçon, tu dois me promettre de m’épouser au matin. Je ne veux pas courir le risque de te voir disparaître encore une fois.

Il écarta la dentelle de son soutien-gorge en continuant à semer des baisers sur sa peau.

— Je pense que nous devrions mettre au moins un bébé en route.

— Je n’irai nulle part, Wilkes. Je suis chez moi. Je crois que je l’ai su dès le soir où nous nous sommes installés ici, Doc et moi.

Il adorait la façon dont sa peau se réchauffait là où il venait de l’embrasser. Il aimait cette femme au-delà du raisonnable.

— Si tu es vraiment chez toi, ouvre la porte et invite-moi à entrer.

Il recula d’un pas et la dévisagea. Elle avait les cheveux en bataille. Son chemisier était ouvert presque jusqu’à la taille. Son visage était écarlate. Et dans ses grands yeux il lut un désir qui faillit le rendre fou.

— Si tu ouvres la porte de ta chambre, tu ne pourras ni revenir en arrière ni ne faire que la moitié du chemin, murmura-t-il. En ouvrant cette porte, tu me signifieras que tu as compris que tu te donnais à moi tout entière et que je ne te laisserai jamais partir.

Elle appuya sur la poignée.

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